Damien Ernst et Samuel Furfari
Présentée par Gabriel Attal comme un possible grand projet énergétique du XXIᵉ siècle, la géoénergie suscite des appréciations très contrastées. Si elle offre un potentiel réel pour le chauffage et le refroidissement des bâtiments, sa capacité à transformer le système énergétique français interroge.
Atlantico : Gabriel Attal, dans le cadre de sa campagne pour 2027, a indiqué quʼ« après le nucléaire lancé par le général de Gaulle, la géoénergie doit devenir le grand projet énergétique de la France au 21e siècle ». La géoénergie a-t-elle réellement le potentiel de transformer notre système énergétique ? Quels sont les atouts de la géoénergie ?
Samuel Furfari : Depuis le premier choc pétrolier de 1973, les responsables politiques sont en quête de nouvelles solutions énergétiques. C’est une manière de montrer qu’ils sont innovants et tournés vers l’avenir. Mais, bien souvent, ils réinventent des technologies déjà existantes. En l’occurrence, ce que l’on appelle aujourd’hui « géoénergie » n’est rien d’autre que la géothermie. Il ne s’agit pas d’une technologie nouvelle. La géothermie est connue depuis longtemps et, selon moi, Gabriel Attal fait avant tout de la communication avec cette annonce pour tenter de séduire les électeurs dans le cadre de la campagne présidentielle.
Le principe de la géoénergie est simple. Dans certaines régions, le sous-sol terrestre est naturellement très chaud. Lʼidée est donc d’exploiter cette chaleur. En Europe, la production d’électricité d’origine géothermique a débuté en Toscane, à Larderello, où un ingénieur français travaillant dans la production d’acide borique a découvert des gisements de vapeur s’échappant naturellement du sous-sol. Cela remonte au début du XXᵉ siècle, il y a plus d’un siècle. À ce jour, il s’agit toujours de la seule installation d’Europe continentale produisant de l’électricité grâce à la géothermie. Une installation plus modeste existe également aux Açores, sur l’île de São Miguel, où de l’électricité est aussi produite à partir de cette ressource. Tout cela est ancien. Il n’y a absolument rien de nouveau. Si d’autres installations n’ont pas été développées, c’est tout simplement parce qu’il n’existe pas d’autres gisements comparables. Les gisements ne se créent pas en fonction des campagnes électorales. Il n’y a donc pas de « nouveaux réservoirs de vapeur » permettant de produire de l’électricité.
Ce que Gabriel Attal évoque correspond en réalité à la géothermie de basse enthalpie. L’enthalpie désigne le contenu thermique d’un fluide. Contrairement à la haute enthalpie, qui permet de produire de l’électricité, la basse enthalpie est beaucoup plus diffuse. Il est possible de la retrouver dans de nombreuses régions d’Europe, notamment dans le bassin parisien. Il ne s’agit pas d’une nouveauté. Selon moi, cette technologie ne révolutionnera pas le monde.
Quant au potentiel de la géoénergie, il est limité. Même dans lʼhypothèse la plus optimiste, les estimations évoquent une production dʼenviron vingt térawattheures, alors que la consommation française sʼélève à environ 1 500 térawattheures.
Damien Ernst : Je nʼaime pas du tout la comparaison que fait Monsieur Attal avec le nucléaire. Elle prête vraiment à confusion. Elle donne lʼimpression que la géothermie permettrait de produire beaucoup dʼélectricité en France, comme cʼest le cas avec le nucléaire. Et cʼest complètement faux ! Il faut savoir que la géoénergie désigne lʼensemble des techniques qui exploitent le sous-sol terrestre à des fins énergétiques. Et dans ce cadre, le seul potentiel de ce secteur pour la France est la fabrication de chaleur ou de froid pour le conditionnement de bâtiments à un prix moins élevé. Cʼest tout. Il nʼy a absolument aucun autre potentiel pour lʼHexagone. La France nʼest pas du tout comparable à lʼIslande, dont les volcans rendent la production dʼélectricité possible grâce à la chaleur très élevée du sol à certains endroits.
