A propos de la marche pour le climat, du délit de blasphème scientifique et d’opérations politiques

Note de la rédaction l’association des climato-réalistes 

Rédigé par un membre de la Fédération Nationale de la Libre Pensée le texte qui suit n’engage pas notre association. Beaucoup d’entre nous n’approuvent pas la totalité de son contenu ou la verdeur de son expression. Mais tous, nous détestons la censure. Nous avons donc décidé de le publier.

« La Libre Pensée se réclame de la raison et de la science. Elle n’est pas un parti ; elle est indépendante de tous les partis. Elle n’est pas une Eglise ; elle n’apporte aucun dogme. Elle vise à développer chez tous les hommes, l’esprit de libre examen et de tolérance » (article 2 des statuts).


Au lendemain d’une élection européenne, qui a été marquée par une forte abstention, par le rejet massif de la liste soutenue par Emmanuel Macron et par la « percée » des écologistes, il est intéressant de regarder comment l’opération dite « marche pour le climat » a tout fait pour détourner l’attention des questions sociales. En effet, à cette Marche, étaient conviées, de manière quasi-officielle, toute la population, ainsi que les organisations syndicales. L’accueil des Gilets Jaunes fut en revanche beaucoup plus frais, même s’il y a eu des convergences par endroit.

Résumons l’affaire : il s’agissait clairement de préparer les élections européennes sur le terrain choisi de l’Union européenne, de l’Eglise et du gouvernement Macron/Philippe, laminé par les Gilets Jaunes et les grèves.

Entraîner tout le monde sur le terrain du vote en faveur de l’UE et de Macron

Dans le sillon de ce qu’il s’est fait dans les mois précédents, ce nouvel épisode a vu :

  • d’une part une avalanche de déclarations alarmistes et confuses, que personne n’a osé remettre en cause, tant, dans le domaine du climat, la moindre goutte de réalisme et de science est suspecte et doit être réprimée,
  • d’autre part, une belle opération politique pour entraîner tout le monde sur le terrain d’Emmanuel Macron, celui du soutien à l’Union européenne.

Aidée par l’inénarrable Cohn Bendit, Nathalie Loiseau la tête de liste LREM « Renaissance » pour ces élections, proposait que l’UE fasse « de l’urgence climatique sa première priorité [1]».

Benoit Hamon et sa liste ont fait eux aussi dans l’originalité [2] : « Face à l’urgence climatique, la transition écologique et sociale doit être la priorité pour l’Union européenne ».

Quant aux organisations de salariés, on peut décerner sans hésitation la palme à la CFDT, qui dans un message envoyé aux personnels de l’INRA le 24 mai, a expliqué l’importance d’aller voter dans un texte qui est une ode à l’Union européenne : « l’Union européenne a été créée pour construire un espace de démocratie et de paix, c’est une raison suffisante pour voter dimanche pour l’Union européenne…pour vous, vos enfants l’environnement, la démocratie ».

On se frotte les yeux pour y croire !

Marche pour le climat : la machine à Fake News autorisées, l’obscurantisme à l’honneur

Derrière cette opération d’union nationale pour l’Union européenne sous prétexte de climat,on découvre une autre couche : l’avalanche de propos relevant de l’obscurantisme. Plus il est nécessaire et pressant pour le gouvernement et les institutions de détourner l’attention des problèmes sociaux, plus l’outrance sur le terrain de l’écologie est autorisée et encouragée.

Dans ce domaine, remarquons que très peu de scientifiques osent s’opposer. Le simple fait de rappeler des éléments factuels ou de tempérer les propos pourraient être très mal vu, et compte tenu du châtiment réservé aux hérétiques, mieux vaut répéter sa leçon.

Ainsi, lorsque François Hollande, flanqué de deux actrices aux compétences scientifiques en matière de climat assez modestes, déclara en 2015 au sommet mondial du climat : « il y a des catastrophes, des tsunamis, des tremblements de terre, des îles qui vont bientôt disparaître, des côtes qui sont recouvertes, des glaciers qui fondent ; ce sont les dérèglements climatiques », pas un seul des 200 journalistes présents n’a osé relever l’énormité des propos. Qu’un chef d’Etat puisse raconter n’importe quoi n’est pas grave, du moment que cela colle au catastrophisme écolo ambiant.

La hausse de 1°C des températures en 150 ans a engendré des tsunamis et des tremblements de terre ? Pas de problème ! On peinera à trouver une association de défense de la science qui ait osé tousser ne serait-ce que pour la forme.

