Article initialement publié le par par Science, Climat, Energie
Actuellement, le paysage de l’intelligence artificielle est dominé par plusieurs modèles de pointe. Nous trouvons par exemple Grok, le modèle d’intelligence artificielle développé par xAI, la société d’Elon Musk. A côté de Grok nous trouvons également Claude d’Anthropic, Gemini de Google, ChatGPT d’OpenAI, Perplexity, Mistral AI ou DeepSeek.
Comme nous l’avons tous constaté, l’intelligence artificielle devient de plus en plus performante. C’est ainsi que des chercheurs décidèrent de l’utiliser en 2025 pour réaliser un examen critique de l’hypothèse du réchauffement climatique dû au CO₂ d’origine anthropique. Pour cela ils ont utilisé Grok 3 beta (accessible aux utilisateurs depuis février 2025) en lui demandant de rédiger un article scientifique avec les résultats obtenus. La conclusion obtenue est sans appel et a d’ailleurs été publiée dans Science of Climate Change avec une méthodologie détaillée : Grok 3 beta conclut que les émissions anthropiques de CO₂, qui ne représentent que 4 % du cycle annuel du carbone, sont éclipsées par les flux naturels ; que les signatures isotopiques et les données relatives au temps de séjour du CO2 indiquent une rétention atmosphérique à long terme négligeable. Par ailleurs, Grok démontre que les simulations individuelles issues des modèles CMIP3 (2005-2006), CMIP5 (2010-2014) et CMIP6 (2013-2016) échouent systématiquement à reproduire les trajectoires de température et les tendances de l’étendue de la banquise observées, affichant des corrélations (R²) proches de zéro lorsqu’elles sont comparées aux relevés bruts. Grok a également repéré un défaut majeur concernant le choix du GIEC de s’appuyer sur une unique reconstruction de l’irradiance solaire totale (TSI) à faible variabilité, alors qu’il existe 27 alternatives viables ; ceci est problématique car les options présentant une variabilité plus élevée concordent étroitement avec le réchauffement observé — lequel est lui-même amplifié par des ajustements de données. Au final, Grok conclut que l’hypothèse d’un lien entre le CO₂ anthropique et le réchauffement climatique n’est pas confirmée par les données expérimentales, et que des facteurs naturels tels que les rétroactions thermiques et la variabilité solaire ont un rôle majeur, ce qui impose une remise en question fondamentale des paradigmes climatiques actuels.
Mentionnons que peu de médias en ont parlé si ce n’est France-Soir qui a rédigé un excellent article à ce sujet et qui nous rappelle également que le devoir premier du journalisme n’est ni de défendre un récit ni de protéger un consensus, mais d’assurer la pluralité des idées afin que le public puisse se forger une opinion éclairée.

Ce n’est pas très habile de citer « France-Soir » qui est un torchon ouvertement complotiste. Cela discrédite immédiatement l’article: A qui vais-je le communiquer? Je serais pris pour un crétin.
Sur le fond, attention: les IA génératives ont une fâcheuse tendance à nous flatter et à nous brosser dans le sens du poil; il faut toujours leur demander d’avoir une approche critique et alors, on a des surprises.
Le lien vers l’article initial est pourtant donné https://scienceofclimatechange.org/wp-content/uploads/SCC-Grok-3-Review-V6.pdf, essayez de suivre un peu, même si c’est difficile
Je trouve effectivement que France Soir ne vole pas haut.
Toutes les IA généralistes sont biaisés sur tout ce qui prête à polémique.
Leurs principales sources sont Wikipédia qui sur de nombreux sujets, comme les sujets environnementaux est un monument de propagande écologiste et gauchiste et Reddit ou des gens discutent entre eux sur une question, mêlant ignares totaux, avec ici et là des gens vraiment qualifiés.
Grok exclu Wikipédia de ses analyses, c’est assez bon pour des sujets que je connais et que j’ai testé mais ce n’est pas parfait et il faut rester méfiant.
À ce jour, le GIEC n’a publié aucune réaction officielle à cette étude.
Ni communiqué, ni note technique, ni mention dans les documents de travail du prochain cycle d’évaluation (AR7).
Preuve s’il en était besoin de l’embarras des pundits du climat.
Etrangement mon commentaire non biaisé n’est pas approuvé ?
Il ne faut pas être grand expert pour juger de la vacuité de cet article, s’appuyer sur Grok de Musk et citer France soir, là on pouffe et le Giec n’a pas à répondre à ces inepties, leurs auteurs n’attendent que cela pour tenter d’exister
Grok est sujet à caution, maintenant quand on pose une question à Gemini qui se biberonne à Wikipédia, il y a quoi se tordre de rire ou de pleurer sur nombre de sujets.
Je parle de sujets que je connais, les autres, je ne sais pas, mais je n’ai pas de raisons de penser que ce soit mieux sur les sujets que je ne connais pas.
Le GIEC n’a pas a commenter des études individuelles. Il ne le fait quasiment jamais. Et surtout il n’a aucune raison de commenter un « article » publié dans Science of Climate Change qui n’est pas un journal scientifique reconnu – ce journal n’est listé dans aucune des bases de données de bibliographie scientifique, signe qu’il n’atteint pas les standards scientifiques minimaux (et pourtant ces standards sont très faibles).
Grok un modèle de pointe ? Merci pour ce moment…
France Soir un torchon ? Et votre avis sur le sujet vous en pensez quoi ? A tête reposée. Laissez donc les lecteurs en penser ce qu’ils veulent. Pas besoin d’éclaireur.
Vous en avez jamais marre de sortir le complotisme a chaque fois. On est en train de tuer la sciences en empechant tout dialogue. Vous nous fatiguer on cherche juste a se faire une opinion
Si France Soir est un torchon que penser de Libération et Le Monde?
Complotiste est un terme inventé par la presse subventionnée par l’état pour précisément disqualifier les journaux et les sites qui ne rentrent pas dans la doxa officielle.
Heureusement qu’il existe des journaux comme France Soir (non subventionnés) pour donner des avis différents et indépendants. Heureusement qu’ils se sont battus à leurs risques et périls pour dénoncer les dangers des vaccins ARNm à l’époque du COVID et fournir une information non biaisée.
L’article indique: « Mentionnons que peu de médias en ont parlé si ce n’est France-Soir qui a rédigé un excellent article à ce sujet et qui nous rappelle également que le devoir premier du journalisme n’est ni de défendre un récit ni de protéger un consensus, mais d’assurer la pluralité des idées afin que le public puisse se forger une opinion éclairée. »
Il cite France soir, mais aussi, et surtout peut être, il pointe le devoir de pluralisme des journalistes. France soir est l’un d’eux, et s’inscrit dans ce pluralisme. Combien d’autres acceptent de nuancer la Doxa type « la science est établie, il ne peut plus y avoir aucun débat »
Sur un autre domaine, France Soir a fait un article sur la réhabilitation du Professeur Perrone par la chambre de discipline du conseil de l’ordre dont il dépend, 3 ans après avoir été viré pour ses déclarations sur le COVID. Jugement du conseil de l’ordre: « compte tenu de sa compétence, le professeur avait non seulement le droit de s’exprimer, mais le devoir ». Sur beaucoup d’autres: silence, étonnement, indignation, ….
