Dans les années 1970, c’est un refroidissement global qui inquiétait la communauté scientifique

Le N°681 du magazine Science et Vie, datant de juin 1974 comprend un article intitulé « Le climat de la terre est en train de changer ». L’article est signé par Alexandre DOROZYNSKI. Voici son introduction :

Le refroidissement en cours du climat mondial alarme les experts agronomes de tous les États. Car il menace les zones tempérées d’une baisse nette des récoltes, peut-être aussi de catastrophes agricoles et donc d’une famine sans précédent. Remède possible : faire fondre l’Arctique.

Sciences et Vie- N°681 (juin 1974)

Dès 1972, le très sérieux Time avait déjà alerté ses lecteurs sur le refroidissement à venir. Il mentionnait notamment un accroissement de la calotte glaciaire et une diminution des températures depuis 1940. Sur la couverture-choc du Time, la photo d’un homme en passe-montagne rouge, transi de froid et de glace avec le titre choc : « The big freeze ».

Newsweek a aussi annoncé une catastrophe climatique imminente, dans un article de 1975 intitulé « The cooling world ».

Newsweek 28 avril 1975 (Source)

Le texte intégral de l’article de Sciences & Vie a été publié par le site Transpol’Air. À l’époque le GIEC n’existait pas, et les climatologues étaient appelés climatologistes.

Nous en reproduisons ci-dessous quelques morceaux choisis.


Extraits de l’article d’Alexandre DOROZYNSKI (texte et images) intitulé « Le climat de la terre est en train de changer » paru dans le N°681 du magazine Science et Vie de juin 1974 (les intertitres sont de la rédaction du site des climato-réalistes).

[…] le refroidissement progressif de la température depuis quelques années, l’augmentation des surfaces d’enneigement dans l’hémisphère nord, ne sont pas des coïncidences, ni des « accidents de parcours » qui interrompent de façon transitoire la stabilité du climat mondial. Les experts de la climatologie, réunis le mois dernier à San Francisco, pensent que ces phénomènes reflètent une tendance actuelle de modification fondamentale du climat.

[…] avec une inquiétude qui veut éviter l’alarmisme, la plupart des climatologistes…s’accordent pour constater que les circonstances actuelles pourraient présager une disette imminente, voire une famine, sur une vaste échelle.

Un accroissement spectaculaire de l’étendue de la banquise arctique

L’événement climatique primordial, était que pendant les trois dernières années (de 1971 à 1973), les zones de neige et glace se sont considérablement plus étendues que durant les sept années antérieures. Et toujours plus tôt, chaque année.

En traits pleins : l’accroissement des zones de neige et glace qui atteignaient le 10 février 1972 dans l’hémisphère Nord une couverture de 66,7 x 106 km², par rapport aux ” frontières ” de 1970, au plus dur moment de l’hiver (en traits pointillés).
Au centre (petits pointillés) : de larges étendues de banquises ont été gagnées sur la mer durant l’année 1973.

[…] en 1971, cette surface augmentait de 4 millions de km carrés ; il suffirait de sept augmentations de la même importance pour que nous nous retrouvions avec une couverture de neige et de glace aussi importante qu’elle l’était lors de la dernière période glaciaire.

Cette variation est d’autant plus importante qu’elle se manifeste par une diminution du montant total d’énergie solaire absorbée par la terre. En effet….un terrain couvert de neige ou une surface de glace perd par réflexion environ 80% de l’énergie incidente. Et il y a, pour ainsi dire, un « effet boule de neige » plus il y a de neige, plus il fait froid, plus il tombe de neige.

L’hémisphère nord, où la surface des terres émergées est bien plus importante que dans l’hémisphère sud, est particulièrement sensib1e à ces variations. Dans cet hémisphère, la surface totale couverte de neige ou de glace était de 32,9 millions de km carrés en 1968 ; elle est passée brusquement à 36,9 millions en 1971, et a oscillé depuis lors entre 36,7 et 37,5 millions de km carrés.

[…] les extrêmes anomalies climatiques qui ont été observées depuis deux ou trois ans sont reliées à cette perte d’absorption d’énergie solaire. Ces anomalies, selon l’Organisation Météorologique Mondiale, étaient nombreuses : grande activité cyclonique sur 1’Atlantique Nord et L’Europe occidentale; basse pression atmosphérique dans les tropiques et les sub-tropiques; températures anormalement basses dans certaines régions ; fortes précipitations en Asie de L’Est et le long du Pacifique, et en Amérique du Nord ; sécheresse ailleurs, notamment en Afrique occidentale.

Le courant-jet qui se déplace vers le sud

[…] depuis quelques années, la ceinture circumpolaire Nord s’est rapprochée de l’équateur d’un millier de kilomètres. Les vents nouveaux sont donc descendus d’autant et ils ont, de la sorte, érigé un front contre les moussons dans des régions où celles-ci étaient indispensables à la survie d’immenses populations. Par ailleurs, en affectant le régime des pluies et en faisant descendre la ceinture des hautes pressions ils ont rendu le climat plus instable et en général plus froid.

