Une nouvelle étude réévalue l’effet du CO2 sur la photosynthèse effaçant ainsi 17 années d’émissions

Une nouvelle étude ( Haverd et al., 2020 ) estime un puits de carbone terrestre plus important que prévu équivalent à 17 années d’émissions humaines de CO2

Plusieurs sources de données indiquent une augmentation de l’activité de la biosphère terrestre au cours des dernières décennies, ayant eu un impact sur le puits net de carbone terrestre mondial et son contrôle sur la croissance du dioxyde de carbone atmosphérique ( ca ). Mais les contributions relatives des différents facteurs putatifs à cette augmentation n’étaient pas bien connues. 

L’étude confirme que l’augmentation de la concentration de CO2 atmosphérique est bien le facteur dominant et calcule un effet du CO2 sur la photosynthèse en augmentation de 30% depuis 1900, soit 47% pour un doublement de la concentration du CO2 par rapport  au niveau pré industriel (de 300 à 600 ppm). 

C’est deux fois plus que les estimations actuelles (17 ± 4)%. Il s’en suit que dans un futur scénario à faibles émissions, le puits de carbone terrestre atteint 174 PgC ( Pétagramme de carbone ) au cours de la période 2006–2099 soit 57 PgC de plus qu’avec l’effet de fertilisation du CO2 qui était jusque là estimé. Cela équivaut à effacer 17 années complètes d’émissions humaines de CO2.

Ces résultats suggèrent que le rôle bénéfique du puits de carbone terrestre dans la modulation du futur excès de CO2 anthropique est sous-estimé par les modèles actuels. Il s’en suit une élimination du CO2 plus importante que prévue compatible, selon les auteurs avec l’objectif de l’accord de Paris.