La fausse urgence climatique ne permet pas de construire un avenir énergétique sûr

Judith Curry

Article publié le 27 décembre sur le site de Judith Curry (traduit de l’anglais par la rédaction)

Au cours des deux derniers siècles, les combustibles fossiles ont permis à l’humanité de progresser, d’améliorer son niveau de vie et d’augmenter l’espérance de vie de milliards de personnes. Au 21e siècle, la renonciation aux combustibles fossiles est devenue un impératif incontournable pour atténuer le changement climatique dans le cadre défini par l’Accord de Paris des Nations Unies. La transition énergétique du 21e siècle est ainsi dominée par des objectifs stricts d’élimination rapide des émissions de dioxyde de carbone. Même si la récente réunion de la COP27 en Égypte a souligné que très peu de pays dans le monde étaient disposés à respecter leurs engagements de réduction des émissions.

Le souhait de disposer de sources d’énergie plus propres, plus abondantes, plus fiables et moins chères est universel. Cependant, l’objectif d’éliminer rapidement les combustibles fossiles entre en conflit avec la nécessité urgente de fournir de l’électricité de réseau aux pays en développement. Le déploiement rapide de l’énergie éolienne et solaire a immanquablement augmenté les coûts de l’électricité et en a réduit la fiabilité, à mesure qu’elle pénètre dans le réseau. Les allégations de violations des droits de l’homme dans la région chinoise du Xinjiang, où se concentrent infrastructures solaires voltaïques mondiales, génèrent des conflits politiques qui menacent l’industrie de l’énergie solaire. Les chaînes d’approvisionnement mondiales en matériaux nécessaires à la production d’énergie solaire et éolienne ainsi qu’au stockage des batteries engendrent de nouveaux conflits régionaux, des problèmes logistiques, des pénuries d’approvisionnement et une augmentation des coûts.

Compte tenu de la rhétorique apocalyptique entourant le changement climatique, la prétendue urgence de réduire les émissions de dioxyde de carbone l’emporte-t-elle d’une manière ou d’une autre sur ces autres considérations ? Force est de constater que la « crise » climatique n’est plus ce qu’elle était. La COP27 a laissé de côté le scénario d’émissions le plus extrême, qui était à l’origine des prévisions les plus alarmantes. Il y a quelques années seulement, une trajectoire d’émissions produisant un réchauffement de 2 à 3° C était considérée comme un succès en matière de politique climatique. Comme la limitation du réchauffement à 2° C semble être à notre portée, nous nous sommes fixés un nouvel objectif de 1,5° C. Ces objectifs de réchauffement ont pour point de départ la fin du 19e siècle ; le climat de la Terre s’est déjà réchauffé de 1,1° C. Dans le contexte d’un réchauffement relativement modeste, la rhétorique de la « crise » climatique s’est désormais recentrée sur les événements météorologiques extrêmes.

Attribuer des événements météorologiques et climatiques extrêmes au réchauffement climatique devrait pousser la communauté internationale à renoncer rapidement aux combustibles fossiles. Cependant, nous ne devons pas nous leurrer en pensant que l’élimination des émissions aurait un impact notable sur les conditions météorologiques et climatiques extrêmes au 21e siècle. Il est très difficile de démêler les rôles respectifs de la variabilité naturelle du climat et de l’utilisation des terres dans la lente progression du réchauffement climatique. Si on se tourne vers le passé, y compris en examinant les données paléoclimatiques, on trouve que des conditions météorologiques plus extrêmes ont régné partout sur la planète. Imaginer que l’on puisse minimiser les phénomènes météorologiques violents en agissant sur dioxyde de carbone atmosphérique relève d’un conte de fées. Par exemple, les émissions de l’Australie qui représentent un peu plus de 1 % des émissions mondiales de carbone ont un impact faible sur le réchauffement climatique ainsi que sur le propre climat de ce pays.

On se rend de plus en plus compte que ces objectifs d’émissions et de température ne prennent pas en compte les questions de bien-être et de développement humains. Oui, nous devons réduire les émissions de CO2 au cours du 21° siècle. Cependant, nous devons nous détacher de la fausse urgence de l’élimination des émissions de CO2 et des calendriers stricts que nous nous imposons, et nous donner du temps et de l’espace pour déployer de nouveaux systèmes énergétiques capables de répondre aux besoins divers et croissants du 21e siècle. Nous devons disposer de l’énergie nécessaire pour faire face aux aléas des événements météorologiques et climatiques extrêmes.

