Mesure du niveau des mers par satellite : le compte n’y est pas !

Arthur Corentin

En juillet 2025, la revue Ocean Science de l’EGU (European Geophysical union) publiait un article, issu d’une coopération franco-italienne, sur le budget du niveau des mers pour diverses régions du Globe, sur la période 2004-2022 [1]. Le but de cette étude était de comparer les données d’altimétrie spatiale obtenues avec le satellite GRACE et son successeur GRACE-FO, aux mesures de chaque contribution aux variations de volume des océans, faites par des moyens indépendants. Je propose ici d’en faire une synthèse.

1 – L’altimétrie spatiale

Les mesures d’altimétrie spatiale faites avec les satellites GRACE, reposent sur l’utilisation de télémètres microondes (Bande-K) qui mesurent les changements de vitesse et de distance entre deux satellites qui se suivent à environ 220 km l’un de l’autre, sur une orbite polaire à 490 km au-dessus de la Terre [2]. Lorsque le premier satellite passe au-dessus d’une région où la gravité est légèrement plus forte, il est légèrement accéléré vers l’avant par rapport au satellite qui le suit. De ce fait, la distance entre les satellites augmente. Une fois l’anomalie passée, il ralentit à nouveau, alors que celui qui le suit accélère, puis décélère au même endroit. En mesurant l’évolution de la distance entre les deux satellites et en combinant ces données avec les mesures de positionnement fournies par le système GPS, il est possible d’établir une carte des anomalies gravitationnelles de la Terre.

Pour éliminer l’effet des forces non gravitationnelles qui agissent également sur ces satellites (par exemple, la traînée, la pression du rayonnement solaire), ils sont équipés d’accéléromètres électrostatiques situés près de leurs centres de masse respectifs. Les variations de gravité mesurées sont liées à une redistribution constante des masses à l’intérieur de la Terre (eau sous-terraines par exemple) ou à sa surface, à la surface des océans, aux pôles, etc.

2 – Les composantes du niveau des mers

Si l’on s’intéresse au niveau des mers, celui-ci varie en fonction de plusieurs composantes :

– une composante stérique qui traduit l’effet des changements de température et de salinité des masses d’eau. Ces variations sont liées au forçage des vents de surface qui provoquent du mélange, à la chaleur absorbée qui provoque un effet de dilatation ou de contraction et aux apports d’eau douce qui réduisent la salinité et donc la masse volumique. L’effet du vent est particulièrement sensible au niveau des tropiques et aux hautes latitudes, alors qu’au latitudes moyennes et hautes (Atlantique Nord par exemple) ce sont les flux de chaleur (effet thermostérique) et d’eau douce qui domine cette composante, et cette composante stérique est le principal facteur qui détermine le niveau des mers. Son amplitude peut être de plusieurs mm/an.

– Une composante manométrique qui dépend des afflux d’eau douce (composante baristatique) et de la redistribution des masses d’eau en lien avec la circulation océanique. L’ajout d’eau douce couvre l’océan global en quelques semaines par ajustement barotrope.

– Une composante de charge atmosphérique. La surface océanique peut monter de 1 cm si la pression atmosphérique décroit de 1 mbar. Cette composante peut être estimée en utilisant les données de stations météo.

– une composante appelée GRD pour Gravité, Rotation et Déformation de la Terre. Elle comprend une contribution appelée GIA, relative au résultat de la redistribution des masses de glace et d’eau de la dernière déglaciation, et une contribution contemporaine due à la fonte des glaces continentales et aux variations des stocks d’eaux continentales. L’effet du GIA sur le niveau des mers est estimé à – 0,3 mm/an, alors que l’effet de la composante GRD est inférieur à 0,5 mm/an excepté au niveau des zones de glace où il peut être d’environ 1 mm/an.

3 – La mesure de tous ces paramètres

L’altimétrie spatiale permet d’observer le total de ces composantes. Les données sont corrigées de l’effet de la contribution GIA, et l’incertitude type sur la vitesse d’augmentation du niveau des mers est estimée à 0,3 mm/an au niveau global et à 1 mm/an à l’échelle régionale (c.a.d. avec un niveau de confiance de 68 %), en particulier dans les zones côtières. Ce sont les valeurs généralement affichées, mais elles signifient que, dans ces zones, la vitesse d’augmentation mesurée peut être comprise entre 0 et 3 mm/an si l’on désire travailler avec un niveau de confiance approximatif de 99 % (0 à 0,9 mm/an au niveau global).

