Les « sept années les plus chaudes », nouveau concept de l’Organisation Météorologique Mondiale

Par MD

Nous étions habitués, depuis quelques années, aux commentaires emphatiques qui accompagnaient la publication en janvier des bilans des températures de l’année écoulée. Nous avions ainsi connu plusieurs fois l’année « la plus chaude » de l’histoire de la thermométrie. Mais rien de tel en janvier 2022, car l’année 2021 a trahi les attentes. Pour éviter une fâcheuse démobilisation des esprits, nos maîtres à penser (en l’occurrence l’Organisation Météorologique Mondiale) ont imaginé un nouveau concept. Nous aurions ainsi connu « les sept années les plus chaudes », expression rhétorique pour dissimuler le médiocre résultat de 2021. Examinons – froidement – ce qu’il en est.

Principales séries de températures.

Les séries de températures sont le plus souvent exprimées en termes d’« anomalies ». Ce terme désigne en réalité des températures relatives (annuelles ou mensuelles) exprimées en écarts par rapport à des périodes étalons (trente ans en général) différentes selon les sources. Cette notion a déjà été expliquée plusieurs fois sur le présent site. Les quatre sources d’information les plus connues sont énumérées ci-après, avec pour chacune le lien et la période de référence. Les deux premières utilisent des données thermométriques et combinent températures de l’air ambiant au-dessus des continents et températures de l’eau en surface des océans (SST).
GISS : NASA, Goddard institute for space studies. Indicateur Gistemp-v4 (réf 1951-1980).
Hadley Center et CRU. Indicateur nouveau Hadcrut5 (réf 1961-1990).
Les deux autres interprètent depuis 1979 des mesures indirectes par satellites et ballons-sondes.
RSS : Remote sensing system. Indicateur RSS-v4 (réf 1979-1998).
UAH : University Alabama Huntsville. Indicateur UAH 6.0 (réf 1981-2010).
Toutes les données utilisées ici sont immédiatement et librement accessibles.

3/ Evolution des températures globales.

Le graphique ci-dessous limité à la période des satellites (1979-2021) superpose ces quatre séries de températures annuelles pour l’ensemble du globe terrestre.

 Evolution des températures globales pour l’ensemble du globe terrestre (1979-2021) .

Les quatre courbes se distinguent par leurs références, mais leurs allures sont assez voisines. La tendance générale est à une augmentation des températures, avec des écarts interannuels plus ou moins marqués. On note en particulier des pointes qui sont généralement attribuées aux phénomènes dits « El Nino » (notamment 1998, 2010, 2016), ainsi que des périodes de relative stabilité.
Les températures de 2021 sont revenues au niveau de celles de 2015. Ces sept dernières années 2015-2021 auraient donc connu une sorte de « palier » qui n’est pas le premier du genre. Cette remarque avait déjà été faite sur ce site avant la COP26, et les deux derniers mois de 2021 n’ont fait que la confirmer. Comme on est en présence d’une augmentation tendancielle des températures, un palier ne peut, par définition, que correspondre aux températures les plus élevées de la série considérée.
On peut illustrer le même phénomène en superposant cette fois les températures mensuelles.

Evolution des températures mensuelles (1979-2021)

Evolution des températures par zones terrestres.

On choisira à titre d’exemple les séries Gistemp4 du GISS, qui fournissent des températures annuelles moyennes par tranches de latitudes. On se limitera comme précédemment à la période 1979-2021.

Evolution des températures par par tranches de latitudes (séries Gistemp4 du GISS) période 1979-2021.

On sait que les continents se réchauffent plus vite que les océans et par conséquent l’hémisphère nord plus que l’hémisphère sud essentiellement maritime. D’où une sorte de gradient nord-sud. Il ne faut toutefois pas céder à une illusion d’optique : les zones circumpolaires (64°-90° N et S) ne représentent chacune que 5% de la surface terrestre. En comparaison, la zone intertropicale (24°N-24°S) figurée en orange représente 40% de cette surface, d’où son influence marquée sur l’évolution de la température globale.
Les relevés par satellites racontent à peu près la même histoire, avec un découpage différent et des chevauchements de zones. Rappelons que les zones polaires sont imparfaitement couvertes par ce type de mesure indirecte.

Evolution des températures annuelles moyennes par tranches de latitudes (séries satellitaires RSS) pour la période 1979-2021.

Evolution des températures globales des sept dernières années.