Peu importe que la biomasse ait augmenté [3] (justement du fait de l’augmentation du CO2, passé de 0,03% à 0,04% dans l’air), que le rendement à l’hectare puisse s’améliorer jusqu’en 2050 permettant de nourrir largement la population estimée. Quant à l’huile de palme, hier produit bio très « tendance », on a du mal à voir le rapport avec le climat et personne ne sait vraiment ce qui lui est reproché.

Dans la déclaration nationale, les 31 organisations de jeunesse, étudiantes et religieuses, la première des revendications est la suivante : « Déclarer l’urgence climatique afin de limiter le réchauffement climatique à 1.5°C. Cela implique de réduire les émissions françaises de gaz à effet de serre de 10% par an [4]».

A cette lecture, on pourrait croire que la réduction de 10% des gaz à effet de serre aura comme conséquence la limitation du réchauffement climatique. Outre les discussions sur les questions de sensibilité climatique, il faut quand même faire remarquer que la France n’émet que moins de 1% des émissions mondiales. La réduction de 10% sera donc négligeable dans la masse d’émission anthropique de CO2 largement dominée par les USA, la Chine et l’Inde.

Les écolo ont des solutions : manger bio, faire de la trottinette…

Ce qui est encore plus frappant dans cette affaire, c’est le gouffre entre la catastrophe annoncée (fin du monde par trop plein de CO2) et le ridicule des solutions proposées. Ainsi, Claire Nouvian vante les mérites des trottinettes électriques dans une émission sur CNEWS (voir plus bas) : « c’est la mobilité douce ». Rappelons que la durée de vie de ces engins qui évitent la propulsion humaine : 28 jours d’utilisation (227km)[5] (5).

On peut voir ainsi sur des vidéos qui circulent sur internet que les solutions ne manquent pas non plus : « manger bio local et végétarien », puis « je dis non à l’huile de palme », et « réfléchir au quotidien sur ce qu’il faut faire ». Donc largement des actions individuelles, nous ramenant tous dans un cadre commun : tous responsables de la catastrophe à venir. C’est ainsi que patrons et ouvriers sont invités par les « chrétiens unis pour la planète », dans un appel public, à « mettre de côté les biens matériels [6]» (6).

Le climat a bon dos : face à la catastrophe, qui oserait revendiquer des hausses de salaires, ou le retrait de la moindre contre-réforme du gouvernement ?

A l’inverse, la fin du monde annoncée ne semble pas émouvoir le gouvernement au point de suspendre ses réformes. Ainsi, la réforme Blanquer doit être votée en Juillet, la réforme de la Fonction publique est en route, comme celle des retraites. « L’urgence climatique » n’interdit pas de liquider tous les acquis ouvriers…

Mais il y a plus : dans la liste des revendications nationales des organisations initiatrices, on trouve aussi

  • « l’autonomie des territoires face aux menaces climatiques », totalement dans le cadre actuel de la régionalisation et de dislocation de la République ;
  • et aussi : « inclure dans les parcours scolaires et universitaires un corpus de connaissances … afin de conférer à chaque citoyenne une conscience écologique ». Il ne s’agit pas ici de sciences (rôle premier de l’Université), mais de « conscience écologique », donc imposer le point de vue de l’écologie politique…

Dans ce vaste nid à idées merveilleuses, outre quelques références aux « inégalités » qu’il faut réduire, il n’y a plus de place pour les revendications ouvrières ou celle des Gilets Jaunes, et c’est bien cela le but !

Peut-on encore chercher et poser des questions ? L’affaire Claire Nouvian contre CNEWS

Lors d’une interview sur CNEWS, le 6 mai 2019, la réalisatrice et militante écologiste Claire Nouvian a traité Elisabeth Levy (rédactrice de Causeur) de « dingue » et ses propos de « criminels »pour avoir osé expliquer que le scepticisme en science, c’est-à-dire chercher à comprendre et expliquer, est une bonne chose.

Le lendemain, la presse résumera l’épisode en reprenant les termes de « négationnisme climatique », mais aussi de « misogynie », même si au départ, c’est Elisabeth Levy qui essuiera les insultes de l’écolo « folle de rage [7]», proposant à ses interlocuteurs d’ « aller se cultiver scientifiquement ».

Malheureusement pour nous, Nouvian, qui aurait pu relever la confusion entre météo et climat, erreur faite par les journalistes en ouverture d’émission, n’a pas jugé bon de relever la grossière faute, ce qui est pourtant du niveau d’un étudiant de première année.