La composante stérique est évaluée à partir des données des flotteurs du réseau ARGO. Ce réseau est constitué de flotteurs qui descendent automatiquement à 2000 m de profondeur, dérivent pendant 10 jours puis remonte pour émettre leurs données, en réalisant des mesures de température et de salinité, sur 58 profondeurs mesurées par un capteur de pression [3]. La salinité est une grandeur calculée à partir de mesures de température, conductivité et pression. Les cellules de conductivité sont très sensibles aux phénomènes de dérive, et des corrections de post traitement sont nécessaire pour les corriger. Elles se traduisent le plus souvent par une augmentation de la salinité enregistrée. Des corrections ont dû être apportées aux données mesurées entre 2015 et 2024 car cette dérive avait un effet significatif pour clore le budget du niveau des mers.

Ce réseau, dont les flotteurs sont répartis sur les mers du Globe pour avoir une résolution spatiale théorique de 1° x 1°, est une composante essentielle pour valider les données d’altimétrie satellite. A ce jour, il ne couvre que partiellement les profondeurs supérieures à 2000 m. Seuls quelques flotteurs appelés DeepArgo ont été déployés pour couvrir les zones jusqu’à 4000 m et 6000 m de profondeur. La contribution de l’océan profond est faible. Elle est estimée à 0,1 mm/an (0,13 ± 0,16 mm/an mesurés par des DeepArgo dans le Pacifique Sud entre 2014 et 2024).

Dans le travail publié dans Ocean Science, la composante manométrique a été estimée par deux méthodes indépendantes. La première est basée directement sur les données gravimétriques des satellites GRACE et GRACE FO. La seconde est basée sur l’utilisation de modèles océanographiques qui procurent des variations du niveau des mers basées sur les changements de masses volumique des océans et sur la circulation océanique, les niveaux calculés étant corrigés des variations de pression atmosphérique. Ces variations sont recalculées, et une empreinte GRD leur est ajoutée.

Essayer de valider les données d’altimétrie satellite par des mesures indépendantes, est donc d’une grande complexité.

4 – Les résultats obtenus

La figure 1 montre la tendance globale du niveau des mers entre janvier 2004 et décembre 2022 avec en a), le résultat des mesures altimétriques, en b) la composante manométrique, en c) la composante stérique obtenue avec le réseau ARGO, décomposée en composantes thermostérique en d) et halostérique en e). En f) est représenté ce qui reste quand on soustrait la somme des composantes calculées aux mesures d’altimétrie spatiale.

Figure 1 : tendances du niveau des mers entre janvier 2004 et décembre 2022. Tiré de : Ocean Science, 21, 1425-1440, 2025.

Dans les régions du Pacific sud, de l’Atlantique sud et du sud-ouest de l’océan Indien, le bilan est plutôt satisfaisant car les résidus sont dans l’incertitude des mesures altimétriques. Dans ces mêmes régions, le graphique a) montre qu’il n’y a pas de tendance significative. Comme on peut le constater avec les réseaux de marégraphes côtiers, l’augmentation du niveau des mers n’est pas homogène sur toute la planète. Par contre, les erreurs sont les plus grandes dans les régions où les augmentations sont les plus importantes. Les erreurs visibles dans l’est de l’océan Indien et sur la côte du nord de l’Indonésie, sont à priori imputables au tremblement de Terre de Sumatra en 2004.

Celles visibles au niveau de l’Atlantique nord sont plus difficiles à expliquer. Une analyse a été réalisée pour voir l’impact du mouvement du géo-centre de la Terre et des corrections de GIA. Elle montre que ces composantes contribuent au résidu observé en Atlantique Nord, cependant, quand les corrections de mouvement du géo-centre sont appliquées, elles augmentent les résidus dans les autres régions du Globe. La composante manométrique a également été réanalysée en utilisant d’autres modèles de réanalyse. En Atlantique Nord, un résidu positif apparaît à chaque fois, il est cependant plus important avec les données de GRACE.

