Politiques climatiques et évolution de la productivité

Par Rémy Prud’homme

Dans les pays développés, la productivité, ou du moins la productivité du travail (le PIB divisé par la population au travail), augmente peu ou pas depuis une dizaine d’années. On a considéré les pays de l’OCDE, en éliminant à la fois les pays d’Amérique latine (Colombie, Chili) et les pays dont la population est inférieure à 9 millions d’habitants. Reste une vingtaine de pays, principalement mais non exclusivement européens. Dans ces pays, au cours de la période 2015-2021, selon les chiffres de la Banque Mondiale, l’augmentation de la productivité du travail a été en moyenne de 0,6% par an. Elle n’a été supérieure à 1,5% que dans 4 pays (Pologne, Corée, Tchéquie, Etats-Unis). Elle a été négative dans quatre pays (Belgique, Japon, Grèce, Espagne). Avec une stagnation à 0%, la France est dans le bas du tableau, proche du Royaume-Uni (0,1%), de l’Italie (0,2%) et des Pays-Bas (0,2%). C’est une évolution très inquiétante, car elle signifie une quasi-stagnation du niveau de vie dans ces pays, dans nos pays. (Notons au passage que la présentation habituelle des résultats économiques en termes de PIB a pour effet, sinon pour objet, d’escamoter cette stagnation)

Les causes de cette panne de croissance de la productivité sont mal connues. On mentionne : l’épidémie de covid, la désindustrialisation, le télétravail, l’insuffisance de capital, les prix de l’énergie, l’augmentation de l’apprentissage (dans le cas de la France), ainsi que les « politiques climatiques ». Cette note essaye de préciser, et de chiffrer, l’impact de ce dernier facteur. Le verdissement de nos économies entraîne-t-il une diminution de leur productivité ?

A cette fin, on a comparé pour les 19 pays développés retenus l’intensité des politiques vertes et la variation de la productivité du travail durant la période récente (2015-2021). Il est facile de trouver des données pour l’évolution de la productivité du travail : on a pris ceux que publie la Banque Mondiale. Il est plus difficile de trouver des indicateurs de l’intensité des politiques vertes. Plusieurs institutions (la NASA, Germanwatch, le MIT) proposent des indices qui combinent différentes grandeurs. On a préféré un concept plus simple et plus clair, et cependant important et significatif : le taux de décarbonation des pays, défini comme la variation des rejets de CO2 rapportée aux rejets de CO2 de 2015. Ce taux varie de +6% en Pologne à -26% au Portugal.

Le tableau 1 ci-après montre la relation entre décarbonation et productivité. Elle est assez claire : plus la décarbonation est forte, et plus les progrès de la productivité sont faibles. L’équation de la droite de régression (qui résume cette relation) est : 

Productivité = 1,08-0,050*décarbonation

Avec productivité = variation annuelle moyenne en % de la productivité du travail durant 2015-21 ; et décarbonation = variation des rejets de CO2 entre 2015 et 2021, en %. La prise en compte de pays en développement comme la Chine ou l’Inde, où la croissance de la productivité est grande, et la décarbonation négative, « améliorerait » grandement la corrélation ; mais on a considéré que ces pays étaient par trop différents de nos pays développés, et choisi d’ignorer ces pays.

Cette relation est-elle causale ? Il y a de bonnes raisons de le penser. La lutte contre les rejets de CO2 est la principale des mesures du « combat pour le climat », qui est lui-même l’une des priorités de la plupart des pays développés. Ce combat implique en effet des surtaxations, des subventions, des interdictions, et des obligations, qui toutes pèsent sur les coûts des entreprises et des ménages, et qui les conduisent à choisir des biens ou des technologies plus vertueux du point de vue environnemental mais plus coûteux du point de vue économique. La vertu ne paye pas.

Graphique 1 – Engagement climatique et productivité, 2015-2021, 19 pays développés
Sources : Pour la productivité : Banque mondiale, World Development Indicators, PIB/personnes employées, moyenne des variations annuelles, 2012-2022. Pour l’intensité de l’engagement climatique  : Variation relative des rejets de CO2 entre 2015 et 2021, calculée d’après BP Energy Outlook 2023

Certes, la corrélation n’est pas parfaite. Le coefficient de détermination n’est pas très élevé (R2=0,19). Il y a des pays, comme par exemple les Etats-Unis, qui ont à la fois beaucoup décarboné (23%) et sensiblement augmenté leur productivité (1,5% par an). Cette imperfection n’est pas surprenante. La lutte contre le climat ne peut évidemment pas être le seul facteur de la productivité. Mais la relation est robuste, et reflète une réalité ; de plus, peut être utilisée pour chiffrer le coût de l’amélioration du climat, au cours des années passées, et au cours des années à venir.

