Chaque année, au mois d’août, on a droit à des documentaires sur l’origine de l’arme nucléaire et ses conséquences, documentaires généralement d’origine américaine et propageant de nombreuses idées fausses, des légendes qu’il serait utile de dénoncer.
La première légende concerne l’origine des recherches que l’on attributs uniquement au projet américain dit de « Manhattan », en 1941. Or les premières études sur la possibilité d’utiliser la fission nucléaire, découverte fin 1938 par Lise Meitner sous la direction d’Otto Hahn, l’ont été en France par Frédéric Joliot et son équipe après leur découverte de la réaction en chaîne début 1939, ce qui donnera lieu au dépôt de plusieurs brevets.

Après la défaite de juin 1940, ces études seront poursuivies en Grande Bretagne dans le cadre du Maud Commitee sous le nom de projet « Tube alloy » (avec la participation des physiciens français). Ce n’est que plus tard que les USA se lanceront dans l’aventure, à laquelle les britanniques et les français se joignirent (en particulier au centre de Chalk River au canada). Le rôle prépondérant de la France est presque toujours oublié ou omis.

Une autre légende concerne la possibilité d’une bombe atomique nazi qui aurait justifié la naissance du projet Manhattan. Or l’Allemagne n’a jamais eu l’intention de fabriquer la Bombe ! Elle n’en avait ni les possibilités industrielles, ni économiques ni scientifique ! La plupart des physicien allemands s’était réfugié aux USA, seuls Heisenberg et quelques physiciens travaillaient sur un projet de réacteur (qui sera réalisé à la fin de la guerre mais qui, trop petit, n’a jamais pu provoquer de réaction en chaîne). La réalisation d’une bombe avait été évoquée mais abandonnée, car jugée irréaliste. En réalité, Heisenberg n’avait aucune idée de la valeur de la masse critique que l’on estimait à l’époque de l’ordre de plusieurs tonnes. Il ignorait la découverte faite en 1940 à l’université de Birmingham par 2 physiciens allemands, Rudolph Pierce et Otto Frisch qui avaient estimé la masse critique associée à l’isotope 235 à environ 600 g (en réalité plusieurs kg). Il ignorait également la découverte faite en 1940 par Glenn Seaborg de l’élément 94, baptisé « plutonium » beaucoup plus efficace que l’235U comme explosif nucléaire. De toute façon, la séparation isotopique de l’235U aurait dépassé les capacités industrielles de l’Allemagne, de même la production du plutonium qui aurait nécessité des réacteurs nucléaires que l’Allemagne n’avait pas.
A l’origine du projet Manhattan, on évoque la lettre qu’Albert Einstein avait envoyée au président Roosevelt. Cette lettre a été en réalité rédigée en 1939 par Leo Szilard et Eugen Wigner à la suite de la découverte par F. Joliot de la réaction en chaîne.

Cette lettre faisait état des travaux menés en France et aux USA par Enrico Fermi et de la possibilité de fabriquer une bombe atomique (bombe qu’il jugeait trop grosse pour être transportée par avion). Il ne fait pas allusion à une possible bombe nazie, il signale simplement en fin de lettre que l’Allemagne semble s’intéresser aux ressources en uranium. Pour être plus crédible, Szilard la fera signer par son ami Einstein (signature qu’il regrettera par la suite). Ce n’est que 3 ans plus tard, en 1941, que le projet Manhattan sera mis en place.
Cela nous conduit à une légende très fréquente, celle du rôle qu’aurait joué Albert Einstein dans la bombe atomique, qui est qualifié même quelquefois de « père de la bombe » ! Son seul et unique rôle a été de signer la lettre ! Aucun de ses travaux n’a porté sur l’énergie nucléaire ! Ne pas oublier qu’en 1905 lorsqu’il publie ses travaux sur la relativité restreinte la notion d’atome est encore en discussion, et en 1915, année de la relativité générale on vient seulement de comprendre la structure dite « planétaire » avec un noyau central dont on ignore la composition.
En fait tout vient de sa fameuse équation de la relativité restreinte E=mc2.
