Henri Voron
(diplômé d’agronomie, ingénieur en chef du génie rural, des eaux et des forêts, membre du comité scientifique de l’association des climato-réalistes)
Le principe des bassines en Grande Aquitaine
Stocker l’eau quand elle abonde, quand les nappes sont pleines (en hiver) et l’utiliser quand elle manque (en été) semble être une idée de bon sens. C’est le principe de fonctionnement des « bassines » qui font polémique dans la mouvance écologiste. Selon leurs dogmes proches du fanatisme religieux, il ne faut pas préempter la ressource en eau car cela perturberait le « cycle naturel ». Rien de plus faux évidemment, étant donné que l’eau se stocke pour l’irrigation des plantes depuis la nuit des temps. Nos arrière-grands-parents récoltaient l’eau de pluie pour la réutiliser.

En hiver, les mêmes pompes aspirent l’eau de la nappe souterraine dans la bassine, puis elles la refoulent en été, dans le réseau d’irrigation.
L’étude récente du BRGM
Une étude menée par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) qui a modélisé l’impact du projet de « bassines » destinées à l’irrigation agricole sur le bassin de la Sèvre niortaise-Marais poitevin, indique que « les prélèvements hivernaux pour le remplissage des réserves de substitution (les bassines) n’ont qu’un impact négligeable sur les nappes souterraines et les débits des cours d’eau ». Le projet permettrait même une amélioration globale du niveau des nappes en printemps-été, la profondeur de la surface de la nappe pouvant augmenter de plusieurs mètres dans les zones où d’importants prélèvements estivaux sont substitués ». Dit autrement, les prélèvements dans les nappes en été n’étant plus nécessaires, car déjà stockés en hiver dans les bassines, le niveau des nappes se trouve plus élevé en été.
La construction des bassines accroit les ressources en eau de surface et en eaux souterraines en été
Ainsi, de manière contre-intuitive mais réelle, le système des bassines permet d’augmenter les le volume d’eau disponible dans les nappes souterraines en été. Idem, pour ce qui concerne les cours d’eau. Les résultats de la simulation du BRGM montrent un effet positif en printemps-été, c’est-à-dire un accroissement de 6% de débit supplémentaire en sortie du bassin versant « Sèvre niortaise – marais poitevin » pour le mois de juillet. Selon Léna Abasq, hydrogéologue spécialisée en modélisation, « pour des cours d’eau comme le Mignon, la rivière locale, une augmentation de débit de l’ordre de 40% liée à la construction des bassines, pourrait être atteinte par rapport aux débits observés entre 2000 et 2011, avant leur construction »

L’erreur de raisonnement des écologistes
S’il l’on y réfléchit bien, ce résultat est logique. De nombreux barrages en France et dans le Monde stockent de l’eau en hiver pour la turbiner ou pour l’irrigation en été. Ce qui permet de lutter contre les crues et de soutenir les étiages.
En définitive, les bassines jouent strictement le même rôle. Elles stockent l’eau d’hiver pour la restituer à leurs usagers agricoles en été. Il en résulte que les débits d’été des rivières sont supérieurs, car on n’y pompe pas ou plus d’eau pour l’irrigation. Et c’est pareil pour les nappes souterraines, car elles ne sont pas ou beaucoup moins sollicitées en été.
Les faits et la science importent peu pour les écologistes qui non seulement introduisent des recours contre l’installation de bassines, mais s’emploient à les saboter. Dans le sud de la Vendée et en Charente Maritime, deux grandes réserves d’eau ont été saccagées. Un nouvel acte d’écoterrorisme qui ne fait qu’en allonger la liste.
Comment vulgariser auprès du grand public l’immensité chiffrée des ressources eu eau de la France et de ses régions ?
Dans un pays où, sous la pression de la mouvance écologiste, la peur d’un manque d’eau dramatique est présente dans tous les médias et donc dans l’opinion commune, il est urgent de vulgariser quelques chiffres sur les ressources en eau quasi infinies dont disposent la France, dans toutes ses régions. Puis de comparer ces chiffres des ressources aux chiffres réels des vraies consommations, qui sont toujours très modestes ou dérisoires au regard des ressources.
Il faudra aussi mieux former l’opinion à la confusion très fréquente entre consommations d’eau, c’est-à-dire sa transformation locale en vapeur d’eau, et les prélèvements – restitutions, très majoritaires en volume, qui utilisent l’eau puis la restitue immédiatement au milieu naturel. Dont la quasi-totalité des eaux pour l’adduction d’eau potable et l’assainissement et presque tous les usages industriels. Les villes grandes, petites ou moyennes ne consomment pas d’eau. 100 % environ des prélèvements qu’elles font pour alimenter leurs réseaux d’eau potable sont restitués, après épurations au milieu naturel. Et donc réutilisables pour d’autres usages en aval dans le bassin versant, notamment le long des quatre grands fleuves de France, où se trouvent presque toutes les grandes villes du pays.
Il est hélas probable que compter sur l’Education nationale pour enseigner ces vérités scientifiques en cours de géographie ou autres sciences de la vie et de la Terre est peu réaliste. Car l’idéologie écologiste, le plus souvent non fondée sur des faits scientifiques, est très présente dans le milieu enseignant. Y compris au plus haut niveau du ministère de l’Education Nationale, notamment chez les responsables de la définition des programmes.
Références
Simulation du projet 2021 de réserves de substitution de la coopérative de l’eau des Deux-Sèvres. Rapport final (BRGM).
Par ailleurs, le site de la coopérative anonyme de l’eau des Deux Sèvres fournit de très nombreux documents.