Un simple coup d’œil sur le graphique, ou une manipulation simple de l’équation de régression, suggèrent en effet qu’au cours de la période considérée une décarbonation de 10 points de pourcentage a entrainé (en moyenne) une perte annuelle de productivité, et donc de production, de 0,6 points de pourcentage. Faisons l’hypothèse que ce rapport restera constant dans les décennies futures. Cette hypothèse est raisonnable, et même prudente ; on sait en effet qu’en matière environnementale le coût marginal de dépollution augmente : faible (parfois même négatif) initialement, il augmente et devient très élevé, voire infini, lorsqu’on approche de 100%.

Appliquons ce rapport au cas de la France. La planification écologique officielle prescrit que nos émissions de CO2 doivent diminuer de 32% entre 2021 et 2030. La productivité moyenne annuelle devrait donc diminuer de 1,9 points. Cette diminution est cumulative. Entre 2021 et 2030 elle sera de 14%. Le PIB de la France, qui était de 2500 milliards d’euros en 2021 devrait donc diminuer de 14%, c’est-à-dire de 350 milliards en 2030. Cette évaluation s’entend toutes choses égales par ailleurs, et en particulier à population, ou plus exactement à nombre de travailleurs, constants.

La mise en œuvre de la politique de décarbonation officielle, si elle était mise en œuvre, réduirait le PIB de la France en 2030 de 350 milliards, ce qui est une évaluation du coût de cette politique pour la seule année 2030[1]. On n’ose pas calculer le coût du 100% de décarbonation décidé officiellement pour 2050[2]. Bien entendu, ces chiffres sont à prendre avec précaution. Ils reposent sur une équation qui peut avoir été influencée par des circonstances exceptionnelles. Mais ce chiffre de 350 milliards d’euros en 2030 fournit un ordre de grandeur raisonnable.

Ce qui est assuré c’est (i) que les politiques de verdissement officielles ont un impact négatif important sur la productivité des économies développées, et (ii) que le coût de cet impact en 2030 se chiffre en centaines de milliards dans un pays comme la France.


[1] Le hasard (ou la réalité) font que ce chiffre est très proche du coût du rêve écologique en France estimé par l’auteur, avec une méthodologie totalement différente, dans un livre récent intitulé : Transition écologique : le coût des rêves

[2] Il dépasse 1000 milliards d’euros pour la seule année 2050.

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38 réflexions au sujet de « Politiques climatiques et évolution de la productivité »

  1. Il n’était pas besoin d’être diplômé de Polytechnique pour penser, dès que le mot a été prononcé, que la décarbonation d’une économie allait avoir un coût financier croissant asymptotique pour atteindre le “Net Zéro Carbone”. Un coût financier supplémentaire mais temporaire peut être socialement acceptable. Mais s’il augmente sans cesse au fur et à mesure qu’on se rapproche du but sans jamais l’atteindre, la casse sociale deviendra insupportable.
    Ceux qui nous prédisaient que la décarbonation allait créer des emplois étaient complètement à la masse, même s’ils se réjouissent secrètement à l’idée (ou plutôt l’idéologie… de voir nos économies entrer en décroissance ultra rapide. Les questions sociales ne sont pas leur problème, mais elles le deviendront s’il se retrouvent en concurrence sévère au Larzac avec des hordes de chômeurs venus comme eux y trouver une maigre subsistance en élevant des chèvres…

    • L’Aveyron est à 5 % de chômage, bien en-dessous de la moyenne nationale et les agriculteurs du Larzac élèvent des brebis de race Lacaune pour les besoins du Roquefort, pas des chèvres. Ils ne sont pas plus malheureux qu’ailleurs.
      Laissez J Bové de côté, il n’est pas Aveyronnais.

      • On devrait déménager Paris dans l’Aveyron…
        Je n’ai rien contre les éleveurs de chèvres et de brebis, d’autant que j’ai une prédilection pour le Roquefort. Il faut de tout pour faire un monde… J’espère cependant qu’une bonne partie de nos enfants ont d’autres ambitions
        L’élevage de ces cheptels semble promis à un brillant avenir puisqu’on apprenait hier que le niveau de vie des européens est en baisse constante depuis un quart de siècle quand on le compare à celui des Etats Unis. Et le Brexit qui devait plomber pour toujours l’avenir de la Grande Bretagne semble plutôt lui réussir puisque son PIB vient de dépasser celui de la France, avec pourtant une population légèrement inférieure.
        Merci l’Europe et son Net Zéro !