Afin de voir la tendance de chaque région et de l’Atlantique nord en particulier, une moyenne régionale de chaque composante a été réalisée. Elle est visualisée sur la figure 2 a). Une moyenne globale a également été réalisée en excluant l’Atlantique nord (figure 2 b)). Sur la figure 2 c) sont représentés les résidus de l’Atlantique nord. Elle montre clairement que le budget de l’Atlantique nord ne peut pas être clos, et que les résidus augmentent au cours du temps. La tendance est la même au niveau global (océan Atlantique nord exclus), mais dans une moindre mesure (figure 2 d).

Une autre analyse a été réalisée afin de voir si le signal résiduel concernant l’atlantique nord suit une tendance ou contient des oscillations basses fréquence. Il s’avère qu’il y a bien une forte pente résiduelle, mais superposée à une période d’oscillation de 11 ans. Des fluctuations relatives à ENSO sont également visibles.

Figure 2. Moyennes régionales des composantes du niveau de la mer, pour l’Atlantique nord a), et pour tous les océans, Atlantique nord exclus b). Tiré de : Ocean Science, 21, 1425-1440, 2025.

5 – Conclusion

Cette étude visait à faire le point sur les tendances régionales du niveau de la mer à partir des données des satellites GRACE entre 2004 et 2022, période durant laquelle le réseau des flotteurs dérivants ARGO a été mis en fonction progressivement, remplaçant les sondes perdables du type XBT [4], dont la traçabilité métrologique et le budget d’incertitude sont difficile à établir.

Malgré l’utilisation de plusieurs jeux de données différents pour évaluer la composante manométrique, le budget de l’Atlantique Nord ne peut pas être clos et les résidus ne sont pas situés dans les mêmes zones selon les bases de données utilisées.  Pour les autres régions, la somme des composantes entre dans les incertitudes des mesures d’altimétrie spatiale.

L’étude met en cause la fiabilité des données de salinité en Atlantique nord, obtenues à partir des profileurs du réseau ARGO mais elle souligne aussi que les incertitudes de mesure des satellites GRACE ne sont pas négligeables.

Contrairement aux affirmations que l’on voit dans certains articles réchauffistes, il est donc nécessaire de rester prudent dans l’interprétation et l’utilisation des données d’altimétrie spatiale, sans remettre en cause leur utilité. Les satellites de nouvelle génération du type SWOT [5], permettront peut-être d’en savoir plus grâce à leur meilleure résolution. Cependant, prédire l’évolution du niveau des mers n’est pas une mince affaire.


[1] – https://os.copernicus.org/articles/21/1425/2025/

[2] – https://gracefo.jpl.nasa.gov/resources/50/how-grace-fo-measures-gravity/

[3] – https://www.euro-argo.eu/

[4] – https://fr.wikipedia.org/wiki/XBT

[5] – https://fr.wikipedia.org/wiki/Surface_Water_Ocean_Topography

Partager

29 réflexions au sujet de « Mesure du niveau des mers par satellite : le compte n’y est pas ! »

      • « tout le monde les interprête comme il veut »… oui, quand on est climato-surréaliste, on fait ce qu’on veut des mesures, c’est sûr ! Du vandalisme.

        La démarche scientifique est un tout petit peu différente.

        • La « démarche scientifique » selon Stephen Schneider, une de vos idôles réchauffistes, professeur de climatologie à Stanford, auteur et coordinateur au GIEC : « D’une part, en tant que scientifiques, nous sommes liés éthiquement à la méthode scientifique, promettant en effet de dire la vérité, toute la vérité, et rien que – ce qui signifie que nous devons inclure tous les doutes, les mises en garde, les si, et et mais. D’autre part, nous ne sommes pas seulement des scientifiques mais aussi des êtres humains. Et comme la plupart des gens, nous aimerions voir le monde meilleur, ce qui dans ce contexte se traduit par notre travail pour réduire le risque de changement climatique potentiellement désastreux. Pour ce faire, nous devons obtenir un soutien plus large, afin de capter l’imagination du public. Cela implique bien sûr d’obtenir une couverture médiatique importante. Donc, nous devons proposer des scénarios effrayants, faire des déclarations simplifiées et dramatiques, et mentionner peu les doutes que nous pourrions avoir. » (interview d’octobre 1989 dans le magazine Discover)

          Sacrés exemples d’éthique, d’objectivité et de rigueur scientifique, les climato-véreux.