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33 réflexions au sujet de « La fausse urgence climatique ne permet pas de construire un avenir énergétique sûr »

  1. ”la rhétorique de la « crise » climatique s’est désormais recentrée sur les événements météorologiques extrêmes”.
    Remarque judicieuse que beaucoup se sont dans doute faite. Mais même dans ce domaine, le bateau coule. Il suffit de lire les chroniques anciennes. Les ”décodeurs” de la météo qui nous bassinent à longueur d’année avec ce nouveau dada devraient lire. Et surtout éviter de trafiquer ou de tronquer leurs courbes pour leur faire dire ce qui leur plait.
    Pour la nouvelle année, souhaitons au peuple le retour du bon sens et de l’esprit critique.

    • Bonjour,

      Je viens de lire une interview du député européen Raphaël Glucksmann qui cite les principaux problèmes actuels dont “l’effondrement climatique”. Comme je ne comprends pas le sens de cette expression, y a-t-il quelqu’un de plus intelligent que moi pour me l’expliquer ? Ou à l’esprit plus tordu que le veinard député (ça c’est pour les germanophones) ?

      Merci d’avance.

      • Effondrement climatique ?
        Moi non plus, désolé. Il faudrait sonder RG.
        Il doit peut-être forger un concept hybride où se mélangent dérèglement climatique et effondrement civilisationnel.

  2. ” Imaginer que l’on puisse minimiser les phénomènes météorologiques violents en agissant sur dioxyde de carbone atmosphérique relève d’un conte de fées.” Quelle belle phrase qui résume bien la stupidité des multiples énoncés vus un peu partout sur tous les incidents météorologiques relier, sans explications, au fameux terrible réchauffement climatique de 1.1e en 100 ans. Beaucoup d’écologistes croyant au conte de fée ne se contente pas de lancer de la soupe aux tomates sur une œuvre de Van Gogh, d’autres ont fait d’autres méfaits du genre, vive les contes de fées..!

    • c’est peut être bien écrit mais ce n’est pas pour autant sourcé. C’est juste une affirmation sans équivoque.
      D’autre part il est essentiel de séparer le politique du scientifique, il y a peut être des écolos qui manifestent mais il y a en premier lieu des scientifiques (notamment au GIEC) dont les résultats consensuels décrivent l’existence d’une réchauffement climatique d’origine anthropique causant un dérèglement des phénomènes extrêmes.
      La monnaie de singe est rarement la marque des scientifiques rigoureux, car un argumentaire logique n’a pas besoin de fioritures pour convaincre.

      • Tiens un nouveau missionnaire en terre païenne, le supposé consensus que tous les défenseurs de l’urgence climatique se servent est l’équivalent de l’infaillibilité papale d’où vient l’association entre l’urgence climatique et une religion. La science n’est pas une matière à croire, comme pour une religion, mais s’est une matière qui doit être comprise, si possible. Si Einstein avait dû attendre le relu par les paires la relativité ne figurerait pas dans tous les bouquins de physique moderne. La relecture par les pairs n’est qu’une forme de censure moderne telle que le Christianisme en faisait lisant les livres d’époques et ceux qui n’étaient pas conforme aux valeurs du christianisme étaient mis à l’index, plus le monde change, moins il change.

  3. – Oui, nous devons réduire les émissions de CO2 au cours du 21° siècle.

    C’est la rhétorique officielle ou je me trompe ? Je voudrais qu’on m’explique où vous voulez en venir au juste, puisque par ailleurs vous expliquez à juste raison que c’est injustifié de vouloir réduire les émissions de CO2 ?

    • Mme Judith Curry n’est pas climatosceptique, a priori elle critique surtout le caractère urgent du changement climatique. De ce que je comprends elle ne nie pas l’existence d’un changement climatique d’origine anthropique, seulement elle minimise cet impact (par rapport à ce que peut présenter le GIEC ou l’ONU) ou en tout cas sa rapidité. Du coup elle en vient à la conclusion que les réactions d’urgences ne laissent pas assez de temps ni d’espace pour transformer nos sociétés (c’est peut être plus explicite dans la version en anglais, notamment dans le titre de l’article). Donc en gros elle propose de prendre le temps de trouver de nouvelles sources d’énergie sans se presser sur les diminutions d’émissions de CO2 ; et ensuite une fois cette transition faite passer à une société sobre en CO2.

