Pierre Gattaz, PDG de Radiall (article publié sur Linkedin le 28 juin)
Le vivant a besoin d’innovation, pas de régression.
Oui, le climat se dérègle.
Oui, nous le constatons dans nos vies quotidiennes, et plus particulièrement cette semaine d’extrême chaleur.
Oui, les chiffres nous obligent à agir.
Mais agir ne signifie pas renoncer au progrès.
Face à ce défi historique, certains proposent la décroissance. Je pense que c’est une erreur, une imposture économique, sociale et environnementale.
D’abord parce que si la France décroît seule pendant que le reste du monde continue à se développer, nous détruirons notre économie sans sauver la planète. Nous serons simplement plus pauvres dans un monde qui continuera à émettre autant.
Ensuite parce que la décroissance a une traduction très concrète : – d’activité, – d’investissements, – d’emplois, – de pouvoir d’achat.
Vous nous voyez annoncer à nos salariés : « Pour sauver la planète, nous allons baisser notre chiffre d’affaires de 5%, supprimer 5% des emplois et diminuer les revenus de ceux qui restent. Et cela tous les ans. »
Est-ce crédible ?
Personne n’acceptera durablement un projet fondé sur l’appauvrissement collectif. Les Français ne veulent pas revenir à Cro-Magnon. Ils veulent transmettre un monde meilleur à leurs enfants.
Alors quelle est l’alternative ?
Je n’en vois qu’une : l’écologie de l’innovation et de la croissance.
Car ce ne sont pas les restrictions qui sauveront le vivant mais les solutions.
Les solutions qui permettront de recycler davantage, de consommer moins et de produire mieux.
Ces solutions naissent dans les laboratoires, les centres de recherche, les usines, les PME, les ETI et les grandes entreprises.
Partout en France et en Europe, des entrepreneurs, des chercheurs, des ingénieurs et des salariés travaillent déjà à construire ce futur.
Chez Radiall, nous avons une trentaine de chantiers en cours : or recyclé, énergie renouvelable, zéro rejet, remplacement des PFAS….
Mais pour investir, il faut des marges.
Pour innover, il faut des profits.
Pour financer la transition, il faut des entreprises fortes.
Chacun doit prendre ses responsabilités.
Les entrepreneurs doivent faire fonctionner leurs entreprises, investir, innover, former et créer des emplois.
Les responsables politiques doivent créer l’environnement qui rend cela possible.
3 priorités que j’aime rappeler :
Une fiscalité de compétition.
Des charges sociales et patronales de combat.
Une administration d’athlète.
Car sans cela, il n’y aura ni réindustrialisation, ni souveraineté, ni transition.
Le choix est simple.
La décroissance consiste à partager la pénurie.
L’écologie de l’innovation et de la croissance consiste à créer les solutions et de la richesse continue pour innover et investir.
Entre l’appauvrissement organisé et le progrès maîtrisé, mon choix est fait.
Le vivant n’a pas besoin de moins d’activités humaines.
Il a besoin de davantage d’intelligence humaine, augmentée bientôt par l’artificielle.
