Comparaisons et analyses des planches de simulations numériques de température provenant des rapports IPCC/GIEC AR5 de 2013 , SR15 de 2019 et AR6 de 2022.

Par Jean-Claude Courty

Comparaisons des planches de simulations de température des rapports IPCC/GIEC AR5 de 2013, SR15 de 2019 et AR6 de 2022.

Le texte qui suit permet de comparer directement car mises à la même échelle , les planches concernant l’évolution de la température globale terrestre et issues des rapports AR5, SR15 et AR6 de l’IPCC/GIEC , et de faire quelques remarques.


On considère donc les planches suivantes :

Planches 1 et 2 :

La figure RT14 page 87 du rapport AR5 de l’ IPCC/GIEC accessible par ce lien.

La figure RID.1 page 22 du rapport SR15 de l’ IPCC/GIEC accessible par ce lien.

La figure 1 e) Box TS1 Page 61 du rapport AR6 de l’ IPCC/GIEC accessible par ce lien.

Dans ces trois figures , les températures expérimentales (observations) sont les mêmes mais sont présentées comme usuellement en termes d’écarts de températures par rapport à une référence (encore appelés abusivement « anomalie de température »); cette référence n’est pas la même pour ces trois figures , ce qui n’est pas gênant quand on s’intéresse à des variations de température. En se basant sur les courbes expérimentales de températures mesurées par satellites et ballons sondes on constate que les écarts de températures tracés sur la figure RID.1 sont ceux des figures RT14 et 1e ) Box TS1 auxquels est rajoutée la constante de 0,65°C . Il est donc loisible d’appliquer de la même façon cette même constante de 0,65°C ( liée à la référence choisie pour calculer les accroissements de température) aux températures issues des simulations numériques de la figure RT14 pour vérifier celles des figures RID.1. et 1 e). J’ai fait cet exercice dont le résultat figure sur la Planche 3 pour plus de lisibilité, car il est toujours intéressant de comparer des courbes à iso-échelle.

Et là, bizarrement les températures issues des simulations numériques des figures RID.1 du rapport SR15 ( Planche 4) et 1e ) Box TS1 du rapport AR6 (Planche 3) , ne correspondent plus à celles de la figure RT14 du rapport AR5 , en terme d’écart calculs/expés.

Sur cette Planche 3 on constate en effet que la moyenne des simulations AR6 correspond dorénavant un peu mieux à la moyenne des températures mesurées , alors qu’elle était plus élevée dans le rapport AR5. Afin d’avoir une idée de la dispersion existante entre les différentes observations expérimentales jusqu’à 2020 , j’ai tracé (Planche 5) avec la même échelle de ΔT que celle du rapport AR6, les ΔT expérimentaux issus des données concernant les mesures HadCRUT5, HadSST4 et UAHv6 présentées Planche 6 et issues de la référence https://co2coalition.org/publications/satellite-and-surface-temperatures/ ; ceci afin d’en prendre la moyenne, tracée sur la Planche 7 pour comparaison avec les enveloppes et moyennes des simulations AR5 et AR6.

Ceci soulève les quelques remarques suivantes :

  • Remarque 1 : sur la figure RT14 du rapport AR5 ( cf Planche 1) on pouvait constater , surtout de 2000 à 2012, que les températures réelles observées se situaient sur la limite inférieure de l’éventail des simulations numériques ; ce qui signifie que les températures obtenues par simulations numériques étaient trop élevées et que de plus la pente de leur croissance temporelle était supérieure à la pente de croissance des températures observées
  • Remarque 2: suite aux mesures complémentaires des températures observées depuis la sortie du rapport AR5 jusqu’à aujourd’hui , qui montrent que l’accroissement des températures n’était pas correctement prédit par les simulations, le rapport AR6 mentionne que des modifications de certaines modélisations ont été effectuées en conséquence. Soit.
  • Remarque 3: afin de valider ces modifications de modélisations , de nouvelles simulations ont donc été effectuées pour le passé , jusqu’à 2017 ; la moyenne des nouvelles simulations passe donc désormais par les valeurs observées , et en conséquence l’éventail des projections pour le futur est moins large que celui du rapport AR5.
  • Remarque 4 : il est donc évident que les modifications de certaines modélisations ont été faites et retenues en fonction de la capacité des codes de simulations numériques à faire coïncider au mieux les valeurs de températures calculées avec celles des mesures expérimentales connues.
  • Remarque 5 : Au vu de la complexité des équations mises en jeu et des nombreux phénomènes climatiques complexes qui échappent encore à une simulation numérique directe (les ordinateurs les plus puissants n’ayant pas encore -malgré des progrès réguliers- la puissance et la capacité mémoire suffisante pour supporter les contraintes de raffinements de maillages qui seraient nécessaires), il faut rester humble et être bien conscient que ces modélisations de sous-maille sont nécessaires et pour longtemps encore. Il faut donc poursuivre les travaux de recherches dans le but d’améliorer les simulations numériques du climat.
  • Remarque 6 : Mais il faut aussi être conscient du fait , qu’à cause de ces limitations, la science climatique en l’état actuel n’est pas en mesure de faire des projections fiables sur l’avenir climatique et ne devrait pas à ce titre orienter de manière aussi prégnante des décisions politico-économiques aussi lourdes de conséquences pour le futur.

