Etés plus chauds et vagues de chaleur : le CO2 n’explique pas tout !

par Arthur Corentin

Cette année encore, l’été, ponctué de grosses vagues de chaleur, a été chaud et les médias mainstreams s’en sont donnés à cœur joie dans le catastrophisme débridé et culpabilisant qui les caractérise.

Une fois de plus les émissions de CO2 ont été pointées du doigt comme principale source de nos malheurs, pour ceux qui ne supportent pas la chaleur. Toutefois, deux articles sortis en juin et en aout dans des revues scientifiques, sont venus troubler ce beau consensus. Déjà en 2024, un autre article sorti sur les records de chaleur de 2023 laissait planer le doute.

1 – Enfin des données sur l’ensoleillement en Europe.

Le premier, sorti dans la revue Photochemical & Photobiological Sciences [1], s’intitule « Augmentations récentes du rayonnement UV solaire en Europe : une étude menée sur 40 sites visant à identifier les limites des tendances ». L’auteur principal s’intéresse aux effets du rayonnement UV sur la santé. On ne peut donc pas le suspecter de climatoscepticisme comme s’est souvent le cas lorsqu’une publication étudie l’augmentation du rayonnement solaire. L’étude est donc basée sur l’analyse de mesures faites entre 2013 et 2022, sur 40 sites européens équipés de capteurs de rayonnement, mais aussi sur des produits satellites. Etrangement (ou pas), la publication ne recense en France que 2 sites équipés pour ce genre de mesures, pourtant peu onéreuses. L’un est à Villeneuve d’Ascq dans le Nord, et l’autre à l’observatoire de haute Provence. A titre de comparaison, l’Espagne en compte 7, la Grande Bretagne 6 et l’Italie 4. 

Résultats : 26 sites enregistrent une augmentation du rayonnement statistiquement significative, de 1,2 %/an. Pour 38 sites, l’augmentation mensuelle moyenne est entre 2 et 4 %/an. Une analyse faite sur 6 stations possédant des données datant du milieu des années 90, indique que la période présentant une augmentation statistiquement significative a commencé entre 2010 et 2013. Il faut noter que ces augmentations concernent l’intensité mais aussi la durée d’ensoleillement. Cependant, leur répartition spatiale n’est pas uniforme. La France et l’Europe centrale, pays faibles émetteurs de CO2, sont fortement impactées alors que l’Espagne ou la Grande Bretagne beaucoup moins. Cette localisation du réchauffement entre donc en contradiction avec notre beau consensus.

Figure 1. Répartition spatiale des augmentations du rayonnement constatées entre 2013 et 2022. Elles concernent principalement la France et l’Europe centrale. Tiré de Schmalwieser et al., 2026.

Les auteurs attribuent ces augmentations du rayonnement au changement des conditions atmosphériques, notamment l’ennuagement. A ce niveau-là, rien de neuf sous le Soleil si j’ose dire, de nombreuses publications ayant déjà relaté ce phénomène (voir Foster et al. (2023) ou mon article « Réchauffement inattendu des océans : que dit la thermodynamique ? » de mars 2025), mais, la mise en évidence de son impact sur l’Europe est une information nouvelle qui vient relativiser le catastrophisme des médias.

A propos de la diminution de la couverture nuageuse de basse altitude, un article paru fin 2024 dans le journal Science [2], sur le record de chaleur de 2023, en attribuait les causes à un albédo planétaire historiquement bas, le réchauffement climatique anthropique et El Niño ne pouvant expliquer que 0,2 °C sur les 1,5 °C d’augmentation enregistrés cette année-là. Ces mesures d’albédo étaient issues d’enregistrements satellites et de réanalyses de données. Comme déjà observé, les auteurs expliquent que cette baisse semble être due en grande partie à une diminution de la couverture nuageuse basse dans les latitudes moyennes septentrionales et les régions tropicales, diminution s’inscrivant dans la continuité d’une tendance pluriannuelle.

2 – Quand l’influence de l’homme sur le climat n’est pas celle attendue

Le second article est sorti dans la revue Geophysical Research Letters de l’AGU (Union Américaine de Géophysique) [3]. Il s’intitule : « Accélération du réchauffement estival en Europe due à des changements de la circulation atmosphérique en réponse au forçage des aérosols » et il concerne plus particulièrement la formation des vagues de chaleur. Les coupables incriminées sont les ondes de Rossby quasi-stationnaires, dont la tendance à l’augmentation serait sous-estimée. Les ondes de Rossby sont des mouvements ondulatoires de grande longueur d’onde que l’on trouve dans la circulation atmosphérique. On en trouve également dans la circulation océanique. Elles ont pour origine la variation de la force de Coriolis. La variabilité de l’Oscillation Nord Atlantique (NAO) qui impacte les températures en Europe, est associée à la présence de ces ondes.

Il s’avère, qu’à partir de l’analyse d’un grand nombre de simulations basées sur un historique de données (850 simulations issues de 9 modèles internationaux), les auteurs de cette publication ont trouvé un lien évident entre la tendance à l’augmentation de la stationnarité de ces ondes et la tendance à la diminution des émissions d’aérosols sulfatés. Cette réduction a commencé en Europe au début des années 80 et sa contribution est majeure dans ces expériences de forçage des modèles climatiques. Les aérosols sulfatés proviennent principalement du dioxyde de soufre émis lors de la combustion du charbon qui alimentait les centrales électriques et l’industrie lourde. L’application de directives européennes a progressivement supprimé ces émissions. C’est la stationnarité des ondes de Rossby qui expliquerait la stagnation des vagues de chaleur sur l’Europe.

Après ajustement des modèles pour qu’ils collent avec les observations, les auteurs estiment que 69 % du réchauffement estival supplémentaire observé en Europe, et 65 % de l’augmentation des ondes de Rossby quasi stationnaires, peuvent être dues à la diminution des émissions européennes d’aérosols sulfatés depuis les années 1980.

Ainsi, il est démontré qu’en réduisant sa pollution atmosphérique, l’Europe a augmenté son réchauffement estival. Par la même occasion il est démontré que « l’homme » a une influence sur le climat. Problème, ce n’est pas celle attendue et pas celle du fameux consensus. Dans le même temps, l’intensité du rayonnement solaire atteignant la Terre a augmenté.

Voilà donc deux explications convaincantes concernant les étés chauds que nous avons vécus et que nous connaîtrons encore probablement, mais dont vous n’entendrez jamais parler dans les médias mainstreams.


Références :

[1] – Schmalwieser et al. (2026), Recent increases in solar UV radiation across Europe: a 40-location study to identify trend boundaries. Photochemical & Photobiological Sciences. https://doi.org/10.1007/s43630-026-00971-4

[2] – Goessling et al. (2024), Recent global temperature surge intensified by record-low planetary albedo. Science, 387, 6729, 68-73. https://www.science.org/doi/10.1126/science.adq7280

[3] – Roldan‐Gomez, P. J., Donat, M. G., Marcet‐Carbonell, G., & Smith, D. M. (2026). Accelerated European summer warming driven by atmospheric circulation changes in response to aerosol forcing. Geophysical Research Letters, 53, e2026GL122424. https://doi.org/10.1029/2026GL122424

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