Le démantèlement de l’édifice climatiste aux États-Unis: un salutaire retour à la raison

Par Robert Girouard

Si certains accusent l’Administration Trump d’autoritarisme, le fait est que les Administrations démocrates précédentes (Obama et Biden) ont résolument abusé du système démocratique et contourné les rouages décisionnels normaux en mettant en place l’infâme édifice climatiste qui a coûté extrêmement cher aux contribuables et fragilisé l’économie et le secteur énergétique américains. Contrairement à une opinion largement répandue dans certains milieux, le démantèlement de cet édifice, qui a trop longtemps bénéficié du bouclier de «La Science» et de la complicité des institutions et des médias, constitue dans les faits un sain retour au bon sens, à la raison, au débat démocratique et à la prédominance du marché sur la norme. Force est de constater également que cette révolution trumpienne creuse un fossé profond entre les États-Unis et l’Europe.

Une imposture démocratique

L’édifice climatiste construit sous Obama et Biden reposait non pas sur des lois votées en pleine connaissance après un débat contradictoire, mais bien sur une architecture bancale édifiée souvent grâce à des manoeuvres peu démocratiques et composée principalement des éléments suivants :

  • L’Endangerment Finding / le coup d’État : ce décret administratif de l’EPA constituait le socle juridique de toute la réglementation climatique fédérale. Il n’a pourtant jamais été soumis à la discussion publique, et encore moins à l’approbation du Congrès. Né d’une demande de la Cour suprême et s’appuyant sur les rapports du GIEC, ce « constat de dangerosité » a été signé en 2009 par l’administratrice de l’EPA, Lisa Jackson. Il établit ex cathedra que les GES — bien que n’étant pas des toxines directes comme le monoxyde de carbone — peuvent être qualifiés de « polluants atmosphériques » menaçant le bien-être des générations futures (via la chaleur, les tempêtes, l’élévation du niveau de la mer, etc.) et que les émissions des moteurs des véhicules neufs contribuaient à cette menace. Le document occulte totalement la vapeur d’eau, pourtant le principal GES, mais on comprend facilement pourquoi. Pire encore, selon une correspondance interne révélée par une étude réalisée par Government Accountability & Oversight, les décideurs de l’EPA qualifiaient ce constat de « décision prête à partir », de « fait élémentaire » et de « rien de plus que de la science et du bon sens. », selon la correspondance interne. L’adoption de ce soi-disant constat de dangerosité est donc passée comme une lettre à la poste. Or, le Clean Air Act stipule que l’administrateur de l’EPA doit réglementer les émissions de tout polluant atmosphérique provenant des véhicules motorisés. Le cas échéant, la loi l’oblige automatiquement à le réglementer aussi pour les sources fixes (centrales électriques, raffineries, usines). C’est donc cet artifice qui a permis la mise en place du Clean Power Plan et de normes environnementales de plus en plus punitives. L’EPA a notamment utilisé ce levier pour forcer la fermeture des centrales à charbon et la transition vers les véhicules électriques. 
  • L’Accord de Paris / le tour de passe-passe diplomatique : l’une des dérives les plus flagrantes commises par les démocrates réside dans la signature de l’Accord de Paris, sans jamais le soumettre au Sénat pour ratification, comme l’exige pourtant la Constitution. En qualifiant arbitrairement ce texte de simple « accord exécutif », les administrations Obama et Biden ont lié le destin énergétique américain à des instances supranationales non élues, court-circuitant la souveraineté populaire pour éviter un débat parlementaire qu’elles savaient perdu d’avance. Comme on sait, les États-Unis se sont retirés de ce traité dès les premiers jours de l’Administration Trump. Rappelons que l’Accord de Paris découle de la CCNUCC (Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques), signée lors de la Conférence de Rio, en 1992. Si cette dernière fut ratifiée à l’époque par le Sénat, c’est parce qu’elle restait floue et non contraignante. Elle a agi comme «cheval de Troie» du climatisme. Mais, il y a quelques semaines, les États-Unis s’en sont officiellement retirés. Il sera donc quasi impossible à l’avenir de tenter une ré-adhésion à l’Accord de Paris. 
  • L’Inflation Reduction Act / l’hérésie économique : sous un nom trompeur, cette pièce législative a injecté des centaines de milliards de dollars de subventions dans des technologies à faible densité énergétique. En garantissant des profits à des projets éoliens ou solaires intrinsèquement déficitaires, l’État a créé une économie de « chasseurs de rentes ». Les capitaux, au lieu de s’investir dans la recherche de pointe, la fission nucléaire ou l’optimisation des énergies fossiles, se sont rués vers des solutions intermittentes qui déstabilisent le réseau électrique tout en gonflant la dette publique.
  • Le Social Cost of Carbon / l’artifice comptable : en attribuant arbitrairement un coût pharaonique à chaque tonne de carbone, les bureaucrates ont pu justifier des réglementations qui, sur un plan économique réel, étaient totalement absurdes. C’est la raison comptable mise au service de la fiction idéologique, l’outil qui permet à l’État de dire qu’une mesure stupide est rentable parce qu’elle permet d’économiser des soi-disant dommages environnementaux. Ce coût a varié de 43 $, à 1$ (la première Administration Trump l’avait considérablement dégonflé), puis à 190 $ la tonne, ce qui démontre l’énormité de la fumisterie. 
  • Le reporting ESG (Environnement, Social, Gouvernance) / l’inquisition : ce mécanisme incitait les organisations à divulguer des données sur leurs performances non financières, comme leur empreinte carbone. Il s’est imposé grâce à une combinaison de pressions des marchés financiers, du militantisme actionnarial et d’un activisme réglementaire croissant. Sous l’administration Biden, la SEC (Securities and Exchange Commission) a tenté de transformer cette pratique volontaire en obligation légale et d’imposer aux entreprises cotées une transparence climatique punitive les amenant éventuellement à détourner leurs ressources de la rentabilité et de l’innovation vers la bureaucratie de la conformité verte.

