La révolution démographique est en cours

François Blondot

Les écologistes affirment que l’accroissement de la population mondiale nous conduit à coup sûr vers une catastrophe économique et climatique : épuisement des ressources fossiles et agricoles, appauvrissement des sols, paupérisation accrue, famines, pénurie de l’eau, et – bien sûr – accroissement de la pollution et des émissions de gaz à effet de serre qui conduiront inévitablement à des catastrophes climatiques.

Dès le 18ème siècle, Malthus avait annoncé une catastrophe quand la population de la terre atteignait à peine 1 milliard d’habitants.

Tout ceci s’est révélé faux. Pour se limiter à une période récente, la malnutrition dans le monde concernait 2 milliards d’individus en 1960 pour une population mondiale de 3 milliards d’habitants et seulement 820 millions en 2017 pour 7,5 milliards d’habitants (chiffres de la FAO).

Et demain ?

Le monde aborde une révolution démographique inédite dans l’histoire de l’Humanité. Et cette révolution est à l’opposé de ce que les écologistes affirment.

En effet pour la première fois, grâce aux progrès de la contraception, l’espèce humaine peut maîtriser les naissances. Elle le fait plus ou moins, mais elle le fait, et partout dans le Monde.

Et ceci va se traduire par une baisse jamais vue de la population mondiale.

Quand ?

Plus tôt qu’on ne le pense. L’ONU affirmait jusqu’alors que la baisse interviendrait à partir de l’an 2100. Les Nations Unies ont reculé cette date a à 2085, certains démographes prévoyant même le début de la baisse à 2065.

Déjà les taux de fécondité baissent dans tous les pays de la planète (y compris en Afrique).

L’exemple le plus emblématique est celui du Japon dont la population s’élevait à 128,1 millions d’habitants en 2010 et à 125,9 millions en 2020. Actuellement, la population du Japon diminue de 300.000 habitants par an. Et cette baisse va s’accélérer. En 1946, on a compté 3,6 millions de naissances dans l’archipel nippon. On en attend 770.000 en 2021. Presque cinq fois moins.

Un démographe japonais estime que 55 pays dans le Monde seront en déclin démographique en 2050.

2050, c’est demain. Comme la révolution démographique est inédite, personne ne peut en mesurer ni les conséquences ni les effets. Vieillissement de la population, raréfaction des jeunes, changement des mentalités et donc des politiques, etc… Autant de conséquences non mesurables auxquelles personne n’est préparé.

La révolution démographique est en cours. C’est le phénomène le plus important de la fin de ce siècle. Par son ampleur et ses conséquences, il dépasse tous les autres, et de loin.

Et personne n’en parle … sauf pour affirmer exactement le contraire.

Même si la population mondiale continue à croître aujourd’hui, la démographie – qui est une science exacte – nous montre que cette augmentation est illusoire car elle cache un déclin inéluctable.

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24 réflexions au sujet de « La révolution démographique est en cours »

  1. Le danger ne vient pas de la croissance de la population mais il vient de l’oligarchie qui dirige ce monde , les ennemis de l’humanité , ils veulent avoir 500 millions d’individus et établir un gouvernement mondial

  2. Bonne analyse ; l’essentiel , c’est qu’ils restent intelligents , développent le nucléaire et le fossile pour se nourrir grâce au CO2 émis qui fait pousser les plantes
    C’est un peu l’inverse de ce qu’il se passe actuellement dans le monde

  3. Tous les démographes disent “Le meilleur antidote de la surpopulation, c’est le développement”.
    Les pays qui sont aujourd’hui à 3 enfants par femme, étaient hier à 6. C’est à dire là où nous étions avant hier.
    Et comme ces pays se développent tous, pour certains très rapidement, il n’y a aucun problème. Il n’y en a jamais eu.
    Le seul problème, c’est l’éternelle peur non fondée de cette chimère.
    Amicalement
    Dominique

    • C’est en grande partie faux pour de nombreux pays. Par exemple le Nigeria (pays le plus peuplé d’Afrique) a un taux de natalité de 5,5 enfants par femme pour une population de 210 millions d’habitants. De plus, ce que vous oubliez dans votre raisonnement, c’est la mortalité infantile qui s’écroule, et l’espérance de vie qui monte souvent fortement dans ces pays (hors mortalité infantile).

      Et c’est là tout le problème, avoir un taux de natalité de 3 enfants par femme quand on est 40 millions avec une espérance de vie relativement limitée, n’a rien à voir avec avoir 5,5 enfants par femme en étant 200 millions avec de surcroît une population extrêmement jeune.

      Et c’est ça qu’il faut bien avoir à l’esprit, c’est que ces pays qui doublent tous les 20-30 ans ont maintenant un niveau de population qui est très élevé, et que même si la natalité baisse pour être à “seulement” 3,5 enfants, cela cumulé avec les éléments décrits ci-dessus, suffira très largement à faire exploser la population dans les 30 prochaines années.