La géoénergie a-t-elle réellement le potentiel de devenir le grand projet énergétique de la France du XXIᵉ siècle, comme l’affirme Gabriel Attal, ou risque-t-elle de rester un vœu pieux ? Cette filière peut-elle devenir un véritable moteur de croissance, de création d’emplois et de réindustrialisation pour la France ?
Samuel Furfari : Ce ne sera pas du tout le cas. Cette proposition semble motivée pour des raisons électorales ou au nom de la décarbonation. Gabriel Attal donne lʼimpression de réinventer le fil à couper le beurre. Mais il nʼy a absolument rien de nouveau avec la géoénergie. Cette technologie existe déjà et est exploitée dans plusieurs régions du monde. Si elle ne sʼest pas davantage développée, cʼest avant tout parce quʼelle nʼest pas économiquement rentable.
Cela peut paraître paradoxal : on pourrait penser quʼil suffit de forer un puits pour récupérer de la chaleur. En réalité, une fois cette chaleur captée, encore faut-il la distribuer. Il sʼagit dʼune énergie de faible intensité, ce qui implique de transporter de grands volumes pour acheminer une quantité dʼénergie relativement limitée. Cela suppose donc la mise en place de réseaux de chaleur.
Or, ces réseaux représentent des investissements très coûteux. Cʼest la raison pour laquelle ils ne se sont pas généralisés. Ces réseaux sont principalement implantés dans dʼanciens pays communistes, où le coût nʼétait pas le principal critère de décision. Ces infrastructures, déjà amorties, continuent dʼêtre utilisées. En revanche, dans une économie de marché, le coût des investissements est déterminant, ce qui explique lʼabsence de déploiement massif de réseaux de chaleur.
Pour quʼun réseau de chaleur soit viable, il doit fonctionner une grande partie de lʼannée. Cʼest le cas dans les pays scandinaves, où le climat froid assure une utilisation prolongée, rendant ces systèmes rentables. En revanche, dans un pays au climat tempéré comme la France, ce modèle ne fonctionne pas. Il nʼest donc pas viable. Il faut également prendre en compte le traitement de lʼeau, qui est une eau brute, corrosive et chargée en gaz. Ce traitement engendre des coûts supplémentaires.
Damien Ernst : Absolument pas ! Le seul rôle important que la géothermie peut jouer cʼest dʼassurer une source froide de température plus élevée que lʼair pour les pompes à chaleur en hiver et une source chaude de température moins élevée que lʼair pour les dispositifs de refroidissement dʼair en été.
Pour être un peu moins technique, il faut savoir quʼen hiver, le sol est (par exemple) à 15 degrés même sʼil gèle dehors. Et donc, avec la même quantité dʼélectricité, une pompe à chaleur est capable dʼaller chercher beaucoup plus dʼénergie thermique dans le sol que dans lʼair extérieur. Vous consommez dès lors moins dʼélectricité en hiver pour vous chauffer. Et en été, vous pouvez bénéficier du froid relatif du sous-sol pour maximiser le rendement de votre air conditionné ! Et là, je vais souligner un aspect trop peu discuté par ailleurs : les gens qui ont ce que lʼon appelle une pompe à chaleur réversible peuvent même, en refroidissant leur habitation lʼété, réchauffer le sous-sol pour augmenter lʼefficacité que leur dispositif de chauffage aura en hiver. Cela permet de gérer, un peu, au niveau dʼun pays, la fluctuation intrasaisonnière de la charge de chauffage, qui reste problématique pour la France.
Mais bon, je vois mal ces dispositifs devenir un grand moteur de création dʼemplois. Ils sont souvent assez chers et, en plus, les éléments technologiques sont fabriqués à lʼétranger. Il nʼy a plus de producteurs français de pompes à chaleur !
Certains estiment que la transition énergétique passe par davantage de subventions, tandis que d’autres pensent qu’il faut surtout créer un cadre stable pour attirer les investissements privés. Où faut-il placer le curseur ? À partir de quel moment les subventions deviennent-elles contre-productives pour le développement d’une filière comme la géoénergie ?
