Christian Gerondeau
S’il est un chiffre qui est omniprésent concernant le réchauffement climatique et qui bloque tout débat, c’est celui qui voudrait que 97,2 % des scientifiques affirment que l’homme en est le principal responsable.
Ceux qui contestent cette affirmation apparaissent alors comme niant l’évidence, car ce pourcentage aurait reçu l’approbation de milliers de scientifiques et est validé par le GIEC et l’Académie des Sciences, de telle sorte qu’il s’agirait là d’un consensus.
L’origine du pseudo-consensus
Une étude australienne (John Cook et al., publiée en 2013 dans la revue Environmental Research Letters, sous le titre Quantifying the Consensus on Anthropogenic Global Warming in the Scientific Literature).
Nous avons déjà traité cette question sur le site de l’ACR en publiant en novembre 2017 un article intitulé 97% des scientifiques », origine du consensus climatique qui montrait que ce pourcentage est entièrement faux.
L’Intelligence Artificielle permet de confirmer notre analyse. Il suffit pour cela de demander à à ChatGPT, de révéler les résultats détaillés de l’étude concernée qui sont introuvables par ailleurs car volontairement cachés. Il faut pour cela demander à tout interlocuteur dubitatif qu’il pose lui-même la question suivante sur son téléphone :
« Une étude australienne a analysé les résumés de près de 12 000 études scientifiques traitant du Climat. Ces résultats ont été classés en sept catégories. Merci de me donner les résultats détaillés de cette étude pour chacune de ces catégories, et de m’indiquer notamment quelle est la proportion de ceux qui ont affirmé que l’homme était responsable de plus de 50 % du réchauffement climatique ».
Réponse de ChatGPT à la question posée
Les chiffres apparaissent alors clairement et montrent que seules 64 études sur 11 944 ont affirmé que l’homme était responsable de plus de 50 % du réchauffement climatique actuel.
La seule catégorie qui affirme explicitement que l’homme est responsable de la majeure partie (>50 %) du réchauffement est la catégorie 1. Les auteurs la définissent comme : « humans are the primary cause of recent global warming » (« les humains sont la cause principale du réchauffement récent »).
Cette catégorie comprend :
- 64 résumés sur 11 944, soit 0,54 % du total ;
- 64 résumés sur 4 014 exprimant une position, soit 1,6 % des résumés prenant position.
Autrement dit :
- 0,54 % de tous les résumés examinés affirment explicitement que l’homme est la cause principale du réchauffement ;
- 1,6 % des seuls résumés exprimant une opinion sur la cause du réchauffement le disent explicitement.
Le chiffre de 97,1 % ne signifie pas que 97 % des articles affirment que l’homme est responsable de plus de 50 % du réchauffement.
Il signifie que, parmi les 4 014 résumés qui expriment une position sur la question, 3 896 sont classés dans les catégories 1, 2 ou 3 (approbation explicite ou implicite de l’origine anthropique), soit 97,1 %.
Ainsi :
- 97,1 % = part des articles prenant position qui soutiennent une contribution humaine au réchauffement ;
- 1,6 % = part des articles prenant position qui affirment explicitement que cette contribution est majoritaire (>50 %) ;
- 0,54 % = part de l’ensemble des 11 944 résumés qui l’affirment explicitement.
C’est cette distinction entre « contribution humaine » et « contribution humaine supérieure à 50 % » qui est souvent au cœur des débats sur l’interprétation de l’étude de Cook et al. 2013.
Conclusions
Le véritable pourcentage est donc de 0,5 % et non celui de 97,2 % qui n’a pu être obtenu qu’en utilisant deux stratagèmes :
- Le premier est de passer sous silence que la grande majorité des études examinées n’ont même pas évoqué une influence possible de l’homme.
- Le second est d’agréger les trois premières catégories de réponses pour faire croire qu’elles attribuent toutes la responsabilité majeure du changement climatique à l’homme alors que c’est exactement le contraire.
Le grand avantage de faire recourir ses interlocuteurs à ChatGPT tient à ce que ce sont eux-mêmes qui sont amenés à découvrir la vérité des choses lorsqu’ils posent la question. Ils sont alors désarmés.