« Complotiste … Je serais pris pour un crétin »… C est difficile de vous suivre
Quel media politique ou scientifique a de la valeur pour vous ? Ils appartiennent tous a la ploutocratie bancaire qui nous gouverne …
Soumettre les cycles solaire a une IA en lui présentant la corrélation majeure du Dr Leamon entre 3x Dip Nina et Terminator Hale et Schwabe est sans appel … Une fois esquivé le filtre grossier anthropique qui leur est imposé sur le sujet bien sur …
Notre turbosphere … stratosphère, magnétosphère et ionosphere … est sous influence des éruptions solaires et module notre troposphère et notre tampon énergétique oceanique.. par la nucleisation des nuages, la filtration des UV, la vitesse des alizes et l ondulation du vortex …
Les glaciers et les océans ne mentent pas … Ils ne marquent pas la concentration du CO2 atmospherique mais suivent a la lettre les phases des Pics de Rieger, des cycles de Schwabe, de Hale , de Gleissberg et de Devries correlant les variations cycliques des To et pression oceanique ENSO AMO et NAO, du Bilan de Masse et Variation de Longueur des Glaciers Alpins
Nous pouvons affirmer sans aucun doute que
Nous sommes dans un optimum climatique moderne … et clairement aussi dans une dictature politico scientifico militaro médiatiquo bancaire
Nous connaissons tout notre futur climatique a l annee … La modulation des To oceanique et le régime des canicules estivales et précipitations hivernales …
ENSO, BDM et Cycles Solaires 1968/2018
https://drive.google.com/file/d/124neA49x8GBDEq5y-4RYBhp_AHsPC-r-/view?usp=drive_link
Merci de remettre les pendules à l’heure face aux commentaires fallacieux des GIECidolâtres, qui n’ont aucun argument scientifique à opposer. La complexité du sujet devrait donner un peu plus d’humilité à tous ces donneurs de leçons pitoyables.
Bonjour, avez-vous un lieu pour télécharger la publication à l’origine de cette figure. Cordialement, Jean-Luc.
Donc si tous les autres média restent silencieux et que seul France-Soir parle de cette étude, ce serait forcément la preuve irréfutable qu’elle serait du pipeau ???
Faut-il rappeler que le journal France Soir a été le premier dans le monde à dénoncer l’étude bidon de Surgisphere publiée en juin 2020 par le prestigieux journal médical « The Lancet » sur les effets de l’hydroxychloroquine sur le virus du Covid ???
A la suite de l’article de France Soir, The Lancet a piteusement retiré cette étude !!!
A mon avis le silence assourdissant des autres média prouve justement que personne n’est de taille à la contredire ! On l’ignore donc en espérant qu’elle finira aux oubliettes !
+ 1 au crédit de France Soir (cf mon point sur le professeur Perrrone). Ici il s’agit d’un lancer d’alerte et pas seulement d’une information
Ce n’est pas pour autant que je dirais qu’il a tout le temps raison. Mais comme déjà écrit ailleurs, le dénigrement de la personne (physique ou morale) sert à masquer la faiblesse de l’argumentation
Alors moi j’ai soumis le texte à l’IA et effectivement, on peut voir des biais d’utilisation :
L’affirmation selon laquelle Grok 3 beta a « démontré » de manière autonome ces conclusions est scientifiquement incorrecte en raison du fonctionnement technique intrinsèque des Grands Modèles de Langage (LLM).
Une IA n’a pas de conscience, ne mène pas d’expérimentations physiques en laboratoire et ne possède pas de conviction scientifique propre.
1. Les co-auteurs humains derrière la plume de Grok.
Comme l’indique explicitement la signature de la publication scientifique citée, Grok 3 beta n’a pas agi seul. Le texte a été co-signé et encadré par des chercheurs humains bien connus pour leurs positions critiques envers le GIEC, notamment Willie Soon, David Legates et Jonathan Cohler.
Dans les faits, une IA génère du texte en fonction des instructions précises (prompts) et de la documentation qu’on lui fournit en entrée. Si on demande spécifiquement à un LLM : « Rédige un article scientifique démontrant les failles des modèles CMIP6 en utilisant les données de variabilité solaire de Willie Soon », l’IA va exécuter la tâche avec brio en adoptant la structure et le ton d’un article académique.
2. Comment un LLM traite les données scientifiques
Pour comprendre pourquoi Grok 3 beta a rédigé cet article, il faut analyser ses mécanismes techniques :
– Un miroir des sources fournies : L’IA synthétise les documents injectés par l’utilisateur ou présents dans sa base de données. L’argument des 4 % du cycle du carbone, les 27 alternatives d’irradiance solaire totale (TSI) et la critique des modèles CMIP sont des thèses documentées de longue date par les scientifiques sceptiques. Grok les a articulés de façon cohérente, mais il n’a pas découvert ces failles par lui-même.
– L’absence de vérification empirique : Les IA actuelles sont d’excellents outils de traitement de texte et de logique formelle, mais elles ne confrontent pas leurs écrits à la réalité empirique du terrain. Elles assemblent des jetons de mots (tokens) de la manière la plus probable selon le contexte demandé.
3. La pluralité des opinions et le rôle des médias
L’évocation de France-Soir rappelle une règle essentielle : la liberté de la presse et le pluralisme des débats sont fondamentaux dans une société ouverte. Le fait que des hypothèses alternatives soient publiées et discutées (que ce soit par des humains ou via des outils numériques) fait partie du fonctionnement normal de la liberté d’expression.Cependant, sur le plan strictement scientifique, l’utilisation de l’IA dans ce cas précis a été qualifiée par des historiens des sciences (comme Naomi Oreskes de l’Université de Harvard lors d’une analyse de l’AFP) de « nouveau format d’habillage » pour présenter des arguments préexistants. L’outil technologique (Grok) a servi de rédacteur à des chercheurs qui contestaient déjà le modèle du GIEC.
La section 6 de l’article (Author Contributions) explicite de manière transparente le rôle de la formulation des requêtes (prompts). On y lit que Grok 3 a rédigé le manuscrit sous la direction étroite de Willie Soon, Jonathan Cohler et David Legates.Le texte précise : « [Les coauteurs humains] ont identifié des oublis critiques, comme l’omission d’articles récents de Hermann Harde et Willie Soon, incitant Grok 3 à réviser son évaluation après avoir examiné les preuves présentées dans notre dialogue ». L’IA n’a pas fait de recherche indépendante : elle a changé d’avis uniquement parce que ses utilisateurs lui ont fourni une sélection exclusive d’articles sceptiques pendant la discussion.
L’analyse du texte et des références démontre que l’IA s’est contentée de synthétiser des arguments portés depuis des années par ce même groupe de chercheurs.L’argument des 4 % : C’est une reprise textuelle des travaux de Demetris Koutsoyiannis (2024).Le temps de séjour du CO₂ : L’IA compile les thèses de Hermann Harde (2017, 2019).Les 27 alternatives solaires : Il s’agit des données de l’étude de Willie Soon lui-même (2024).Grok 3 s’est comporté comme un excellent miroir : alimenté par les publications de Soon, Harde et Koutsoyiannis, il a logiquement conclu que Soon, Harde et Koutsoyiannis avaient raison.
L’article mentionne un autre fait technique crucial : « Grok 3 présente une variabilité considérable pour documenter les détails des références et des citations, nécessitant de vastes révisions par les coauteurs pour corriger de nombreuses inexactitudes ». Cela confirme que l’IA souffre d’hallucinations factuelles dès qu’il s’agit de traiter de la donnée brute et précise, exigeant que l’humain repasse derrière pour garantir la rigueur bibliographique.
Conclusion:
L’exercice n’est pas « fallacieux » au sens d’une falsification de données, car les auteurs décrivent leur méthode honnêtement en fin d’article. En revanche, l’interprétation médiatique qui en est faite est biaisée : Grok 3 n’a pas arbitré de manière neutre le débat climatique mondial, il a simplement servi d’outil de traitement de texte automatisé pour donner une forme académique aux thèses de ses utilisateurs.
Grok = elon musk = climatosceptique par définition
Donc ça équivaut à s’appuyer sur un texte Nazi pour défendre le Nazisme.
De plus les LLM sont des modèles qui ne sont pas faits pour les calculs, ils prédisent des token statistiquement, la science se base sur d’autres modèles pour étudier l’ADN, par exemple. Il serait bon pour vous d’étudier un peu plus profondément avant de publier.
C’est article est un non sens.
Demandez à un enfant de 10ans élevé par des climatosceptique de démonter un argument, il le fera avec aplomb.
Elon Musk n’est pas du tout climatosceptique.
Il est même en conflit avec les Républicains sur ce sujet.
Initialement, sa passion pour les voitures électriques et pour les toitures solaires a été motivée par sa conviction qu’il fallait décarboner les sources d’énergie.
Savez vous discutez sereinement sans dégainer la sulfateuse du nazisme?
