Les climato-réalistes espagnols ont tenu leur première conférence

Article initialement publié en espagnol le 16/11/2025 par la revue en ligne Libertaddigital sous le titre : Les scientifiques espagnols défient l’alarmisme climatique et rappellent que sans débat, il n’y a pas de science.


L’Association des Réalistes Climatiques (ARC) d’Espagne a tenu le 15 novembre dernier sa première journée « Changement climatique et société » à l’Université Francisco Marroquín de Madrid. L’événement, organisé par un collectif de climatologues, météorologues, géologues, biologistes, chimistes et ingénieurs, visait à contrer ce qu’ils qualifient d’« alarmisme injustifié ». L’événement s’est articulé autour d’une idée directrice reprise par l’ensemble des intervenants :

« Sans données, il n’y a pas de crise ; sans débat, il n’y a pas de science. »

L’objectif général de la journée a été de promouvoir une réévaluation du récit dominant concernant la prétendue urgence climatique et de rétablir un débat scientifique exempt d’alarmisme.

Une approche alternative fondée sur la science

Le Dr Javier Vinós, président de l’ARC, a ouvert la séance en rappelant la mission de l’association :

« combattre l’alarmisme climatique » et « encourager un débat libre sur les questions climatiques, environnementales et énergétiques ».

La forte affluence observée dès les premières heures de la journée témoigne de l’intérêt croissant d’un public désireux d’accéder à des analyses différentes de celles véhiculées par les institutions officielles. Le Dr Vinós a réfuté l’idée selon laquelle la planète se trouverait au seuil d’un effondrement thermique. Selon lui, « la Terre traverse une période exceptionnellement froide : depuis cinquante millions d’années, elle connaît un processus de refroidissement », s’appuyant à cet effet sur des reconstitutions paléoclimatiques. Il considère que le réchauffement observé au cours des derniers siècles relève de la variabilité naturelle du climat et ne découle pas nécessairement de facteurs anthropiques exceptionnels. Il a également souligné l’incertitude persistante concernant le rôle du dioxyde de carbone (CO₂) dans la dynamique climatique : « Nul ne sait avec précision dans quelle mesure le CO₂ influence le climat », tout en soulignant ses effets positifs sur la biosphère :
« Le CO₂ constitue probablement la contribution la plus bénéfique de l’humanité à la biosphère »,
illustrant cette affirmation par des images satellitaires du verdissement global des surfaces terrestres.

Médias et institutions : la construction du consensus

L’un des thèmes centraux de la journée a porté sur l’influence des médias de masse et des institutions publiques dans la formation de la perception sociale du changement climatique.
Le géographe Javier del Valle a proposé une analyse rétrospective, rappelant qu’au cours des années 1970, de nombreux titres de presse annonçaient « l’imminence d’une nouvelle ère glaciaire »,
dans un registre discursif similaire à celui employé aujourd’hui pour évoquer le réchauffement.

Selon lui, le narratif dominant a évolué au fil du temps sans que cette évolution s’appuie toujours sur une analyse critique des données. Il a dénoncé la faible présence, dans les médias, d’informations susceptibles de remettre en question la version communément admise.

Del Valle a notamment cité le Manuel de communication du Ministère pour la Transition Écologique, qui prescrit la manière d’aborder le changement climatique dans la communication publique. À ses yeux, ce document témoigne d’un biais politique manifeste dans la gestion de l’information.

Il a également remis en cause la notion même de consensus scientifique : « Existe-t-il un consensus scientifique ? Évidemment non, autrement nous ne serions pas ici. »
Et il a ajouté, à propos de l’économie de la peur : « L’alarmisme est rentable et nul n’en porte la responsabilité. »

Le professeur d’écologie José Ramón Arévalo a abordé la question des incendies forestiers, contestant leur attribution directe au changement climatique. Il a indiqué que « les taux d’incendies sont en diminution » et a attribué les grands feux contemporains à l’abandon des campagnes et à l’accumulation de biomasse. Il a résumé sa position par une formule synthétique : « Les incendies ne sont pas une malédiction de la Mère nature. »

Le glaciologue Javier González Corripio a quant à lui nuancé l’idée d’un recul exceptionnel des glaciers. « Les glaciers ont commencé à reculer avant l’usage massif du charbon et avant l’élévation des températures », a-t-il rappelé, en précisant que le GIEC mentionnait encore ce fait jusqu’en 2003, avant de cesser de le signaler. Pour lui, les modèles climatiques constituent des outils utiles, mais ne doivent pas être considérés comme des oracles.

