Paul Pettré (*)
(*) Paul Pettré est Ingénieur en Chef de la Météorologie Honoraire. Sa formation scientifique s’est déroulée à l’Université Pierre et Marie Curie (Paris VI) où il a obtenu un doctorat de géophysique avec le Professeur Paul Queney. Sa carrière s’est déroulée à Météo- France.
En météorologie le dôme de chaleur ne peut pas exister parce que l’air chaud se dilate, sa densité diminue et il s’élève sous l’effet du gradient de densité. C’est la convection.
Comme dans l’atmosphère terrestre la température de l’air diminue avec l’altitude, l’air chaud qui s’élève se refroidit et sa densité augmente jusqu’à être en équilibre avec l’air ambiant.
Donc la phrase cité par exemple dans National Geographic :
Ce « dôme » s’apparente à un couvercle. Il empêche la chaleur de s’échapper et bloque la formation des nuages, ce qui entraîne des températures continuellement élevées et peu de répit,
explique Brandon Buckingham, météorologue chez AccuWeather.
Lorsque l’air chaud tente de monter, il se retrouve bloqué par la crête de haute pression. En s’affaissant, il se compresse et devient encore plus chaud, créant ainsi des conditions de chaleur extrême en surface sur des zones de plusieurs centaines de kilomètres
Cette explication est totalement absurde puisque dans l’atmosphère il n’y a aucun couvercle.
En météorologie classique, avant les modèles de prévision, on utilisait le plus fréquemment la carte du géopotentiel à 500 hPa. La carte représente par des courbes de niveau l’altitude à laquelle se trouve la pression 500 hPa pour une particule d’air. C’est une carte géographique. Le terme « haute pression » ne désigne pas une pression élevée, mais une haute altitude du niveau de pression. Inversement, les basses pressions désignent les régions où l’altitude du niveau de pression est basse.
La pression à une altitude donnée résulte du poids de la colonne d’air qui se trouve au dessus. S’il y a de l’humidité ou des nuages la colonne d’air est plus lourde et par conséquent les basses pressions correspondent en gros à la position des dépressions. Inversement, si l’air est clair la colonne est légère et le même niveau de pression se trouve à une altitude plus élevée.
Il faut se souvenir que pour pour calculer le géopotentiel on a recours à l’approximation hydrostatique, c’est à dire qu’on suppose que l’air n’est pas compressible.
L’intérêt de ces cartes de géopotentiel concerne ce qu’on appelle le vent géostrophique. L’approximation géostrophique suppose que les mouvements verticaux sont négligeables devant les mouvements horizontaux.
Pour obtenir le vent géostrophique, on utilise, toujours en météorologie classique, la loi de Buys-Ballot : » Dans un mouvement géostrophique, le vent est tangent à l’isobare horizontale, et de sens tel que la pression soit croissante vers sa droite dans l’hémisphère Nord, vers sa gauche dans l’hémisphère Sud. « .
On comprend l’intérêt de ces cartes de géopotentiel pour les vieux météorologistes : d’un seul coup d’œil on a une idée de la position géographique des dépressions (mauvais temps) et des hautes pressions (beau temps) et de la direction principale des vents dont l’intensité dépend des gradients du géopotentiel.
La prévision numérique a balayé tout ça, mais c’est surtout les images des satellites qui ont bouleversé la prévision. Les modèles produisent toujours le géopotentiel à 500 hPa, mais la physique est oubliée et si on superpose des courbes de températures cela fausse tout.
En résumé : l’air chaud ne tente pas de monter, il monte sous l’effet du gradient de densité et se refroidit en montant parce que dans l’atmosphère la température diminue avec l’altitude. La crête de haute pression n’a aucune réalité physique et ne peut pas bloquer l’air chaud. L’air chaud ne peut pas s’affaisser et se comprimer. Cette description est purement imaginaire.
Le dôme de chaleur est un nouvel avatar de l’effet de serre dont l’idée principale est de faire croire que la chaleur peut descendre du ciel.
On retrouve le même discours alarmiste qui remplace avantageusement le précédent devenu moins crédible depuis le recul du GIEC lui-même.
La chaleur ne peut pas s’accumuler, seule l’énergie peut le faire. De mon point de vue les températures élevées observées résultent de la déplétion d’ozone qui a pour conséquence que le rayonnement UV, le plus porteur d’énergie, est moins arrêté par l’ozone stratosphérique.
L’énergie provenant du soleil s’accumule dans le sol et les océans et réchauffe l’atmosphère dans la couche limite par conduction.
J’estime d’après les données historiques que les températures extrêmes ont gagné 2°C en raison de la déplétion d’ozone depuis 1975.
La météo Suisse a un très bon dossier sur l’ozone stratosphérique.
Je pense que les mesures d’ozone à Arosa/Davos sont représentatives pour l’Europe et même si il y a une tendance à la reconstitution de la couche d’ozone, on voit bien qu’elle est faible et qu’un retour à la normale n’est pas pour demain.
Je pense qu’il y a une tromperie générale à ce sujet parce que quand on consulte les sites dédiés habituels sur l’ozone, en particulier Copernicus qui est chargé de ça en Europe, on ne voit jamais ces observations.