Cette équation (qu’il serait plus logique d’écrire m=Ec-2) exprime tout simplement que la masse est une propriété intrinsèque de l’énergie et non de la matière ! En effet dans la masse d’un proton ou d’un neutron, la masse des constituants (les 3 quarks) ne représente que quelques % de la masse totale, constituée presque exclusivement de l’énergie liée à la force nucléaire forte. De plus, dans le modèle standard des particules, celles-ci (quarks, électrons, neutrinos, bosons…) n’ont pas de masse intrinsèque, certaines d’entre elles ne les acquièrent que grâce à l’énergie d’interaction avec le champ scalaire de Higgs- Brout-Englert.
Cette équation s’applique à toute forme d’énergie, pas uniquement à l’énergie nucléaire et ce qu’on appelle « défaut de masse » n’est simplement que la masse de l’énergie libérée par une réaction quelle soit chimique ou nucléaire. Certes, dans le cas d’une réaction nucléaire, l’énergie libérée est considérablement plus importante que dans le cas d’une réaction chimique. Ainsi par exemple :
Dans le cas des réactions chimiques le défaut de masse (Dm/m) est de l’ordre de 10-11 à 10-10
C + O2 → CO2 + 393 kJ (4 eV) ce qui correspond à « perte de masse » de 4,4 10-9 g pour une masse totale de 44g, soit un Dm/m de10-10.
Dans le cas des réactions nucléaires le Dm/m est de l’ordre de 10-5 à 10-3.
Fission : 235U → Rb + Cs +2n +180 MeV soit un Dm/m de 8,4 10-4, soit environ 10 millions de fois plus.
Fusion : D + T → 4He + n + 17,6 MeV soit un Dm/m de 3,8 10-3 (40 millions de fois plus).
Dans le cas des réactions chimiques, la libération d’énergie lors de la formation d’une moléculaire est liée à la modification de la structure électronique des électrons de valence qui stabilise la structure moléculaire par rapport aux atomes isolées. Dans une réaction chimique on passe de structures moléculaires à une structure moléculaire plus stable.

Dans les réactions nucléaires, ce sont les énergies de liaisons des nucléons qui sont en jeux. Ces énergies sont données par le diagramme d’Aston qui montre que pour les éléments de masse atomique inférieur au fer, le gain d’énergie est associé à la fusion des noyaux, en revanche pour les éléments plus lourds il est associé à la rupture des noyaux.

On peut aussi appliquer cette équation à tout accroissement d’énergie, comme dans le cas de l’énergie cinétique : Pour une voiture de 1.000 kg se déplaçant à 100 km/h (soit 28 m/s), l’énergie cinétique est de 385,8 kJ. La masse va alors s’accroitre de 4,3.10-12 kg, soit un Dm/m de 4,3.10-15, somme toute plutôt négligeable.
La théorie de la relativité donne directement l’accroissement de la masse en fonction de la vitesse (et donc de l’énergie cinétique) : ]


Avec ∆𝑚 = 𝑚 − 𝑚0
Où m0 est la masse au repos et m la masse à la vitesse v. Cet accroissement ne devient effectivement important que pour des vitesses très élevées. Pour une vitesse égale au dixième de celle de la lumière (30.000 km/s), l’accroissement de masse n’est que de 1 %.
Donc en réalité, Albert Einstein n’a eu aucun rôle scientifique actif dans le principe et la conception de la bombe atomique, si ce n’est d’avoir rendu service à son ami Szilard !
Autre légende bien vivace, la bombe atomique a mis fin à la 2ème guerre mondiale !
En juillet 1945, les autorités japonaises cherchaient à négocier la paix avec les USA mais se heurtaient à l’intransigeance américaine renouvelée par la déclaration de Postdam d’Harry Truman (en juillet 1945) exigeant une capitulation sans condition et donc sans garantie sur l’avenir du régime impériale et du sort d’Hiro Hito. Les nombreux et meurtriers bombardements sur la Japon n’ont eu aucun effet.
Après le terrible bombardement de Tokyo qui fera plus de 100.000 morts, et afin de contraindre la Japon à capituler, deux bombes atomiques sont larguées les 6 et 9 août. Le 11 août le Japon capitule. A cause de ces bombes ? C’est en tout cas l’explication qui en sera donnée par les autorités américaines. Cela justifiait aux yeux du public l’emploi de ces bombes et pour les contribuables américains les sommes importantes dépensées. En réalité, c’est l’entrée en guerre de l’Union Soviétique (en dépit des accords de paix entre l’URSS et le Japon) à la suite de la promesse faite par Staline d’entrer en guerre contre la Japon qui va être déterminant. L’invasion de la Mandchourie par l’armée rouge et la défaite des troupes nippones font craindre aux autorités japonaises une invasion et une occupation de pays par les soviétiques. Une occupation par les troupes américaines apparait préférable d’où la capitulation accélérée.