Planche 1

Planche 5

La valeur de 1998 (El Nino) des données UAH a été ramenée aux valeurs communes
des 4 autres observations; ceci dans le but de ne pas fausser la moyenne. ( Cf référence sur Planche 6 ci-après)

Planche 7

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35 réflexions au sujet de « Comparaisons et analyses des planches de simulations numériques de température provenant des rapports IPCC/GIEC AR5 de 2013 , SR15 de 2019 et AR6 de 2022. »

    • Bonjour,
      Votre remarque est de nature météorologique et pas climatique. Que voulez vous signifier par celle ci , vis à vis des températures globales terrestres ( observées et calculées) présentées ici.

    • Bonjour.

      Ce que j’en pense, Antoine ? Je pense qu’il est très probable que le World Weather Attribution Project (https://www.worldweatherattribution.org/) fera une analyse de cet événement. Ils évaluent la probabilité d’un événement extrême dans le monde actuel et la comparent à la probabilité que cet événement aurait eu dans le monde préindustriel. Ce sont des calculs complexes qui prennent le temps qu’il faut.

      D’ici là, on entendra des jugements “définitifs” que de la part des activistes de la décroissance d’un côté et des climato-sceptiques de l’autre – dans les deux cas, il s’agit de gens qu’il ne vaut mieux pas écouter si on cherche de l’information sérieuse.

      • Bonjour Anton
        Quand je vais sur le site https://www.worldweatherattribution.org/ l’analyse qu’il font des évènements extrêmes pointe à chaque fois la responsabilité sur l’HOMME.

        Par exemple, pour la canicule de juin 2019 (balèze, mais que j’ai bien supporté grâce à une clim) :
        https://www.worldweatherattribution.org/human-contribution-to-record-breaking-june-2019-heatwave-in-france/

        Je cite :
        “Synthèse des dangers
        Nous résumons les résultats des observations et des modèles climatiques, en répondant aux questions de savoir dans quelle mesure la probabilité et la gravité d’un événement comme celui-ci (ou plus grave) ont changé en raison du changement climatique anthropique.”

        Mais qu’est-ce qui prouve que cette canicule est le fait de l’HOMME ?
        Je cite dans leur analyse :
        “Tous les modèles et observations s’accordent qualitativement sur une forte influence humaine dans l’augmentation du risque de canicule. Il y a donc une grande confiance dans le signe (augmentation) de la contribution humaine au risque de canicule”.

        On est dans la spéculation basée sur de la modélisation non ?

        On peut dire par exemple : Le réchauffement climatique entraine statistiquement plus de canicules. OK.
        Mais on ne peut pas dire ça : Puisque le réchauffement climatique est d’origine 100% humaine, et puisque les canicules sont provoquées avec un bon degré de confiance par le réchauffement climatique, alors les canicules sont d’origine HUMAINE.

        Pourquoi ? Parce que ça revient à dire que le réchauffement actuel est d’origine 100% humaine.
        (ou fortement aidé par l’HOMME).
        Et cela revient à dire que le réchauffement actuel ne dépend QUE des émissions de CO2 et d’aucun autre paramètre suffisamment fort pour influencer le climat.

        C’est aller à 100% dans le sens du GIEC. On part du postulat que le climat actuel n’est le résultat que des émissions de CO2.
        Enfin c’est ma compréhension.