Voyons maintenant le détail des sept années sous revue, « les plus chaudes » de l’histoire récente. En températures mensuelles et selon les quatre sources précédentes.

Détail des sept années « les plus chaudes » 4 sources de données

Par zones et selon RSS à titre d’exemple.

Détail des sept années « les plus chaudes » par zones (selon RSS)

Aux irrégularités près, il est clair que la tendance des sept dernières années est à une stabilisation : il est facile de vérifier que les droites de tendance ont généralement des pentes nulles voire très faiblement négatives. On trouverait des résultats analogues en distinguant les deux hémisphères, ou terres et océans, ou autres combinaisons. On en fera grâce au lecteur.

Conclusion (provisoire)
On a déjà connu par le passé des « pauses » de ce genre. Celle-ci est encore relativement récente, et personne ne sait si elle est annonciatrice de quoi que ce soit. Natura facit saltus. On ne peut que constater que dans le même temps la masse de CO2 dans l’atmosphère a continué à augmenter régulièrement. Voilà qui pourrait contribuer à entretenir le doute sur la validité d’une corrélation bien connue et universellement vénérée. Gageons que nos « experts » trouveront à cette pause maintes explications ingénieuses à grands renforts de « modèles ».
Quelles conséquences aura la récente éruption du Tonga-Hunga (que certains comparent au Pinatubo de 1991) ? Célèbrerons-nous dans un an les « huit années les plus chaudes » ? On verra bien. Mais ne souhaitons pas vieillir d’un an, cela échauffe la bile.

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31 réflexions au sujet de « Les « sept années les plus chaudes », nouveau concept de l’Organisation Météorologique Mondiale »

  1. L’année 2008 est la dixième la plus chaude de l’histoire , mais la bonne expression c’est de dire 2008 est la moin chaude de la décennie tout simplement
    Lorsqu’il y a un réchauffement ils disent c’est le CO2 et lorsqu’il y a un plateau ils disent c’est la variabilité naturelle , il est facile de dire que le réchauffement est une variabilité naturelle tout simplement

  2. Ma femme préfère largement les années chaudes !

    Pour le reste, une variation moyenne passant (1er graph.) de -0.1 à +0.6, soit un delta de +0.5 en 42 ans, me semble parfaitement acceptable dans le cadre d’une variabilité naturelle.

    Bref, RAS….

    • “”””” un delta de +0.5 en 42 ans””””””
      Vous vous êtes trompé de presque 30 % ; imaginez que cela représente le montant de vos impôts révisés

      • @Fritz,

        effectivement, mes doigts ont couru trop vite sur le clavier, mea culpa, mea maxima culpa. Il fallait lire 0,7°C. Ce qui ne change rien à ma conclusion !

  3. Ouais…
    Que de cinéma et que de gâchis pour pas grand-chose. J’attends toujours que l’on me démontre scientifiquement que la planète est munie d’un thermostat précis au dixième de degrés près et que par conséquent les conditions climatiques sont fixées une fois pour toutes, et totalement immuables.
    A la seule convenance des écologistes, bien entendu.
    Pourquoi alors appeler “anomalies” ce qui ne ressemble à rien d’autre que des fluctuations tout à fait naturelles dont l’origine est extrêmement complexe ?

    • Et oui cette t° moyenne est seulement un concept, concept “matérialisé” par de savants calculs sur la base de nombreuses mesures physique extrêmement hétérogènes, et donc pour aboutir à une précision du dixième de degré Celsius.
      Et d’un point de vue purement physique et statistique, une moyenne de valeurs hétérogènes n’a aucun sens.

  4. Je constate que depuis environ décembre 2021 et janvier 2022 en France nous avons des températures négatives ou très basses tous les jours le matin et la journée ces températures sont de l’ordre de 10°en moyenne.En résumé il fait plus froid pendant cette période 2021/2022 (et cela dure)que les années 2020.L’été 2021 n’a pas été excessivement chaud longtemps.Donc pourquoi parler de réchauffement climatique pour n’importe quoi.et tous les jours?Bourrage de crane pour faire vendre ?Je pense à l’article paru sur ce blog qui annonçait que nous allions vers une période de froid .Pour le moment cela se vérifie.On nous montre, à la télé,aussi beaucoup de neige dans divers pays du monde et même en orient et extrême orient de telle manière que l’on peut croire que c’est exceptionnel.Je me demande donc si les pôles nord et sud se déglacent vraiment ?