D’une certaine manière on pourrait quasiment dire que la guerre du pacifique a été gagnée par l’armée rouge !
En réalité le but principal des bombardements atomiques était de montrer à Staline la nouvelle puissance des USA afin de l’inciter à une certaine modération. Les bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki ne doivent pas être considérées comme l’acte final de la 2ème guerre mondiale mais comme le début de la guerre froide !
Dans l’histoire il y a très souvent une « vérité officielle » qui n’est pas forcément l’exacte vérité historique, et ceci depuis l’origine de l’histoire et des historiens !

Mais si l’Union Soviétique a pu acquérir la technologie pour fabriquer la bombe à fission nucléaire, c’est leur réseau d’espionnage qui doit en être crédité pour la plus grosse part: En particulier Klaus Fuchs, et dans une moindre mesure David Greenglass qui ont fourni les schémas d’implosion, les calculs neutroniques, et les géométries des lentilles explosives.. Les époux Rosenberg, contrairement à la légende n’ont point fourni de renseignements d’importance sur la bombe, mais sur bien d’autres sujets (électronique, radars, armements, explosifs).
Cependant, c’est Julius Rosenberg qui a recruté D. Greenglass.
Pour qu’on sache une fois pour toutes qui commande à la maison, c’est un message clair envoyé aux Russes et au reste du monde
L’oligarchie anglo saxonne a fait savoir au monde entier qu’il doit se soumettre
Rappelons tout de même que l’armée rouge et l’URSS furent soutenu massivement par les USA entre 1941-1945.
Sans des centaines de milliers de véhicules US et avions, des dizaines de milliers de locomotives et wagons, des millions et millions de tonnes de carburant, de minéraux, de vivres, de vêtements, livrés gratuitement par les USA en soutien logistique, l’URSS se serait effondrée.
Alors dire que « l’armée rouge a gagné la guerre du Pacifique », je trouve cela un peu fort !
Les amérequins n’aident personne gratuitement
La famille de mon père a vécu l’avance US en 1944.
Des années après, c’était encore avec des larmes d’émotion qu’ils racontaient le chocolat, les chewing-gum, les caisses de rations, la route du village refaite par une machine qui paraissait incroyable, des gens du village dont des enfants soignés au passage par le service de santé US qui a campé là. Tout cela gratuitement.
Ensuite 2 des mes tantes ont eu du travail comme cuisinière pour l’armée US. En plus d’un salaire, elles ramenaient des restes pour nourrir toute la famille et même donner aux voisins.
Que du bonheur comme souvenir.
Nous n’avons pas le droit d’oublier, ni de nier.
les USA utilisent des proxys (de ce cas les russes) pour vendre leurs produits et leur idéologie depuis la 1ere guerre mondiale. rappelons que les USA étaient en pleine dépression avant la 2eme guerre mondiale, que les états tels que la France, l’Angleterre avaient transférer leurs stocks d’or aux USA. Ils n’ont pas aidé les russes gratuitement. Mais ceux-ci avaient pris nettement le dessus, ils sont intervenus en Europe de l’Ouest pour sauver leurs intérêts. Remarquez qu’ils ont la même démarche actuellement en Ukraine. Les pauvres Ukrainiens ne sont que des proxys, l’Europe le financier et les USA les marchands (donc payés par l’europe). le reste n’est que bla bla. la liberté n’est qu’un prétexte, les affaires avant tout.
Que proposez vous ?
Qu’on fasse soumission à un dictateur comme Poutine ?
Qu’on vive sous un régime type Corée du Nord par haine pure de l’économie de marché ?
@tad29
De quelle « idéologie » américaine parlez-vous ?
@hbsc xris
Rappelons que malgré tous ces soutiens massifs envoyés par l’Amérique à l’URSS, Staline aura envoyé à la mort sur le front de l’Est DEUX fois plus de combattants que l’Allemagne. Les soviétiques, comme les russes actuellement, ne furent pas avares de de leur chair à canon: Pour être honnête dans ce décompte macabre, il faudrait comptabiliser parmi les soldats soviétiques tous ceux qui sont tombés sous les balles des commissaires politiques parce qu’ils avaient osé reculer devant l’ennemi !