Une imposture intellectuelle

Pendant plus de deux décennies, cet édifice a été protégé par un bouclier rhétorique implacable : l’invocation constante de « La Science » (The Science). En transformant la méthode scientifique — qui est par essence un exercice de doute et de remise en question — en un dogme indiscutable, les élites politiques, les agences gouvernementales et les médias complices ont verrouillé le débat scientifique. Quiconque osait souligner l’intermittence ruineuse du renouvelable, le coût astronomique du stockage par batterie ou les limites physiques des métaux critiques était frappé d’anathème. En adoptant sans nuance la rhétorique de l’urgence absolue, ils ont délibérément étouffé le pluralisme nécessaire à toute société rationnelle. Par une pratique systématique de l’ostracisme, ils ont relégué toute analyse critique au rang de « désinformation » ou de « déni ». Ces tactiques nourries par un catastrophisme sensationnaliste ont permis de valider moralement le contournement des processus démocratiques et fourni le vernis de légitimité nécessaire à la mise en place de politiques liberticides.

Le démantèlement 

Le démantèlement du climatisme aux États-Unis a exigé de la part de l’Administration Trump une vaste offensive coordonnée, comprenant les intiatives suivantes : 

  • Décrets présidentiels : le président Trump a signé divers Executive Orders annulant des politiques ou des engagements pris par les démocrates. Entre autres, le décret America First Energy a introduit une série de mesures d’urgence visant à « libérer l’extraordinaire potentiel des ressources de l’Alaska » et à déclarer une urgence nationale énergétique pour accélérer les forages. C’est la traduction juridique du fameux Drill Baby, Drill. Le décret présidentiel du 12 février 2026, intitulé Executive Order on Restoring Energy Sovereignty and Economic Rationality a lié explicitement la sortie des traités internationaux à la révocation de l‘Endangerment Finding par l’EPA, dont il sera plus abondamment question plus bas. L’argument central du décret est que les engagements internationaux ne peuvent plus servir de prétexte à des règlementations domestiques qui n’ont pas été explicitement entérinées par les instances politiques concernées. Ce décret a également mis fin au reporting ESG.
  • Mise au pas des agences gouvernementales : les mesures visant le DOE (Department of Energy), la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) et le GISS (Goddard Institute for Space Studies de la NASA) sont fondamentales, car elles permettent de reprendre le contrôle sur les centres de production des données scientifiques, là où la « dérive de la raison » s’est institutionnalisée. La NOAA et le GISS, accusés d’opérer des « ajustements » de données historiques tendant à accentuer le réchauffement récent, ont été sommés d’apporter les correctifs nécessaires. La mission de la NOAA est en outre réorientée vers la prévision météorologique opérationnelle plutôt que le plaidoyer climatique prospectif. En intervenant sur la direction de ces agences, Trump a brisé le cartel des chercheurs activistes et mis fin à l’ostracisme des scientifiques dissidents. Quant au DOE, sa mission a été recentrée sur l’optimisation des énergies fossiles et, surtout, sur le nucléaire de nouvelle génération, plutôt que vers la subvention idéologique.