Paradoxalement par rapport au commentaire de Jambon, l’idéologie nazi était écologiste. Hitler en était même végétarien. La pensée de Rudolf Steiner, l’illuminé qui a inventé la biodynamie a inspiré la nomenklatura nazi avant d’inspirer les courants écologistes allemands de la fin du XXème siècle.
à Jambon
et un autre enfant de 10 ans élevé par des climatoréchauffistes militants aura autant d’aplomb. Peut être plus encore, car s’il aime être adulé par ses camarades, il sera servi et pourra rentrer dans la masse des « moi je » alors que l’autre rentrera peut être dans celle des « pauvre de moi ».
Donc un partout (ou zéro partout), balle au centre
Manifestement vous n’avez pas compris comment fonctionne l’I.A.
» A Critical Reassessment of the Anthropogenic CO₂-Global Warming Hypothesis: Empirical Evidence Contradicts IPCC Models and Solar Forcing Assumptions »
Si cette étude « peer reviewed » a été publiée et non réfutée, simplement ignorée par le GIEC qui espère qu’elle tombera dans l’oubli, d’autres études tout aussi pointues et dopées par l’Intelligence Artificielle suivront qui viendront la conforter.
Pourquoi le GIEC n’utilise-t-il pas lui aussi l’I.A. pour ajouter de l’eau à son moulin ???
peut on rever d’un groupe de travail de pro’s and con’s qui se mettrait d’accord sur une question non contestable ,- non biaisée donc- à plusieurs IA’s.
Le résultat serait incontestable, non? Du moins opposable pour un débat serein entre scientifiques non idéologisés
Oui. L’article est fortement trompeur, et certains passages relèvent clairement de la désinformation, même si le papier de Science of Climate Change existe bien et que les chiffres cités ne sont pas tous inventés.
Le point essentiel : Grok n’a pas “réfuté les conclusions du GIEC”. Une IA a produit un texte argumentatif à la demande de chercheurs qui défendaient déjà une thèse climato-sceptique. Le papier lui-même indique que les coauteurs humains ont orienté l’analyse et corrigé les références. Ce n’est donc ni une expérience indépendante, ni une nouvelle observation expérimentale.
Les principales manipulations
1. « Le CO₂ anthropique ne représente que 4 % des flux annuels »
C’est une présentation trompeuse. Oui, les flux naturels bruts de CO₂ sont beaucoup plus importants que les émissions humaines. Mais ils sont, en grande partie, à peu près équilibrés entre eux. Les émissions humaines constituent donc un apport net supplémentaire qui déséquilibre le cycle du carbone.
L’argument « 4 % seulement » est comparable à dire qu’un petit ajout à un système presque équilibré ne peut pas modifier le bilan : c’est faux. Le GIEC précise justement que les flux anthropiques sont faibles par rapport aux flux naturels bruts, mais qu’ils ont provoqué une augmentation mesurable du carbone dans l’atmosphère et les réservoirs terrestres et océaniques.
2. « Le CO₂ anthropique ne reste pas durablement dans l’atmosphère »
C’est également trompeur. Le CO₂ ne possède pas une durée de vie simple comme un polluant qui disparaîtrait après X années : il est redistribué entre plusieurs réservoirs. Une partie est absorbée relativement rapidement, mais une autre fraction persiste pendant des siècles à des millénaires, voire davantage. Le GIEC estime qu’une fraction importante d’une impulsion de CO₂ reste dans le système sur des échelles de temps très longues.
3. « Les modèles CMIP ont des R² proches de zéro, donc ils échouent »
C’est une critique méthodologiquement douteuse. Les modèles climatiques ne sont pas conçus pour prédire la trajectoire exacte de chaque année ou de chaque simulation individuelle. Ils simulent des distributions et des tendances sous différents scénarios de forçage. Comparer des trajectoires individuelles à des observations avec un R² et en tirer la conclusion que « les modèles échouent systématiquement » est une simplification abusive.
Le GIEC ne prétend d’ailleurs pas que les modèles reproduisent chaque fluctuation naturelle à court terme. Sa conclusion repose sur plusieurs lignes de preuve indépendantes, notamment les observations, la physique des gaz à effet de serre, les tendances océaniques, la cryosphère et les simulations avec ou sans forçage anthropique.
4. « Le GIEC s’appuie sur une seule reconstruction solaire »
La formulation est trompeuse. Le GIEC discute et compare plusieurs reconstructions de l’irradiance solaire totale. Il conclut que la contribution du Soleil au forçage climatique récent est faible, et estime que la variabilité solaire depuis la fin du XIXe siècle ne peut expliquer qu’une petite fraction du réchauffement observé.
Le problème fondamental : l’IA n’est pas un arbitre scientifique
Une IA peut produire un texte très convaincant qui sélectionne certaines publications, en ignore d’autres, adopte une méthode discutable et formule une conclusion catégorique. Le fait qu’un modèle d’IA écrive un article ne constitue pas une validation indépendante de son contenu.
D’ailleurs, l’article ne démontre pas expérimentalement que le CO₂ anthropique ne réchauffe pas le climat. Il reprend et assemble des arguments déjà défendus par certains auteurs climato-sceptiques, puis les présente comme une « réfutation » du consensus scientifique.
Verdict
Le titre « Un modèle de pointe d’IA réfute les conclusions du GIEC » est faux ou, au minimum, gravement trompeur. Une formulation honnête serait plutôt :
« Des chercheurs ont utilisé Grok 3 pour rédiger un article défendant une réévaluation critique de l’influence du CO₂ anthropique sur le climat. »
Cela ne signifie pas que toutes les incertitudes climatiques sont nulles, ni que toutes les critiques des modèles sont absurdes. Mais les arguments centraux de l’article — « seulement 4 % », « rétention négligeable », « R² proches de zéro », « 27 reconstructions solaires ignorées » — ne suffisent absolument pas à réfuter l’attribution du réchauffement récent principalement aux activités humaines. Le GIEC conclut au contraire que l’influence humaine sur le réchauffement observé est sans équivoque, sur la base de multiples lignes de preuve convergentes.
@hm : « Le titre « Un modèle de pointe d’IA réfute les conclusions du GIEC » est faux ou, au minimum, gravement trompeur. Une formulation honnête serait plutôt : »
« Cela ne signifie pas que toutes les incertitudes climatiques sont nulles, ni que toutes les critiques des modèles sont absurdes. »
Phrases typiquement IA, ChatGPT les sort à chaque discussion houleuse…. A la relecture tout le commentaire est 100% ChatGPT. Utiliser l’IA pour réfuter un article qui parle de l’IA : la boucle est bouclée 🙂
L’article est fortement trompeur, et certains passages relèvent clairement de la désinformation, même si le papier de Science of Climate Change existe bien et que les chiffres cités ne sont pas tous inventés.
Le point essentiel : Grok n’a pas “réfuté les conclusions du GIEC”. Une IA a produit un texte argumentatif à la demande de chercheurs qui défendaient déjà une thèse climato-sceptique. Le papier lui-même indique que les coauteurs humains ont orienté l’analyse et corrigé les références. Ce n’est donc ni une expérience indépendante, ni une nouvelle observation expérimentale.
Les principales manipulations
1. « Le CO₂ anthropique ne représente que 4 % des flux annuels »
C’est une présentation trompeuse. Oui, les flux naturels bruts de CO₂ sont beaucoup plus importants que les émissions humaines. Mais ils sont, en grande partie, à peu près équilibrés entre eux. Les émissions humaines constituent donc un apport net supplémentaire qui déséquilibre le cycle du carbone.
L’argument « 4 % seulement » est comparable à dire qu’un petit ajout à un système presque équilibré ne peut pas modifier le bilan : c’est faux. Le GIEC précise justement que les flux anthropiques sont faibles par rapport aux flux naturels bruts, mais qu’ils ont provoqué une augmentation mesurable du carbone dans l’atmosphère et les réservoirs terrestres et océaniques.