Une pratique encore en vigueur actuellement en Ukraine selon certains témoignages qui expliquerait l’ampleur des pertes russes comparées à celles des ukrainiens !
Très intéressant. Question cosmétique: Est-ce que vous vous pourriez formater correctement les formules ?
Affirmer que seule la déclaration de guerre de l’URSS a conduit l’Empire du Soleil Levant à capituler est aussi réducteur que de dire que c’est uniquement l’usage de l’arme nucléaire qui en est la cause. Les États Unis ont fait d’une pierre plusieurs coups. Cela étant la propension de certains, et non des moindres, à faire des USA les « sauveurs » du monde libre est tout aussi stupide. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, à quelques sources près, concernant les pertes militaires :
USA : +- 300 000
URSS : +- 11 000 000
Angleterre : +- 400 000
France : + – 250 000
(Allemagne : +- 3 500 000)
C’est aussi oublier l’opération Bagration qui ouvrant une gigantesque offensive à l’Est permet aux anglo-saxons de consolider leur débarquement en Normandie. Confondre Poutine avec le peuple russe est une insigne bêtise pour ne pas dire autre chose…
Non, les chiffres ne parlent pas d’eux mêmes.
Les USA ont eu peu de morts car pour l’armée US, la vie des soldats étaient sacrée. Avant toute offensive, les USA bombardaient et amenaient une logistique extraordinaire de sorte à n’envoyer leurs soldats que lorsque « le ménage » avait été largement fait.
Les soldats US n’étaient pas fusillés pour un oui ou un non, ils étaient correctement habillés, très bien nourris, très bien soignés et n’ont pas été décimés par des épidémies.
L’URSS a eu 11 millions de soldats morts dont 3 millions dans les camps de prisonniers des nazis. Quelques centaines de milliers (combien exactement ?) ont été fusillé en raison d’une interdiction de reculer au front quelque soient les circonstances.
La médiocrité des soins aux blessés, le froid avec un habillement médiocre, les privations alimentaires terribles, les maladies (tuberculose, typhus, dysentrie) ont eu raison d’environ 3 à 4 millions de soldats d’URSS.
Staline a également envoyé au combat en 1ère ligne des soldats de minorités ethniques comme les Kazakhs, les Tatars ou encore les Ukrainiens et bien d’autres… sans formation, peu armées et dans des conditions qui s’apparentent à un génocide déguisé. La plupart des divisions perdaient 50% de leurs effectifs, certaines ont été anéanties. Les historiens débattent encore de l’ampleur du massacre.
Donc, les chiffres sont à analyser pour en parler.
Oui je persiste et signe les chiffres parlent. Sans l’opération Bagration qui jeta sur le front de l’Est plus d’un million d’hommes et paralysa puis anéantit de nombreuses division de la wermacht les anglo-saxons seraient encore sur les plages de Normandie voire auraient été refoulés. Rendre justice au peuple russe est la moindre des choses. Qu’on le veuille ou non, Poutine passera pas la Russie qui conservera sa sphère d’influence de l’Europe à l’Asie.
Sans la logistique US qui a fournit près de 70% du matériel pour les déplacements rapides de troupe, le carburant de qualité pour les déplacements et l’aviation, la quasi totalité du matériel de transmission radio, les rations alimentaires qui ont soutenu l’effort de troupe, jusqu’au millions de paires de bottes en cuir US qui ont chaussé les soldats soviétiques, l’opération Bagration n’aurait jamais existé.
La coordination entre le débarquement et Bagration découle de la conférence de Téhéran en 1943.
Tout cela est parfaitement documenté sur le plan historique.
Quand au peuple russe, si les nazis n’avaient pas été aussi violents et cruels dès leur arrivée sur les territoires soviétiques, ils auraient eu l’adhésion d’une population qui n’en pouvait plus de Staline.
Il est vrai que l’hiver russe a aussi joué son rôle.
@tad29
De quelle « idéologie » américaine parlez-vous ?
Vous faites erreur !