        • Oui, si vous voulez. Ils calculent le rapport des probabilités dans le monde d’aujourd’hui et dans celui d’hier. Ils ne refont pas, à chaque fois, des dizaines d’années de recherche sur les causes du réchauffement global, en effet. Mais ça n’aurait strictement aucun sens. Depuis que Klaus Hasselmann a eu le Prix Nobel de Physique pour les méthodes qui ont mené à l’attribution à 100% à des causes humaines, il n’y en a plus besoin.

          • Donc selon VOUS, et selon ce site, 100% du réchauffement climatique actuel est dû à l’HOMME ?
            Et depuis que Klaus Hasselmann a eu le Prix Nobel, la messe est dite ?
            100% du réchauffement climatique actuel est dû à l’HOMME ?

          • Selon vous, l’attribution d’un prix Nobel suffirait à considérer comme une vérité absolue tout ce que le lauréat a pu dire ou écrire sur tel ou tel sujet?
            Le prix Nobel de la paix attribué sans aucune justification à Barrack Obama 6 mois seulement après sa prise de fonction, à la surprise générale et la sienne en particulier, est là pour vous démentir.
            D’ailleurs d’autres prix Nobel ont fortement contesté les arguments des tenants du réchauffement d’origine anthropique et de l’urgence climatique. J’en compte au moins 5.

        • Il est établi que 96% du CO2 est produit par le soleil, et 4% par les humains. Comment peut-on accuser les humains d’être 100% responsables des dits “changements climatiques” ou réchauffements, ou refroidissements climatiques? Et qui était responsable avant la venue des humains sur terre?

    • Cette canicule certes inhabituelle n’est pas exceptionnelle puisque des températures voisines ont déjà été subies par ces pays dans les années 60 et avant guerre.
      Pour pouvoir comparer correctement à 60 ans de distance il faudrait aussi tenir compte dans ces pays surpeuplés de l’effet d’îlot urbain, ce que les média avides de catastrophisme climatique omettent tous de faire: Selon un article du Figaro il y a 2 ou 3 ans (à propos de la vague de chaleur en région parisienne), en période de canicule les températures à l’intérieur d’une métropole peuvent subir une augmentation allant jusqu’à 8°C (!) par rapport à celles de la campagne environnante.
      Quand on sait que depuis 1960 la population indienne a été multipliée par 3 (!!!) je crois qu’on peut y voir au moins partiellement une explication à de telles températures si on l’associe également à une hausse modeste des températures globales, environ 1°C en un siècle, qu’on ne peut pas nier.

  1. Permettez-moi quelques remarques.

    Premièrement, le rapport que vous appelez “AR6” est en fait le rapport spécial 1.5°C de 2019 (le “SR15”). Il fait partie du 6e cycle d’évaluation du GIEC, mais il utilise les simulations CMIP5 qui ont aussi été utilisées dans le rapport AR5 de 2013. Ce sont les mêmes simulations. Et ce n’est pas l’AR6 (dont le rapport du groupe de travail 1 a été publié en 2021).

    Ce qui change, c’est qu’entre les deux rapports, il y a 5 ans d’observations en plus. Manque de pot, le “hiatus” s’est terminé rapidement après 2012 et a donné lieu à une suite d’années très chaudes. C’est pour ça que les séries temporelles de la température moyenne observée ne sont pas les mêmes. On le voit très facilement en comparant les deux figures du GIEC reproduites. Quand on met un peu de bonne volonté en tout cas. La courbe des observations du SR15 se termine par quelques années très chaudes. En conséquence, les observations de ces années 2012-2017 se trouvent au milieu de la gamme des simulations (les projections CMIP5 commencent avec l’année 2006 en fait). Alors que si on coupe en 2012, on a l’impression que les projections sont trop chaudes.

    Voilà tout. Pas de magie, pas de triche, juste beaucoup de temps perdu pour Jean-Claude Courty, ses lecteurs et moi.

    • A propos du temps perdu.

      Que les modèles reproduisent plus ou fidèlement les indices de températures de surface n’est pas le test déterminant. C’est la capacité à modéliser, même rétrospectivement, l’évolution du profil thermique de la troposphère qui constitue la réelle épreuve de vérité. Cela parce que le calcul du rôle des GES dans les GCM est fondé sur une hypothèse de comportement de ce profil (voir en particulier les travaux de Manabe). Comme cette épreuve s’avère être un complet fiasco pour les modèles, ils en découle qu’ils n’ont strictement aucune capacité prédictive en relation avec le taux de CO2.

      Ce sont donc les climatologues qui perdent leur temps et le font perdre à toute la population de la planète.