    • Encore du bidon complet : le « niveau des mers » est une absurdité et une notion qui n’a pas plus de sens que mesurer le réchauffement en faisant une moyenne de températures ce qui est une hérésie scientifique. La Terre n’est pas ronde, c’est une patate qu’on assimile à un géoide dont le centre est réajusté de temps en temps pour le faire coïncider au plus près à la surface terrestre. Le dernier changement date je crois de l’an passé et a détrôné l’Everest de sa position de plus haut sommet du monde au profit d’une autre montagne en Amérique du Sud. La surface des mers est loin d’être plate, entre la pointe Sud de l’Inde et Jakarta en Indonésie il y a (ou avait) une centaine de mètres de différence ! Alors c’est quoi le niveau des mers ? … une absurdité. Ce qu’il faudrait mesurer c’est la variation du volume d’eau des mers, ramené à une eau standard …. on est loin de pouvoir le faire je crains. Quand aux mesure des satellites ils peuvent mesurer la hauteur des vagues par la, largeur du signal de retour de leur radar mais supposer qu’ils seraient capables de mesurer une hauteur quelconque au millimètres supposerait qu’on soit capable de mesurer leur hauteur avec la même précision … peut-être faudrait-il arrêter de prendre les gens pour des idiots, en dépit du fait qu’ils représentent hélas une majorité ! … si ps d’accord écriveznamy@aol.com0

      • Mr Bonnamy,
        le géoïde provient précisément des anomalies gravitaires des fonds marins. Ces anomalies font effectivement que la surface des océans n’est pas plate.
        Ce sont ces anomalies de gravité que mesurent les satellites Grace et Grace-FO, et les spécialistes essayent d’en extraire les variations du niveau des mers, avec les incertitudes décrites dans l’article, qui font que l’on ne peut pas démontrer totalement leur pertinence pas des moyens indépendants.
        La nouvelle génération de satellite du type SWOT n’est pas basée sur le même principe de mesure que Grace et Grace-FO. Ils sont dotés d’altimètres radar qui, effectivement, ont permis récemment de mesurer la hauteur des vagues les plus hautes. Reste à savoir s’ils seront capable de suivre l’évolution relative du niveau des mers.

  1. Il y a un truc que je ne pige pas dans cet article. Il est reconnu que la principale cause de la hausse du niveau des océans est l’apport massique lié à la fonte des glaces continentales. Cette cause essentielle n’est citée que comme effet indirect sur la salinité et les corrections GIA. Quelqu’un a une explication ?

    • « 2.2 Manometric component

      The total manometric sea level change has two components: (1) the total water mass added to the ocean (the latter being called barystatic component) due to land ice melt and to the exchange of water with the continents and (2) the spatial redistribution of water mass by the ocean circulation (Gregory et al., 2019). »

      🙄

      D’ailleurs les mêmes auteurs (prolifiques) publient aussi des articles sur des variations à encore plus court terme. Voir par exemple Llovel et al., Cause of Substantial Global Mean Sea Level Rise Over 2014–2016″, GRL 2023, https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2023GL104709

      Evidemment, il est bien plus important de savoir ce qui se passe à plus long terme. Si ça vous intéresse, lisez par exemple Frederikse, T. et al., 2020: The causes of sea-level rise since 1900. Nature, 584(7821), 393–397, doi: 10.1038/s41586-020-2591-3.

      Mais bon, des articles dans Nature et GRL, ce n’est pas crédible pour vous, je vois bien. Ceci dit, Ocean Science est un journal de l’EGU, assez reconnu aussi dans la communauté scientifique. Vous devriez donc l’éviter, phi.

        • Ah, encore quelqu’un qui utilise les mesures brutes du PMSL sans essayer de comprendre ce qu’il y a derrière, ou peut-être pire, en cachant les précautions nécessaires, dans l’objectif évident de désinformer ? Ca alors, et ça de votre part, phi.

          Lisons donc ce qu’en dit le PMSL lui-même : (https://psmsl.org/products/reconstructions/) :

          « Tide gauge records are the primary data set used to determine the historical (100-200 year) sea level changes. They provide excellent measurements of relative sea level changes (related to the Earth’s crust) at a particular location. However, there are two main limitations for tide gauge records:

          being attached to the land, which can move vertically
          being poorly distributed around the world, located at continental coastlines and on islands

          Carefully selected away from tectonically active areas and corrected for postglacial rebound (the vertical motion of the Earth’s crust since the last deglaciation), a limited number (up to 24) of long term records have been used to estimate the linear trends in global sea level. Use of the limited number of historical records mostly located in Northern Hemisphere could lead to a possible larger error source for global sea level changes estimates due to poor spatial sampling of the tide gauges. If we are aiming to understand the non uniformed changes in global or regional sea level for the past 200 years, or to understand the role of inter-annual, decadal, or multi-decadal variability then there is a challenge to use a substantial amount of data collected by different countries that is available from the Permanent Service for Mean Sea Level.