    • commentaire aussi laissé sur CONTREPOINTS et SKYFALL
      “””””””toutes ces histoires de climat mises en avant par le GIEC, Jancovici, Jouzel et tous nos politiques , cela part d’un bon sentiment.
      C’est vrai que du pétrole il n’y en aura plus pour cent ans et que c’est lui qui nous permet de vivre normalement et de faire les recherches scientifiques et techniques pour le remplacer; il faut donc l’économiser pour assurer le futur de nos générations à venir et le RCA ( Réchauffement Climatique Actuel et non anthropique) qui se prolonge depuis la fin du petit âge glaciaire a été l’occasion trouvée pour raisonner les populations et leur faire comprendre qu’il ne faut pas gaspiller ce trésor que constitue nos énergies fossiles”””””””

      • Combien de temps pourront nous encore exploiter nos ressources de pétrole ?
        ” quelques centaines d’années en moyenne,c’est le temps qui nous reste avant
        d’avoir épuisé nos ressources terrestres au rythme actuel “.Le pic pétrolier est
        pour 2025/2030 il deviendra moins abondant donc plus cher .(science et vie,21
        avril 2020) L’urgence d’utiliser d’autres ressources inépuisables ne cesse de grandir .

    • Je suis assez d’accord. Le pétrole est une matière remarquable par l’ensemble de ses caractéristiques.
      1) sa densité d’énergie (20 fois plus que les batteries …)
      2) sa facilité de stockage(pensons à l’hydrogène en comparaison…)
      3) son utilisation possible en conditions d’environnement étendue (température faible et haute, pression, humidité, …)
      4) sa durée de stockage (quasi infinie)
      Et j’en oublie sans doute.
      Réunir tout ça dans un seul produit, ça tient du miracle. Il n’est pas totalement irremplaçable. Je pense aux hydrocarbures de synthèse de 3e et 4e génération pour lesquels des progrès vont être fait.
      Mais sachant que les réserves du sous-sol sont limitées à terme, je suis assez d’accord d’en faire un usage rationnel. C’est à dire par exemple, inciter à des voitures (thermiques) plutôt légères, et éviter les voitures inutilement trop lourdes, inciter aussi à des bâtiments bien isolés en imitant nos amis canadiens par exemple.
      En gros je suis partisan d’éviter le gaspillage, et de considérer ce produit comme précieux, c’est tout.
      Ça permet de :
      1) Limiter notre dépendance aux pays producteurs.
      2) Limiter notre facture énergétique et investir ailleurs et intelligemment ces économies réalisées dans des domaines ou on se fait distancer (intelligence artificielle par exemple).
      3) Laisser à nos descendants une part de ce produit magique en attendant de savoir le substituer pat un autre
      Mais interdire la recherche et l’exploitation de ce produit magique sur notre territoire pour des raisons de CO2 qui serait le gros perturbateur du climat, ça c’est infiniment stupide.
      Amitiés Dominique

      • votre argumentaire explique simplement pourquoi c’est compliqué de changer notre système pétrodépendant. Il ne justifie pas en quoi le CO2 ne serait pas un GES ou en quoi le changement climatique ne serait pas anthropique.
        Donc oui le pétrole c’est cool d’un point de vue énergétique mais non ce n’est pas durable entre autre à cause du changement climatique.

    • Je me suis mal exprimé, ou plutôt j’avais mal lu.
      Je pense qu’il est inutile de chercher à réduire nos émissions de CO2. Le CO2 est bénéfique. On est très largement en dessous du seuil où il pourrait commencer à poser problèmes. Et on ne répète jamais assez les effets bénéfiques de son augmentation (verdissement de la Terre principalement, augmentation de la biomasse, et de la productivité agricole, contribution à l’augmentation des températures qui est une bonne chose). Donc chercher à limiter les émissions de CO2 ? Non, au contraire.
      Mais chercher à faire le meilleur usage possible du pétrole pour éviter de la gaspiller, oui.