Dans la même perspective critique, le Dr Saúl Blanco a présenté des recherches fondées sur des fossiles de diatomées (micro-algues utilisées comme indicateurs environnementaux) qui mettent en évidence des fluctuations thermiques importantes au cours des derniers siècles et millénaires.
Sa conclusion a été formulée en ces termes : « Il n’existe pas de tendance claire au réchauffement.
Le concept même de “changement climatique” est un oxymore, car la Terre ne possède pas un climat unique. »

Sécurité alimentaire et rationalité scientifique

Le chercheur danois Karl Iver Dahl-Madsen, invité international, a consacré son intervention à la sécurité alimentaire mondiale. Il a souligné que le taux de malnutrition est passé de 65 % à 7 % en un siècle, grâce aux progrès technologiques, estimant que l’impact du climat sur la production agricole demeure marginal. Selon lui, les phénomènes de faim et de sous-nutrition sont principalement liés à des défaillances de gouvernance plutôt qu’à une pénurie de ressources.

Dahl-Madsen a défendu l’utilisation d’engrais, de la biotechnologie et de la sélection génétique comme leviers essentiels d’amélioration de la productivité agricole.
Il a par ailleurs qualifié l’agriculture biologique de « rétrotechnologie », au motif qu’elle requiert davantage de surface cultivable et présente une efficacité moindre.

Conclusion : science, politique et responsabilité

La journée s’est conclue par une table ronde intitulée « Climat, énergie et médias de communication ».
Le physicien nucléaire Manuel Fernández Ordóñez y a mis en garde contre des politiques publiques justifiées par un récit climatique déconnecté de la réalité empirique.

Le journaliste Carmelo Jordá, rédacteur en chef de Libertad Digital, a pour sa part observé que le changement climatique est souvent mobilisé comme justification de décisions politiques n’ayant qu’un lien marginal avec la question climatique, ajoutant que le recours à la peur constitue un outil rhétorique efficace.

L’économiste d’État José Ramón Ferrandis a souligné que les pays les plus développés disposent d’une meilleure capacité d’adaptation aux risques climatiques, tandis que le climatologue Javier del Valle a rappelé que « le climat, par définition, est une réalité dynamique et changeante. »

Enfin, José María González Moya, ingénieur industriel et directeur général de l’Association des Entreprises d’Énergies Renouvelables (APPA), a relevé que « de nombreuses mesures sont élaborées sans évaluation technique préalable ni analyse coûts-bénéfices. »

Vers un débat scientifique renouvelé

En conclusion, un constat commun s’est imposé :

Le débat climatique nécessite moins de slogans et davantage d’éléments probants.

L’ARC a ainsi ouvert un espace de discussion jugé nécessaire et urgent par ses participants.
La controverse scientifique et culturelle autour des enjeux climatiques demeure loin d’être close, mais cette journée a mis en évidence que le récit institutionnel dominant ne fait plus l’unanimité.
Les données empiriques et le raisonnement critique y ont, pour un temps, repris leurs droits.

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21 réflexions au sujet de « Les climato-réalistes espagnols ont tenu leur première conférence »

  1. A quand une collaboration intelligente et directe entre climato-réalistes de divers pays (EU, USA, France etc)? Suivant de près les écrits (et les écrits) des auteurs français et américains je pense que beaucoup de néophytes et d’experts de tous domaines seraient moins frustrés qu’ils ne sont aujourd’hui par les discours à sens uniques de pseudo-écologistes..)