    • michel
      Attention à ne pas tomber dans un travers courant, surtout de la part des « officiels » toujours prompts à dénoncer les coups de chaud : une année – et encore moins une saison – ne constituent pas une tendance.
      En ce qui concerne la France, il est exact que l’année 2021 a été la moins « chaude » depuis 2013. Certaines productions agricoles en ont d’ailleurs pâti (les fruits et surtout les vins). Analysée sur longue période, la tendance des températures en France est à la hausse, malgré une sorte de stabilisation depuis sept ou huit ans.
      MD

  5. les sept années les plus chaudes , c’est avant l’invention du thermomètres et cela ne remonte pas si loin , moyen age , époque romaine , égyptienne etc ….
    Il y a bien sept ou huit pics de températures durant l’Holocène , voir WIKI
    Mais depuis quelques années , les modèles surpassent les données de la nature pour prétendre que le climat se réchauffe depuis 12000 ans et que le CO2 en est responsable
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    Des scientifiques disent avoir résolu une énigme climatique, celle de l’optimum climatique de l’Holocène. La correction de biais saisonniers montre que la température globale a connu une hausse linéaire au cours des 12 000 dernières années, ce qui permet de réconcilier les reconstructions avec les modèles. La température actuelle serait ainsi nettement supérieure à celle l’optimum de l’Holocène.
    https://global-climat.com/2021/01/29/une-nouvelle-reconstruction-place-la-temperature-actuelle-au-dessus-du-maximum-de-lholocene/
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    Des chercheurs de l’Université Rutgers (New Jersey, États-Unis) ont découvert que les reconstructions paléoclimatiques surestimaient notablement les températures de la première moitié de l’Holocène. De fait, il apparaît que la Terre est en réalité au plus chaud depuis au moins 115 000 ans. Un horizon qui nous ramène au précédent interglaciaire. Les résultats ont été publiés ce 27 janvier dans la revue scientifique Nature.
    https://sciencepost.fr/une-nouvelle-etude-suggere-que-le-climat-est-au-plus-chaud-depuis-au-moins-115-000-ans/
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    Il y a aussi cela ; mais je ne peux plus écouter ce personnage
    https://www.college-de-france.fr/site/edouard-bard/course-2021-02-26-15h00.htm
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    Il faut absolument que WIKIPEDIA vire sa figure montrant la baisse des températures pendant l’Holocène
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Optimum_climatique_de_l%27Holoc%C3%A8ne#:~:text=L'optimum%20climatique%20de%20l'Holoc%C3%A8ne%20se%20manifeste%20par%20un,nord%20de%20la%20Sib%C3%A9rie%20centrale).
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    Le passé : dernière déglaciation et biodiversité
    Le dernier maximum glaciaire (DMG) a 18 ka. Un réchauffement climatique général a ensuite entraîné une déglaciation continue jusqu’à aujourd’hui, avec un maximum de réchauffement il y a environ 8 ka (maximum holocène, MH). La température moyenne au MH est de l’ordre de 2°C supérieure à l’actuelle.
    https://planet-terre.ens-lyon.fr/ressource/climat-biodiv.xml
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    Ils sont vraiment en retard à LYON; n’est-ce pas Monsieur Ferry?

    • D’autres “proxies” montrent par exemple que le Pôle Nord était libre de glaces en été au moins puisqu’on a retrouvé des squelettes de baleines datés de plus de 8000 ans au fond de l’Océan Arctique dans des régions très septentrionales où les baleines actuelles ne peuvent s’aventurer du fait de la banquise permanente.
      Un site sur les glaciers dont j’ai oublié le nom a montré que la Mer de Glace était à plus d’un kilomètre en amont de sa position actuelle à l’époque du Bronze.
      Dans ce même site et plusieurs autres, sont publiées des découvertes de souches d’arbres datées du haut Moyen Age dans les Alpes sous des moraines plus récentes du Petit Age glaciaire, à des altitudes très supérieures à la limite actuelle des forêts. Les réchauffistes inconditionnels ont alors prétendu que cette période manifestement plus chaude que ce que nous connaissons actuellement était circonscrite à l’Europe occidentale jusqu’à ce que des découvertes identiques se fassent dans d’autres massifs montagneux un peu partout ailleurs dans le monde.