Vers la fin des années soixante, il existait à une distance déterminée autour des pôles une frontière du régime des vents, dans les deux hémisphères. C’est tout au long de cette ceinture, au Sud de la bande en grisé clair sur notre dessin, que se situaient les régions de hautes pressions atmosphériques durant l’été. Les flèches noires représentent les vents créés alors par la prédominance de ces hautes pressions, dans les régions circumpolaires aussi bien qu’au-dessus de l’Equateur; dans ce dernier cas, ce sont des vents secs qui forment un front contre les vents humides des moussons d’été et qui sont donc responsables de la création des déserts.

Des solutions de géo ingénierie envisagées pour réchauffer le climat

Une possibilité, suggérée il y a quelques années, est de faire fondre une partie de la couche de glace, épaisse de 2 à 3 m, sur l’océan Arctique. Un océan « ouvert » tempérerait le climat arctique, provoquant dans ces régions une augmentation de température de 10 à 15 °C.

L’un des moyens suggérés pour faire fondre cette masse de glace est de répandre à sa surface des particules sombres (de la suie, par exemple) pour augmenter l’absorption de la radiation solaire. On pourrait envisager également une série d’explosions thermonucléaires « propres » pour rompre la glace et faire remonter vers la surface des eaux plus chaudes.

L’influence du magnétisme terrestre sur le vent solaire

Certains chercheurs (dont le Pr. King, des laboratoires Appleton, en Angleterre) ont tenté d’établir une relation de cause à effet entre le champ magnétique et le climat. L ‘hypothèse la plus courante est que le magnétisme terrestre influerait sur le vent solaire, cette pluie de radiations qui provoque des altérations au niveau des diverses couches de l’atmosphère. Ces corrélations, selon King, sont tellement nombreuses qu’elles devraient faire l’objet de recherches dans une science nouvelle qu’il propose d’appeler la « magnéto météorologie ».

A gauche : une carte des pressions atmosphériques, en millibars, dressée dans l’hémisphère Nord d’après une moyenne météorologique relevée entre 1918 et 1958. A droite, les contours du champ magnétique terrestre en 1965. En tenant compte du déport de ces champs (de 3° vers l’ouest chaque année) on est frappé par la similitude des courbes.

Rappelons aussi que c’est en 1968 qu’est sorti le livre de Paul Ehrlich, « The population Bomb », qui expliquait que l’humanité allait mourir de faim : « Au cours des années 1970, des centaines de millions d’êtres humains vont mourir de faim […] D’ici à 1985, l’humanité entrera dans une ère de pénurie des ressources et de pauvreté croissante. »

Comme le disait Pierre Dac, « La prévision est difficile surtout lorsqu’elle concerne l’avenir ».

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5 réflexions au sujet de « Dans les années 1970, c’est un refroidissement global qui inquiétait la communauté scientifique »

  1. Il aura quand même fallu 30 ans de refroidissement pour que les climatologues se rendent compte de cela ; comme quoi il faudra attendre un certain temps après le prochain minimum solaire

  2. 1968: Paul Ehrlich prévoyait une population de 66 millions à Calcutta en l’an 2000 (15 millions actuellement)
    1972: Dennis Meadows prévoyait une production agricole mondiale en l’an 2030 comparable à celle de l’année 1940

    Des prophéties que les médias télevisuels se gardent bien de rappeler
    à suivre…

  3. En 1978, en Maîtrise de Géophysique, nous avons été prévenu de l’arrivée prochaine d’une période de refroidissement intense avec la « suggestion »  forte de ne pas en parler pour ne pas affoler…
    Reparlons du réchauffement dans 40 ans.

  4. Bon, Sciences et Vie, chouette.

    En réalité, même dans les années 1970, il n’y avait pas de consensus scientifique sur la prédiction que la Terre se dirigeait vers une ère glaciaire imminente. En effet, l’éventualité d’un réchauffement anthropique dominait déjà à l’époque la littérature évaluée par les pairs. Dans “The Myth of the 1970s Global Cooling Scientific Consensus” (Bull. Am. Meteorol. Soc., 2008), Peterson et collègues ont fait une étude bibliographique des articles scientifiques publiés à ce sujet entre 1965 et 1979. Ils ont trouvé 7 articles prédisant un refroidissement, 20 neutres et 44 qui prédisaient un réchauffement. Voir aussi, par exemple, “Restoring the Quality of Our Environment”, un rapport de 1965 pour le Président des Etat-Unis écrit par son comité de conseil scientifique : “En l’an 2000, l’augmentation du CO2 atmosphérique sera de près de 25%. Cela pourrait être suffisant pour produire des changements mesurables et peut-être marqués du climat, et entraînera presque certainement des changements significatifs de la température et d’autres propriétés de la stratosphère.” 1965. Tout était dit. D’autres grands rapports allaient suivre, notamment le “Charney Report” de 1979, bien connu, qui avait le même message très clair.

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