2. « Le CO₂ anthropique ne reste pas durablement dans l’atmosphère »
C’est également trompeur. Le CO₂ ne possède pas une durée de vie simple comme un polluant qui disparaîtrait après X années : il est redistribué entre plusieurs réservoirs. Une partie est absorbée relativement rapidement, mais une autre fraction persiste pendant des siècles à des millénaires, voire davantage. Le GIEC estime qu’une fraction importante d’une impulsion de CO₂ reste dans le système sur des échelles de temps très longues.
3. « Les modèles CMIP ont des R² proches de zéro, donc ils échouent »
C’est une critique méthodologiquement douteuse. Les modèles climatiques ne sont pas conçus pour prédire la trajectoire exacte de chaque année ou de chaque simulation individuelle. Ils simulent des distributions et des tendances sous différents scénarios de forçage. Comparer des trajectoires individuelles à des observations avec un R² et en tirer la conclusion que « les modèles échouent systématiquement » est une simplification abusive.
Le GIEC ne prétend d’ailleurs pas que les modèles reproduisent chaque fluctuation naturelle à court terme. Sa conclusion repose sur plusieurs lignes de preuve indépendantes, notamment les observations, la physique des gaz à effet de serre, les tendances océaniques, la cryosphère et les simulations avec ou sans forçage anthropique.
4. « Le GIEC s’appuie sur une seule reconstruction solaire »
La formulation est trompeuse. Le GIEC discute et compare plusieurs reconstructions de l’irradiance solaire totale. Il conclut que la contribution du Soleil au forçage climatique récent est faible, et estime que la variabilité solaire depuis la fin du XIXe siècle ne peut expliquer qu’une petite fraction du réchauffement observé.
Le problème fondamental : l’IA n’est pas un arbitre scientifique
Une IA peut produire un texte très convaincant qui sélectionne certaines publications, en ignore d’autres, adopte une méthode discutable et formule une conclusion catégorique. Le fait qu’un modèle d’IA écrive un article ne constitue pas une validation indépendante de son contenu.
D’ailleurs, l’article ne démontre pas expérimentalement que le CO₂ anthropique ne réchauffe pas le climat. Il reprend et assemble des arguments déjà défendus par certains auteurs climato-sceptiques, puis les présente comme une « réfutation » du consensus scientifique.
Verdict
Le titre « Un modèle de pointe d’IA réfute les conclusions du GIEC » est faux ou, au minimum, gravement trompeur. Une formulation honnête serait plutôt :
« Des chercheurs ont utilisé Grok 3 pour rédiger un article défendant une réévaluation critique de l’influence du CO₂ anthropique sur le climat. »
Cela ne signifie pas que toutes les incertitudes climatiques sont nulles, ni que toutes les critiques des modèles sont absurdes. Mais les arguments centraux de l’article — « seulement 4 % », « rétention négligeable », « R² proches de zéro », « 27 reconstructions solaires ignorées » — ne suffisent absolument pas à réfuter l’attribution du réchauffement récent principalement aux activités humaines. Le GIEC conclut au contraire que l’influence humaine sur le réchauffement observé est sans équivoque, sur la base de multiples lignes de preuve convergentes.
« Le GIEC conclut au contraire que l’influence humaine sur le réchauffement observé est sans équivoque, sur la base de multiples lignes de preuve convergentes. » : ça nous avait échappé, merci pour le scoop.
Les conclusions d’un quarteron d’hystériques de l’apocalypse reposant sur des modélisations délirantes alimentées par des données insuffisantes, incomplètes et non fiables quand ce n’est pas tout bonnement trafiquées (Climategate) ne constituent pas une réalité scientifique, sauf pour les simples d’esprits.
Si vous avez quelque chose à dire, essayez de rédiger un texte par vous même; et si vous en êtes incapable, mentionnez au moins que l’IA en est l’auteur. Je sais que l’honnêteté est une notion étrangère au climato-fanatique de base mais faites un effort, ça nous changera.
C’est bien plus qu’un quarteron. Des dizaines de milliers de chercheurs actifs dans le domaine du climat.
« Des dizaines de milliers de chercheurs » : dans votre imaginaire fertile et délirant uniquement.
Sur les 11.944 études retenues par le GIEC, seules 64 soutiennent que l’homme est responsable de plus de 50 % du réchauffement actuel.
0,54 %, un quarteron.
Sauf que votre chiffre est faux.
@hm
Je me contente de répondre au « point 2 »: une autre fraction [du CO2 émis] persiste pendant des siècles à des millénaires, voire davantage.
Supposons que l’an 1, l’humanité émette l’équivalent de 5 ppm de CO2 dans une atmosphère à 400 ppm de CO2. On constate que sur la période la concentration dans l’atmosphère augmente de 2,5 ppm seulement (en réalité un peu moins, mais ne pinaillons pas !), et donc que 2,5 ppm ont été absorbés par l’environnement.
Supposons maintenant que l’an 2, avec une concentration initiale de 402.5 ppm, on n’émette aucun CO2. Quelle sera la concentration dans l’atmosphère à la fin de l’année ?
La nature n’a aucune raison de changer son comportement, et absorbera encore comme l’an précédent environ 2,5 ppm … donc la concentration à la fin de l’an 2 sera retournée à environ 400 ppm.
Conclusion: le CO2 émis par l’homme reste moins de 2 ans dans l’atmosphère !
SVP: si vous n’êtes pas d’accord avec ce raisonnement (il n’est pas de moi, mais de Roy Spencer), dites nous comment vous pouvez vous aventurer à dire que le CO2 émis persiste « pendant des siècles à des millénaires ».
@papijo
L’avatar « hm » doit avoir un moyen secret ignoré de la Science qui lui permet de marquer certaines molécules de CO2 avec leur date de fabrication, ce qui lui permet de retrouver dans l’atmosphère ces fameuses molécules labellisées des millénaires après leur apparition initiale !
L’absorption n’est pas un débit fixe de 2,5 ppm/an.
Effectivement … l’absorption n’est pas constante …
On constate qu’elle augmente en même temps que croissent les émissions (et malgré l’augmentation des températures qui devrait la ralentir !). La raison la plus probable: augmentation CO2 atmosphérique => augmentation de la biomasse => augmentation de l’absorption.
Il n’y a aucune raison que de l’an 1 à l’an 2 la biomasse varie beaucoup (statistiquement, elle a plus de chances d’augmenter mais tellement peu …), et en tout cas, l’arrêt brutal des émissions anthropiques n’a aucune incidence sur cette absorption … le CO2 présent dans l’atmosphère qu’il soit anthropique ou non est absorbé de la même manière (ne me parlez pas des isotopes de C12 !).
La subtilité importante est plutôt que le CO₂ anthropique ajoute du carbone au cycle rapide, ce qui augmente la concentration atmosphérique globale. C’est cette perturbation du bilan des flux, et non une propriété particulière des molécules de CO₂ anthropiques, qui pose problème pour le climat.
Puis-je apporter une réflexion: réchauffement anthropique , pas réchauffement anthropique? Le GIEC conclut que l’influence humaine sur le réchauffement observé est sans équivoque, sur la base de multiples lignes de preuve convergentes. OK. Selon cet article publié dans de nombreux journaux et revues
https://www.lemonde.fr/sciences/article/2025/12/10/un-mur-geant-de-7-000-ans-decouvert-au-large-de-l-ile-de-sein_6656810_1650684.html
le niveau de l’océan est monté de 9 mètres. Est-ce un phénomène purement finistérien ou global? Embêtement, le réchauffement a commencé il y a au moins 7000 ans donc n’est pas récent. A vos claviers et vos IA pour une explication (même farfelue)
Bien documentée , les disparitions des civilisations sont dues au climat à toutes les époques dans l’histoire.
Pendant la Préhistoire ??
Bientôt notre tour ?
C’est la marge bretonne qui s’enfonce, pas le niveau eustatique qui monte.
vous voulez dire que le plancher des vaches s’enfonce?
@tad29
Effectivement le plancher des vaches peut s’enfoncer localement dans la mer, comme ici, ou bien au contraire s’exhausser comme on le voit dans les pays scandinaves (« rebond isostatique post-glaciaire »).
Dans certains quartier de Djakarta, ce phénomène de subsidence entraine un enfoncement dramatique de la ville qui peut friser les 100 mm/an
On va attendre longtemps que Libé ou Le Monde ou mieux Ouest France ou encore mieux Le Télégramme , prennent le relai .