  6. Merci MD. Toujours un plaisir de vous lire.

    J’ai quelques questions :

    1) En mélangeant les températures de surface et les “données” satellitales, est-ce que vous n’avez pas un peu peur de comparer des pommes et des cerises ? GISS et HadCRUT, c’est la température à la surface ou à 2 m d’altitude. On sait que c’est la température, mesurée par des thermomètres. Mais les satellites micro-ondes, déjà on ne sait pas trop ce que c’est (passer du signal d’émission micro-ondes à la température, bonjour les incertitudes), et ensuite on ne sait pas trop à quelle altitude on est (sauf qu’on sait que ce n’est pas la surface). RSS dit par exemple : “The ‘TLT’ product is a weighted average temperature of a thick layer of the atmosphere extending from the surface of the Earth to an altitude of about 7000 meters”. 7000 mètres…

    2) A quoi ressembleraient ces courbes si on enlevait le signal dû à ENSO ? On sait bien que 2016 était une année exceptionnellement chaude à cause d’El Niño, alors qu’on sait aussi que 2021 était une année relativement froide à cause de sa petite soeur La Niña. Donc qu’on trouve une sorte de plateau entre 2016 (anomalie chaude) et 2021 (anomalie froide), est-ce vraiment étonnant ? En enlevant le signal ENSO, n’aurait-on pas une tendance plus régulière ?

    Cordialement.

    • En ce qui concerne les micro ondes, c’est ce que l’on appelle le rayonnement thermique, et je crois qu’il y a une relation directe entre longueur d’onde et température. Mais ça doit être assez compliqué, concernant l’atmosphère.
      En tous les cas, il n’y a quand même pas de quoi fouetter un chat. Il continue à faire froid l’hiver et chaud en été. En ce moment même, la Turquie est sous la neige.

    • Arsène,
      1/ Précisément, je ne « mélange » pas les températures de surface et les températures satellitaires, je les confronte, ce qui est tout autre chose. On peut ainsi remarquer la similitude de leurs allures générales par-delà les différences considérables des méthodes de mesure, ce qui n’est certainement pas un effet du hasard.
      Roy Spencer est plus précis que RSS : il donne la formule : LT=1,548 MT-0,538 TP+0,01 LS (pour Low, Middle, Troposphere, TropoPause, Stratosphere). Soit en effet 6 ou 7 kilomètres d’altitude, ou vers le milieu de la tranche d’atmosphère qui détermine la météo. L’imprécision des mesures indirectes qui sont utilisées ne le cède en rien à celle des mesures directes des températures de surface, mélange hybride entre températures thermométriques de l’air au-dessus du sol et de l’eau à la surface de l’océan.
      Il faut surtout veiller dans les deux cas à utiliser des méthodes inchangées, de façon à obtenir des séries homogènes permettant d’apprécier les VARIATIONS de températures. Seules les variations importent.
      2/ Les « corrections » que vous évoquez m’inspirent une extrême méfiance. Les données « brutes » sont déjà relativement incertaines. Alors si on commence à les bidouiller, où s’arrête-t-on ? ENSO, pourquoi pas, mais quid de AMO ou autres oscillations, volcanisme (aérosols), cycles solaires, « detrends », etc. Ce genre de méthode est trop souvent utilisé pour dissimuler des résultats politiquement incorrects, par exemple des « pauses » incongrues. C’est probablement ce à quoi nous allons assister…
      Bien à vous
      MD

  7. MD insiste à juste titre sur le caractère très minime du réchauffement enregistré depuis quelques dizaines d’années, élévation moyenne de température ridicule par rapport à l’augmentation phénoménale du CO2, ce qui disqualifie automatiquement la soit-disant relation de cause à effet entre les deux. S’il était encore besoin de le souligner.

    Sur ces graphiques, je me pose toutefois la question de l’origine choisie. Si on remonte à un peu plus loin, les températures mesurées dans les stations météo (au moins celles que j’ai examinées) sont du même niveau moyen que les températures récentes, ce qui veut dire qu’on a sur le long terme des oscillations à grande longueur d’onde. Le choix de l’origine permet de montrer un léger réchauffement moyen (qui pause d’ailleurs depuis le début des années 2000). Mais que devient la courbe si on remonte plus loin (avec les thermomètres de surface) ?
    A plus long terme, la géologie montre que ces oscillations pluriséculaires à millénaires sont un phénomène permanent au cours de l’Holocène. Mais là, les stations météo n’existaient pas pour affoler le monde entier avec une augmentation de 0,5°C.