L’opération Bagration n’a commencé que le 22 juin alors que les alliés n’étaient plus depuis longtemps sur les plages.Elle ne pouvait pas être un soulagement à l’Ouest avant la mi-juillet.
La supériorité aérienne des alliés sur le front de Normandie était écrasante et leurs qualités manoeuvrières ont conduit à l’encerclement de centaines de milliers de soldats allemands dans la poche de Falaise-Chambois, obligés de refluer en désordre au-delà de la Seine en abandonnant tous leurs matériels lourds pour ne pas être capturés.
Jack, vous dites : « ….le 22 juin, alors que les alliés n’étaient plus depuis longtemps sur les plages » : sachons raison garder : les alliés n’étaient plus sur les plages, certes, mais ils n’en étaient pas loin du tout, dans le bourbier du bocage normand, malgré leur écrasante supériorité aérienne…
Caen a mis plus d’un mois à être investie : le 20 juillet (alors qu’elle devait être prise dans la journée du 6 juin !), et quant à la poche de Falaise, elle n’a été « nettoyée » (seulement) que le 21 août, soit 1 mois et demi après le débarquement sur les plages situées à 60 km au nord, et encore en passant par Avranches le 31 juillet (opération « Cobra »), les alliés ne pouvant percer en ligne directe et faire sauter le verrou allemand autour de Caen, donc oui : « Bagration » a bien été une aide puissante pour les alliés ne serait-ce qu’en empêchant les Allemands de faire des transferts de troupes de l’est vers l’ouest…
Aucun historien ne le conteste, je crois.
Mais l’on sort ici complètement du sujet 🙂 !
Euh, erreur : 1 mois et demi pour parcourir 15 km (jusqu’à Caen)… et plus de 2 mois et demi pour percer le front à Falaise !
Et quant aux « qualités manoeuvrières » des alliés dont vous parlez, elle se réduisait à peu près au « tapis de bombes », qui n’a même pas réussi à percer la résistance au sud-est de Caen avec l’opération « Goodwood » de Montgomery (piètre stratège)…
« Cobra » du lieutenant-général Bradley a davantage réussi pour permettre la percée d’Avranches qui, a son tour, a permis la percée du front au sud de Caen, mais pas avant le 13 août, c’est dire la résistance acharnée des Allemands privés de couverture aérienne…
Et donc, toujours oui : « Bagration » a apporté une précieuse aide aux alliés…
@Torra
Comme beaucoup d’européens qui focalisent uniquement sur le théâtre européen de la 2e guerre mondiale, vous omettez d’écrire que les américains, déjà accaparés par la guerre contre l’Allemagne étaient au même moment aux prises avec un ennemi tout aussi redoutable, le Japon, contre lequel les soviétiques n’ont pas n’ont pas tiré un seul coup de fusil car ils avaient conclu un pacte de non agression avec lui (une habitude chez eux depuis le Pacte GermanoSoviétique).
Les américains étaient donc mobilisés sur deux fronts, les soviétiques sur un seul.
Ajouté au fait que sans les livraisons massives de matériels et de denrées par l’Amérique à l’URSS, jamais les soviétiques n’auraient pu vaincre l’Allemagne, on peut donc rendre justice aux américains:
« Oui les USA ont incontestablement sauvé le monde libre en 1945 ! »
Il serait peut-être bon de rappeler qu’Einstein n’est pas l’auteur de la relativité restreinte mais Henri Poincarré, ce qui est connu dans le monde entier mais semble refusé avec pertinacité en France.
Ne faisons pas en histoire ce que nous refusons en climatologie : l’explication monofactorielle !
Aucune cause simple ne peut rendre compte du réel qui nous échappera toujours, comme le mirage dans le désert…
Toute explication est invention.
Mais il est des reconstructions esthétiquement ou intellectuellement plus belles, plus satisfaisantes que d’autres, et ce sont celles qui se rapportent à une cause unique, à l’Un : la bombe, Bagration, Overlord, l’URSS en Mandchourie etc.
L’intellect humain a besoin d’unité, d’une « synthèse des représentations » et des explications…. et pourtant…
« La vérité historique n’est pas… ce qui se passe : c’est ce que nous pensons qui s’est passé. »
Jorge Luis Borges.
« La vérité historique n’est pas… ce qui se passe :
c’est ce que nous pensons qui s’est passé. »
Jorge Luis Borges.