      • Le changement climatique est un peu plus complexe que juste une augmentation de CO2 dans l’air. En France on a eu une des pires sècheresses enregistrée en été 2022. Plus l’atmosphère est chaud plus il stocke d’eau vapeur. Or plus il fait chaud plus une plante évapotranspire. En résumé en France on risque fort de voir les stocks d’eau diminuer à très court terme. Depuis 20 ans la politique de l’eau a radicalement changé pour plus de sobriété. Le Rhône a eu un débit minimal record. Donc vous avez beau avoir max de CO2 il y malheureusement d’autres facteurs limitants pour la croissance végétale (ça marche aussi pour le bétail = sècheresse = moins d’herbe = diminution des cheptels). Je ne parle pas des forêts dont les cycles de vie de plusieurs dizaines d’années ne sont pas du tout adaptés à de changements aussi rapides (sans compter l’augmentation du risque d’incendie).
        Cette sècheresse pose question aussi pour le nucléaire, comment refroidir des centrales avec des fleuves plus chauds et avec moins de débit?
        Bref si vous avez des sources pour justifier que le réchauffement climatique et le taux de CO2 croissant sont bon pour l’agriculture mondiale merci de partager, parce que ça coule pas de source (mdr) pour l’instant, en tout cas pas pour le GIEC.

        • Ce n’est pas un secret que les maraîchers ajoutent du CO2 dans leurs serres pour améliorer la croissance des plantes. Il est par ailleurs prouvé que la végétation terrestre pousse mieux depuis que le CO2 est plus abondant dans l’atmosphère. Quant aux sécheresses, 2022 n’est pas la plus terrible si on en croit les chroniques historiques, c à d à une époque antérieure à l’augmentation soit disant purement d’origine humaine du CO2 atmosphérique.
          On a affaire à deux choses indépendantes, les accidents météo (pas nouveaux, voir l’histoire des civilisations) et l’augmentation lente du CO2 de l’air. Que le GIEC veuille associer les deux pour l’époque récente , c’est son affaire ; on n’est pas obligé de gober mais plutôt de passer ça à la moulinette de la critique.

          • Oui je ne remets pas en question le fait que le CO2 soit une ressource de base au développement végétatif. Je fais remarquer que d’autres ressources sont nécessaires. Ce n’est pas un secret non plus qu’en maraichage on irrigue sous serre.
            Or cet été et les années de sècheresse précédentes je n’ai pas entendu parlé de hausse des production grâce au CO2 mais plutôt de conflit d’usage pour l’eau, avec des villages sans eau potable, avec des nappes en constante baisse, et des gros conflits sur les projets de bassines (qui n’existaient pas dans le passé). Ces conflits sont nouveaux.
            Autre ressource plus ou moins lié au changement climatique : la ressource en azote, vous pouvez envoyer la quantité de CO2 que vous voulez sur une plante, si elle n’a pas d’azote elle ne poussera pas.
            Maintenant vous me dites on n’est pas obligé de croire le GIEC. On n’est pas obligé non plus de vous croire vous. Pourtant il existe une et une seule vérité, alors comment savoir qui s’en rapproche le plus. Personnellement vu le fonctionnement de la science, il me semble que la notion de consensus limite au mieux les erreurs. Des centaines de scientifiques représentant différents labos et pays, compilant eux même des milliers d’articles internationaux représente une bonne structure pour dessiner un consensus. C’est logique de suivre les conclusion d’un groupe aussi bien structuré sauf à prouver que le GIEC fonctionne mal justement.

            Pour ce qui est de vos arguments, factuellement : il n’y a pas de bijection entre changement climatique et hausse de CO2 dans l’atmosphère. Donc oui il y a eu probablement des changement climatiques non liés à une hausse de CO2, la question est, le changement climatique actuel observé est il dépendant de la hausse du CO2? la réponse est oui selon le GIEC (et autres GES notamment le CH4).
            Le site Climat HD de météo France donne une vision de l’augmentation en fréquence et en amplitude des sècheresses, canicules et vagues de chaleur en France depuis les années 40 (de mémoire).
            Pour la croissance végétative améliorée par le CO2 merci de partager les sources s’il y en a, ça m’intéresse beaucoup.

          • A propos de votre réponse ci-dessous et sur le consensus :
            When consensus is reached, thinking stops (Albert Einstein).
            En ce qui concerne les sources sur l’intérêt du CO2 dans les serres, il suffît de taper sur Google : CO2, serres.
            Cordialement,

          • @Jules Tenroc.

            – Au niveau mondial, le nombre et l’intensité des sécheresses sont restés stables entre 1980 et 2016. Je vous invite a jeter un œil aux données MERRA (Nasa: https://gmao.gsfc.nasa.gov/news/geos_system_news/2016/MERRA_ends.php). Voir aussi la figure 5 de cet article: https://www.nature.com/articles/sdata20141
            Pourtant le CO2 comme la température ont augmenté pendant cette période.