          There are several reconstructions available here:

          Global Sea Level Reconstruction by Church and White, GRL 2006, with an update in 2011.
          Global Sea Level Reconstruction 1807-2002 by Jevrejeva et al., JGR 2006.
          Global Sea Level Reconstruction 1700-2002 by Jevrejeva et al., GRL 2008.
          1900-2009 Global Sea Level Reconstruction from Ray and Douglas, Prog. Oceanogr. 2011.
          Global Sea Level Reconstruction 1807-2010 by Jevrejeva et al., GPC 2014.
           »

          Bon, leur liste de publications mériterait une petite mise à jour, je suis d’accord. Par exemple, on peut prendre un publication très récente pour les données depuis 1900 : https://essd.copernicus.org/articles/17/5507/2025/

          Ca monte, quoi…

          • Anton,
            Comme tout climatologue qui se respecte, vous êtes brouillé avec les observations.
            La courbe du taux que je vous ai présentée est cohérente avec les courbes équivalentes chez Dangendorf, Jevrejeva, Church et autres spécialistes.
            Cette courbe cherche à approcher l’effet réel sur les côtes et n’est donc pas corrigée pour tels et tels bonne ou mauvaises raisons. Comme ces côtes seraient dangereusement menacées par la hausse du taux de CO2, je vous demande juste de me dire où cet effet apparaît.

            S’il y a bien accélération de la hausse depuis les années 1980, l’accélération des années 1920 à 1940 a été un peu plus soutenue.

            Pas plus de crosse de hockey avec le niveau marin qu’avec n’importe quelle autre jeu d’observations.

            Cela n’a pas de sens de prétendre que le CO2 a un effet catastrophique sur tout et n’importe quoi et être incappable de le mettre en évidence où que ce soit.

    • La moyenne des marégraphes asservis à une balise GPS altimétrique donne depuis des années une vitesse de montée du niveau marin inférieure d’environ 1mm/an à celle donnée (après des calculs d’une rare complexité) par les observations satellitaires.
      La teneur de cet article dont la compréhension me dépasse passablement, je l’avoue, explique-t-elle cette différence ?

      • oui, les balises GPS haute résolution sont d’une sacrée précision. celles installées sur le bouclier scandinave pour mesurer le réajustement isostatique postérieur à la fonte des glaces würmiennes ont aussi montré que les balises s’écartaient légèrement les unes des autres, comme si le granit du socle “s’écoulait” pendant la remontée. Assez sidérant.

      • J’avais déjà répondu ici sur un autre fil à « Arsene même veine qu’Anton» que pratiquant de l’estran depuis les années 60 je n’avais pas vu d’évolution alarmante du niveau de la mer . Observations visuelles de mon environnement côtier approximé des phénomènes de marée astronomique et barométrique cumulés ( surcote – décote – submersion de tempête ) …etc.

        Sinon vous avez ceci;

        https://www.mdpi.com/2077-1312/13/9/1641

        « Statistical tests were run on all selected datasets, taking acceleration of sea level rise as a hypothesis. In both datasets, approximately 95% of the suitable locations show no statistically significant acceleration of the rate of sea level rise. The investigation suggests that local, non-climatic phenomena are a plausible cause of the accelerated sea level rise observed at the remaining 5% of the suitable locations. On average, the rate of rise projected by the IPCC is biased upward with approximately 2 mm per year in comparison with the observed rate »

        Et ceci ;
        https://www.bicmagazine.com/departments/hse/sea-level-rise-not-accelerating-new-global-study/

        « Voortman’s study does not dismiss climate change, nor does it imply that the Gulf Coast is free from risk. Instead, it challenges the narrative of accelerating sea level rise and reminds the industry that assumptions must be checked against evidence »

        Bien entendu si ces publications sont qualifiées de m…. par ceux qui détiennent la vérité , en tant qu’humble observateur côtier, tout ceci m’est entendable et ce malgré l’emballement météo donc médiatique de l’ouest de ces derniers jours. Les « crieurs » à amariner étaient tous sur le pont ….derrière leur pupitre .