Samuel Furfari : Les subventions sont toujours contre-productives, dans la mesure où elles impliquent une intervention contraire aux mécanismes du marché. Lorsquʼune filière est économiquement viable, le marché la développe naturellement. Il est bien entendu nécessaire dʼinstaurer des réglementations afin de garantir la sécurité, la compatibilité environnementale et le respect des normes. Cela est indispensable. En revanche, il revient à lʼindustriel dʼassumer les risques liés au développement dʼune filière ou dʼun projet : cʼest son métier, non celui de lʼÉtat.
Lorsque lʼÉtat intervient, ce sont des administrations qui mettent en œuvre des choix politiques – par exemple ceux de Gabriel Attal sʼil accédait à la présidence – et qui engagent des fonds publics dans des projets qui, selon moi, nʼont pas de sens économique.
Cʼest aujourdʼhui lʼun des principaux problèmes de la transition énergétique. De nombreuses propositions ne sont ni techniquement faisables ou économiquement viables, mais lʼaccumulation de subventions donne lʼillusion de la création dʼun marché. Or, un marché ne se décrète pas par la subvention.
En revanche, il est possible de soutenir la recherche, le développement et la démonstration dʼune première installation. Lorsquʼune innovation semble prometteuse, une phase de démonstration peut être financée afin dʼen vérifier la faisabilité technique et économique. Si cette démonstration est concluante, le relais doit être pris par le marché. Il nʼest pas pertinent de subventionner durablement une filière.
Aujourdʼhui, la transition énergétique européenne repose entièrement sur des subventions. Tout est subventionné et, par conséquent, lʼensemble finira par sʼeffondrer, dans la mesure où il sʼagit dʼun marché artificiel car les subventions ne sont pas durables.
La directive européenne 2009/28 autorise les États membres à accorder des subventions afin de favoriser le développement des énergies renouvelables. Cette directive a été renouvelée en 2018 puis en 2023. Nous restons donc dans un système dʼobligation de production dʼénergies renouvelables. Or, sʼil faut une obligation, cʼest précisément parce que ces filières ne sont pas rentables.
Le principal frein pour le développement de la géoénergie semble être le coût initial des installations, les besoins en forage et les délais administratifs. Quelles seraient les priorités pour accélérer le développement de la filière sans créer de nouvelles dépendances aux aides publiques ? La campagne présidentielle peut-elle permettre de mettre la géoénergie au cœur des débats ?
Damien Ernst : Bon, il faut déjà souligner que pour les villes, la géoénergie pour le chauffage ou le conditionnement dʼair en été ne se développera jamais significativement. Premièrement, il est difficile de forer dans une zone urbaine. Deuxièmement, si tout le monde se mettait à forer en ville pour alimenter ses pompes à chaleur, vous refroidiriez beaucoup trop le sol en hiver, ce qui conduirait à un effondrement du rendement des pompes à chaleur. Et en été, vous le réchaufferiez beaucoup trop pour le conditionnement dʼair, ce qui ferait aussi augmenter la consommation électrique des dispositifs dʼair conditionné. Donc le vrai potentiel de la géoénergie est uniquement dans les milieux plus ruraux.
Je pense donc que ce serait une mauvaise idée de subsidier cette filière. Il faut laisser faire le marché pour faire baisser les coûts, et surtout travailler à éliminer les couches administratives qui rendent difficile lʼinstallation de ce type de dispositif. Je pense que ces systèmes peuvent aussi devenir nettement plus rentables quand ils sont installés avec des batteries et du photovoltaïque (PV). Mais bon, la France est aussi championne en matière de complication administrative de lʼinstallation de batteries et de PV. Il est grand temps de travailler à un cadre beaucoup plus simple. Je suis pour une autorisation en un clic ! Comme quand vous achetez un livre sur Amazon. Cʼest plutôt ça qui devrait être au cœur de la campagne présidentielle française : comment réduire toutes ces couches administratives qui paralysent la société française !