      • Précisez votre pensée. Vous parlez de quelle altitude exactement, et de quelles mesures ? Si vous parlez du profil de température, l’une des prédictions le plus claires était depuis longtemps que la température de la troposphère allait augmenter, et que celle de la stratosphère allait basser. C’est bien ce qui est observé, non ? En tout cas, les gens qui ont donné le Nobel à Manabe semblent le penser (puisque vous parlez de lui). C’est bien “l’empreinte digitale” de l’effet de serre, non ?

        A part ça, on est bien d’accord qu’en ce qui concerne les impacts du changement climatique, c’est bien la température à la surface qui compte le plus ? Il me semble, mais je peux me tromper, que la plupart des gens vivent à la surface au lieu de flotter quelque part au milieu de la troposphère.

        • Le calcul de l’effet de serre dans les GCM n’est pas réalisé sur le fondement des lois de la physique mais paramétré grâce à la très surprenante et très fausse supposition d’un gradient thermique troposphérique indépendant des échanges radiatifs. Manabe initie cette entourloupe dans son papier de 1967 alors que dans celui de 1964, il affirmait encore en parfaite cohérence avec la thermodynamique :

          “The observed tropospheric lapse rate of température is approximately 6,5°C/km. The explanation for this fact is rather complicated. It is essencially the result of a balance between (a) the stabilizing effect of upward heat transport in moist and dry convection on both small and large scales and (b) the destabilizing effect of radiative transfer.”

          C’est donc cette étrange supposition sur le gradient thermique qu’il convient de tester en premier lieu. Si elle est fausse, c’est à dire si les GCM échouent à modéliser convenablement le profil thermique de la troposphère, alors, les modèles n’on rien à dire sur l’effet de serre. Que les résultats très dispersés des GCM pour la température de surface soient plus ou moins cohérents avec les très douteux indices de surface devient parfaitement accessoire; à quelque altitude que vous viviez habituellement.

          Dans les grandes lignes, la troposphère se réchauffe moins que la surface (selon les indices) alors que ce devrait être l’inverse.

          Inutile donc de consulter les GCM pour avoir une idée du réchauffement par le CO2, leurs résultats sont nécessairement faux. Malheureusement, il n’y a pratiquement pas d’espoir d’amélioration parce qu’il faudrait être capable de modéliser la convection. Une tâche dont aucun spécialiste n’envisage sérieusement la possibilité d’une mise en oeuvre.

          • Intéressant. Vous voulez dire que le profil thermique dans la troposphère est prescrit dans les GCM, c’est ça ?

          • Anton,

            Le profil n’est pas prescrit, non. C’est seulement le gradient thermique qui est considéré comme indépendant des transferts radiatifs. L’astuce est qu’ainsi tout déséquilibre radiatif ne peut se résorber dans un premier temps que par translation du profil thermique. Cette translation implique une modification uniforme de la température et donc du taux d’humidité puis du gradient. Le gradient n’est donc pas non plus prescrit.

            Cela revient en fait à évacuer la thermodynamique de la résolution du calcul de l’effet de serre. Quelque soit l’origine du déséquilibre, la réaction du système climatique est censée être identique.

            C’est cette curieuse particularité arbitraire qui va mener autour de 1980 à l’invention d’une véritable pataphysique construite autour de la notion originale et proprement stupide de forçage radiatif.

    • Le rapport AR5 (2013) utilisait les modèles climatiques CMIP5.
      De nombreux résultats de simulations utilisant les modèles CMIP6 ont été publiés en septembre 2019 (sachant que leur développement a commencé en 2014 comme mentionné dans le lien ci dessous). Il serait donc très surprenant que le rapport SR15 de septembre 2019 soit ciblé sur CMIP5 alors que les résultats CMIP6 étaient déjà connus et étudiés depuis 2014 !

      https://global-climat.com/2019/09/19/nouveaux-modeles-francais-pour-le-giec-un-rechauffement-plus-prononce/

      Et pour s’en convaincre il suffit de constater que l’éventail des simulations SR15 est à l’intérieur de celui des simulations AR5; et si l’on compare les éventails SR15 et AR6 ( ce que j’ai fait par ailleurs) on constate qu’ils ne sont guère différents et que les analyses que j’ai faites n’en sont en rien modifiées.
      De plus les comparaisons que j’ai effectuées ne concernent que des données IPCC, que ce soient les valeurs de temperature et les années . Je n’ai rien modifié, je n’ai fait que présenter toutes ces courbes sur une même planche ( donc bien entendu avec les mêmes échelles ), ce qui facilite grandement , et objectivement , la compréhension des choses.