  2. Bonjour à tous,

    Je vois comme Serge beaucoup de bon sens dans ces diverses interventions, mais aussi une contre-vérité que je déplore chaque fois qu’elle apparaît, malheureusement de façon récurrente, dans les propos dits climato-réalistes, à propos des bases physiques de l’effet de serre.
    Quasiment tous les physiciens s’accordent à reconnaître que ces bases sont suffisamment solides pour au moins envisager une part de responsabilité des émissions anthropiques dans le réchauffement actuellement observé (voir par exemple l’ouvrage de Steeve Koonin, Climat: la part d’incertitude). L’effet du CO2 peut, à l’aide de modèles simples, être estimé assez précisément à 1,1°C par doublement de concentration, en l’absence de toute contre-réaction. Admettre ou contester cette estimation est, à mon sens, ce qui devrait distinguer les climato-réalistes (qui ont en général des connaissances plus ou moins solides en physique de l’atmosphère) des climato-dénialistes (qui n’en ont aucune et qui feraient mieux de se taire ou de se documenter). Autrement dit, je pense que ceux qui se prétendent climato-réalistes tout en continuant de nier l’effet de serre jouent contre leur camp et donnent des arguments aux climato-alarmistes.
    Si l’on admet par ailleurs qu’un réchauffement global de 1 à 1,5°C est gérable voir bénéfique, la bonne question (que malheureusement plus personne ne peut poser sereinement) serait de savoir si la machine climatique contient des boucles de réactions positives suffisamment fortes pour atteindre ou dépasser les 2°C de réchauffement, sur une trajectoire d’émissions économiquement admissible.
    Sachant que les projections issues des modèles retenus par le GIEC divergent tout autant dans l’AR6 que dans les rapports précédents (d’un facteur supérieur à 2) pour un même scénario d’émissions, force est de reconnaître qu’on n’a pas beaucoup avancé sur cette question cruciale.
    Je suis par ailleurs surpris qu’aucun intervenant à ce colloque n’ait semble-t-il mentionné le fait que le réchauffement de ces deux dernières décennies s’explique en grande partie par une diminution de la couverture nuageuse. Les données satellites le montrent de façon incontestable, et ce fait est bien embarrassant pour le GIEC, qui a toujours prétendu que le réchauffement d’origine anthropique devait conduire à une augmentation de la couverture nuageuse. Pire encore, on trouve dans l’AR6 une longue discussion consacrée à la modélisation de l’effet des nuages et à la très vieille controverse sur le signe et l’ampleur de la contre-réaction associée. Discussion à l’issue de laquelle les rédacteurs ont penché en faveur d’une contre-réaction positive, en clair: plus de nuages impliquerait une amplification du réchauffement, moins de nuages impliquerait une atténuation du réchauffement.
    Le GIEC va donc se retrouver empêtré dans une double contradiction, et la rédaction de l’AR7 risque de poser quelques problèmes au sein du WG1…

    • La vapeur d’eau dans l’atmosphère est bien plus puissance que le CO2 : en quantité ( facteur 10 ) et en qualité ( occultation des raies du CO2 par celles de l’eau NASA). Ensuite il y a une alimentation permanente par l’océan ( 72% de la surface de la Terre). Actuellement la vapeur d’eau a augmenté de 5% par rapport aux premières mesures. Tout cela était bien connu au début de notre siècle puis a disparu pour justifier des taxes sur le CO2!

      • C’est vrai, le principal GES est H2O… Mais il ne faut pas que les politiques le sachent, sinon ils vont nous mettre une taxe sur la vapeur d’eau! »

    • Laurent,

      A quelle contre-vérité dans l’article faites-vous allusion?

      Vouloir trier le bon grain de l’ivraie est un exercice périlleux!

      Le faire sur la base d’arguments d’autorité est voué à l’échec. « Quasiment tout les physiciens » et « le livre de Steeve Koonin » ne sont pas partie de la vérité révélée.

      Après avoir posé ce qui, selon vous, ne se discute pas (1.1 °C par doublement), vous doutez de rétroactions pouvant mener à 2 °C. Or, la principale rétroaction, dépendante des mêmes hypothèses et possédant la même solidité que l’effet initial, vous amène directement à 3 °C (rétroaction sur la vapeur d’eau).

      Certes, les gaz à effet de serre jouent un rôle essentiel dans le climat, certes, les connaissances physiques actuelles peuvent laisser penser que l’augmentation du taux de CO2 pourrait provoquer un certain réchauffement. Mais non, malgré ce que beaucoup prétendent, ce réchauffement ne peut pas être calculé à l’aide de modèles simples, et encore moins être : « …estimé assez précisément à 1,1°C par doublement de concentration, en l’absence de toute contre-réaction. »

      Il n’y a jamais eu de calcul thermodynamique de l’effet de serre et sa modélisation est techniquement impossible pour une question d’échelle et de complexité. Il faut lire les spécialistes du domaine, ils ne le cachent pas. L’effet de serre est paramétré et pas modélisé dans les GCM.

      Cette légende des 1.1 °C remonte en fait à Manabe et Wetherald 1967. Manabe avait pourtant reconnu la difficulté du problème en 1964. En 1967, il passe outre en utilisant une hypothèse de travail absurde (indépendance entre gradient thermique et échanges radiatifs dans la troposphère), reniant par là même ce qu’il avait publié en 1964, pour mener un pseudo-calcul non thermodynamique et sans intérêt car l’hypothèse était à la fois absurde et arbitraire.

      Pour des questions qui n’ont rien à voir avec la science et tout avec l’idéologie, ce très mauvais papier de 1967 a servi de base à la modélisation et au prétendu fondement scientifique de l’arnaque climatique.

      Cela dit, vous avez parfaitement raison à propos des nuages, la diminution observée de la couverture nuageuse est une belle épine dans le pied du GIEC.