    Il est un autre problème qui mériterait une investigation approfondie, celle des corrections (”homogénéisation” selon le terme consacré) apportées aux enregistrements anciens. Certains offices météo (et l’office australien par exemple ne s’en prive pas) prétextent du passage des thermomètres mercure-alcool à des dispositifs électroniques pour ”recalibrer” les vieilles données, toujours à la hausse curieusement. Comme pour rentrer dans les clous. Le déplacement des stations de cambrousse à proximité des aéroports aide aussi au recalibrage recherché. Une scientifique australienne s’est penchée sur le phénomène (https://jennifermarohasy.com/wp-content/uploads/2011/08/Changing_Temperature_Data.pdf). Très amusant à lire. Une simple question vient : mais pourquoi font-ils cela ? Et il n’y a pas qu’en Australie, la Nasa aussi pratique ce petit jeu dont les règles sont floues et bien gardées.

    • Si on recalibre les anciens relevés à la hausse, il me semble qu’il en résulte un aplatissement de la courbe. On a fait ça pour les anciens relevés des températures océaniques. Les chercheurs ont comparé la valeur mesurée par les sondes ancien modèle avec le nouveau modèle plus précis. La correction apportée faisait apparaître des températures plus élevées dans les années 1970. Les médias mainstream ont titré:
      “Le réchauffement des océans est pire que ce que l’on croyait” Par rapport à quelle référence ? Mystère et boule de gomme. Il en résulte que finalement les océans se sont peu réchauffés car ils étaient moins froids qu’on ne le pensait.

      En fait, tout dépend comment on présente les choses…

    • Serge Ferry,
      J’ai choisi ici l’origine en 1979 simplement parce que c’est le début des séries satellitaires. Des séries plus longues de mesures thermométriques ont déjà été publiées sur ce site notamment avec l’exemple de la série Hadcrut4 (pardon de me citer moi-même).
      Sensibilité climatique : une évaluation empirique (climato-realistes.fr)
      Il est difficile de parler de « cycles » bien définis, mais en effet les évolutions de températures sont loin d’avoir été régulières depuis l’origine des mesures en 1850. Il y a même eu une longue période de baisse (1945-1980) avec la panique au refroidissement dont les plus anciens d’entre nous se souviennent.
      Quant aux « homogénéisations », c’est un vaste sujet. Au plan local, les séries publiées par le GISS qui font une sorte de yo-yo d’une publication à l’autre sont assez hilarantes. Je m’étais amusé dans le temps sur les séries de la station de Marseille en particulier, puis je me suis lassé.
      Au plan général, on peut en effet constater que chaque série Hadcrut successive (3,4 et 5) a pour effet de diminuer les températures anciennes et d’augmenter les températures récentes. C’est en effet bizarre.
      Hadley Center livre la 5ème révision de la température mondiale (climato-realistes.fr)
      Bien à vous
      MD

      • …”chaque série Hadcrut successive (3,4 et 5) a pour effet de diminuer les températures anciennes et d’augmenter les températures récentes. C’est en effet bizarre.”
        Vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre…
        Refroidir le passé et réchauffer un peu plus le présent, on sait bien quelle est la finalité, pas besoin d’avoir fait l’X …

  8. Arsène,

    “En mélangeant les températures de surface et les “données” satellitales, est-ce que vous n’avez pas un peu peur de comparer des pommes et des cerises ? GISS et HadCRUT”

    Ce sont en effet deux grandeurs différentes mais physiquement reliées par le gradient de température. Ce gradient s’affaiblit avec la hausse des températures à cause de l’augmentation de l’humidité absolue. La variation des températures troposphérique est donc amplifiée par rapport à celle de la surface. La quantification de cette amplification peut se faire à l’aide des écarts types; elle est de 1.5 pour les données globales. Cela signifie notamment que sur la base de RSS, la tendance linéaire 1979-2021 pour la surface serait de 0.14 °C par décennie (0.19 pour HadCRUT) et même de 0.09 °C par décennie pour UAH. Il y a donc grave incohérence.

    Serge Ferry,

    “mais pourquoi font-ils cela ?”