Faut-il un véritable « plan Messmer » de la géoénergie en France ? Si l’État devait lancer un programme national ambitieux, à quoi devrait-il ressembler : des investissements publics massifs, une simplification réglementaire, des garanties financières, des formations ?
Samuel Furfari : Un expert français, qui avait beaucoup écrit sur le nucléaire, avait pour habitude de publier quasiment chaque semaine un article. Depuis environ six mois, il est totalement silencieux. Je lʼai contacté pour lui demander comment il allait puisquʼil était devenu silencieux. Il mʼa répondu quʼil avait tout dit, quʼil nʼy avait plus rien à dire. En réalité, cʼest exactement la situation dans le domaine de lʼénergie. Tout a déjà été dit. Il nʼy a rien de nouveau. Les responsables politiques devraient cesser de penser quʼils vont réinventer le fil à couper le beurre. Tout a été dit à la suite des chocs pétroliers des années 1970. Aujourdʼhui, de nombreux candidats à la présidentielle cherchent des innovations qui, en réalité, nʼexistent pas.
Il conviendrait simplement de revenir à ce que la Commission européenne avait proposé en octobre 2000 dans son plan pour la sécurité de lʼapprovisionnement énergétique. Ce plan reposait sur trois principes essentiels. Premièrement, utiliser toutes les formes dʼénergie, sans aucun tabou, cʼest-à-dire recourir à lʼensemble des sources disponibles.
Deuxièmement, éviter une dépendance excessive à lʼégard dʼun seul pays fournisseur, comme la Russie par exemple.
Troisièmement, il ne faut dépendre ni dʼune seule voie dʼapprovisionnement, ni dʼune seule méthode. La sécurité dʼapprovisionnement repose sur la diversification.
Il nʼest pas nécessaire dʼinventer de nouvelles solutions. La seule évolution véritable pour la France, qui constituerait une rupture – sans être une innovation au sens strict – serait dʼabandonner la loi Hulot.
Toute la marge équatoriale est riche en ressources pétrolières et gazières, de Trinidad-et-Tobago jusquʼau Brésil, en passant par le Venezuela, Guyana et Suriname. Lʼensemble de cette région contient dʼimportants gisements dʼhydrocarbures. Or, il nʼexiste quʼun seul territoire où lʼexploration est interdite : la Guyane française, en raison de la loi Hulot.
Emmanuel Macron souhaite relancer le nucléaire, notamment les SMR. Cʼest une orientation pertinente. Il convient également de mettre fin aux subventions aux énergies renouvelables comme évoqué précédemment. La seule action restante consiste à explorer le territoire français afin dʼy produire du pétrole et du gaz.
Gabriel Attal a cherché à donner lʼimpression dʼapporter une idée nouvelle à travers la géothermie. Cela traduit surtout une volonté de fabriquer artificiellement de lʼinnovation.
Damien Ernst : Je ne pense pas. Il faut juste laisser faire le marché et cesser de paralyser ce secteur avec des couches administratives. La géoénergie reste pour moi un dossier mineur au niveau énergétique. Ce serait catastrophique que cela devienne un dossier majeur dans la campagne présidentielle, car cela reviendrait à oblitérer les vrais défis de lʼénergie, qui ne sont pas là ! Ce dont il faut discuter pendant la campagne, cʼest par exemple comment arriver à construire des centrales nucléaires en France au même prix que celles construites en Chine. Je rappelle quʼelles coûtent 2,5 €/W installé en Chine, contre près de 8 €/W pour Flamanville-3. Il faut aussi discuter de la place des batteries et du PV dans notre système énergétique. Le coût des batteries devient tellement bas que de nouveaux modèles dʼaffaires sont en train de se créer, où on pourrait même utiliser des batteries pour transporter lʼénergie, un peu comme on utilise un camion-citerne pour transporter de lʼessence. Cʼest là-dessus que le débat doit avoir lieu. Et il est essentiel !