            – Se focaliser sur la France est très risqué, sachant que les phénomènes météorologiques sont souvent contre-balancés.

            – La notion de “record absolu” est toute relative : les mesures de température ne sont fiables que depuis au maximum 150 ans. La tendance étant au réchauffement sur cette toute petite période, il est logique que des records soient battus. Mais la dite augmentation est de moins de deux degrés en 150 ans, soit en moyenne 0.013 degrés par an. Sur les 40 dernières années, 0,5 degrés d’écart au maximum : c’est imperceptible par un humain. Entre 8 heures et 9 heures du matin la température varie davantage.

            – Malgré cette tendance globale, des records de froid sont battus aussi ; en général moins médiatisés : https://twitter.com/lachainemeteo/status/1612729006226284546?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1612729006226284546%7Ctwgr%5Eee2050aee03bcfd98a66e68d5f4da0dc011bdba3%7Ctwcon%5Es1_c10&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.meteoconsult.fr%2Factualites-meteo%2F2023-01-10%2F65672-vague-de-froid-extreme-en-siberie-des-records-battus

            – Concernant l’impact du CO2 — et des engrais, OGM et machines agricoles marchant au pétrole, que des choses horribles donc — sur la productivité agricole mondiale, tout est sourcé de façon indiscutable. Les rendements agricoles ont augmenté drastiquement dans tous les secteurs, parfois de près de 25%, évitant des famines comme celles que l’on connaissait jusqu’au siècle dernier.

            Bref, le problème n’est pas vraiment de nier un impact humain sur les températures. Avec 7,8 milliards d’humains qui survivent en transformant leur environnement, l’absence d’impact serait étonnante. Allez, même la sensibilité climatique n’est pas discutable, même dans un système chaotique et aux facteurs multiples. Par contre est-ce 0,2 degrés par siècle ou plus, ou moins ? La question reste ouverte. Il n’existe aucune réponse scientifique fiable, même préliminaire, même dans les articles sélectionnés par le GIEC, n’en déplaise aux militants politiques et aux climatologues qui défendent leurs financements en attisant les peurs dans les médias.

            Le problème est donc plutôt de croire que le climat n’est pas voué à changer et qu’on va le rendre stable en arrêtant d’émettre du CO2 dans une poignée de pays, sous peine d’apocalypse, de catastrophe. Cette rhétorique fait peur, bien plus que le climat lui même, car elle montre l’échec absolu du système éducatif occidental. On ne parle pas d’expertise en matière de climat. On parle de faire de simples règles de trois, ou encore de normaliser une quantité pour se rendre compte que les données présentées dans le rapport de l’ONU sur les événements météorologiques extrêmes démontrent qu’il n’existe aucune tendance à l’augmentation des désastres naturels, contrairement à ce qu’affirme le texte qui est écrit autour des tableaux de chiffres et des figures.

            Je précise que je ne suis pas contre une transition des énergies fossiles vers le tout électrique.

            Il existe des arguments pour, géopolitiques, voire écologiques au vu des dernières avancées dans le domaine du nucléaire, entre autres. Économiquement c’est plus compliqué : prétendre vouloir supprimer les énergies fossiles à court terme sans créer des situations de misère de grande ampleur dans le monde est un mensonge.

            Mon point de vue est donc d’une part, de ne pas prendre le risque de discréditer la science en la politisant comme le fait le GIEC et d’autre part de privilégier l’humain : il n’y a pas d’urgence. Il n’y a pas de catastrophe climatique. Si une transition doit être faite, par principe de précaution ou pour d’autres raisons, alors elle doit être chiffrée, raisonnée et raisonnable. La folie actuelle autour de ce sujet est à l’opposé de cela.

  4. J’aimerais savoir si cet article donne des sources, et s’il a été publié ailleurs que sur le site personnel de l’autrice. Il apparait logique qu’un article non relu par les paires, sans source, aura moins de valeurs qu’un rapport du GIEC écrit par des centaines de scientifiques chargés de compiler des centaines d’articles internationaux traitant du climat.
    En vérifiant le texte en anglais il semblerait que cet article ait été rédigé pour Sky News, donc a priori, pas de relecture. J’ai pas trouvé de source non plus.