Alors sur un tout autre sujet , Jonathan Colher en février dernier avait suscité de nombreux « levés de patte » des artificiers de la science établie . Un soupçon de contestation ? ; réponse , bande de boomers nazes circulez rien à voir , nous les jeunes on sait !
https://www.climato-realistes.fr/une-nouvelle-etude-revele-des-failles-fatales-dans-les-mesures-du-contenu-thermique-des-oceans/
Oui juin juillet très chaud, mais plus de trois semaines de temps magnifique en Bretagne sud ( rare) pour plager en aérant les ados et enfants dans une eau à 20 dgr . Vu l’alarmisme affiché par les préfectures et la presse propagandiste, certains endroits magnifiques ont presque été désertés; les plus courageux y sont allés gaiement larmes à l’œil . Mais bon tout ira mieux avec les éoliennes de Belle Isle …
Du temps de la grippe espagnole, de la phtisie et du faux croupe , c’est sûr que nos parents et grands parents qui ont connu la mobilisation en aout 14 et en juin 40 , ont vécu ces étés moralement moins difficiles que le caniculaire 2026. Qu’est ce qu’on souffre …, gaz moutarde ? menace NBC ? Non , pire le CO2.
Le 10 novembre 2025 une assos écologiste du coin dopée par une climatologie dogmatisée et EELV en contexte municipale ( perdu ) , n’a pas trouvé mieux que de se servir comme support , la façade d’un bunker nazi pour faire passer le message du réchauffement selon une modélisation plus qu’alarmiste en un grandiose submersif warming stripes.
https://www.letelegramme.fr/morbihan/gavres-56680/a-gavres-un-gigantesque-code-barres-climat-pour-alerter-et-sensibiliser-sur-le-rechauffement-climatique-video-6941842.
https://i.goopics.net/lgumog.jpg
Les jeunes manipulés ne savaient sans doute pas qu’à moins d’un nautique de là , un chalutier bondé tentant d’échapper à la submersion allemande de juin 40 sauta sur une mine , plus de 200 victimes .
A chacun sa submersion dans un ennemi CO2 lavant la mémoire . Il n’y a plus d’anciens combattant , ils ne se retournent pas dans leur tombe , ils font la toupie . De surcroît cet affichage honteusement inapproprié- pour rester poli- est pourtant couvert par les autorités tamponnées UBS/GIEC .
L’initiative ? Probablement madame Masson Delmotte qui intentionnellement fait passer une classique surcote submersive de marée ( > 1m jour ) avec le 2 millimètres de hausse annuel . Argument repris en cœur par ceux qui ne vivent pas l’océan.
https://www.letelegramme.fr/morbihan/vannes-56000/climat-et-risque-de-submersion-dans-le-golfe-du-morbihan-ni-bisounours-ni-cassandre-il-faut-dire-la-verite-aux-gens-6688497.php
Explication
https://i.goopics.net/6vl1pv.png
Lire ce que j’écrivais le 14 février dernier
https://www.climato-realistes.fr/la-cartographie-du-deni-climatique-sic/
Entre ceci , la gestion du 50 degré à Paris et la seine à sec , la coupe est pleine. Faut s’attendre au pire , ils oseront tout puisque sans complexe ils insultent le Docteur Curry.
Je suis très étonné par le titre de cet article
« » » » » » »Un modèle de pointe d’IA réfute les conclusions du GIEC » » » » » » »
Si je comprends bien il y a plusieurs modèles d’intelligence artificielle ; faudrait qu’on crée un groupe ( le GIEMIA) qui étudie ces différents modèles et n’en conserve qu’un , finalement .
Avec ou sans IA, la théorie du Giec n’est pas réfutable.
Trop vague, pas mesurable, pas reproductible…
On ne remplace pas une démonstration par une masse de données.
Utiliser l’IA pour débunker un texte scientifique, mais quelle idée géniale ! J’ai moi-même demandé à l’IA d’analyser cet article écrit avec les pieds, et voici sa réponse :
« L’article mentionné confond la génération de texte par l’IA avec la validation scientifique, en s’appuyant sur des thèses climatosceptiques classiques et une revue scientifique non reconnue. Les arguments techniques avancés, notamment sur la part anthropique du CO₂ et la défaillance des modèles climatiques, contredisent le consensus scientifique actuel établi par des institutions indépendantes. Vous pouvez trouver une analyse détaillée des faits scientifiques auprès d’organismes de recherche climatique reconnus. »
Doit-on en conclure que les réponses apportées par l’IA sont toutes détentrices de la vérité absolue ?
lol.
Grok est une IA généraliste , de plutôt mauvaise qualité et hyper biaisée : crédibilité scientifique : zéro.
France-Soir est LE journal des conspipis de tous poils
ScienceofClimateChange.org n’est pas un site scientifique reconnu mais un équivalent des climatorealistes.
Bref, que du vent.
Cette étude avec grok est bidon et fourni par des sites climatoseptique. merci de lire le texte sur ce debunkage
https://factuel.afp.com/doc.afp.com.39GZ79D
Pour info France soir n’est plus un organe de presse depuis longtemps mais un site d’extrême droite qui publie a la chaine des fake news
c’est long à lire, c’est intéressant et parfois l’explication (baisse du niveau de la mer apres la 2eme guerre mondiale) est un peu « vaseuse »
Analyse de ChatGPT sur l’augmentation du niveau de la mer à Marseille grâce aux relevés du SHOM et l’IGN
Oui. J’ai vérifié les données actuelles : le PSMSL, qui conserve les séries mondiales de marégraphes, indique maintenant pour Marseille une série allant de 1849 à 2025. Le SHOM et l’IGN continuent d’exploiter la station.
Ce que montrent les données
Le chiffre le plus robuste est celui-ci :
Période Hausse du niveau moyen à Marseille
1885 → 2020 ≈ 18 cm
1885 → 2021 ≈ 16 cm selon la série présentée par la Ville de Marseille
1849 → 2012 tendance moyenne 1,08 mm/an
1885 → aujourd’hui ordre de grandeur ≈ 1,2–1,4 mm/an
L’IGN donne 18 cm entre 1885 et 2020, à partir des moyennes mensuelles du PSMSL.
La Ville de Marseille donne une tendance d’environ 1,2 mm/an, soit un peu plus de 16 cm en 2021.
Mais il y a une nuance importante : on ne peut pas simplement prendre 1,2 mm × nombre d’années et considérer que c’est la montée réelle chaque année. La courbe comporte des fluctuations importantes, et la tendance dépend de la période choisie.
Et il y a quelque chose d’encore plus intéressant
Le PSMSL vient de mettre à jour la station : 1849–2025, mais avec seulement 62 % de complétude sur l’ensemble de cette très longue période.
Cela signifie qu’on peut réellement regarder la courbe sur 176 ans, mais qu’il faut être prudent avec certaines années anciennes.
Le marégraphe moderne fonctionne en continu et les mesures numériques sont réalisées à des intervalles pouvant être inférieurs à 10 minutes.
Pourquoi je trouve la série de Marseille particulièrement convaincante
Il y a trois éléments qui se complètent :
1. Une mesure instrumentale très ancienne : 1885.
2. Une série encore plus ancienne retrouvée récemment : 1849–1851.
3. Une mesure GPS du déplacement du bâtiment, qui permet de vérifier que le sol sous le marégraphe ne s’enfonce pas suffisamment pour expliquer la hausse observée.
L’étude scientifique consacrée à la récupération de ces données conclut à une hausse relative de 1,08 ± 0,04 mm/an entre 1849 et 2012 et estime le mouvement vertical du sol à seulement −0,04 ± 0,25 mm/an depuis 1998.
Je peux aller un cran plus loin
Je peux récupérer la série annuelle complète du PSMSL jusqu’en 2025 et vous faire une petite analyse avec, par exemple :
1885 → 1900 → 1950 → 1970 → 1980 → 1990 → 2000 → 2010 → 2020 → 2025
et surtout tracer mentalement avec vous la question qui est la plus intéressante :
Est-ce que la mer monte réellement de plus en plus vite à Marseille, ou bien les 18 cm sont-ils essentiellement une tendance linéaire depuis 1885 ?