      • Phi,
        J’appelle contre-vérité toute assertion qui tend à nier le réchauffement actuel (par exemple en contestant la pertinence de la notion de moyenne globale, voir ci-dessous) ou à nier toute influence des émissions anthropiques de GES sur la température de la troposphère.
        Trier le bon grain de l’ivraie parmi les arguments que l’on peut opposer aux catastrophistes du climat est difficile, vous avez raison, mais c’est nécessaire si l’on veut être crédible et retrouver un débat serein et constructif. Par exemple, revenir 50 Ma en arrière pour nous expliquer que la Terre est maintenant dans une ère « exceptionnellement froide » comme l’a fait le premier intervenant n’a aucun intérêt, car c’est sans aucun rapport avec le réchauffement actuel, bien que ce ne soit pas une contre-vérité. Les climato-réalistes américains ont fait ce travail de purge depuis longtemps, mais en Europe, on a beaucoup, beaucoup de retard…
        J’ai remarqué que vous revenez souvent sur les articles de Manabe 1964 et 1967. Pourquoi pas, les « back to basics » sont souvent éclairants, mais ça ne suffit pas pour valider ou invalider tel ou tel raisonnement. Bien que la machine climatique soit épouvantablement complexe, il me semble qu’on a fait un peu de chemin depuis 60 ans…
        Si j’ai bien compris, ce que vous reprochez au second article de Manabe, c’est de ne pas tenir compte des variations du gradient vertical de température. Objection pertinente, car cette variation n’est pas négligeable a priori, ce qui veut dire que la valeur de 1,1°C par doublement de concentration du CO2 est une approximation, sans doute grossière. Mais de là à dire que c’est une « légende »… ça me paraît exagéré, et pas très constructif.
        Tout serait évidemment plus simple sans vapeur d’eau, donc sans condensation, donc sans nuages… Dans un air sec essentiellement diatomique (O2, N2) le gradient vertical serait partout et invariablement de 9,6°C/km, et le calcul de la variation de température au sol induite par un accroissement donné de CO2 ou d’un autre GES serait certes plus direct et plus rigoureux. Mais il se trouve malheureusement que notre GES largement prédominant (H2O) a une fâcheuse tendance à condenser, ce qui modifie l’albedo de façon considérable, et de plus avec une chaleur latente non négligeable, ce qui modifie le gradient vertical dans des proportions tout aussi considérables. Tout ceci complique singulièrement les choses, je vous l’accorde, mais de là à dire que le phénomène échappe à toute modélisation, là aussi c’est exagéré. Et quelque peu péremptoire, si vous me permettez. Les modèles CGM ne sont évidemment pas des boules de cristal, on peut (et l’on doit même) contester la fiabilité des projections qu’ils produisent, mais on peut difficilement contester leur utilité, en tant qu’outils de compréhension perfectibles.
        Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

        • Laurent,

          Non, il n’y a pas eu progrès dans le calcul de l’effet de serre depuis 60 ans. On ne sait toujours pas résoudre le système thermodynamique troposphérique qui est une machine thermique gigantesque et très complexe avec la surface comme source chaude et les GES comme source froide. Nous n’avons aucun moyen de savoir comment la convection réagit à une modification de la structure radiative.

          Aujourd’hui comme il y a 60 ans, on ne fait que de la physique radiative en niant l’impact de la structure radiative sur le gradient thermique. Une théorie dont les fondements sont si corrompus ne peut être améliorée.

          Dans les subsidences, qui représentent l’état de la toute grosse masse troposphérique, un gradient qui serait uniquement fixé par la convection serait de 9.6 °C/km et non 6.5 °C/km comme observé. A noter que cette différence permet de calculer le refroidissement radiatif dans la troposphère. Ces caractéristiques sont en général peu connues. Ce refroidissement est à peu près constant en °C par jour sur toute la hauteur de la colonne, ce qui veut dire, en terme de puissance rayonnée vers l’espace, qu’il est maximal près de la surface et presque négligeable à la tropopause.

          Comme les GES sont la source froide de l’atmosphère, ils sont la cause de l’existence même d’un gradient thermique. Le calcul de l’effet de serre repose donc sur cette curieuse logique d’une conséquence indépendante de la cause!

          Les moyens théoriques et numériques d’estimer l’impact de la variation du taux de CO2 sur les températures n’existent pas et ne sont pas dans le pipeline.

    • Bonjour Laurent,
      Vous avez tout à fait raison, d’autant plus que les ordres de grandeur d’énergie par mètre carré mis en jeu via la baisse de l’albédo terrestre (qui semble bien correspondre de façon majoritaire à une baisse globale de la couverture nuageuse terrestre) sont tout à fait compatibles avec les élévations des températures observées. Notons que ce phénomène particulier a été mis en évidence semble-t-il dès les années 1980.
      J’ai rédigé sur ce sujet un petit article d’une douzaine de pages destiné à un petit groupe de collègues scientifiques que je peux vous faire parvenir si vous êtes intéressés.