        À ce propos , évidement pensées solidaires aux riverains inondés de Quimperlé .

  2. Ce qui m’épate dans cet article ce sont les mots compliqués utilisés pour décrire des choses simples. C’est un peu triste à dire mais c’est une tendance délétère en publication scientifique. A tel point que de grandes revues américaines demandent aux auteurs de coupler leur abstraction avec un plain langage summary, un résumé en langage clair, quoi. Qui a dit ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ?

  3. La disparition des forêts tropicales a failli rendre la Terre invivable .
    Tags associés : planète Forêt tropicale Les tendances Crise climatique Climatologie Géologie

    Article rédigé par la rédaction
    Futura

    relu par Ghislaine Laussel
    Secrétaire de rédaction
    4 min.
    Publié le 18 septembre 2025 à 10:00
    La vie a mis du temps à revenir sur Terre, après la dévastatrice extinction du Permien-Trias ; en cause, la quasi-disparition des forêts tropicales, il y a 252 millions d’années.
    Il y a 252 millions d’années, notre Planète a connu la plus dévastatrice extinction massive de son histoire. Cet événement catastrophique, connu sous le nom d’extinction du Permien-Trias, a anéanti jusqu’à 94 % des espèces marines et 70 % des familles de vertébrés terrestres. Les forêts tropicales, véritables poumons de la Terre, ont également subi un déclin massif, bouleversant l’équilibre climatique pour des millions d’années.

    L’extinction du Permien-Trias représente un tournant décisif dans l’histoire géologique de notre planète. Souvent surnommée « La Grande Extinction », elle marque la transition entre deux ères majeures et révèle un mécanisme inquiétant : lorsque certains seuils climatiques sont franchis, l’effondrement écologique peut atteindre des proportions cataclysmiques. Une récente étude publiée dans Nature Communications éclaire enfin le mystère de cette période brûlante qui a perduré bien au-delà de ce que les scientifiques pouvaient initialement expliquer.
    L’éruption volcanique qui a bouleversé la planète
    À l’origine de ce cataclysme se trouve un événement géologique d’une ampleur extraordinaire. Les trapps de Sibérie, vastes étendues de roche volcanique situées dans la Russie actuelle, sont entrées en éruption il y a environ 252 millions d’années. Ce phénomène n’avait rien de commun avec les éruptions volcaniques que nous connaissons aujourd’hui.
    La lave en fusion s’est déversée dans un bassin sédimentaire riche en matière organique. La chaleur intense a provoqué la fusion des roches environnantes, libérant d’énormes quantités de dioxyde de carbone dans l’atmosphère terrestre. Cette libération massive s’est produite sur une période relativement courte à l’échelle géologique, entre 50 000 et 500 000 ans.
    L’augmentation rapide des gaz à effet de serre a entraîné une hausse vertigineuse des températures globales, estimée entre 6 °C et 10 °C. Cette vitesse de réchauffement était bien trop rapide pour permettre à la plupart des formes de vie de s’adapter ou d’évoluer. Les températures moyennes à l’équateur ont grimpé jusqu’à 34 °C, soit environ 8 °C de plus que les moyennes équatoriales actuelles.