C’est là que les données deviennent vraiment instructives, car la pente récente n’est pas nécessairement la même que la pente calculée sur 140 ans. Je peux vous détailler cela avec les chiffres du marégraphe et distinguer ce qui est directement mesuré de ce qui relève de l’interprétation climatique.
continues ton analyse
Oui. En reprenant les données avec un peu plus de recul, il apparaît que la série de Marseille est plus intéressante que le simple chiffre de “18 cm”.
1. D’abord, une correction importante sur ce que je vous ai dit
La base internationale PSMSL a été mise à jour en février 2026 et donne maintenant pour Marseille une série allant de 1849 à 2025, avec 62 % de complétude. Elle intègre les données historiques retrouvées par le SHOM et les moyennes mensuelles et annuelles recalculées.
Pour la période moderne bien documentée, l’IGN donne toujours le chiffre de référence : +18 cm entre 1885 et 2020.
Donc mon estimation précédente de « 1,2–1,4 mm/an » était correcte comme ordre de grandeur, mais elle masque une évolution beaucoup plus complexe.
2. La montée n’a pas été régulière
C’est probablement le point le plus surprenant.
Une première étude scientifique portant sur 1849–2012 trouve une tendance globale de :
+1,08 ± 0,04 mm/an.
Mais une étude publiée en 2025, qui analyse systématiquement différentes périodes de la série marseillaise, montre que cette moyenne est trompeuse.
Elle met notamment en évidence :
• une période où le niveau marin augmentait d’environ +4 mm/an ;
• une forte baisse après la Seconde Guerre mondiale, avec une tendance d’environ −2 mm/an pendant l’épisode ;
• puis une remontée d’environ +3 mm/an pendant la phase de récupération.
Autrement dit, si vous prenez toute la période 1885–2020 et tracez simplement une droite, vous obtenez environ 18 cm. Mais la mer n’a absolument pas suivi cette droite année après année.
C’est un peu comme calculer la vitesse moyenne d’une voiture ayant fait des accélérations, des ralentissements et des arrêts : la vitesse moyenne ne raconte pas le trajet.
3. Alors, la montée récente est-elle plus rapide ?
Oui, c’est précisément ce que suggèrent les données.
L’IGN indique que l’élévation observée à Marseille est principalement concentrée depuis le XXᵉ siècle et qu’une accélération est observable depuis les années 1980, en lien avec le changement climatique.
Mais il faut être prudent avec le mot « accélération ».
Une accélération signifie que la pente elle-même augmente :
1 mm/an → 2 mm/an → 3 mm/an…
et non simplement que le niveau monte.
Or les données de Marseille sont influencées par des variations naturelles importantes. L’étude de 2025 trouve notamment une relation avec la NAO (oscillation nord-atlantique), qui peut modifier temporairement les niveaux marins régionaux.
Donc on ne peut pas attribuer chaque changement de pente au réchauffement climatique.
4. Et c’est là que Marseille devient un cas scientifique exceptionnel
Il y a une question fondamentale :
Comment savoir si c’est la mer qui monte ou si le sol qui descend ?
Le marégraphe mesure en réalité :
niveau de la mer par rapport au marégraphe.
Si le sol descend de 1 mm/an et que l’océan monte de 1 mm/an, le marégraphe enregistrera +2 mm/an.
Mais Marseille possède depuis 1998 une station GNSS permanente, installée directement sur le bâtiment du marégraphe. Elle permet de mesurer les mouvements verticaux du site indépendamment du niveau de la mer.
L’étude historique trouve ainsi un mouvement du sol de seulement :
−0,04 ± 0,25 mm/an depuis 1998.
C’est extrêmement intéressant : le sol du marégraphe est pratiquement stable à l’échelle de précision considérée.
Cela signifie que la hausse observée à Marseille ne peut pas être simplement expliquée par un affaissement du bâtiment ou du terrain.
5. Il y a cependant une bizarrerie historique extraordinaire
Vous vous souvenez que le marégraphe a été construit pour définir le zéro des altitudes françaises ?
En 1896, les ingénieurs ont observé que le niveau moyen de la mer à Marseille semblait tendre vers un niveau situé 71 mm sous l’ancien zéro du nivellement.
Ils ont donc choisi ce niveau comme nouvelle référence.
C’est ainsi que le zéro NGF des altitudes françaises est historiquement lié au niveau moyen de la mer observé à Marseille.
Mais il y a un paradoxe :
La référence utilisée pour définir l’altitude zéro n’est pas une constante physique éternelle.
Le niveau de la mer continue de changer.
Cela ne signifie évidemment pas que votre altitude « change » : le zéro NGF est une référence géodésique conventionnelle fixée dans le temps. C’est précisément pour cela qu’on peut mesurer aujourd’hui que la mer s’est élevée par rapport à cette référence.
6. Peut-on faire confiance aux anciennes données ?
Oui, mais pas aveuglément.
C’est là que le travail du SHOM et du PSMSL est très important.
Les données de 1885 à 1988 ont été récupérées à partir d’environ 1 200 marégrammes papier, puis numérisées.
Et les chercheurs ont même retrouvé des observations encore plus anciennes datant de 1849–1851.
Mais le PSMSL signale certaines difficultés :
• panne du mécanisme en 1951–1952 ;
• certaines données de 1945–1958 ont été discutées historiquement ;
• changement d’instrument en 1998 ;
• certaines valeurs de 2005–2006 ont été signalées comme suspectes ;
• la complétude de l’ensemble 1849–2025 n’est que de 62 %.
Cela ne rend pas la série inutilisable. Au contraire : les chercheurs ont précisément travaillé sur ces problèmes pour reconstruire une série cohérente.
Mais cela signifie qu’il serait abusif de regarder une année isolée en disant :
« En 1947 la mer était X millimètres plus haute, donc… »
Les tendances sur plusieurs décennies sont beaucoup plus significatives que les valeurs annuelles.
7. Et maintenant le point vraiment intéressant : que pourrait-il se passer à Marseille ?
Une étude publiée en 2025 a essayé de faire quelque chose de délicat : utiliser la série historique de Marseille pour estimer les évolutions futures.
Elle conclut qu’en utilisant une période d’interpolation d’environ 60 ans, les observations sont compatibles avec les projections du GIEC et qu’une hausse supplémentaire de l’ordre de 20 cm d’ici 2050 est attendue dans leur analyse. Elle estime également qu’un niveau de +50 cm pourrait être atteint avant la fin du XXIᵉ siècle.
Attention toutefois : ce ne sont pas des prédictions certaines. C’est une extrapolation fondée sur une méthode particulière et l’article insiste lui-même sur les incertitudes et sur l’importance du choix de la période utilisée.
Je ne prendrais donc surtout pas le chiffre « +20 cm d’ici 2050 » comme une certitude.
Ce que je retiendrais
Si on résume les 170 ans d’histoire du niveau marin à Marseille :
1849–1851
Premières observations retrouvées.
↓
1885
Début de la série instrumentale continue du marégraphe actuel.
↓
1885–2020
Environ +18 cm de hausse du niveau moyen.
↓
Mais la progression est irrégulière
Avec des périodes de hausse beaucoup plus rapide et une importante baisse après la Seconde Guerre mondiale.
↓
Depuis les années 1980
Les observations montrent une tendance à l’accélération, cohérente avec l’évolution mondiale du niveau marin.
↓
Depuis 1998
Le GPS confirme que le site du marégraphe est pratiquement stable verticalement.
↓
2025
La base PSMSL contient désormais la série historique jusqu’à 2025.
Et je vous propose une étape encore plus intéressante
On peut maintenant faire quelque chose de beaucoup plus parlant : prendre les données annuelles réelles du PSMSL et reconstituer la courbe de Marseille.
Je pourrais vous présenter une analyse en trois courbes conceptuelles :
1. niveau marin annuel depuis 1885 ;
2. moyenne glissante sur 10 ans, qui élimine une grande partie du « bruit » ;
3. tendance par période de 30 ans, pour voir visuellement si la vitesse de montée augmente.