      • Bonjour Valette,
        Merci pour votre proposition. J’autorise l’ACR à vous communiquer mon adresse mail afin que vous puissiez m’adresser votre article, que je lirai avec intérêt.
        En effet, un calcul simple montre qu’il suffit d’une régression de la couverture nuageuse diurne de l’ordre de 1% pour augmenter de 1W/m² le rayonnement solaire incident au sol (en zone tempérée). C’est donc bien du même ordre de grandeur que le forçage radiatif attribué au surplus de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis un demi-siècle.
        Je suis stupéfait que cette régression de la couverture nuageuse soit si peu médiatisée. Sauf erreur de ma part, il me semble que l’AR6 évite le sujet. Il y avait pourtant, bien avant le bouclage de ce rapport, plusieurs articles scientifiques qui traitaient déjà de ce phénomène. Même si celui-ci ne disculpe pas complètement le CO2, il contredit totalement les prédictions des modèles, et montre donc à quel point la modélisation est imparfaite.
        Reste à en trouver la cause. S’agit-il d’une moindre évaporation due à l’affaiblissement des vents, ou d’une moindre condensation due à la raréfaction des aérosols ou à la désulfuration (dépollution au soufre)? Comme la distribution spatiale du SO2 et des aérosols est très hétérogène et variable dans le temps, il serait intéressant de regarder s’il existe localement des corrélations entre la régression des nuages et celle des concentrations de SO2 et aérosols. J’observe simplement que le début du réchauffement observé à l’échelle globale à partir des années 80 coïncide avec le début de la désulfuration en Europe et en Amérique du Nord, opération qui s’est poursuivie jusqu’à la fin des années 90… c’est-à-dire jusqu’au hiatus – la pause du réchauffement – observée pendant les premières années de notre siècle. A partir de 2010, les températures globales repartent à la hausse… précisément quand la Chine commence elle aussi à désoufrer. Ce ne sont peut-être pas des coïncidences fortuites. Reste à savoir si des corrélations locales (à l’échelle d’un pays ou d’un sous-continent) peuvent être établies.

    • Cher ami puisque nous militons tous dans le ,même sens, c’est en toute amitié que je vais critiquer vos propos et je vais le faire briévement puisque j’ai déjà exposé à maintes reprises mes arguments dans mes livres et vidéos et vais le faire trés prochainement de façon plus didactique et coordonnée dans un MOOC en cours d’élaboration. Je résume en quelques points
      1/ la définition du réchauffement comme déduits de moyennes de températures est une totale absurdité car additionner des températures est un non sens et en tirer des moyennes un non sens au carré. Donc le réchauffement est une hypothése certes plausible mais non prouvée (ni plus ni moins qu’un refroidissement global. On peut aligner bien d’autres arguments mais cela en vaut-il la peine.
      2/ le spectre terrestre depuis l’espace – tout aui moins celui qui fait autorité depuis trois décennies et a figuré sur à peu prés tous les sites traitant du sujet, y compris je crois sur celui du GIEC, et qui figure encore aujourdhui sur le site de l’Ecole Nationale de la Météorologie et sur le site Eduscol du Ministére de l’Instruction Publique illustre le fait qu’aucune radiation de la bande des IR de 15 microns qu’absorbe le CO2 ne s’évade dans l’espace ce qui prouve au dela de tout calcul que l’effet de serre du CO2 est saturé et que ce gaz ne peut plus jouer aucun role dans quelque réchauffement climatique que ce soit.
      Au delà de ces deux arguments qui a eux seuls devraient clore le débat on peut évidemment en ajouter bien d’autres mais c’est parler du type qui s’est suicidé en se tirant dix balles de revolver dans la tête dont heureusement seule la première a été mortelle !
      PS je suis d’accord que nier l’effet de serre est absurde et PS 2 ayant passé ma vie dans des pays tropicaux et grelottant en ce moment en France je pense que le réchauffement s’il pouvait être réel serait une bénédiction !
      Bien amicalement

      • Désolé Jean-Marc, mais vos deux arguments ne tiennent pas. Soumettez-les à qui vous voudrez dans la communauté climato-réaliste américaine (Lindzen, Curry, Spencer, Koonin…) et tous vous diront la même chose. En vertu de la fameuse loi de Brandolini, quelques développements un peu longs sont ici nécessaires.