    Disparition des forêts et effondrement du cycle du carbone
    Les chercheurs ont analysé les archives fossiles de divers biomes végétaux terrestres pour comprendre les transformations écologiques survenues pendant cette période critique. Leur découverte est frappante : les forêts tropicales et subtropicales qui existaient autour de l’équateur ont complètement disparu des continents tropicaux.
    Avant l’extinction, ces écosystèmes forestiers et les tourbières jouaient un rôle essentiel dans l’absorption du carbone atmosphérique. Leur disparition a créé ce que les scientifiques appellent une « lacune de charbon » dans les archives géologiques, témoignant de l’effondrement de ces puits de carbone naturels.
    Les luxuriantes forêts d’antan ont été remplacées par de minuscules lycopodes, des plantes primitives ne dépassant pas 2 à 20 centimètres de hauteur. Cette transformation radicale de la végétation peut être comparée à ce qui se produirait aujourd’hui si toutes nos forêts tropicales étaient remplacées par la flore rabougrie que l’on trouve dans l’outback australien.
    Quelques enclaves de plantes plus grandes ont survécu vers les pôles, dans des régions côtières ou légèrement montagneuses où les températures étaient plus clémentes. Mais ces zones refuges étaient limitées et les plantes qui y subsistaient étaient moins efficaces pour séquestrer le carbone atmosphérique.
    Le long retour à l’équilibre climatique
    L’analyse du registre fossile combinée à la modélisation du cycle du carbone a permis aux chercheurs de résoudre l’énigme de la persistance des conditions extrêmes pendant près de cinq millions d’années. Cette durée extraordinaire s’explique par l’effondrement de la productivité primaire nette des écosystèmes végétaux.
    Ce n’est qu’après plusieurs millions d’années que les plantes ont progressivement recolonisé les continents, permettant au cycle du carbone organique de redémarrer
    En utilisant le modèle Scion, les scientifiques ont pu quantifier l’impact de la transformation des biomes sur le cycle du carbone organique. Leurs résultats montrent que la réduction drastique de la capacité des écosystèmes à fixer le carbone atmosphérique a maintenu la Terre dans un état de serre extrême bien après les éruptions volcaniques initiales.
    Ce n’est qu’après plusieurs millions d’années que les plantes ont progressivement recolonisé les continents, permettant au cycle du carbone organique de redémarrer. La planète a alors lentement commencé à sortir des conditions extrêmes qui avaient prévalu si longtemps.
    Les leçons de cette catastrophe biologique sont particulièrement pertinentes aujourd’hui :
    • Les écosystèmes terrestres ont une capacité d’adaptation limitée face à des changements climatiques rapides.
    • Les forêts tropicales et subtropicales jouent un rôle crucial dans la régulation du climat.
    • Leur disparition peut constituer un point de basculement climatique aux conséquences dévastatrices.
    • Les effets d’un tel basculement peuvent persister sur des échelles de temps géologiques.
    Les points de basculement climatiques et leur résonance actuelle
    Bien que les changements climatiques du passé géologique se soient généralement déroulés sur des dizaines ou centaines de milliers d’années, contrairement aux échelles de temps beaucoup plus courtes que nous observons aujourd’hui, certaines leçons restent pertinentes. L’extinction Permien-Trias nous montre que la vie sur Terre, malgré sa résilience, peut être incapable de répondre à des changements massifs sur des échelles de temps courtes.
    Les végétaux n’ont pas pu s’adapter à des transformations survenant sur des périodes de 1 000 à 10 000 ans, ce qui a conduit à un événement d’extinction majeur. Cette observation souligne l’importance cruciale des biomes végétaux tropicaux et subtropicaux dans le maintien de l’équilibre climatique.
    La Grande Extinction nous rappelle que certains seuils, une fois franchis, peuvent verrouiller la planète dans des états climatiques extrêmes pendant des millions d’années, bien au-delà de l’échelle humaine. Un avertissement venu des profondeurs du temps géologique.

    • @fritz
      …/…Avant l’extinction, ces écosystèmes forestiers et les tourbières jouaient un rôle essentiel dans l’absorption du carbone atmosphérique… »
      Je suis très étonné que ce long article n’ait pas eu quelques lignes au sujet du phytoplancton qui est responsable d’environ 50 % de la production primaire totale sur Terre, ce qui en fait un acteur essentiel de la chaîne alimentaire aquatique et de la régulation du carbone dans l’atmosphère.

  4. Les prédictions climatiques actuelles, basées sur les modèles, ne se réalisent jamais (fin de la banquise, fin de la neige,..) alors, il faut bien aller chercher des « prédictions » qui se réalisent, et dans le passé, c’est plus facile, non?

  5. Le pire est toujours le plus sûr… ça on le sait dès le début…
    Mais l’apparition de la culpabilité du vivant dans sa lutte pathétique pour la survie est une trouvaille relativement récente…disons 100 000 ans.