Certains estiment que la transition énergétique passe par davantage de subventions, tandis que dʼautres pensent quʼil faut surtout créer un cadre stable pour attirer les investissements privés. Où faut-il placer le curseur ? À partir de quel moment les subventions deviennent-elles contre-productives pour le développement dʼune filière comme la géoénergie ?
Damien Ernst : Ce quʼil faut faire est très simple : travailler sur la simplification systématique, drastique et intelligente de lʼensemble des couches administratives qui empêchent dʼavancer au niveau énergétique, et arrêter les politiques de subsides pour le renouvelable. Je note que cette simplification drastique doit aussi être focalisée sur la construction des lignes électriques, qui sont essentielles pour décarboner notre économie. Il faut aussi que le gouvernement puisse avoir une discussion mature et responsable avec EDF. Il doit dès à présent demander que cette société élabore et présente un plan de réduction de ses coûts de construction de centrales nucléaires à moins de 3 euros/W installé. Sinon la compagnie EDF nʼarrivera plus à en vendre !
Cela passera sans doute par la nécessité de sécuriser un carnet de commandes pour la compagnie dʼun minimum de 50 réacteurs nucléaires — sans doute même plus —, pour obtenir les économies dʼéchelle quʼun tel projet nécessite. Cʼest pour moi tout à fait faisable en travaillant au niveau européen, mais il est grand temps dʼarrêter avec les demi-ambitions au niveau nucléaire. Et puisquʼon cite de Gaulle, je pense que ce quʼil mettrait en route dès aujourdʼhui, ce serait une politique volontariste de relance du nucléaire français !
Damien Ernst est professeur titulaire à l’Université de Liège. Il dirige des recherches dédiées aux réseaux électriques intelligents. Il intervient régulièrement dans les médias sur les sujets liés à l’énergie.
Samuel Furfari est professeur en géopolitique de l’énergie depuis 20 ans, docteur en Sciences appliquées (ULB), ingénieur polytechnicien (ULB). Il a été durant trente-six ans haut fonctionnaire à la Direction générale de l’énergie de la Commission européenne. Auteur de 18 livres.

Les subventions ne sont pas un problème par elles-mêmes. Les mécanismes du marché (s’ils existent réellement) se montrent plutôt défaillant en général. Il faut surtout estimer dans quel contexte les subventions sont pertinentes.
Par exemple, aucun acteur privé n’aurait pu, à lui seul, fonder un réseau de centrale nucléaire. Les subventions ont été déterminantes pour ce faire.
Il peut y avoir des marchés potentiels, mais dont le déploiement est rendu impossible par l’investissement préalable qui serait nécessaire (aucun acteur du marché ne peut investir suffisamment longtemps pour recouvrer l’investissement).
On peut faire une certaine analogie entre l’argent et l’énergie. Imaginez une bille bloquée derrière une barrière de potentiel, que vous devez descendre plus bas. De l’autre coté de cette barrière, le niveau est plus bas. Mais il vous faut d’abord un surcroit d’énergie, pour franchir la barrière. Comme ensuite, au-delà de la barrière, la bille descend plus bas, vous récupérez donc de l’énergie. Vous avez certes dépensé beaucoup d’énergie pour franchir la barrière, mais vous en avez récupéré plus au final, d’où un gain.
C’est un peu la même chose en matière d’investissement. S’il y a un marché potentiellement rentable, mais entravé par une dépense préalable trop élevée pour se déployer, alors, les subventions d’État, et la planification sont pertinentes. On peut voir l’investissement préalable comme une barrière de potentiel à franchir.
Certes, il est vrai que l’investissement subventionné des panneaux solaires, des éoliennes, et même de l’isolation des bâtiments fut assez malheureux. Déjà, les subventions aux éoliennes et panneaux solaire ne concernent même pas que l’investissement préalable, mais le fonctionnement lui-même. Cela montre que les énergie renouvelables ne sont pas rentables, car elles ne peuvent concurrencer ni le nucléaire, ni les hydrocarbures. Subventionner quelque chose de non rentable doit être absolument interdit.