        1. Je vous concède que la température moyenne globale n’est qu’un indicateur simpliste, mais affirmer que c’est une « totale absurdité » (sic)… est absurde, pardon de vous le dire. Je n’ai lu que trop souvent cet « argument » climato-dénialiste qui consiste à dire que la température est une grandeur intensive (donc déjà une moyenne) et que ce serait un non-sens de faire une moyenne de moyennes. Cet argument éculé fait peut-être effet sur un public non scientifique (c’est souvent le but recherché par les dénialistes) mais il est soit naïf, soit malhonnête, et de toute façon contre-productif.
        Pour enterrer définitivement cet argument fallacieux, je vous propose une petite comparaison toute simple. Imaginons que pour quelque raison la Terre perde peu à peu son atmosphère. Quelle serait la grandeur physique pertinente pour caractériser ce phénomène? La pression atmosphérique, bien évidemment, grandeur intensive dont la moyenne globale est de 1013,25 hPa. Valeur qui se trouve juste au milieu du cadran de tous nos baromètres, entre les zones « Pluie » et « Soleil » (ou plutôt, entre « Vigilance » et « Canicule » pour être en conformité avec le catastrophisme ambiant). Vous admettrez que si tous les baromètres du monde enregistraient une baisse moyenne de 2 ou 3 HPa par an, il y aurait de quoi se préoccuper du phénomène, non? Eh bien c’est exactement la même chose pour la température moyenne globale. Son évolution temporelle montre que la troposphère tend globalement à se réchauffer, au rythme d’environ 0,2°C par décennie depuis un demi-siècle. Rien de plus, rien de moins. Et rien d’absurde, pardon de vous contredire.
        Enfin, contrairement à ce qui est souvent dit ou écrit par ceux qui s’obstinent à contester la précision de la valeur moyenne obtenue, les incertitudes des mesures individuelles ne se cumulent pas, bien au contraire, elles se compensent (la variance se réduit en proportion inverse du nombre de mesures effectuées). Les baromètres et les thermomètres ne sont pas toujours parfaitement calibrés, certains sont optimistes, d’autres pessimistes, mais sur une centaine d’instruments ces erreurs aléatoires de calibrage tendent à se compenser. Seules peuvent persister des erreurs systématiques (reproductibles, dues à la méthode ou au type d’instrument utilisé, et fort heureusement corrigées autant que faire ce peut dès que le biais est constaté).

        2. La saturation de l’effet de serre est un autre argument qui impressionne peut-être le public que vous ciblez dans vos communications, mais qui navre (ou fait sourire) les scientifiques qui ont quelques notions de physique de l’atmosphère. OUI, l’effet de serre dans la troposphère terrestre est saturé, car les pressions partielles des gaz dits « à effet de serre » (en gros toutes les molécules polaires ou polarisables telles que H2O, CO2, NOx, CH4…) sont suffisamment grandes pour absorber la quasi-totalité du rayonnement IR émis par la surface terrestre, et ce, dès les basses couches. Mais NON, cette saturation n’implique absolument pas qu’un accroissement de concentration de ces gaz aurait un effet nul sur le bilan radiatif.
        Pour le comprendre, il faut s’élever en altitude (à peu près au sommet de l’Everest). Les GES y sont raréfiés et l’air y devient plus transparent. Plus précisément, il existe une altitude à laquelle l’air devient semi-transparent aux rayons IR: à cette altitude, la moitié seulement du rayonnement IR sortant est absorbé, l’autre moitié se perd dans l’espace. C’est donc au-dessus de cette altitude que le transfert radiatif vers l’espace devient effectif. En-dessous, ce sont les échanges par convection qui fixent le gradient vertical de température (Gv) et qui font qu’il fait plus froid au sommet de l’Everest que dans la plaine du Gange. Si vous augmentez les concentrations de GES, il va de soi que l’altitude de semi-transparence (ou d’émission) va augmenter, disons de dH, et la température au sol va augmenter en première approche de dH.Gv. C’est ainsi qu’il faut comprendre « l’effet de serre » (bien mal nommé), du moins au premier ordre, dans une atmosphère saturée.

        Alors de grâce, remisez définitivement ces deux arguments. Nous avons bien d’autres motifs de doute plus sérieux en ce qui concerne la climatologie.