      D’autre part, et ce sera ma conclusion, ce que les démographes omettent de prendre en considération, c’est que le développement, ne débouche pas systématiquement sur une baisse HOMOGENE de la natalité (Japon et Afrique par exemple), en effet, et on le voit très bien en Arabie Saoudite ou dans certains pays africains en fort développement économique, la natalité diminue, mais pas si fortement (relativitement), car il est prestigieux pour un homme d’avoir plusieurs épouses, et de nombreux enfants. C’est à dire qu’a contrario l’accès à plus de richesses, conduit une partie de la population a avoir plus d’enfants, ce qui ralentit la décélération globale de la natalité lié au développement économique.

    • Je ne sais pas de quel démographe vous parlez mais c’est assurément faux. Il y a de nombreux pays qui ne sont pas riches et qui ont déjà fait la transition démographique. Ce qui joue le plus c’est l’instruction des filles en particulier qui fait chuter généralement la natalité. L’exemple le plus fort peut-être est le pays islamiste qu’est l’Iran et qui a pourtant une natalité inférieure au seuil de reproduction depuis pas mal de temps. En fait il y a une multitudes de facteurs qui rentrent en comte de la densité de population, à l’instruction en passant par les coutumes locales . On ne peut pas simplifier ça en parlant uniquement d’économie ou alors on ne peut absolument pas expliquer l’évolution démographique de la planète depuis 40 ans. La natalité a baissé beaucoup plus vite que ce que pensaient les démographes les plus optimistes (ou pessimiste suivant le point de vu que l’on défend) .

      Quoiqu’il en soit il n’y a plus qu’une zone sur terre avec une trop forte natalité et c’est l’Afrique subsaharienne, pour le reste du monde la transition démographique est en grande partie achevée et elle est même allée trop loin dans beaucoup de trop de pays à l’image de la Corée du Sud, de la Pologne ou de Taïwan.

  4. En lisant le début de l’article, j’ai cru que vous alliez dire que la démographie n’est pas un problème, peut importe sa croissance. Ouf, ce n’est pas le cas! Je pense tout de même que pour l’Afrique, dont je suis heureux d’apprendre que les prévisions sont à la baisse, elle reste inquiétante.
    J’aurais tout de même un bémol: les prévisions de démographie, j’ai peur que ce soit un peu comme pour la prévision du climat. Très incertain.

    • Ce n’est pas pour les africains qu’il faut s’inquiéter. Il se développent, et en conséquence leur fécondité baisse. Elle est passée de 6.8 enfants par femme dans les années 60 à 4.4 aujourd’hui. ( https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mographie_de_l%27Afrique#F%C3%A9condit%C3%A9 ). Il finiront à 2 comme nous. Mais ça ne va pas se faire en 2jours. En 2 générations peut-être.
      Non, c’est pour nous qu’il faut s’inquiéter. Car au final, on ne pèsera pas grand chose à coté de la Chine, de l’Inde, et de l’Afrique réunies. Quand ils seront 10milliards, et autant développés que nous, il faudra qu’on essaie de fabriquer autre chose que de la bureaucratie pour être compétitifs.

  5. Les données, depuis plus d’un siècle, démontrent que le taux de natalité est mécaniquement lié à l’accès des populations à une énergie abondante et bon marché. L’accès à l’énergie est probablement le marqueur le plus évident du niveau de vie d’un pays ; plus le niveau de vie augmente, plus le taux de natalité reste dans un intervalle raisonnable.
    Je pense donc qu’il subsiste un risque d’explosion démographique, dans l’hypothèse (sombre) selon laquelle des utopistes parviendraient à imposer la décroissance à grande échelle. A condition toutefois que les gens ne meurent pas de faim. Inutile de souligner la catastrophe écologique qui découlerait d’un tel scenario.

  6. Le développement des pays les plus pauvres est freiné par la religion climatique qui les empêche d’utiliser leurs ressources naturelles fossiles. Dès lors leur démographie va continuer à galoper. Grace aux écolos le retard au développement de nombreux pays a encore de beaux jours devant nous, ce qui constitue un vrai scandale que personne ne souligne.
    Actuellement le CO2 est à environ 450 ppm contre 270 ppm dans les années 60, d’où un accroissement des récoltes et une heureuse baisse de la malnutrition dans le monde. Merci au CO2 ! L’article ne dit pas quelle est l’influence de ce paramètre sur la démographie mondiale. Le CO2 suivant la température de la planète, et non l’inverse, vaut-il mieux espérer une inversion climatique naturelle vers le plus froid, comme les spécialistes des cycles solaires le prétendent  et avoir à choisir entre un refroidissement climatique et une remontée de la malnutrition ? De toute façon nous n’y pouvons rien car dans l’état actuel des connaissances, l’homme n’a pas de moyen d’action sur le climat, via l’effet de serre compris puisque la vapeur d’eau est le GES de très loin le plus important au détriment du CO2 dont le spectre d’absorption des UV est saturé par celui d’H2O, ce qui fait du CO2 un gaz à effet de serre inopérant.