Mais il y a plus : dans les jours qui ont suivi, une campagne menée par Nouvian a exigé du CSA qu’il censure toute critique des thèses « officielles » au sujet du climat : « Oui, je suis folle de rage,a-t-elle déclaré dans une vidéo, mardi, lançant dans le même temps un hashtag avec cette expression. Je suis folle de rage que  [ les climato sceptiques ] aient une tribune médiatique rétrograde, révisionniste et que ce soient des négationnistes qui aient accès à la télé pour transformer les cerveaux de nos concitoyens et les rendre plus bêtes et plus ignorants. Mais quelle irresponsabilité ! ».

1 300 saisines de l’autorité de l’audiovisuel ont été faites, afin de sanctionner toute remise en cause des thèses de l’écologie politique sur le climat. Derrière les discours merveilleux sur la forêt, les animaux et les légumes bio : l’appel à la répression d’Etat… C’est le délit de blasphème qui entre dans la science, par ceux-là mêmes qui ne la pratiquent pas.

Résumons : le climat est la seule et unique science dont tout le monde parle, mais dont les mécanismes sont généralement très peu connus, de même que les observations (pourtant indiscutables) comme la courbe de température de ces 20 dernières années, le taux de CO2 dans l’air, et dont la discussion est totalement étouffée par « le consensus scientifique », consensus d’autant plus solide qu’il est indiscutable et inconnu.

Au moindre écart, Claire Nouvian nous prévient : « révisionnisme », « négationnisme ».Comprendre en creux : on vous collera une étiquette de fan du 3ème Reich, rien de moins. Tout en nuance, et sans la moindre explication scientifique. Par contre, ne lui parlez pas de son bilan carbone à elle : son intention de devenir ministre est totalement assumée ! Comme quoi prêcher la restriction pour les autres n’a jamais empêché les hautes ambitions pour soi-même…

Quand le climat est responsable de tout, même des guerres

Merveilleuses inventions que la fin du monde par excès de carbone : il permet de mettre tous les autres problèmes à l’arrière-plan, mais également de tout justifier. En effet, on parle beaucoup des « morts du climat » et des « réfugiés climatiques ». Or, quand on demande ou quand et comment, le silence règne.

Nouvian, dans l’émission citée plus haut, ne s’embarrasse pas de tout cela : c’est le climat qui est responsable des guerres ! Ainsi, la guerre en Syrie n’est autre que la conséquence des sécheresses, dues évidemment aux émissions de dioxyde de carbone : « la guerre en Syrie, elle s’est déclenchée après 10 ans de sécheresses consécutives ».

Nous y voilà : la guerre en Syrie n’est donc pas le fait de l’armement par les grandes puissances de « l’opposition syrienne » qui deviendra vite le creuset des groupes armées terroristes (stratégie déjà rodée au Viêt-Nam dans les années 1970 – programme Phoenix– en Afghanistan de 1979 à 1992 –programme Afghan). Personne n’a encore tenté d’expliquer que les bombardements au Yémen et dans la bande de Gaza seraient dus également au réchauffement climatique, mais cela ne saurait tarder.

Relevons encore une fois, que pas un seul des responsables écolos « de gouvernement » expliquant sur les plateaux télés que la fin du monde est proche avec certitude, ne trouve à redire sur les guerres en cours et les contrats d’armement juteux de la France. Claire Nouvian, dans son discours un peu agité, explique que discuter climat revient à être « un criminel » responsables indirects « des gens qui meurent à cause du climat ».

Pour ma part, j’estime que les criminels sont à chercher du côté de ceux qui ont envoyé les CRS semaines après semaines contre les Gilets Jaunes, ceux qui ordonnent les bombardements et les massacres sur toute la planète, qui financent et planifient les guerres par procuration de Gaza au Venezuela, qui se font des millions sur les contrats d’armement…

L’écologie politique est manifestement compatible avec la guerre, avec la remise en cause des acquis sociaux et démocratiques, avec la remise en cause de la liberté de la recherche scientifique.Je n’en serai pas le 30 mai 2019

Liberté pour la science !

Pas de délit de blasphème pour la recherche !


[1] https://www.linfodurable.fr/environnement/europeennes-lurgence-climatique-premiere-priorite-pour-loiseauet-canfin-10466

[2] https://www.lobservateurdebeauvais.fr/2019/05/22/tribune-sur-leurope-de-la-liste-de-benoit-hamon-lhumainau-coeur-des-priorites-humaines/

[3] http://web.science.unsw.edu.au/~jasone/publications/liuetal2015.pdf

[4] https://blogs.mediapart.fr/youth4climatefrance/blog/140319/le-manifeste-de-la-jeunesse-pour-le-climat

[5] https://qz.com/1561654/how-long-does-a-scooter-last-less-than-a-month-louisville-data-suggests/

[6] https://chretiensunispourlaterre.wordpress.com/

[7] https://www.youtube.com/watch?v=rQzWHuf4Hmk&t=1553s

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