  3. @ Laurent
    Merci de rappeler que réalisme ne doit pas se confondre avec dénialisme, et de rapporter ce qu’écrit Koonin, que j’ai lu aussi.
    J’ai commencé, par jeu, à pointer la part d’incertitude qui est rapportée par le GIEC. Il y en a, contrairement à ce qui est affirmé par ses prophètes autoproclamés, pour qui « la science est établie ».
    Je me suis limité aux résumés pour décideurs des rapports du groupe 1 de AR5 et AR6, qui sont déjà édulcorés par rapport aux résumés techniques. J’ai pointé le nombre de fois qu’apparaissent les termes de probabilités et de taux de confiance. J’affinerai les chiffres avant de communiquer (ce que chacun peut faire de son côté). Il y a beaucoup d’incertitudes affichées à travers ces termes. Certes, c’est juste numérique et ça ne rend pas compte de l’importance des facteurs ainsi pondérés. Mais ça reste un indice. Si on regarde les communiqués de presse correspondants il n’y a rien, rien, rien.
    Si nos média acceptaient un peu de creuser les rapports, ils verraient ces déclarations d’incertitude et accepteraient peut être qu’un article scientifique qui permet de passer d’un degré d’incertitude à un autre (dans un sens ou dans l’autre) n’est du dénialisme.
    Rêvons un peu. Leur mobile n’est pas la science

    • En fait, il y a une très grosse différence entre ce qui est dit dans les rapports complets très longs (et donc peu lus par la plupart des gens et les journalistes en particulier) et les résumés destinés aux ‘policymakers’ beaucoup plus tranchés et dont les conclusions laissent peu de place aux incertitudes.

  4. Bonjour.
    Il est certain que l’alarmisme actuel profite à beaucoup de monde et fait énormément de dégâts, tant dans le mental (les anxieux du climat) que dans l’économie (le suicide industriel en cours en UE).
    J’apprécie énormément les débats réalistes et le rappel de Laurent est le bienvenu. Nous devons en effet éviter le contrepied systématique et conserver la décence d’admettre les phénomènes démontrés. Le sujet majeur est que la démocratie est véritablement menacée par les alarmistes : on pouvait rire du « journal météo-climat » que nous infligent les télés publiques, on ne rit plus du tout quand le chef de l’Etat français veut créer une sorte de ministère de la vérité pour censurer toute possibilité de controverse. C’est très grave alors que les « politiques climatiques », dont le « green deal » sont aujourd’hui à faire rejeter en priorité par ce qui reste d’individus responsables parmi nos représentants élus.
    Courage à tous et MERCI à l’Association des Climato-Réalistes qui a tout mon soutien, en particulier ses membres actifs qui osent se présenter à visage découvert, mettant ainsi en danger pour certains leurs carrières professionnelles.
    On tient le bon bout car l’adversaire panique mais une bête blessée devient encore plus dangereuse.

    • « l’adversaire panique »
      Pas encore vraiment, mais dans quelques années quand le peuple constatera que les étés trop chauds et les hivers doux sont du passé, il comprendra qu’on lui a bourré le mou et il le fera savoir d’une manière ou d’une autre.
      Et la, l’adversaire paniquera vraiment.

  5. Après 7 ans d’adhésion à l’asso des climato-réalistes, je n’ai pas renouvelé pour une seule raison:
    Cette croyance que l’agriculture biologique est passéiste et non-rentable; croyance qui ressort de temps en temps dans les articles, dont celui-ci. Cette vision est court-termiste et complètement dépassée par les expérimentations SUR LE TERRAIN, et pas devant les écrans.
    A 73 ans passés, j’ai 51 ans de jardinage biologique derrière moi, suis autonome en fruits, légumes et oeufs et miel, sans serres malgré un climat d’altitude qui limite la période de végétation. A long terme, l’agriculture biologique stoppe l’appauvrissement des sols en magnésium, pour ne citer que cet exemple, enrichit les sols en humus donc très peu de parasitisme, limite énormément l’évaporation donc les besoins d’irrigation ou d’arrosages, le tout sans engrais autres que le compost de déchets végétaux activé par un peu de fumier de poules.
    A long terme, les grandes cultures que vous soutenez, style « révolution verte » complètement dépassée conduisent à la désertification. D’ailleurs, on en revient du remembrement, avec la RECRÉATION des haies denses entre parcelles, depuis que l’expérience à montré que ces haies limitaient le ruissellement et entrainaient une meilleure répartition de l’eau, sans oublier qu’elle abritaient une multitude de petits animaux prédateurs des parasites, tout bénef pour les cultures!

    • Excusez-moi mais je ne comprends pas pourquoi vous mélangez climat et types d’agriculture.
      Il est clair que l’agriculture intensive à coup d’engrais appauvrit les sols qu’il faut sans cesse soutenir par des apports chimiques. Mais le moyen de nourrir une population en expansion sans ce type d’agriculture ? Pensez- vous réellement que votre manière culturale peut nourrir le monde actuel ?
      Quant au climat je ne vois pas le rapport.
      En revanche il existe un risque de dévier l’agriculture de sa fonction première, qui est de nourrir les gens, vers une agriculture fournisseuse de carburants pour soit disant sauver la planète du réchauffement climatique en limitant l’utilisation des hydrocarbures fossiles. De toute maniere, l’homme s’adaptera à la fin du pétrole et du charbon. Dans les régions arides soumises aux alizés, en Afrique, il existe une ressource solaire et éolienne énorme. il faudra seulement résoudre le pb du transport. Et on trouvera autre chose s’il le faut.