  2. Phi, renseignez-vous un peu. La physique de l’atmosphère a fait des progrès depuis les années 60. Et elle n’a que confirmé les travaux de Manabe et Wetherald. Lisez par exemple ce qu’en dit Isaac Held: https://www.gfdl.noaa.gov/blog_held/19-radiative-convective-equilibrium/. Oui, il y a encore des questions ouvertes et des progrès à faire. Mais les critiques qui ignorent plus de 50 ans de progrès sont inutiles et peuvent, à leur tour, être ignorées.

    • Il n’y a pas de progrès à attendre tant que la convection ne sera pas modélisée et tant que l’on sera contraint de poser un gradient thermique indépendant des échanges radiatifs. Cette supposition absurde est toujours et encore le fondement du calcul de l’effet de serre. Pas de changement sur ce point depuis les années 1970. Il me semble bien que ce serait plutôt à vous de vous renseigner.

      Si par pur hasard l’atmosphère se comportait à peu près comme les pataphysiciens du climat le pensent, les modèles donneraient une évolution du profil thermique à peu près cohérente avec les observations. Malheureusement cette évolution calculée est à rebours de celle observée pour le rapport surface / troposphère.

      Et évidemment, cela ne changerait de toute façon rien au fait que nous sommes là en face d’une pseudo-physique puisque la notion même de forçage radiatif n’est qu’une belle et bien grosse négation de l’acquis de la thermodynamique.

        • Manabe écrit un très bon papier en 1964. En 1967, il fait de la graille et offre l’illusion d’un calcul possible de l’effet de serre. Cela n’en fait pas pour autant un pataphysicien. Je vous l’ai déjà dit, la pataphysique se construit vers 1980 autour de la notion de forçage radiatif. Cela dit, le Nobel de 2021 était effectivement un Nobel de pataphysique.

          Sinon, vous n’avez vraiment aucun argument à m’opposer ?

          • C’est vous qui n’avez pas d’argument valable.

            Lisez d’abord https://www.nobelprize.org/uploads/2021/10/sciback_fy_en_21.pdf

            Ensuite, pour la convection explicite, lisez Isaac Held: https://www.gfdl.noaa.gov/blog_held/19-radiative-convective-equilibrium/

            Et essayez de comprendre.

            Sachez en outre que les estimations récentes de la sensibilité climatique ne dépendent pas des GCM, mais de plusieurs “lines of evidence” différentes : paléoclimat, climat récent (=observations directes), compréhension fondamentale de processus. La représentation explicite de la convection (ou pas) n’y joue aucun rôle.

            Votre tactique est vraiment trop transparente. Je peux déjà prédire que le jour où la représentation de la convection sera explicite dans les modèles globaux, vous direz qu’il faut résoudre explicitement les processus microphysiques nuageux et leur interaction avec la turbulence à l’échelle du millimètre. C’est ça la pataphysique appliquée, la vôtre.

          • Anton,
            Quelle étrange réponse vous me faites là.

            “C’est vous qui n’avez pas d’argument valable.”

            Vous plaisantez ? Si vous souhaitez convaincre, évitez des affirmations dont la fausseté est trop facilement vérifiable. Je n’ai fait que rapporter ce qui est contenus dans des articles scientifiques parmi les plus connus dans le domaine et j’ai souligné les liens logiques avec la physique universellement acceptée. De votre côté, sinon une référence à un article de blog sans plus de précision, vous n’avez qu’usé d’arguments d’autorité.

            Pour votre dernier message, envoyer des références sans autre explication n’est pas de l’argumentation.

            “Sachez en outre que les estimations récentes de la sensibilité climatique ne dépendent pas des GCM…”

            Faux, simplement, elles ne dépendent pas uniquement des GCM. D’une part c’est hors sujet et d’autre part ces prétendues évidences sont très loin d’en être.

            Répondez plutôt à cela :

            Le calcul de l’effet de serre repose-t-il ou non sur la supposition d’un gradient thermique indépendant des transferts radiatifs ?

            Si oui :
            – Avez-vous connaissance d’une étude ou d’un papier qui étaye cette supposition ?
            – Selon vous, une telle supposition est-elle compatible avec la thermodynamique ?