  • Renforcement des règles de science transparente : désormais, toutes les agences fédérales qui produisent ou utilisent des études scientifiques pour justifier des réglementations à fort impact économique, telles que DOE, NOAA, NASA, EPA, etc., doivent respecter ces règles qui comme par hasard avaient écartées par les démocrates. L’Office of Management and Budget a reçu instruction de rejeter toute nouvelle réglementation proposée par n’importe quelle agence si la base scientifique n’est pas conforme aux critères de transparence et de reproductibilité. C’est donc la fin de l’ère des boîtes noires bureaucratiques, car la preuve scientifique doit désormais être traitée comme une preuve judiciaire : elle doit être vérifiable, contradictoire et reproductible. Si les données brutes ne sont pas accessibles pour une analyse indépendante par des tiers, l’étude ne peut plus être invoquée pour justifier une réglementation. Cela force les agences à n’utiliser que de la science ouverte. De plus, avant cette règle, c’était aux citoyens et aux entreprises de prouver qu’une norme était absurde ; avec la science transparente, c’est à l’agence de prouver que sa base scientifique résiste à un examen contradictoire. 
  • Examen critique de la doxa climatiste : à la demande du Secrétaire du DOE, Chris Wright, un groupe de travail (Climate Working Group) composé d’experts indépendants a été créé afin d’examiner les certitudes et incertitudes scientifiques quant à la manière dont le CO2 d’origine anthropique et les autres émissions de GES affectent le climat, les événements météorologiques extrêmes et le bien-être collectif. Les cinq membres font partie des « usual suspects » bien connus des climato-réalistes : John Christy, Judith Curry, Steven E. Koonin, Roy Spencer et Ross McKitrick. Intitulé A Critical Review of Impacts of Greenhouse Gas Emissions on the U.S. Climate, leur rapport rendu public à l’été 2025 conclut que les dangers liés au réchauffement sont largement surestimés par les modèles informatiques et que l’impact réel des émissions de GES sur la santé et le bien-être des Américains ne justifie pas les mesures punitives actuelles. Bien que le rapport oppose des faits mesurés à des fictions modélisées et rappelle un certain nombre de vérités laissées de côté par le GIEC, comme le verdissement de la planète, il a fait l’objet d’attaques virulentes de la part du cartel de scientifiques climatistes dont le gagne-pain est directement menacé. Des groupes comme l’Union of Concerned Scientists (UCS) se sont adressés aux tribunaux afin de faire invalider le document au motif que le groupe de travail n’aurait pas respecté la loi sur les comités consultatifs (FACA). Une fois de plus, ils auront réussi, temporairement du moins, à verrouiller le débat. Il n’en demeure pas moins qu’ils ont bel et bien perdu le monopole de la production de la preuve. 
  • Grid Reliability Study : ce rapport également commandé par le Secrétaire à l’Énergie vise à examiner la fiabilité du réseau électrique national. Il constate que la fermeture accélérée des centrales à charbon. poussée par les réglementations et les subventions démocrates, menaçait la stabilité du réseau. Il réintroduit la nécessité technique d’une puissance pilotable et constante. Suite à ces conclusions, le DOE a pris des mesures pour sécuriser la résilience du réseau, notamment par la création de réserves d’uranium et le soutien aux SMR (Small Modular Reactors). 
  • Le dénouement de cette lutte historique a culminé le 12 février 2026 avec la rescission officielle de l’Endangerment Finding par l’EPA. C’est le « coup de grâce » porté à la technocratie climatiste, puisque l’EPA perd son autorité légale pour réguler les GES. Cela met fin instantanément à toutes les normes d’émissions restrictives pour les véhicules et les centrales électriques.
    La Maison Blanche a qualifié cette mesure de « plus grande action dérégulatrice de l’histoire des États-Unis », affirmant qu’elle permettrait d’économiser 1 300 milliards de dollars en coûts réglementaires pour les contribuables et les fabricants. Cette décision réaffirme que les choix de politique nationale majeure doivent être faits par le Congrès, et non par des bureaucrates.