Pour ce qui concerne l’investissement dans l’isolation des bâtiments, il est à peine rentable, vu le coût des isolants et leur durée de vie réduite. De plus, maintenant, on se réveille avec la gueule de bois : en cas de chaleur excessive, ça ne sert à rien…
Donc le problème des subventions vient quand elles visent à mettre en place un marché non rentable, car c’est alors le fonctionnement même du marché qui doit être subventionné (c’est créer un marché sous perfusion).
Pour la géothermie, la question doit être étudiée avec soin. Mais, de mon point de vue, un service public de calories /frigories géothermiques pour alimenter les bâtiments (en chaleur ou fraicheur selon la saison) me semblerait très intéressant pour les villes et les bâtiments publics. Certains réseaux de chaleur sont déjà opérationnels. Je me demande si, dans une certaine mesure, on ne pourrait pas utiliser une partie du réseau d’eau potable pour ce faire.
Quel mix énergétique pour la France ? Il faut déjà distinguer les usages…
Les propriétés importantes de l’énergie sont sa densité, son caractère de mobilité,
– L’énergie géothermique est une énergie peu dense et peu mobile. Elle se prend sur place et se consomme à proximité.
– L’énergie électrique est une énergie qui peu être très dense et relativement mobile, mais son déplacement nécessite une infrastructure conséquente, très exigeante en ressource (cuivre, isolants), tandis que son stockage est peu dense et se fonde sur des réservoirs très sophistiqués.
– L’énergie chimique est mobile et son déplacement ne nécessite que peu d’infrastructure, un simple réservoir métallique suffit.
La géothermie, du fait de son immobilité, serait idéale pour la climatisation des bâtiments.
L’énergie électrique n’est pas adaptée au transport, son stockage étant trop peu dense. Elle est adaptée à l’industrie et à l’alimentation en énergie des bâtiments.
L’énergie chimique, du fait de sa mobilité et de sa densité est idéale pour le transport. Pour cela, on peut compter sur le gaz naturel, le pétrole raffiné, … et l’hydrogène.
La
@FM30 juin 2026 at 14 h 22 min
https://www.davidson.fr/blog/un-tresor-dhydrogene-blanc-decouvert-en-lorraine
L’hydrogène , pour l’instant, n’est pas une source énergétique primaire; on en reparlera quand Davidson aura fait et rentabilisé les premiers forages
Frédéric Sommer, Alsacien et géologue pétrolier
Pour l’hydrogène en Lorraine, C’est FDE qui a la concession.
Par ailleurs, ça fait plus de 20 ans que l’hydrogène est une source d’énergie primaire, au Mali.
Il y a évidemment une inconnue sur les quantités exploitables. C’est un domaine très nouveau. Quand on songe qu’il y a seulement 30 ans, le consensus scientifique proclamait que l’hydrogène natif n’existait pas sur terre. Comme quoi, les consensus…
En fait, le degré d’ionisation des roches mantelliques est généralement assez bas. Quand ces roches se trouvent au contact de l’atmosphère, elles ont un potentiel d’oxydo-réduction non négligeable. L’énergie se trouve sous nos pieds.
« » » » » L’énergie se trouve sous nos pieds. » » » » » »
la principale nous vient de l’espace
Ah ? Et Bien, je t’invite à regarder, au-delà de tes idéologies préconçues, les réalités de ces 2 derniers siècles : quelles sont les énergies qui ont révolutionné l’économie, et où les trouve-t-on ? Sous terre, évidemment…
Il y a décalage entre les conditions oxydatives du sous sol et de l’atmosphère. C’est pourquoi on peut tirer de l’énergie avec des matières du sous-sol.
Cela dit, ce sont sûrement ces flux d’énergie célestes qui sont à l’origine de cet heureux décalage…
A quand, les premières Harley Davidson à hydrogène?
Je partage votre scepticisme.