    • Puisque vous avez entière confiance dans les rapports du GIEC, je vous suggère de consulter le résumé pour décideurs 2022 en page 31, paragraphe D.1.1 où il est indiqué que l’élévation de température serait comprise entre 0.27°C et 0.63°C par 1000Gt de CO2 émis. Les émissions de l’Union Européenne ont été estimées à 3,743 Gt de CO2 en 2019 (dernière année sans covid). Imaginons que ces émissions annuelles soient constantes jusqu’en 2100.
      Cela nous donne : 3,743Gt/1000Gt * 77 (ans) * 0.27°C (resp. 0.63°C) soit 0.08°C (resp. 0.18°C) (si je calcule encore bien malgré mon grand âge).
      Face à ces chiffres, pensez-vous qu’il y ait une urgence à dépenser des milliers de milliards d’euros pour arriver à la “neutralité carbone” en Europe ? N’oubliez pas que cela signifierait un suicide tant sur le plan économique que sur celui des finances publiques qui sont déjà mal en point.
      Bien entendu, si l’on extrapole ces chiffres au niveau mondial, il faut les multiplier par 10. Cependant, on ne voit pas beaucoup ailleurs d’intentions aussi radicales qu’en Europe. Au contraire, certains concurrents se frottent les mains de pouvoir prendre des parts de marchés qui seront inévitablement perdues suite à la hausse des coûts en Europe (comme par exemple suite à la nouvelle taxe CO2 sur les importations de matières premières mais pas sur les produits finis).
      D’autre part, est-ce qu’une augmentation de 0.8 à 1.8°C serait aussi catastrophique que les collapsologues veulent bien l’annoncer ? Si l’on prend les statistiques de divers organismes comme l’OMS ou le CRED, on remarque que le taux de mortalité dû aux catastrophes naturelles a diminué (par exemple : 10 fois plus de morts de températures non optimales basses que de températures non optimales élevées – je reprends le jargon). Dans ma région, les températures de -10°C ont, de nos jours, la même fréquence que les -20°C de ma jeunesse. Croyez-moi, personne ne s’en plaint.
      Par ailleurs, lorsque vous pointez les sécheresses de ces dernières années, vous oubliez qu’il y a eu de grandes sécheresses au Petit Âge Glaciaire, voire des années caniculaires. Heureusement, les équipements modernes entraînent des mortalités relativement faibles.

      • Les températures glaciales et les météo très perturbées du P.A.G. avec des hivers polaires et des étés parfois très secs et caniculaires ou au contraire bien trop pluvieux ont certainement fait considérablement plus de victimes par la destruction des récoltes et la raréfaction des ressources alimentaires que le modeste réchauffement que nous connaissons depuis un siècle.
        Rappelons que l’Inde qui connaissait encore après guerre de sévères famines malgré une population 3 fois moins nombreuse qu’actuellement réussit maintenant grâce au réchauffement et à une atmosphère enrichie en CO2, non seulement à nourrir à leur faim un milliard et demi de personnes mais encore à devenir exportateur net de denrées alimentaires (!!!)
        Il faut absolument lire l’article provocateur de l’économiste indien Vijay Jayaraj: “GRATITUDE FOR CO2 !” que les média mainstream se sont empressés d’ignorer ou d’étouffer.
        https://www.climatedepot.com/2021/08/04/gratitude-for-c02-it-continues-to-feed-the-world-record-harvests-continue/

    • A propos de votre réponse ci-dessus et sur le consensus :
      When consensus is reached, thinking stops (Albert Einstein).
      En ce qui concerne les sources sur l’intérêt du CO2 dans les serres, il suffît de taper sur Google : CO2, serres.
      Cordialement,

    • Les rapports du GIEC ne sont pas “écrits par des centaines de scientifiques” mais par des centaines de fonctionnaires de l’ONU aux bases scientifiiques médiocres, chargés de compiler les seuls articles apportant de l’eau au moulin du GIEC, rejetant tous les autres dans les ténèbres extérieures, tout en faisant une synthèse qui ne peut aller que dans le sens de la mission qui a été confiée au GIEC en 1988: “Etudier et proposer des actions pour combattre le réchauffement climatique d’origine humaine”.
      Il faut donc en l’absence de preuves irréfutables de cette origine humaine chercher à tout prix des indices, des présomptions, des suspicions souvent douteuses et les orchestrer médiatiquement en certitudes au risque pour le GIEC de perdre toute crédibilité.