  7. Si il est un domaine où la science ne se trompe guère, c’est bien sur les tendances démographiques.

    Les articles sur le sujet arrivent pourtant, depuis quelques mois, au compte goutte dans quelques journaux. Et je remarque que les commentaires sur ces articles sont souvent très virulents, car oui, le malthusianisme a tellement percolé notre société, que beaucoup, et peut être même une fraction non négligeable des lecteurs de ce site, sont convaincus que nous sommes trop sur Terre.

    C’est peut être une question de bon sens que de se dire cela. Partageons mieux, gérons mieux notre environnement. Mais attention, la chute démographique peut aussi être perçue non pas comme une révolution (celle ci a commencé en 1964 avec l’effondrement mondial de l’indice de fécondité), mais comme une catastrophe. A ce déclin, ce suicide lent, vont s’associer des problèmes aiguës d’emplois. Qui va t on trouver pour les boulots exigeants, fatiguants, dans une société à moins de 1 d’indice de fécondité? Les robots ? Peut être. Les immigrés ? Oui, très certainement. Ceux qui vitupèrent contre l’immigration n’ont pas un wagon de retard, mais en sont encore à la locomative à vapeur à l’époque des TGV.

    Des adaptations profondes de l’humanité sont à anticiper. Et des problèmes générationnels avec le paiement de la retraite à gérer avec un actif pour un retraité.

    Aujourd’hui, je ne suis vraiment pas inquiet du climat, problème finalement d’ingénieur, mais de cette dénatalité, accrue par un climat très anxiogène sur la “fin du Monde”. Ce n’est pas une révolution. C’est une catastrophe.

    • Non, l’immigration n’est surement pas une solution. Mais on quitte le domaine du climat et je ne développerai pas. Il faudrait des pages qui sont hors sujet ici.

    • Ce n’est pas si grave que cela . je m’explique une démographie déclinante n’est pas forcément déclinante ad vitam eternam , pas forcément déclinante à jamais et pour toujours . Quand il n’y aura plus de travailleurs en nombre suffisant , les états sauront bien inverser la tendance baissière . c’est ce qu’à fait la Chine récemment permettant aux couples d’avoir plus qu’un enfant .

  8. La vie n’est qu’une maladie sexuellement transmissible et toujours mortelle. Donc, c’est pas la peine de psychoter, à la fin on en sort toujours.
    Amicalement Dominique

    (Et surtout, ne nous la pourrissons pas, la vie, avec prédictions anxieuses aujourd’hui sans doute aussi infondées que ne l’étaient celles d’hier).

  9. Il y a une dizaine d’années, une université américaine, dont j’ai oublié le nom, avait réalisé un travail de projection entre les décès et les naissances, tenant compte des améliorations sanitaires et agricoles (espérance de vie accrue), des guerres, de nombreuses variations influençant le taux de mortalité et de naissance, pour arriver à la conclusion que l’humanité ne dépasserait pas un maximum de 12 Md d’individus. Valeur à laquelle se créé naturellement un équilibre..

    Cela dit, ajoutons quelques épidémies où l’on demande aux médecins de ne pas soigner (mais cela n’arrivera pas !!!), et on arrivera à nous maintenir sous les 7 Md….

  10. Ce qui importe, ce n’est pas ce qui se passera dans un siècle ou deux siècles, mais ce qui se passe maintenant , dans cinq ans, ou dix.
    On pourrait aussi se demander ce qui se passera dans 150 milliards d’années (peut-être 50 peut-être 200).
    On commence à subodorer, même si c’est à l’encontre des principes d’entropie et de thermodynamique, que dans un univers fini aussi bien dans les très grandes dimensions que les très petites, un univers qui ne colle plus avec le modèle de l’espace euclidien, nous nous retrouverons au même endroit, disant et faisant les mêmes choses, dans un “certain temps” … et il n’y aura nulle part de compteur de tours.
    Pour le moment occupons nous de ce sur quoi nous sommes capables d’agir : le présent et le futur immédiat.

    • Sans aller aussi loin, la fin du siècle est elle-même très incertaine. Par exemple si les cycles solaires de 11 ans n°25 à 30 sont comme certains le disent effectivement peu actifs, nous allons vers une période froide dès 2030. Adieu l’élévation des océans et l’inondation des zones côtières basses. Par contre on manquera d’électricité en hiver, car les éoliennes seront givrées, les panneaux solaires couverts de neige, les centrales sur les fleuves bloquées si les lits sont gelés, etc. Autre exemple, si l’irruption attendue du Yellowstone se produit, les poussières générées entraîneront une mini nuit nucléaire dans l’hémisphère nord.
      Au petit jeu des scénarios catastrophe, tout reste ouvert, et il est même envisageable que les scénarios de la religion climatique soient les moins probables in fine.

      • Ils sont les moins probables . Il va falloir à ces mafias scientifiques , hum soit-disant scientifiques en rabattre . Le temps de la propagande et de la religion dogmatique sur le climat et aussi sur d’autres choses vont cesser dans la honte un jour .

  11. Il me semble que le plus gros problème de démographie pour un avenir proche est l’évolution de la population en Chine qui à cause de la politique de l’enfant unique va être confronté a un papi boom extraordinaire.

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