      • Totalement en accord avec les propos de votre dernier paragraphe sur le détournement inquiétant de l’agriculture et l’adaptation de l’homme. Pour ce qui le précède, je me permets de vous faire part du souvenir de deux reportages étonnants.

        L’un concernait un ingénieur agronome, donc pas un écolo fanatisé, expliquant comment et pourquoi l’agriculture biologique pouvait offrir des rendements semblables à l’agriculture conventionnelle. Il parcourait la France et intervenait auprès d’agriculteurs souvent sceptiques mais néanmoins ouverts à un changement – non par conviction mais pour améliorer leurs revenus – et les accompagnait dans leur transition. Le principal problème semblait être l’augmentation sensible du prix du produit final engendrée par la charge de travail plus importante qu’exigeait sa méthode. Sensible seulement car l’économie sur les intrants et l’utilisation réduite des engins agricoles compensaient presque la différence. En plus de préserver les sols et la santé du consommateur, l’autre avantage était l’indépendance de l’agriculteur vis à vis des géants de l’agrochimie. Info ou intox ?

        L’autre reportage concernait une longue expérience menée par un organisme officiel que je n’ai pas en mémoire – l’INRA ? – consistant à cultiver deux parcelles identiques avec et sans apports chimiques. Après une trentaine d’années, l’expérimentation concluait à des rendements très proches.

        Tout ça doit dater de 15/20 ans au minimum et je suis hélas incapable d’en donner les sources.

        Si le modèle n’est pas adaptable à des populations émergentes qu’il faut pouvoir nourrir rapidement comme vous l’indiquez avec raison, qu’en est-il chez nous, européens ?

        Faute de connaissances suffisantes dans ce domaine, je serais très intéressé par votre avis – ou celui de Justin.

        • Et bien voilà mon avis Mr Lescure. Vos reportages confirment ce qui se fait loin des médias à savoir que des organismes officiels suivent les expériences novatrices de fermes en culture bio. Dernier exemple paru sur le N° de « Biocontact » de ce mois de décembre: la ferme du Bec Helloin en Normandie qui a reçu la visite de plusieurs ingénieurs agronomes de l’Inrae. Tout cela montre bien que des organismes cherchent une porte de sortie à l’agriculture intensive qui appauvrit les sols et déséquilibre ce qu’on en mange, sans parler des résidus de pesticides catastrophiques pour les microbiotes et donc pour la santé générale.
          C’est pourquoi je n’ai pas réadhéré après 7 ans de fidélité, car périodiquement, ce thème revient dans des articles auxquels font référence les climato-réalistes: « que agrobio = voiture électrique donc escrologie, et que seule l’agriculture intensive peut nourrir tout le monde ». ça a peut-être été vrai pour sortir des famines du 19ème siècle sous certains climats, mais maintenant c’est complètement dépassé. Agribio ne signifie pas de revenir en arrière mais c’est une nouvelle façon de cultiver qui a été élaborée d’abord par la méthode Lemaire-Boucher en 1959; suivi de peu par l’assoc « Nature et Progrès » en 1964 pour être finalement reconnue officiellement en avril 1981. Renseignez-vous!

          • Cher Justin, merci pour votre réponse.

            J’ai effectivement pu remarquer dans nos rangs climato-réalistes un parti-pris pour l’agriculture intensive et une « bienveillance » à l’égard des pesticides et des OGM qui posent pourtant de réels problèmes, et pas seulement au plan sanitaire.

            Comme vous, je regrette que l’agriculture biologique soit traitée peu ou prou comme nous le sommes par les réchauffistes. En faire une activité pour arriérés anti-science me paraît un peu court et j’aimerais voir ce sujet abordé rationnellement; car s’il y a bien un endroit où devraient pouvoir être évalués ces deux modèles de façon sérieuse et documentée, n’est-ce pas ici ?

            À la décharge des climato-réalistes, il faut bien avouer que les représentants de l’écologie contribuent largement à la déconsidérer. Entre les Verts réchauffistes anti-tout dont l’unique préoccupation semble être l’extermination des pauvres, et les demeurés des sectes qui gravitent autour à coup d’happenings aussi outranciers qu’imbéciles, vous admettrez qu’il est difficile de ne pas s’en détourner…

            Cela dit, mettre fin à votre adhésion me semble bien excessif : doit-on se diviser au moindre désaccord ? Je préférerais de loin que vous partagiez avec nous vos connaissances, vos expériences et vos sources d’information au fil des articles.

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