        • à Jack : Quels sont vos indicateurs de “niveau de vie” ?
          Si je prends l’espérance de vie en bonne santé, elle est de 6-7 ans supérieure en France, Italie ou l’Espagne par rapport aux É-U.
          En considérant le taux de suicide, il est 50% supérieure aux É-U par rapport à la France, ou l’Allemagne, le triple par rapport à l’Espagne ou l’Italie.
          Le taux de pauvreté est deux fois plus important aux E-U qu’en France (derniers chiffres OCDE) et est supérieure à celui des pays qui nous sont limitrophes.

          C’est sûr que si vous prenez le nombre de milliardaires ou le CA global des entreprises alors la balance penche en faveur des américains. Il s’agit de savoir ce que l’on veut.

          • Effectivement l’éventail des revenus s’est élargis aux USA: Les riches sont très nettement plus riches que les riches européens, mais malgré cela les salaires les plus bas en Amérique ont beaucoup plus progressé que ceux des smicards français, alors qu’ils étaient à peu près équivalents il y a un quart de siècle.
            D’ailleurs si le standing de vie en Amérique était si mauvais que vous le décrivez, l’immigration ne serait pas aussi massivement pressée à ses frontières.

          • Jack, je ne crois pas avoir dit que le standing de vie américain était mauvais et ce n’était pas mon objectif. Je vous ai simplement montré que sur certains indicateurs clés qui donnent une image fidèle, à mon sens, du “niveau de vie”, nous étions et restions meilleurs que les américains.
            Quant à dire que les E-U restent une destination privilégiée pour les migrants d’Amérique centrale et du sud, j’aurais tendance à évoquer le 2nd principe de la thermodynamique. Même si vous divisiez le revenu par habitant pas deux aux E-U, il resterait toujours supérieur à tous les autres pays américains. Ceci expliquant cela.

          • On ne voit pas trop ce que le taux de suicide vient faire dans l’estimation du niveau de vie, qu’il ne faut pas confondre avec le bonheur brut ou net, indéfinissable collectivement sauf en URSS où le bonheur fut décrété autoritairement, ou avec l’IDH, indicateur qui a la fâcheuse tendance à être corrélé avec le PIB, voire avec le QI. Décidément, inventer des indicateurs synthétiques n’est pas chose aisée.

            Par ailleurs, vous pouvez avoir une espérance de vie plus courte que vos voisins tout en étant plus riche qu’eux. On le voit encore une fois, l’espérance de vie (en bonne santé ou pas, quoi que ce gémissement à la Calimero puisse signifier) n’a rien à voir avec le niveau de vie.

            Oui, il s’agit de savoir ce qu’on veut, mais seulement à titre individuel. La réponse à cette question ne doit surtout pas être imposée par l’Etat qui, sinon, sort de son domaine de compétence régalien, dévoiement de l’intérêt général confondus avec des intérêts particuliers, dérive tyrannique de la démocratie quand elle prétend s’immiscer dans la vie privée des individus.

            Quand on confond tout et son contraire, on se condamne à raisonner faussement. Tout est faux chez les écolos.

  2. Il serait intéressant d’étudier la corrélation entre la productivité et le nombre de décisions politiques prises par idéologie, c’est à dire sans chiffrage préalable.
    La decarbonisation en est une, parmi d’autres.
    Cela expliquerait à mon avis l’exception américaine, les États-Unis restant un pays empreint de rationalité, pour des raisons culturelles.

    • L’immigration non choisie et sans limites dans nos pays est tout aussi idéologique.
      Je me souviens qu’il y a plus d’une dizaine d’années certains estimaient son coût annuel pour la France aux alentours de 80 milliards d’Euros.
      Le récent rapport de la Cour des Comptes publié début janvier après les pantalonnades que chacun connait au sujet de la Loi mort-née sur l’immigration n’annonce aucun chiffre, mais on peut douter qu’il lui soit inférieur.