  6. Pour que les chose soient claires, les marégraphes enregistrent les changements du niveau marin relatif (NMR). Or celui-ci est la somme de deux composantes, le niveau eustatique (lié à la fonte des glaces continentales) et les mouvements du sol (plus/moins, soulèvement/subsidence de la marge). Discuter à n’en plus finir sur le niveau marin relatif n’a guère de sens, à cause des deux variables combinées. Mais ça continue encore et encore à pérorer sur le sujet dans la littérature. Feu N-A Mörner avait montré, en faisant la courbe cumulative à 100% des données de tous les marégraphes mondiaux, que la grande majorité se situaient sur une pente très faible de l’ordre du mm/an. Mais ce mm n’indique pas forcément la tendance eustatique.
    Si on prend l’exemple du marégraphe de Brest, la tendance est à un NMR montant d’environ 1 mm/an, avec des irrégularités. Sur les côtes de la Manche, les marégraphes de Calais, Dieppe et Le Havre montrent des valeurs différentes de montée, entre 0,4 mm/an à Calais et 4,3 mm/an à Dieppe, 2mm/an au Havre. Cette variabilité démontre que la variation n’est pas eustatique. Le GPS posé à proximité du marégraphe de brest montre une courbe qui est à peu de choses près l’inverse de la courbe du marégraphe au cours des dernières années. Conclusion, le NMR local est quasi strictement sous la dépendance des mouvements du sol. Pas de variation eustatique, ou alors dans la marge d’erreur. Point final.
    Donc, quand tous les marégraphes seront couplés avec une balise altimétrique GPS, on y verra effectivement plus clair. Re-point final.

  7. Quant aux données satellitaires, d’ailleurs très bien expliquées dans l’article, c’est d’une complexité à n’en plus dormir la nuit. Et pour quel résultat ???

  8. L’article de Arthur Corentin est le bien venu mais il est insuffisant! Pas étonnant compte tenu de la difficulté du sujet!
    Il y manque surtout les effets stériques au niveau des côtes tels que présentés par la carte grandes ondes du laboratoire de géologie de l’ENS. Cette carte indique une différence entre le géoïde qui représente la géométrie des océans et terres émergées et l’ellipsoïde qui essaie de représenter les équipotentielles de gravité partout sur la planète. On y constate une différence d’altitudes de 200m entre le surfaces d’océans au-dessus des zones profondes qui sont les plus basses et les zones côtières qui sont les plus hautes. Cette différence est due au resserrement des équipotentielles de gravité près des côtes.

    J’ai envoyé de Mail
    Pour : anne-laure.dalibard@sorbonne-université.fr

    Bonjour,

    J’ai depuis longtemps remarqué vos études comportant des calculs en différences finies d’équations en différentielles partielles et confronté à la question suivante: « Beaucoup d’études sur l’expansion thermique des océans calculent une dilatation volumique des eaux sur toute les profondeurs impactées par l’augmentation de température et étalent cette augmentation de volume sur l’ensemble de la surface pour en déduire une augmentation moyenne. Les côtes selon ce calcul seraient autant impactées que les grandes profondeurs. Mais dans ces mêmes études il est reconnu que les variations stériques thermiques sont plus faibles voire inexistantes sur les côtes? »

    La carte ci-dessus (Que je n’ai pas réussi à joindre!) issue du laboratoire de géologie de l’ENS montre la hauteur de la surface des eaux, une référence gravimétrique, par rapport à l’ellipsoïde, une référence géométrique normalisée.

    Cette carte démontre en onde longue qu’il y a pour le géoïde, par rapport à la géométrie de l’ellipsoïde, 200mètre de différences entre le niveau des mers sur les côtes et le niveau des mers au-dessus des grandes profondeurs. Ceci semble confirmer que les équipotentielles de gravité se resserrent sur les côtes à proximité des masses continentales et qu’en conséquence les variations stériques de volume d’eau seront effectivement plus faible sur les côtes.

    Compte tenu de l’importance de la question pour les prévisions climatiques pour les résidents sur les côtes, il me parait utile de confirmer ce point.

    Votre spécialité vous permettrait-t-elle de faire un calcul pour une Terre statique non déformable et non dilatable de cette différence de hauteur due à la seule gravitation et de cette différence de variations?

    Je suis à la retraite et j’ai enseigné pendant deux ans à l’École de mine de Douai la rhéologie des polymères où j’ai été à l’origine du lancement de l’option plasturgie.

    Bien cordialement

    Marcel Terrier
    Ingénieur ENSAM en retraite à la recherche de vérité dans le domaine de l’écologie.

    Je n’ai pas de réponse et je pense que Anne Laure a les moyens de répondre

Répondre à Arthur Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

captcha