La vague de chaleur actuelle est remarquable par sa précocité et surtout par son extension jusqu’aux régions du nord-ouest. Des villes comme Brest, Rennes ou Nantes connaissent des températures parfois dignes d’un plein été avec localement plus de 35°C.
Pour autant, l’histoire météo française montre que de tels épisodes ont déjà existé bien avant l’augmentation récente du CO₂ atmosphérique. Dès la fin mai 1922, une vague de chaleur exceptionnelle avait concerné toute la France avec 35°C à Rouen, 35 à 36°C à Paris, 36°C à Nancy et jusqu’à 37°C à Chaumont.
À Paris-Montsouris, le record absolu de chaleur pour un mois de mai reste fixé à 34,8°C, atteint le 24 mai 1922 égalant le record du 29 mai 1944.

Le printemps 1947 avait lui aussi connu des niveaux de chaleur remarquables dès la fin mai avec 33°C à Paris et Angers, 34°C à Reims et Angoulême ou encore 35°C à Biarritz.
Dans le cas présent, le mécanisme est avant tout atmosphérique : un puissant dôme de chaleur bloque les perturbations sur l’Europe occidentale. L’air descend lentement sous l’anticyclone (subsidence), se comprime et se réchauffe mécaniquement par compression adiabatique, exactement comme dans une pompe à vélo.

L’originalité de l’épisode actuel réside surtout dans son ampleur géographique et dans l’intensité observée jusqu’au nord-ouest du pays, où les nuits tropicales deviennent parfois inédites. Oui, cette vague de chaleur sera probablement historique pour une fin mai, mais cela ne signifie pas automatiquement qu’elle constitue, à elle seule, une preuve directe d’une origine anthropique.
Le mécanisme immédiat de cette vague de chaleur reste avant tout météorologique : blocage anticyclonique, dôme de chaleur, air sec et compression adiabatique expliquent directement l’envolée des températures. De telles configurations extrêmes existaient déjà bien avant l’ère industrielle. Les archives climatiques et historiques montrent d’ailleurs que l’Europe a connu de très fortes chaleurs dès l’optimum climatique médiéval, et même durant certaines périodes chaudes de l’Holocène il y a plusieurs milliers d’années, alors que les concentrations de CO₂ étaient nettement plus faibles qu’aujourd’hui.
Cela n’empêche pas qu’un climat globalement plus chaud puisse aujourd’hui amplifier certains extrêmes, mais l’épisode actuel reste avant tout lié à une configuration atmosphérique exceptionnelle.

Inédit ou pas, j’aime avoir chaud et je déteste grelotter en Mai. C’est grave, Docteur?
Gémini (Intelligence Artificielle) a composé un petit poème pour cette belle occasion
« Quand le mois de mai ose les feux de l’été,
La canicule invite aux terrasses fleuries ;
On boit la lumière à pleine liberté,
Savourant l’éclat de ces heures bénies. »
Je ne suis pas entièrement d’accord avec l’explication donnée dans cette article et le terme « dôme de chaleur » ne me convainc pas totalement.
Pour simplifier, dans le passé l’anticyclone des Açores dominait la météo européenne. Quand il s’affaiblissait, il laisser passer les perturbations sur l’Europe de l’ouest, quand il gonflait, il repoussait les perturbations vers l’Europe du nord et nous amenait du beau temps. Cela correspondait avec un jet stream ondulant de manière modéré. Les situations de blocage météo était peu fréquentes.
Depuis une dizaine d’années, cette configuration s’efface assez régulièrement et on assiste souvent à la formation d’un anticyclone sur l’Europe de l’ouest ou centrale, ou même sur l’Europe du nord, lequel bloque une dépression sur l’atlantique au large des iles britanniques, et/ou de la France, ou encore de la péninsule ibérique. Les vents tournant dans le sens contraire des aiguilles d’une montre autour des dépressions et inversement autour des anticyclones, cette configuration météo aspire l’air chaud situé au sud, et au sud se trouvent le Sahara et l’Afrique du nord pas réputés pour être des puits à froid. Ensuite l’air chaud se retrouve bloqué par l’anticyclone et on crève de chaud.
Cette situation de blocage météo correspond à un jet stream ondulant de manière très marquée et peu mobile sur des durées assez longues (5 à 15 jours).
Je trouve que cet article explique bien ce mécanisme : https://www.meteo-paris.com/actualites/pourquoi-la-france-chauffe-t-elle-plus-vite-que-le-reste-de-l-europe