            Et encore :
            La notion de forçage radiatif qui implique une réponse identique à un déséquilibre radiatif quelque soit son origine est-elle compatible avec les lois de la thermodynamique ?

          • Encore une fois, ça n’a pas de sens de dire “l’effet de serre repose sur la supposition d’un gradient thermique indépendant des transferts radiatifs”. Vous balancez des mots et des concepts que vous ne comprenez pas pour impressionner la galerie. L’effet émerge dans des simulations simplifiées comme dans des simulations “complètes”, à tous les niveaux de complexité, sous forme d’une différence de température de l’atmosphère résultant de variations de la concentration des gaz à effet de serre. Il n’est pas directement “calculé”. Citez-moi donc vos “articles scientifiques parmi les plus connus dans le domaine”, pour qu’on sache de quoi vous parlez.

            Comme vous n’aurez pas d’article sérieux à présenter qui justifierait que le Prix Nobel de Physique 2021 soit retiré à Manabe, je vous conseille Benestad, “A mental picture of the greenhouse effect”, Theoretical and Applied Climatology, 2017. Pour la compréhension de l’effet de serre à un niveau approprié au vôtre et peut-être à quelques autres ici.

            Ou si vous préférez une vidéo accessible, prenez par exemple une conf de Jean-Louis Dufresne, DR CNRS au LMD, sur les principes de base de l’effet de serre, disponible sur YouTube. Revenez après si vous voulez.

            Et entre-temps, pour la sensibilité climatique, lisez Sherwood et al., An Assessment of Earth’s Climate Sensitivity Using Multiple Lines of Evidence, Review of Geophysics, 2020. Ca va vous occupera un moment, mais ça vous fera du bien.

  3. Anton,

    Vous brassez du vent et ne répondez pas aux questions que je vous pose.

    De plus, vous déformez ce que j’écrit. Je ne prétend bien entendu pas que l’effet de serre repose sur une supposition. Son caclul dans les GCM, oui.

    “Vous balancez des mots et des concepts que vous ne comprenez pas pour impressionner la galerie.”

    En aucun cas. Tout au contraire, je m’efforce d’utiliser les termes les plus accessibles. Il n’y a rien d’ésotérique dans l’expression des questions que je vous pose.

    “L’effet émerge dans des simulations simplifiées comme dans des simulations “complètes”, à tous les niveaux de complexité, sous forme d’une différence de température de l’atmosphère résultant de variations de la concentration des gaz à effet de serre.”

    Vous voulez dire l’effet de serre ? Là n’est vraiment pas la question. De plus, que quelque chose imposé en entrée de calcul se retrouve en sortie n’est pas tout à fait une révélation pertinente. Je ne vois pas où vous voulez en venir.

    “Il n’est pas directement “calculé”. Citez-moi donc…”

    Mais de quoi parlez-vous ???

    “Comme vous n’aurez pas d’article sérieux à présenter qui justifierait que le Prix Nobel de Physique 2021 soit retiré à Manabe…”

    Manabe peut très bien conserver son prix de pataphysique. Cela dit, pas besoin d’aller chercher bien loin. J’ai cité plus haut un passage de son papier de 1964. Il suffit largement a discréditer celui de 1967. Bien entendu, ce qu’il a écrit en 1964 n’a jamais été réfuté.

    D’une manière générale, je ne pense pas que vous soyez à la hauteur de votre ton. Ou alors, essayez de répondre au questions de mon précédent message.

    • Quels sont les “articles scientifiques parmi les plus connus dans le domaine” dont vous parlez, phi ? Citez-les s’il vous plaît.

      • A quoi jouez-vous ? Pourquoi faites-vous de la diversion ?

        Je vous ai posé des questions simples et fondamentales à propos du calcul de l’effet de serre.
        Commencez par me dire si à votre avis ce calcul repose ou non sur la supposition d’un gradient thermique troposphérique indépendant des échanges radiatifs.

        • Vous me dites qu’il y a “articles scientifiques parmi les plus connus dans le domaine” qui soutiennent votre point de vue. Je veux les voir.

  4. Anton,

    Lisez plus attentivement.
    Je ne cherche pas des soutiens mais des arguments.

    J’affirme que le calcul de l’effet de serre est impossible parce que la convection n’est pas calculable. Vous le contestez mais n’argumentez pas. Alors, je vous aide pour qu’on avance.
    Je répète donc mes questions :

    Le calcul de l’effet de serre repose-t-il ou non sur la supposition d’un gradient thermique troposphérique indépendant des transferts radiatifs ?