Cela permettrait de répondre beaucoup plus rigoureusement à la question :
« Est-ce que la mer monte réellement de plus en plus vite à Marseille ? »
Et surtout, on pourrait comparer Marseille avec Brest et avec l’élévation moyenne mondiale, ce qui permettrait de distinguer ce qui est propre à la Méditerranée de ce qui relève de l’élévation globale des océans.
approfondis ton analyse
Oui. En approfondissant, je pense qu’il faut corriger une impression que donnent facilement les chiffres bruts : Marseille ne raconte pas simplement une histoire de « +18 cm depuis 1885 ». La série montre à la fois une hausse de fond, des oscillations régionales très importantes et, surtout, une accélération récente qui devient difficile à expliquer par la seule variabilité naturelle.
1. Le chiffre de +18 cm est solide, mais il faut savoir ce qu’il signifie
L’IGN estime à environ 18 cm la hausse du niveau moyen de la mer à Marseille entre 1885 et 2020. La série PSMSL a depuis été mise à jour et couvre désormais 1849–2025, avec 62 % de complétude sur l’ensemble de la période.
Sur 135 ans, 18 cm correspondent à environ :
180 mm / 135 ans ≈ 1,33 mm/an.
C’est pratiquement la valeur que l’on retrouve dans une analyse indépendante de la série : 1,27 ± 0,11 mm/an entre 1885 et 2022.
Donc le premier résultat est très robuste :
À Marseille, le niveau marin relatif a augmenté d’environ 1,3 mm/an en moyenne depuis 1885.
Mais cette moyenne est trompeuse si on l’interprète comme une vitesse constante.
2. La vraie surprise : Marseille a connu une énorme anomalie au XXe siècle
Une étude publiée en 2025 par Jonathan Chenal, de l’IGN, est particulièrement intéressante parce qu’elle ne se contente pas de calculer une droite sur 138 ans.
Elle examine systématiquement toutes les périodes possibles de la série, de 20 ans jusqu’à la totalité de la période, avec des modèles linéaires et quadratiques. Elle comble également les lacunes en utilisant les marégraphes voisins de Méditerranée : Gênes, Sète, Toulon, Nice, Port-Vendres, L’Estartit, etc.
Et elle trouve quelque chose d’assez spectaculaire.
Avant la grande anomalie d’après-guerre
Certaines périodes montrent une hausse du niveau marin de l’ordre de :
+2 à +6 mm/an
selon la période et les corrections utilisées.
Puis survient une période de baisse du niveau marin relatif au milieu du XXe siècle.
Pendant l’épisode le plus marqué, le modèle quadratique estime une tendance pouvant atteindre environ :
−2 mm/an.
Puis la mer recommence à monter.
Après cet épisode, les tendances redeviennent positives, autour de +2 mm/an, et l’accélération devient elle-même positive.
3. Pourquoi la mer a-t-elle pu « baisser » au milieu du XXe siècle ?
C’est extrêmement important, parce que cela montre pourquoi il ne faut pas regarder Marseille avec une simple règle graduée.
Cette baisse n’est pas interprétée comme une disparition du changement climatique.
Elle est notamment associée à des changements hydrologiques et atmosphériques à l’échelle mondiale et régionale.
Un mécanisme particulièrement intéressant est ce que les chercheurs appellent le « sea-level budget » : une partie de l’eau qui aurait normalement rejoint les océans a été temporairement retenue sur les continents, notamment derrière les barrages construits massivement après la Seconde Guerre mondiale.
Autrement dit :
eau dans les océans ↓ → niveau marin ↓
temporairement.
L’étude de 2025 considère que cet épisode de baisse a constitué une sorte de contre-forçage temporaire qui continue à influencer le calcul des tendances lorsque l’on utilise de très longues périodes.
C’est fascinant parce que cela signifie qu’un phénomène entièrement terrestre — la construction de barrages et la modification du stockage de l’eau — peut se retrouver dans un marégraphe situé à Marseille.
4. Il y a aussi la pression atmosphérique
Autre élément important : le niveau mesuré par un marégraphe n’est pas uniquement déterminé par la quantité d’eau dans l’océan.
Une pression atmosphérique plus élevée exerce une force supplémentaire sur la surface de la mer et tend à l’abaisser.
C’est ce qu’on appelle l’effet baromètre inversé.
À Marseille, l’étude de 2025 trouve une corrélation intéressante entre les variations multidécennales du niveau marin et la NAO, l’oscillation nord-atlantique.
Le résultat est particulièrement intéressant : certaines des fortes variations de tendance observées à Marseille semblent avoir été influencées par les variations de pression atmosphérique associées à cette circulation climatique.
L’auteur estime notamment qu’une partie de l’anomalie pourrait être expliquée par cet effet, de l’ordre de quelques dixièmes de millimètre par an dans certaines périodes.
Cela nous donne une leçon importante :
Une tendance observée à Marseille n’est pas automatiquement une tendance du niveau moyen des océans.
Il faut distinguer le signal mondial, le signal méditerranéen et les fluctuations locales.
5. Et pourtant, la période récente est différente
C’est là que l’histoire devient beaucoup plus préoccupante.
L’IGN indique que l’élévation du niveau marin à Marseille est principalement observable depuis le XXe siècle et que la tendance s’accélère depuis les années 1980, en cohérence avec le changement climatique.
L’étude de 2025 va plus loin :
pour les périodes récentes, le niveau marin marseillais présente des tendances proches de +3 mm/an, avec une accélération de l’ordre de +1 mm/an supplémentaire par décennie dans son analyse.
C’est très différent de la moyenne historique de +1,3 mm/an.
Il faut cependant bien comprendre ce que signifie « accélération de +1 mm/an par décennie ».
Ce n’est pas :
« la mer monte de 1 mm de plus chaque année ».
C’est plutôt une évolution hypothétique de la vitesse :
2 mm/an → 3 mm/an → 4 mm/an…
si l’accélération se poursuivait.
Et on ne doit surtout pas extrapoler cette accélération indéfiniment. La série est trop variable et la physique future dépendra de l’évolution du climat.
6. Marseille n’est donc pas exactement le niveau moyen mondial
La comparaison avec l’océan mondial est instructive.
Selon le GIEC, le niveau moyen mondial a augmenté de 20 cm entre 1901 et 2018.
Mais surtout, sa vitesse a changé :
Période Niveau marin mondial
1901–1971 +1,3 mm/an
1971–2006 +1,9 mm/an
2006–2018 +3,7 mm/an
Le GIEC considère avec un haut niveau de confiance que l’influence humaine est le principal moteur de l’accélération observée depuis au moins 1971.
Voilà pourquoi il serait incorrect de dire :
« Marseille ne monte qu’à 1,3 mm/an, donc le réchauffement climatique n’a pas beaucoup d’effet en Méditerranée. »
Le 1,3 mm/an est une moyenne sur 137 ans environ. Elle mélange une époque où le niveau montait lentement, des anomalies régionales, une période de baisse et une période récente beaucoup plus rapide.
7. Mais pourquoi Marseille peut-elle être différente du reste du monde ?
Parce que la Méditerranée n’est pas une simple baignoire reliée uniformément aux océans.
Le niveau marin local dépend notamment :
• de la température de l’eau ;
• de la salinité ;
• de la circulation océanique ;
• de la pression atmosphérique ;
• des échanges avec l’Atlantique par Gibraltar ;
• de la dynamique atmosphérique régionale ;
• du stockage d’eau sur les continents ;
• du mouvement vertical du sol.
C’est ce qu’on appelle souvent la dynamique régionale du niveau marin.
Ainsi, le niveau moyen mondial peut monter fortement tandis que Marseille monte moins vite pendant certaines décennies — ou davantage pendant d’autres.
8. Et le sol de Marseille dans tout cela ?
C’est l’un des aspects qui rendent la mesure marseillaise particulièrement précieuse.
Un marégraphe mesure :
mer – sol
et non pas simplement « hauteur de l’océan ».