  3. Et malgré cette décarbonation, la température mondiale moyenne augmente année après année, preuve de l’échec total et de l’inutilité de toute cette décarbonation.
    Le climat n’en a stric-te-ment rien à “foutre” de cette politique et agit comme bon lui semble, nos dirigeants n’ont pas encore compris cela.
    Pôvres de nous 😥

  4. Je suis étonné de voir que l’on oublie toujours l’augmentation de la réglementation et de la complexité administrative pour expliquer la stagnation ou la baisse de la productivité. En tant que chef d’entreprise, si moi ou mes salariés nous passons plus de temps à gérer la complexité administrative et la réglementation, il me semble évident qu’il nous restera moins de temps pour réaliser du travail réellement productif. Je ne dis pas qu’il faut supprimer toutes les normes et l’administration (j’ai moi-même été longtemps salarié et je ne suis pas un esclavagiste, loin de là), je dis juste qu’il faut retrouver un autre équilibre car nous nous sommes allés trop loin, nous devons revenir à une base plus raisonnable. Je défie d’autre part tout chef d’une petite entreprise de connaître toute les réglementations ne serait-ce que sur le droit du travail.

  5. Sauf que le CO2 atmosphérique continue de monter sans que nous sachions pourquoi. Dans ces conditions la productivité des récoltes et de la pèche augmente, et heureusement pour les 10 milliards prochaines têtes à nourrir, le vrai problème de la Terre. Heureusement Dame Nature rattrape les conneries des hommes égarés dans leurs idéologies.

    • La nature n’est pas une dame, elle n’analyse pas les conneries des hommes et ne peut pas les rattraper; elle n’a ni droit, ni choix, ni projet. Ce tropisme anthropomorphique, c’est bon pour les bobos crétins du 11è arrondissement.
      Ce qui “rattrape”, c’est simplement le second principe de la thermodynamique.

      • Un principe physique, donc incontournable, mais malheureusement peu connu. Comme conséquence, le rendement de n’importe quel moteur thermique, du diésel à la turbine nucléaire, en passant par le turboréacteur est bien loin de 100 %. Un rendement d’un tiers dans le meilleur des cas, le reste de l’énergie mise en jeu va réchauffer la planète.

    • @Zagros : Ce n’est bien sûr pas aussi simple. Une méta analyse menée en partie par l’INRAE fin 2020 a montré que si la productivité augmente – ce n’est pas vrai pour toute les cultures – la qualité elle-même décroit, avec une diminution de la concentration en protéines, minéraux et vitamines.

      Par contre je n’ai pas eu d’information pour la pêche et je serai intéressée d’avoir les études qui montrent que l’augmentation de la concentration de CO2, donc de l’acidification des océans, amène à une amélioration de la ressource marine.

      • Via le plancton lit-on.
        Quant à l acidification rien n’est moins sûr, le CO2 dissout se dépose dans les sédiments et le pH serait plutôt stable .

      • Avec un pH globalement alcalin, proche du neutre, les océans ne s’acidifient pas. On relève des variations locales, sans explications claires, le pH restant en moyenne supérieur à 8, sans qu’aucune variation notable à la baisse ne puisse être mise en évidence dans le temps.

        Acidification = acide = -cide = géno-cide, homi-cide, etc.

        Voilà la seule raison de l’emploi du vocable, culpabiliser l’humanité à peu de frais par association d’idées. L’acidification est juste de la propagande terroriste, de la foutaise politicienne pseudo-scientifique propagée par des malins en recherche de grasses subventions. Avoir son bureau flottant sur les mers chaudes du globe au prétexte de l’acidification imaginaire, c’est se faire payer une vie de rêve par les con-tribuables.

        Non, les océans ne s’acidifient pas. Tout est faux chez les écolos.

      • @Vijay : vous avez lu la méta analyse que j’ai indiqué au-dessus ? Les rendements augmentent (et encore cela dépend des cultures) quand dans le même temps la qualité diminue. Vous préférez vous en remettre à Vijay Jayaraj de la coalition du CO2 plutôt que de lire des études étayées ?
        Quant à la production, elle a augmenté parce que les surfaces cultivables ont augmenté en Inde. La productivité, elle, a peu augmenté sur les dix dernières années.
        D’ailleurs si la situation était si idyllique, le gouvernement n’aurait pas freiné autant les exportation depuis plusieurs années.

        • Depuis les années 60, la population en Inde à été multipliée par 3.
          A cette époque, il y avait encore des famines dans ce pays qui tuaient des millions de personnes.
          L’augmentation du CO2 dans l’atmosphere et l’utilisation des engrais synthétiques jointe à une forte mécanisation ont permis à l’agriculture indienne de nourrir de nos jours à leur faim 1,5 milliards d’indiens tout en faisant de ce pays un exportateur net de denrées alimentaires,
          Oui : “Gratitude for the carbon dioxide” !!!