    Pour rendre les séries homogènes, c’est à dire pour éliminer les sauts qui ne sont pas directement liés au climat. Il n’y a pas grand mystère sur les techniques utilisées, elles sont efficaces et correctes. Mais il y a un hic. Ces méthodes garantissent les tendances à courts termes au détriment de la fiabilité des tendances à longs termes. L’ordre de grandeur du biais introduit est par exemple de +0.5 °C sur sur la dernière moitié du XXème siècle. Ce biais est simplement révélateur de l’augmentation des perturbations anthropiques affectant les thermomètres. Je n’entre pas dans le détail mais pour retrouver les tendances climatiques, ils serait nécessaire après homogénéisation d’ajuster les anomalies en négatif d’une valeur à peu près double de celle ajoutée par l’homogénéisation. Pratiquement, cela confirme en fait la tendance UAH ramenée à la surface que j’ai données ci-dessus, c’est à dire +0.09 °C par décennie depuis 1979.

    • Merci d’avoir tenté d’éclairer un ignorant sur ces corrections.

      Il est certain qu’un enregistrement météo n’a de valeur sur le long terme que si son environnement immédiat est immuable, ce qui est loin d’être le cas (rideau d’arbre qui pousse, fait de l’ombre, casse le vent, nouvelle maison à proximité, etc.). Je prends exemple sur la station météo d’Embrun (05), située sous le vent de la ville. Le vent c’est le thermique d’été (Serre-Ponçon, planche à voile) qui repousse donc sur la station l’air surchauffé de la ville. Sur les enregistrements météo on ne voit aucune tendance haussière sur les mois de l’année, sauf les mois d’été, ce qui bien sûr affecte un peu la moyenne annuelle. Ben tiens ! Il suffit de quitter le lac et de faire des courses pour constater qu’il fait plus chaud en ville et que donc la chaleur doit se déverser sur le thermomètre sous le vent. Je ne vois pas comment on peut corriger ça, sinon à faire des hypothèses.
      Vous dites que ces méthodes garantissent les tendances court terme au détriment de la fiabilité des tendances long terme. Mais si la correction effectuée est justifiée et correcte, donc si on se rapproche de la vérité, je ne vois pas comment cela devrait rendre non fiable la tendance long terme.
      Pour le reste, je n’ai pas bien suivi, n’étant pas au fait de ces calculs.

      Maintenant, la question de l’origine (cf. MD ci-dessus) de ces graphiques. MD fait reposer son argumentaire sur le début de certains enregistrements qui n’existaient pas avant, il ne peut faire autrement. Mais si on examine les valeurs météo disponibles dans les stations qui remontent un peu plus loin dans le temps, on voit autre chose, et pas uniquement dans les stations françaises. Par exemple au Mont Aigoual, où les données remontent aux années 30, on voit clairement, à la fois sur les extrèmes chauds et les maximales deux plateaux ”chauds’, le premier avant l’origine de ces fichus graphiques catastrophistes (c.à d. avant les années 60), le dernier couvrant les décennies récentes (en gros depuis 1985). Entre les deux, on voit un plateau plus frais d’environ 1°C sur les températures maximales. Rien de bien clair en revanche sur les minima (moyennes et extrèmes), à l’exception d’une tendance décroissante sur les minimales depuis les années 90. Ce qui est amusant c’est que l’on retrouve ces plateaux dans d’autres stations de par le monde. Donc le choix de l’origine est aussi un formidable biais, d’ailleurs utilisé à dessein par les réchauffistes, notamment ceux qui sévissent à Météo France (précision, ils ne sont sans doute pas tous réchauffistes là-dedans, mais le chef étant le chef…, cf. l’histoire Verdier sur Antenne 2).

      Pour example, France ”Intox” (citant Meteo France) a produit il y a peu, dans ce style inimitable ”on vous explique”, un joli graphique sur les températures dans les Alpes, débutant comme de juste dans les années 60 (le plateau antérieur a été shunté). La courbe moyenne proposée est en rouge et haussière, of course. Mais un examen plus attentif permet à l’oeil de repérer les deux derniers plateaux, frais puis chaud, évoqués plus haut. Cela s’appelle tout simplement de la désinformation.
      Je regrette à nouveau de ne pouvoir introduire de graphiques à l’appui dans ces commentaires.

      Merci à Phi pour ses explications, même si je n’ai pas tout suivi.
      Cordialement,

      • Serge Ferry,

        J’ai essayé de faire court, trop court!

        “…donc si on se rapproche de la vérité, je ne vois pas comment cela devrait rendre non fiable la tendance long terme.”