Il est question de 46 millions de tonnes sous la ville et d’un gisement total estimé à 250 millions de tonnes.
La consommation de carburant automobile étant d’environ 12 millions de tonnes par an, ça donne au mieux 20 ans de consommation; ça m’étonnerait qu’il soit rentable de développer un réseau national dédié à l’hydrogène ainsi que les véhicules adéquats. Donc aucun avenir dans ce secteur.
La production électricité ? Une hypothèse très optimiste assurerait 8 ans de consommation nationale, mais à condition de créer les centrales et la technologie qui va avec, donc impensable.
Le chauffage ? La consommation annuelle (tous moyens confondus) est d’environ 40 millions de tonnes. Ce n’est pas là non plus que ça va se passer.
Ce gisement ne peut donc servir qu’à un « machin » local : chauffage de bâtiments publics ? Voitures pour les services municipaux ? Production d’électricité ? Vu qu’il va falloir encore 10 ans d’études techniques, 10 ans de démarches administratives pour la décision, 10 ans de chantier et 15 ans de guerre contre les écolos qui s’opposeront au projet pour protéger je ne sais quelle bestiole qui vit dans le gisement, je n’investirai pas là-dedans.
J’espère me tromper mais tout ça me semble relever davantage du cirque médiatique habituel que d’une découverte « qui pourrait révolutionner notre indépendance énergétique » comme l’affirme l’auteur.
En résumé, on possède « le plus important gisement d’hydrogène blanc au monde »… qui ne sert à rien. Cocorico !…
Je suis le sujet de l’hydrogène depuis presque 20 ans maintenant. Il a commencé en Russie dès les années 1980 (théorie de Vladimir Larin).
Mais le consensus moderne ayant toujours affirmer que l’hydrogène natif n’existe pas sur Terre, la recherche de cette ressource ne fait que commencer. Et elle commence fort !
Par ailleurs, on sait déjà que l’hydrogène peut être mélangé au gaz naturel.
Enfin, vos calcul omettent que l’hydrogène a une densité massique d’énergie 3 fois plus importante que l’essence. Voyez : https://fr.wikipedia.org/wiki/Densit%C3%A9_massique_d%27%C3%A9nergie
Ça donne donc 60 ans consommation…
Maintenant, il serait excessif de vouloir faire porter à un gisement la responsabilité de résoudre tous les problèmes d’énergie pour l’éternité. Il faut des ambitions plus modestes.
Par exemple, on peut imaginer un haut-fourneau où on brûle du coke pour produire l’acier. On en récupère le CO2, et on le combine avec l’hydrogène natif pour produire du carburant synthétique, utilisable dans les véhicules thermiques usuels. La Lorraine serait bien placée pour ce genre de projet
Une partie des revenus seraient consacrée à la recherche de nouvelles ressources
D’ailleurs si les écolos croyaient vraiment à leurs sornettes, ils auraient déjà dû proposer de séquestrer les gaz d’échappements des véhicules. Ainsi, en allant à la pompe, on ferait le plein d’essence d’un côté, et on ferait le vide de CO2 de l’autre. Ce CO2 serait utilisé comme une ressource, par exemple, pour produire des carburants artificiels.
Mais ils n’y crois pas vraiment. La « lutte contre le réchauffement anthropique » n’est qu’un moyen, non pas pour l’écologie (c’est la version pour bobo), mais pour poursuivre le programme malthusien né au sein des élites Anglo-saxonnes, comme un genre de génocide universel, en quelques sortes….
Il y a 15 ans j’ai voulu remplacer ma chaudière par une pompe à chaleur eau/eau, sachant qu’il y a de l’eau sous mon terrain (déjà utilisé par un voisin pour son jardin, pompe immergée à 20 m). Je ne demandais aucune subventions, je n’ai pas pu concrétiser le projet car aucun fournisseur n’a répondu à ma demande : peur des embrouilles administratives, peur de proposer un devis trop cher je ne sais pas. Si vous avez un grand terrain, on vous propose du puits canadien sinon rien.