    Si oui :
    – Avez-vous connaissance d’une étude ou d’un papier qui étaye cette supposition ?
    – Selon vous, une telle supposition est-elle compatible avec la thermodynamique ?

    Et encore :
    La notion de forçage radiatif qui implique une réponse identique à un déséquilibre radiatif quelque soit son origine est-elle compatible avec les lois de la thermodynamique ?

  5. La notion de forçage radiatif est utilisé pour des diagnostique, pas pour des projections. Rien à voir ici.

    Les simulations LES donnent sensiblement les mêmes changements de flux radiatifs et, pour des raisons évidentes, aussi les mêmes gradients thermiques. Tant que vous n’aurez pas produit les “articles scientifiques parmi les plus connus dans le domaine” qui donnent des arguments étayés pourquoi la paramétrisation nécessaire de la convection dans les modèles à grande échelle invalide le calcul des flux radiatifs, il n’y a pas à discuter plus. Notons que ces articles devraient immédiatement être utilisés pour formuler une note de protestation envoyée à l’Académie des Sciences Suédoise, pour demander à ce que le Prix Nobel de Physique soit retiré à Manabe. Car dans la justification du prix, il est clairement noté que son travail est la base des modèles de climat d’aujourd’hui qui confirment ses résultats et qui sont confirmés par la réalité. Donc j’ai hâte de voir ces “articles scientifiques parmi les plus connus dans le domaine”.

    • Attention au déni!
      Vous esquivez encore et toujours mes questions simples et fondamentales.

      1. Je ne vous demande pas où est utilisée la notion de forçage radiatif mais si elle est, selon vous, compatible avec les lois de la thermodynamique.

      2. Encore une fois, je n’ai jamais fait référence à des articles qui concluraient à l’invalidité du calcul de l’effet de serre. Essayez de lire un plus attentivement ce que j’écris.

      3. Vous dites “…dans la justification du prix, il est clairement noté que son travail est la base des modèles de climat d’aujourd’hui…”
      C’est bien ce que je disais et que vous contestiez, l’entourloupe inventée par Manabe est toujours d’actualité.

      4. Vous poursuivez : “…qui confirment ses résultats…”.
      Si les fondements du calcul n’ont pas changé, aucune chance que les résultats récents ne confirment pas ceux de Manabe.

      5 Et encore “…et qui sont confirmés par la réalité.”
      Je reviens à mon tout premier message à propos du profil thermique, la réalité (ou au moins ce que la corporation des climatologues tient pour tel) ne confirme absolument pas les modèles sur ce point crucial. Le fiasco est complet.

      Vous perdez votre temps et le mien à faire des diversions sans intérêt. Répondez simplement à ces questions :

      Le calcul de l’effet de serre repose-t-il ou non sur la supposition d’un gradient thermique troposphérique indépendant des transferts radiatifs ?

      Si oui :
      – Avez-vous connaissance d’une étude ou d’un papier qui étaye cette supposition ?
      – Selon vous, une telle supposition est-elle compatible avec la thermodynamique ?

      Et encore :
      La notion de forçage radiatif qui implique une réponse identique à un déséquilibre radiatif quelque soit son origine est-elle compatible avec les lois de la thermodynamique ?

    • Les forçages radiatifs sont bien évidemment utilisés pour les projections. Comment pourrait d’ailleurs faire quelle que projection que ce soit à l’horizon 2100 sans prendre en compte les forçages radiatifs induits selon les scénarios ? On peut même dire qu’ils sont l’un des éléments essentiels des modèles de projection climatique. Vous dites n’importe quoi.

  6. “Je n’ai fait que rapporter ce qui est contenus dans des articles scientifiques parmi les plus connus dans le domaine et j’ai souligné les liens logiques avec la physique universellement acceptée.”

    Je veux le lire.

    • Il vous fallait remonter un peu plus haut, à ma citation de Manabe 1964 :

      “The observed tropospheric lapse rate of température is approximately 6,5°C/km. The explanation for this fact is rather complicated. It is essencially the result of a balance between (a) the stabilizing effect of  heat transport in moist and dry convection on both small and large scales and (b) the destabilizing effect of radiative transfer.”

      Et maintenant, il ne vous reste plus qu’à répondre à mes questions répétées.

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