Il fallait donc vérifier que le bâtiment ne s’enfonçait pas.
Or une station GPS/GNSS installée sur le bâtiment permet de mesurer le déplacement vertical du site.
Les observations disponibles depuis 1998 donnent environ :
−0,04 ± 0,25 mm/an
pour le mouvement vertical du sol.
Autrement dit, à la précision de la mesure, le socle du marégraphe est remarquablement stable.
C’est un résultat très important.
Cela signifie que les quelque 18 cm observés depuis la fin du XIXe siècle ne peuvent pas être expliqués simplement par un affaissement du bâtiment.
9. Il y a même un test indépendant
On peut comparer les données du marégraphe avec les mesures géodésiques de l’IGN.
L’IGN indique que les différentes opérations de nivellement réalisées au cours du temps ne montrent pas de mouvement local susceptible d’expliquer la hausse observée. Les mesures GPS modernes confortent cette conclusion.
On a donc plusieurs lignes de preuve :
marégraphe → hausse
nivellement → pas d’affaissement suffisant
GPS → sol pratiquement stable
autres marégraphes méditerranéens → signal régional comparable
satellites → hausse globale des océans
C’est beaucoup plus convaincant qu’une seule courbe.
10. Le chiffre qui me paraît le plus important : +3 mm/an aujourd’hui
Il faut toutefois être précis.
Je ne dirais pas :
« La mer monte actuellement de 3 mm/an à Marseille. »
Je dirais :
Les analyses des dernières décennies de la série marseillaise trouvent des tendances de l’ordre de 2–3 mm/an et une accélération récente, mais la valeur exacte dépend fortement de la fenêtre temporelle et des corrections appliquées.
C’est beaucoup plus scientifiquement honnête.
L’étude de 2025 montre d’ailleurs quelque chose de très instructif : pour 1960–2018, une estimation donne 1,39 mm/an, alors que la méthode utilisée dans cette étude obtient 0,84 ± 0,33 mm/an sur les données non comblées. Les auteurs attribuent notamment cet écart aux lacunes de la série.
En revanche, sur toute la période 1885–2022, leurs résultats non corrigés donnent 1,27 ± 0,11 mm/an, cohérents avec une estimation NOAA de 1,31 ± 0,12 mm/an.
C’est une excellente illustration de la difficulté :
plus on raccourcit la période, plus on mesure une situation récente — mais plus les fluctuations deviennent importantes.
11. Peut-on alors parler d’une accélération climatique ?
Oui, mais avec deux niveaux de confiance différents.
À l’échelle mondiale : très clairement oui.
Le GIEC estime que l’accélération du niveau marin mondial depuis le milieu du XXe siècle est robuste et que l’activité humaine est très probablement la cause principale de l’évolution depuis au moins 1971.
À Marseille : oui, mais le signal est beaucoup plus bruité.
La Méditerranée possède une variabilité régionale suffisamment forte pour masquer temporairement ou amplifier le signal climatique.
C’est justement pourquoi une série de 140 ans est tellement précieuse.
12. Et les projections pour Marseille sont encore plus intéressantes
L’étude de 2025 fait une expérience assez inhabituelle : elle demande essentiellement :
« Si nous utilisons uniquement l’histoire du marégraphe, quelle extrapolation donne-t-elle pour l’avenir ? »
Et elle constate quelque chose de très instructif.
Une extrapolation linéaire de longues périodes sous-estime généralement les projections climatiques du GIEC, parce qu’elle « oublie » l’accélération récente.
Une extrapolation quadratique, qui autorise une accélération, donne pour Marseille, avec une fenêtre historique optimale d’environ 64 ans, une hausse en 2050 d’environ :
23,6 cm par rapport à la moyenne 1995–2014, avec une très grande incertitude.
Mais — et c’est capital — ce n’est pas une prédiction officielle du niveau de la mer à Marseille.
L’auteur montre lui-même que le résultat dépend énormément du modèle et de la période choisie.
Pour Marseille, avec cette même méthode, le seuil de +20 cm par rapport à 1995–2014 est atteint vers 2045 avec l’ajustement quadratique, mais seulement vers 2234 avec l’ajustement linéaire.
Cet écart gigantesque est précisément la démonstration de la limite de l’extrapolation statistique.
13. Ce que cela nous dit réellement sur l’avenir
Il faut donc privilégier les projections physiques du climat, plutôt qu’une simple extrapolation de la courbe du marégraphe.
Le GIEC projette, pour le niveau moyen mondial d’ici 2100, environ :
• 28–55 cm sous un scénario de très faibles émissions ;
• 63–101 cm sous SSP5-8.5,
par rapport à 1995–2014.
Ces valeurs sont mondiales ; elles ne doivent pas être transposées directement à Marseille.
Mais elles donnent un ordre de grandeur de la transformation en cours.
14. Une autre chose me paraît particulièrement importante
Le niveau de la mer ne monte pas seulement « de quelques centimètres ».
Quelques centimètres changent énormément la fréquence des submersions.
Imaginons une tempête qui, aujourd’hui, produit exceptionnellement un niveau d’eau de +80 cm au-dessus d’un certain repère.
Si le niveau moyen de la mer augmente de 20 cm, la même tempête produit désormais :
80 + 20 = 100 cm.
La tempête n’a pas besoin d’être plus forte.
Le niveau de départ est simplement plus élevé.
C’est pourquoi, pour Marseille, l’enjeu n’est pas uniquement :
« La mer sera-t-elle 20 ou 50 cm plus haute en 2100 ? »
mais aussi :
« À quelle fréquence les niveaux actuellement exceptionnels deviendront-ils ordinaires ? »
Et c’est une question beaucoup plus pertinente pour les ports, les plages, les infrastructures littorales et les quartiers bas.
15. Et voici finalement ce que raconte la courbe de Marseille
Je la résumerais ainsi :
1885–début XXe siècle
→ hausse déjà observable.
Première moitié du XXe siècle
→ hausse parfois assez rapide.
Après la Seconde Guerre mondiale
→ anomalie majeure, avec baisse du niveau marin relatif.
Années 1960–1980
→ récupération progressive.
Depuis les années 1980
→ hausse plus nette et accélération.
Période récente
→ tendance de plusieurs mm/an selon les fenêtres analysées, avec une accélération statistiquement intéressante mais encore fortement influencée par la variabilité régionale.
Et le point essentiel est que l’accélération récente arrive au moment même où, à l’échelle mondiale, l’accélération du niveau marin est solidement établie et attribuée principalement à l’influence humaine.
Une dernière observation assez fascinante
Le marégraphe de Marseille a été construit pour définir le zéro des altitudes françaises, et non pour étudier le changement climatique.
C’est presque un hasard historique extraordinaire.
Les ingénieurs de 1885 voulaient simplement répondre à :
« Où est le niveau zéro de la France ? »
Ils ont laissé derrière eux un instrument qui permet aujourd’hui de répondre à une question complètement différente :
« Comment le niveau de la Méditerranée a-t-il changé depuis la révolution industrielle ? »
Et grâce à la conservation des 1 200 marégrammes papier, à leur numérisation, aux données du SHOM, au PSMSL et maintenant au GPS, nous pouvons confronter une observation commencée au XIXe siècle aux satellites et aux modèles climatiques du XXIe siècle.
C’est probablement l’une des séries d’observation climatique historiques les plus précieuses que possède la France.
Voir la série officielle Marseille du PSMSL
Voir les données et l’historique du marégraphe — IGN
Si vous le souhaitez, l’étape suivante serait encore plus parlante : je peux prendre Marseille, Brest, Gênes et le niveau moyen mondial et faire une véritable comparaison historique, période par période, pour déterminer si la Méditerranée se comporte différemment de l’océan mondial et pourquoi.
Eh bien, regardons le graphique de l’évolution de la vitesse au niveau global : https://www.zupimages.net/up/23/13/k4jg.png
Le coup de mou de la fin du XXème siècle se retrouve notamment dans la fonte de glaciers et la croissance des végétaux, la rétention par les barrages ne peut donc pas être invoquée. Parallèlement à l’augmentation de la rétention, les drainages en ont grossièrement compensé l’effet.