  6. Le blocage des sites de Sciences-po Paris et Lille, de l’école de journalisme de Lille, ou encore du département d’études politiques de l’Université Jean Monnet à Saint-Etienne mettent à jour deux réalités qui expliquent la couverture médiatique lunaire sur les questions du climat :

    1. Les étudiants de ces instituts qui manifestent ont un niveau en géographie politique, économie et histoire politique extrêment faible.
    2. Les étudiants de ces instituts qui manifestent sont sous la coupe de mouvements radicaux d’extrême gauche.

    En effet, d’où sont issus de très nombreux journalistes des médias grand public, auto-proclamés “spécialistes du climat” ?

    Thomas Baïetto, France 2, Science Po
    Audrey Garic, Le Monde, Science Po Toulouse et ESJ Lille
    Stéphane Foucart, Le Monde, ESJ Lille
    Alexandra Bensaid, France Inter (France TV), Science Po Paris
    François Gemenne, RTBF (Belgique), GIEC, Doctorat Science Po Paris
    … etc. etc. etc.

    Ce n’est d’ailleurs pas étonnant quand on constate que la politisation des enseignements n’est même plus cachée au sein de ces instituts:
    https://www.sciencespo.fr/ecole-journalisme/fr/actualites/ia-climat-et-enquete-demandez-le-programme-2023-2024/

    Urgence environnement
    Il est urgent de “mieux transmettre les informations sur le changement climatique”, pointe le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Une adresse directe aux journalistes et aux médias, qui oblige un apprentissage approfondi.
    A l’École de journalisme de Sciences Po, l’enseignement “Politique de la Terre” est obligatoire dès le premier semestre pour les M1, et ce, depuis 2020.

    Pour ma part, je n’hésiterais pas à me dresser contre ceux qui utiliseront un quelconque argument d’autorité lié à ces formations, qui sont devenues des carricatures d’ignorance et de bêtise crasse.

    Certes, on peut rétorquer que nos bonnes vieilles grandes écoles d’ingénieur ne sont pas en reste, par exemple en citant le célèbre JM Jancovici, toujours prêt à promouvoir les idées radicales sur lesquelles il a bâti son business. Je n’affirme pas que cela à quelque chose à voir avec ses 40% des parts de Carbone 4, dont le CA en 2021 s’élevait à 10M€. Mais le coeur de leur formation n’est pas le journalisme, ni l’étude objective des phénomènes économiques, sociaux ou de la géographie politique.

    En d’autres termes, je pense qu’à Polytechnique les étudiant(e)s savent résoudre des équations ou comprendre l’essence d’un cours d’économie ou de management.

    Je sais maintenant qu’à Science Po ou à l’ESJ, le niveau de compréhension en géographie politique, en politique internationale, en sciences de données, frise le néant. Concours ou pas concours : si le critère de sélection d’entrée est de répéter des âneries lues sur Le Monde ou entendues sur France Inter, histoire de ne pas être trop dépaysé une fois sur place, ce n’est plus un critère intellectuellement pertinent.

  7. Vous omettez de préciser “en politique”, c’est à dire un département d’Harvard parmi de nombreux autres. Il ne s’agit donc absolument pas “de la troisième université au monde”.
    D’autre part la bibliométrie est une science établie, que cela vous plaise ou non. Juger de la qualité, même en sciences dures, ne se fait pas au volume.
    Concernant cette qualité, prendre parti pour la Palestine sans aucun discernement ni aucune mesure, au point de bloquer des institutions, montre une absence totale de recul et de savoir. Le sujet du climat le confirme, mais cela on le savait déjà. Pour apprendre à jouer du pipo, je veux bien admettre que sciences politiques n’est pas si mal.

  8. AFP
    sam. 4 mai 2024 à 8:14 AM UTC+2

    “Ces dernières semaines, une chaleur extrême a enveloppé l’Asie, de l’Inde aux Philippines, provoquant des décès par insolation et des fermetures d’écoles.

    Le changement climatique induit par l’homme entraînera des canicules plus fréquentes, plus longues et plus intenses, avertissent régulièrement les scientifiques.”

    Instrumentation d’un phénomène météorologique, avec le mot “décès” juste avant la mention du “changement climatique induit par l’homme”, un autre sujet abordé sans mentionner que ce lien de causalité est une hypothèse, ni que le climat change constamment par nature, étant dépendant de multiples phénomènes de nature chaotique. Le tout en se protégeant par un sophisme d’autorité : “LES scientifiques” (enfin, pas le prix Nobel de physique 2022, vous voyez, le sophisme d’autorité ça coûte rien et ça peut rapporter gros).

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