La prédominance du marché sur la norme

La révolution trumpienne repose sur un constat pragmatique : la richesse d’une nation dépend de sa densité énergétique. En levant les moratoires sur le gaz et en réhabilitant l’uranium, les États-Unis rejettent la raison bureaucratique pour retrouver la raison du marché. La fin des subventions massives aux énergies intermittentes, qui créaient une forme d’irrationalité économique, marque un retour au bon sens.

Pour le secteur automobile, le démantèlement de l’édifice climatiste signifie que les constructeurs ne sont plus légalement tenus de réduire la moyenne d’émissions de leur flotte. Les crédits carbone, que les fabricants de moteurs thermiques devaient acheter à des entreprises comme Tesla pour compenser leurs émissions, deviennent caducs. Le décret du 12 février 2026 supprime le levier réglementaire qui favorisait les véhicules électriques. Des géants comme General Motors ont déjà annoncé en janvier 2026 des dépréciations d’actifs de plusieurs milliards de dollars liés à l’annulation d’investissements dans l’électrique, privilégiant désormais le retour aux modèles à essence et hybrides, plus demandés par le marché. On estime que la fin des technologies coûteuses liées à la réduction forcée du CO2 pourrait réduire le prix moyen d’un véhicule neuf de 2 400 $. De plus, le choix des consommateurs sera respecté. La grande inconnue reste la réaction d’États comme la Californie, qui disposent historiquement de dérogations (waivers) pour imposer leurs propres normes plus strictes. 

En supprimant le reporting ESG, l’administration Trump a rétabli l’obligation fiduciaire : la mission première d’une entreprise est de générer de la valeur pour ses actionnaires et ses employés, et non de servir de laboratoire social aux instances non élues de l’ONU ou de Davos. Désormais, le capital américain peut à nouveau affluer vers les secteurs à haute densité énergétique — mines, pétrole, gaz, nucléaire — sans craindre d’être pénalisé par des scores arbitraires fondés sur une science administrative récusée. C’est la fin du chantage moral qui pesait sur l’investissement et le retour à une rationalité financière où le mérite économique dicte l’allocation des ressources.

Le divorce transatlantique : deux visions opposées

Cette révolution creuse un fossé désormais béant avec l’Europe. Alors que Washington renoue avec la puissance et l’abondance, Bruxelles s’enfonce dans une « dérive de la raison » suicidaire. L’Europe persiste dans son édifice normatif et sa décarbonation punitive, quitte à subir une désindustrialisation massive et une dépendance accrue aux importations au nom de la cohérence de ses modèles.

D’un côté, une Amérique qui choisit la raison adaptative et le dynamisme des ressources ; de l’autre, une Europe qui s’accroche à une raison dogmatique et au déclin administré. Ce divorce signale que l’irrationalité collective a trouvé son refuge final sur le vieux continent, tandis que le nouveau monde tente une opération de retour au réel.

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