Le nombre d’ouragans est en diminution aux États-Unis

Même s’il a été rétrogradé en simple tempête tropicale, l’ouragan Florence a relancé les spéculations sur le lien entre réchauffement climatique et l’intensification de l’activité cyclonique. Nous avons traité de ce sujet sur ce site il y a tout juste un an à propos de l’ouragan Harvey. Nous indiquions que sur les 35 cyclones les plus violents (catégorie 3 ou supérieures) ayant frappé les Etats-Unis, 17 sont survenus avant 1950, 11 entre 1954 et 1989, et 7 entre 1992 et 2010. Le cyclone le plus intense est FL Key (1935) suivi de Camille (1969), Katrina (2005) arrivant en 3ème position.

Le Dr Roy Spencer (*) a récemment publié sur son site une série de 3 articles qui montre que le nombre des ouragans ayant frappé les Etats-Unis est en diminution depuis les année 1930.

En voici ci-dessous le résumé.

Contrairement à une idée communément répandue, le nombre de cyclones de catégorie 3 et supérieure ayant frappé les États-Unis a diminué de plus de 50% depuis les années 1930. Le graphique ci-dessous établi à l’aide des données fournies par le NHC (National Hurricane Center) illustre cette tendance baissière, perceptible depuis le début des mesures (1850), plus marquée à partir des années 1930.

Ouragan

Source : Roy spencer/(NHC) National Hurricane Center

On pourra objecter que la décennie en cours n’est pas encore terminée; mais en supposant que la moyenne à long terme de 6 tempêtes par décennie se poursuive pendant les 2,5 saisons d’ouragans restantes, la tendance reste à la baisse, sensible depuis le début des mesures (1851), plus marquée depuis les années 30.

Pourquoi ce choix des années 1930 comme point de départ ?

C’est parce qu’un récent rapport de la NOAA (janvier 2018), indique que les 36 ouragans les plus coûteux de l’histoire des États-Unis se sont tous produits depuis les années 1930. Cette présentation est tendancieuse car elle suggère que l’activité cyclonique s’intensifie.

En réalité il n’en est rien comme le montrent les 2 graphiques ci dessous  :

NHC

Source : Roy Spencer/NHC/NOAA

Le graphique du haut (issu du rapport de la NOAA) montre l’augmentation des dommages monétaires provoqués par les 36 tempêtes les plus coûteuses; celui du bas (issu des données du NHC) montre que le nombre des ouragans (qu’ils aient causé des dégâts importants ou non) est en diminution, notamment les ouragans majeurs (catégorie 3 et supérieure) qui marquent une tendance certaine à la baisse depuis les années 1940. L’augmentation des dégâts causés par les ouragans n’est pas due à une augmentation de leur nombre ou de leur intensité, mais à celle de la valeur des infrastructures vulnérables dans un pays plus peuplé et plus prospère. C’est ce que confirme Roger Pielke dans son essai Disasters & Climate Change.

A propos de l’ouragan Florence

Par coïncidence, l’ouragan Florence aura produit ses effets dévastateurs pendant le Sommet mondial sur l’action pour le climat (12-14 septembre) à San Francisco. Les participants à cette conférence ne manqueront pas de pointer Florence comme l’exemple annonciateur de ce à quoi nous devons nous attendre avec le réchauffement climatique.

Pourtant les données de la NHC (National Hurricane Center ) n’indiquent aucune augmentation statistiquement significative du nombre des ouragans majeurs dans les deux Carolines, comme le montre le graphique ci-dessous :

Ouragans dans les Caroline

Source : NHC : (Florence étant supposé avoir atteint la Cat3 +)

Le même constat peut être fait pour Floride.

Certes les Carolines ont été frappées par de puissants ouragans dans les années 1950, notamment l’ouragan Hazel en 1954 qui a causé d’importants dégâts, jusqu’au au nord de Toronto. La destruction de Myrtle Beach par Hazel a d’ailleurs conduit à un effort massif de reconstruction qui a transformé cette communauté pour toujours.


(*)  Le Dr Roy Spencer est chercheur à l’Université de l’Alabama à Huntsville. Il est connu pour son travail sur la surveillance de la température par satellite. Il a reçu avec le Dr John Christy de la NASA une médaille  pour accomplissement scientifique exceptionnel.