        Le principe de ce mécanisme est déjà décrit dans un papier de Hansen de 2001. Les tendances relevées par les thermomètres sont affectées par la progression des perturbations anthropiques. Plus ou moins régulièrement, disons en moyenne à peu près tous les 30 ans, les thermomètres sont déplacés pour diverses raisons. Les opérateurs qui ne sont pas idiots, choisissent un endroit relativement peu perturbé pour le nouvel emplacement. Statistiquement, cette opération conduit à un saut refroidissant de plusieurs dixièmes de degrés dans les séries de températures. Donc, en supprimant ces sauts par les homogénéisations, vous permettez d’avoir une bien meilleure appréciation de l’évolution de la température à court terme. Mais, les déplacements d’instruments représentent également une certaine correction de la progression des perturbations anthropiques. En homogénéisant les températures, vous supprimez des sauts qui représentaient des corrections d’un biais à long terme. Donc, les tendances qui sont déjà surévaluées dans les données brutes sont encore plus éloignées de la réalité climatique après homogénéisation.

        Vous comprendrez peut-être mieux ce mécanisme avec ce schéma : https://zupimages.net/up/20/03/wu78.png

      • C’est bien pour cela que les relevés satellitaires UAH, non soumis à ces contraintes et tenus par des gens qui sont d’une rare honnêteté intellectuelle sont bien plus fiables que les relevés des stations de surfaces toujours contestables pour de multiples raisons et qu’on n’arrête pas de triturer sous les prétextes les plus fallacieux.
        Pourquoi donc le GIEC se cramponne-t-il aux relevés de surface pour les températures et aux relevés satellitaires pour la montée du niveau marin? Ces derniers donnent une vitesse de montée plus que double des moyennes des relevés marégraphiques, et pire encore quand les marégraphes sont associés à une balise GPS altimétrique qui corrige les variations de hauteur du substrat.

  9. Pour en revenir à l’article de Samantha Bova dans NATURE que je n’ai pas pu télécharger( j’attends qu’elle m’envoie un pdf) il y a quand même des gens qui devraient réagir
    Mikael Mann en premier qui montre des températures bien plus faibles au Moyen Age qu’à l’actuel et un trend descendant jusqu’à l’émergence du CO2 avec la révolution industrielle dans sa crosse de hockey

    • Fritz – en effet, les conclusions de Bova et collègues sont plutôt embêtantes. Je ne connaissais pas ce travail…

      On trouve ça chez WUWT dans le post qui parle de cet article (https://wattsupwiththat.com/2021/01/31/claim-important-climate-change-mystery-solved-by-scientists/): “The late Holocene warming was indeed caused by the increase in greenhouse gases, as predicted by climate models, and that eliminates any doubts about the key role of carbon dioxide in global warming.” Et on voit en effet que les commentateurs de l’article sur WUWT ne sont pas contents. Donc je ne sais pas trop qui entre Michael Mann et les climato-réalistes devrait réagir en premier ?

      • Arsène,

        Désolé de rentrer à nouveau à pieds joints sur ce fil. Ça va finir par lasser (Encore lui !).
        Mais là, c’est trop. Ce n’est pas parce que c’est publié dans Science ou Nature que ce n’est pas totalement idiot.

        Je m’intéresse par simple curiosité aux publications traitant de l’eau sur Mars. Et je ne suis pas déçu. J’ai découvert dans des revues internationales de premier ordre, de référence, avec comité de lecture, peer-reviewing de haute volée, tra-la-la-la-lère, des trucs a vous mettre le derrière par terre. Dans le même article, les auteurs fournissent un modèle numérique de terrain de la surface martienne révélant des pentes de quelques %. Dans le même article, ils discutent sans aucune honte ni vergogne de restes de soit-disant rivières à méandres sur ces pentes. Mais bon sang, ils sont totalement incultes. N’importe quel géologue de base sait que sur de telles pentes on est en régime torrentiel et non de rivières à méandres, type de régime fluviatile qui ne peut apparaître que sur des pentes très faibles. La soit-disant rivière à méandres ne peut que résulter d’une autre mécanisme, par exemple de la coalescence de cuvettes d’érosion éolienne. Ceci n’est qu’un exemple, il y en a d’autres tout aussi croquignolets.
        Alors on se demande pourquoi de telles aberrations. Et aussi comment ça passe.