Allez donc faire comprendre à ces décérébrés que l’eau que nous consommons aujourd’hui est la même que celle que buvaient les dinosaures !
A qui cela profite-t-il, à qui cela nuit-il et pour quel type de cultures ?
Vous dites » le « cycle naturel ». Rien de plus faux évidemment, étant donné que l’eau se stocke » . Je trouve votre article incomplet. Certes, cela déborderait du cadre de la gestion de l’eau.Mais il est essentiel d’évoquer, par exemple, l’impact écologique des cultures intensives comme celle du maïs. Ces pratiques sont dépendantes d’irrigation massive et d’épandages chimiques (engrais, pesticides). Résultat, une dégradation des sols, une pollution des nappes phréatiques et une réduction de la biodiversité.
Si on suit votre raisonnement, on arrête les cultures intensives et on importe tout ce que nous consommons. Je ne suis pas certain que ce modèle puisse durer très longtemps.
Vous récitez votre catéchisme sans vraiment connaître votre sujet.
Vous seriez surpris de constater que le maïs est une culture plutôt sobre en engrais et phytos, et d’une efficacité étonnante, tant sous forme grains, que sous forme de fourrages.
Ce n’est pas par hasard que cette plante était considérée comme bénie des dieux par les Incas et autres populations d’Amérique.
L’arrivée des hybrides juste après guerre a été combattue par les communistes, du fait de leur origine américaine. On retrouve à peu près les mêmes critiques à son égard, la rationalité a déserté les débats.
Lire Sylvie Brunel par exemple
https://journals.openedition.org/tem/2492?lang=fr
Manque les haies qui dans le temps limitaient les petites parcelles et retenaient l’eau des sols
Si on veut continuer à rire (ou pleurer), je vous propose un extrait pris sur le site de France TV. L’inculture scientifique ne connaît aucune limite :
Le principe d’eau virtuelle
Le concept d’empreinte eau (ou eau virtuelle) désigne, au-delà de l’eau que nous consommons au quotidien (pour boire, nous laver, etc) celle utilisée pour fabriquer les biens et services de notre société.
Par exemple:
1 œuf équivaut à 200L d’eau (il faut donner à boire à la poule qui produit l’oeuf et son alimentation est basée sur des produits céréaliers riches en eau)
1 baguette de pain = 155L (son empreinte eau est principalement due à la farine de blé dont la culture nécessite beaucoup d’eau)
1 steak = 1 500L (dont 95% sont de l’eau de pluie stockée dans le sol sous forme d’humidité : cette eau s’évapore des surfaces cultivées ou des prairies qui alimentent les troupeaux.)
1 t-shirt en coton = 2 700L (qui comprend la culture du coton, le traitement du textile qui est très polluant et le transport par cargo)
1 ordinateur = 100 000L (dont 16L par gramme de puce informatique)
À la différence des États-Unis où chaque habitant consomme directement 300L par jour, les Français utilisent en moyenne 145L au quotidien. Cependant, si on ajoute l’empreinte eau, on passe à 4 000L d’eau consommé par jour et par personne, ce qui équivaut à 30 baignoires.
@Milan
on se demande comment avec cette consommation journalière par habitant , le niveau de la mer peut encore continuer à monter