  5. Une page (très longue) du site https://notrickszone.com/600-non-warming-graphs-1/ recense et donne les liens originaux de centaines d’études “peer reviewed” qui suggèrent des températures nettement plus élevées que les actuelles, depuis les débuts de l’Holocène jusqu’aux prémices du Petit Age Glaciaire, malgré des teneurs atmosphériques en CO2 bien inférieures.
    Cela devrait suffire à démontrer l’absurdité du prétendu “consensus à 97%” des scientifiques, inventé de toutes pèces par le GIEC et complaisamment répandu par la politicoécolomédiasphère au service des mondialistes du WEF.
    Le constat que durant près de 10 millénaires les températures furent naturellement au moins identiques et bien plus souvent plus élevées qu’actuellement et le fait que tous les experts s’accordent pour classer sans conteste le Petit Age Glaciaire comme la période la plus froide jamais subie par la Terre depuis la fin de la dernière glaciation devrait donner à réfléchir aux esprits critiques encore indécis malgré le matraquage incessant de la propagande carboréchauffiste .

    • Oui et il faut encore et encore rappeler que les glaciers qui fondent (katastrophe !) libèrent des frusques et outils cassés abandonnés par les anciens sur les chemins d’altitude autrefois déglacés. Donc qu’il faisait plus chaud avant le CO2. Et il faut encore et encore rappeler (articles peer-reviewés jusqu’au trognon) que la limite supérieure de la forêt dans les Alpes était 300 m plus haute qu’aujourd’hui dans la première moitié de l’Holocène (notre interglaciaire), d’après les analyses palyno dans les lacs d’altitude ou des troncs recrachés par les glaciers au dessus de la limite de la forêt actuelle. Et on pourrait continuer.
      Alors, le misérable petit réchauffement insignifiant des dernières années, les organismes météo pourraient arrêter de nous promettre l’enfer à longueur de colonnes et de communiqués, sinon à bientôt se couvrir de ridicule.
      Ça devient vraiment fatiguant la bêtise.

      • La bêtise est un micro-organisme très pénétrant qui passe les meilleurs filtres en porcelaine et qui atteint les organismes prestigieux comme… Bon je me tais.
        Mais ça fait du bien.

      • Les glaciers tels que nous les connaissons actuellement dans les Alpes sont des témoins tardifs de l’intensité sans précédent dans tout l’Holocène d’un refroidissement sévère qui aura duré plusieurs siècles sur la totalité de la planète (c’est maintenant prouvé n’en déplaise au GIEC). Auparavant ils avaient pour leur très grande majorité disparu, remplacés par des forêts.
        Eh bien, mieux vaut en prendre son parti: Ces glaciers sont condamnés à disparaitre à nouveau sous quelques décennies si le réchauffement actuel continue, signant ainsi un un lent retour naturel aux températures préexistantes au P.A.G. lors de l’Optimum Climatique Médiéval, des températures qui n’avaient rien à voir avec le CO2, pas plus que celles de 2023.

  6. Il est facile de comprendre les prétentions du GIEC à nous promettre de plus en plus d’événements météorologiques extrêmes en violence et en fréquence, en se basant uniquement sur les rapports alarmistes des compagnies d’assurances.
    Si l’on se base sur les faits, c’est beaucoup moins probant. Un exemple:
    “La saison des ouragans de 2022 se termine avec les niveaux de tempêtes les plus faibles de ces 42 dernières années” : https://wattsupwiththat.com/2023/01/05/2022-global-wide-hurricane-season-ends-with-weakest-storm-levels-of-the-last-42-years/

  7. @Jack qui a dit
    “””” d’un refroidissement sévère qui aura duré”””””””” plusieurs siècles “””””sur la totalité de la planète (c’est maintenant prouvé n’en déplaise au GIEC).””””
    Vous vouliez dire millénaires ; attention de ne pas faire des erreurs de puissance dix comme le GIEC pour les températures

    • Fritz, je parle dans mon commentaire du Petit Age Glaciaire et non de la précédente glaciation. Cette période anormalement froide aura duré plusieurs siècles. Bien que sa longueur réelle soit controversée, son apogée aux 17e, 18e et 19e siècle a été clairement reconnue, et sans contestation, comme la période la plus froide jamais subie par la Terre depuis le début de l’Holocène.
      Alors que chaque mois ou presque est publiée une étude suggérant que le réchauffement actuel est loin d’être le seul réchauffement ni le plus intense de cette même période comme nous l’assènent certains média.

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