        La science est un business. Le chercheur doit publier sinon couic. Dans les domaines ordinaires tout se passe bien, ça avance cahin-caha dans une atmosphère relativement détendue. Mais dans les domaines sensibles, la lutte est sans merci pour la notoriété, la carrière et tout le toutim (crédits recherche,…). Bref il faut faire le buzz.
        Mais le contrôle, direz-vous, le peer-reviewing qui devrait permettre de filtrer… Eh bien, il ne filtre pas ou plus, peut-être est-il même arrangé, disons convenu, en fonction d’une mode du moment. Et là, il y a carrément obstruction à la nouveauté qui mettrait tout par terre. Imaginez le bazar dans les crédits recherche si on venait à contester la présence d’eau sur Mars…

        Trente ans en arrière, la publication scientifique ne fonctionnait pas comme aujourd’hui. Les grands éditeurs ont vite compris que contrôler ce domaine captif (les abonnements forcés pour les labos) allait leur rapporter beaucoup d’argent, beaucoup plus que dans l’édition littéraire. Toutes les revues dites de rang A sont maintenant contrôlées par Springer, Elsevier, etc. Le directeur de chaque revue, bien que de formation scientifique, l’habit faisant le moine, est avant tout un gestionnaire, sensible au facteur d’impact ; il fera tout pour l’augmenter, sans état d’âme, sauf à être mis en défaut un jour. Et là, excuses, on savait pas, ah ben ça alors…

        Je ne vais pas plus loin, je pense que vous avez compris la racine du problème en science aujourd’hui.
        En conséquence, ce qui est publié dans Nature n’est pas forcément juste parce que justement publié dans Nature. Il faut malheureusement tout reprendre, vérifier, critiquer, justifier. C’est éreintant.
        Ou alors, on s’en fiche et on va à la pêche (fermée en ce moment).

        • Merci Serge. Ne vous inquiétez pas, je connais le business de la recherche, dans d’autres domaines. Je sais qu’on peut trouver de la mauvaise recherche dans Nature & co. Mais je sais aussi qu’on peut trouver de la recherche beaucoup plus mauvaise dans des journaux secondaires. La différence est que des erreurs ou tromperies dans de bons journaux se trouvent souvent vite corrigés – voir l’affaire récente de l’article sur le pseudo-médicament anti-Covid dans The Lancet – alors que la daube à généralement une durée de vie illimitée dans des journaux insignifiants.

          Sans parler d’internet et de livres “grand public” pour lesquels ont peut trouver de la pub ici ou là.

    • Bon, lire par exemple la synthèse du géologue allemand Sebastian Lüning qui a compilé toutes les données disponibles sur cet épisode chaud médiéval.
      Mis en évidence partout dans le monde (voir sa carte).
      Quant à Michael Mann…

  10. @serge ferry et arsène
    Merci pour le lien de wattsupwithtatet merci pour le lien vers Sébastian Luning; je l’ai contacté pour avoir son accord pour mettre ici sa réponse à l’article de Samantha Bova ; voir ci dessous
    Sebastian Luening • a year ago
    I strongly doubt these results.

    1) The Holocene Thermal Maximum (HTM) has been documented from numerous marine and terrestrial sites. For terrestrial areas, there are even specific winter temperature records based on pollen. These indicate a warm HTM. See e.g. Martin et al. 2020, Quaternary Science Reviews 228. You are not presenting any hard winter data.

    2) Holocene orbital parameter changes are quite limited. E.g. Cionco et al. 2020. Therefore the “correction” of changing HTM warming into HTM cooling is highly doubtful. If your hypothesis was correct, HTM winters would have to be record cold. There is no palaeoclimatological evidence for this at all. The Greenland ice sheet had less ice during the HTM than today. HTM sea level in Pacific and Indian Ocean were significantly higher than today (exception: Atlantic). I think you should have spent more time on ground-truthing your theoretical model with real palaeo data.

    3) You are “validating” your theoretical “correction factor” by comparing to a model. This looks very much like circular reasoning to me. Compare to hard data. Comparison of model to model does not really help to make it more robust.

    4) I also don’t like the style of the Rutgers press release. Why do you claim you have “finally solved the mystery” when you actually just have put forward another hypothesis, which is not even strong?

    Summed up, I think peer reviewers should have picked up these issues and asked for a major revision. In my opinion, the results as presented are not convincing.

    Si j’ai le temps je le ferais traduire

    Fritz

  11. Je m’amuse du fait qu’il ne soit pas fait mention de la crise de Covid-19 dans cet article, c’est peut etre une explication à la chute de l’augmentation de la température puisque les activités humaines ont brutalement cessé…
    Théories climatosceptiques à revoir…

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