Le réfrigérateur comme modèle de la façon dont l’eau contrôle le réchauffement climatique.

Par Michel Vert (Directeur de recherche émérite au CNRS)

Les rapports successifs du GIEC sur le réchauffement climatique prédisent sur une base consensuelle une augmentation spectaculaire de la température de l’atmosphère et du niveau des océans dans un avenir assez lointain. Ces évolutions sont attribuées à un apport thermique radiatif lié à la source solaire et dû aux gaz à effet de serre anthropiques, notamment le dioxyde de carbone généré par les sources d’énergie fossiles exploitées dans le monde.

Toutefois, chacun peut observer que de la chaleur est aussi générée directement dans la basse atmosphère par l’exploitation et la consommation de toutes les sources d’énergie et pas seulement celles fossiles. La production d’électricité et son exploitation par les voitures, les trains, les avions, les appareils électriques, les incendies de forêt, etc.… chauffent l’environnement.

Une étude originale intitulée Refrigerator as Model of How Earth’s Water Manages Solar and Anthropogenic Heats and Controls Global Warming (acceptée dans Earth’s Future en décembre 2021), fondée sur la chimie et la physique compare la gestion de l’énergie solaire et la chaleur dégagée dans l’environnement au mécanisme qui contrôle la température à l’intérieur d’un réfrigérateur . La comparaison montre que l’eau présente sur la Terre joue un rôle de fluide réfrigérant via les phénomènes de fonte des glaces et d’évaporation-condensation et qu’elle gère de manière similaire les chaleurs solaires et anthropiques. Un article précédent (soumis à Earth’s Future) quantifiant les énergies thermiques échangées au cours des différentes étapes du cycle glace-eau liquide-vapeur-glace, confirme que l’énergie thermique anthropique issue de la production et l’exploitation des diverses sources d’énergies dont l’humanité a besoin est largement responsable de l’actuelle disparition des glaces .

Elle montre aussi que les forçages radiatifs tels qu’ils sont estimés par le GIEC entre autres devraient conduire à une disparition des glaces beaucoup plus importante qu’observée de nos jours. En termes d’énergie thermique, ces estimations paraissent surestimées. Cette conclusion semble de nature à remettre en cause l’influence du CO2 anthropique sur le climat futur. Selon le mécanisme de régulation thermique proposé et contrairement aux prévisions actuelles, la température globale ne devrait pas augmenter dramatiquement si les glaces continuent à disparaître au cours des prochaines années. En revanche, la formation de nuages, les pluies, les vents, les tempêtes, les ouragans, etc. devraient augmenter en fréquence et en dégâts. Il est également montré que l’eau stockée dans les hydrocarbures fossiles il y a plusieurs millions d’années est progressivement libérée sous forme de vapeur chaude  lors de la combustion des sources fossiles hydrocarbonées et s’ajoute à l’eau présente sur le globe une fois condensée. Reste à savoir si cet apport peut jouer un rôle dans l’hypothèse des effets de serre. L’étude suggère que lutter contre la production de CO2 anthropique pourrait bien ne pas être suffisant pour limiter la fonte des glaces. L’hydrogène peut être une alternative aux sources d’énergie consommées par l’humanité à condition que l’évaluation du cycle thermique de A à Z complète favorablement l’évaluation du cycle de vie.


Biographie de l’auteur.

Michel Vert est actuellement Directeur de recherche émérite au CNRS. Il est titulaire d’un Doctorat-es-Sciences (Université de Rouen). Il entre au CNRS en 1971 où il deviendra Directeur de Recherche en 1984. En 1991, il crée à Montpellier le Centre de Recherche sur les Biopolymères Artificiels, Unité Mixte CNRS. Il est auteur ou co-auteur de plus de 400 articles majeurs et chapitres de livres, et d’une trentaine de brevets ayant abouti à la création de trois entreprises. Ses travaux ont été honorés par une Médaille d’Argent du CNRS en 1989, le Grand Prix « Jungfleish » de l’Académie des Sciences en 2001, le Grand Prix Européen de l’Innovation pour l’Environnement Monaco en 2005 et le Grand Prix Georges Winter de la Société Européenne des Biomatériaux en 2005.

Michel Vert est membre de l’association des climato-réalistes.

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18 réflexions au sujet de « Le réfrigérateur comme modèle de la façon dont l’eau contrôle le réchauffement climatique. »

  1. EFFET DE SERRE n’existe pas , il n y a aucun plafond dans l’atmosphère , c’est une invention totalement idiote , le problème c’est que personne n’ose dire ça dans les médias même vous les climato_réalistes , je regarde vos vidéos sur YouTube

  2. Massinissa ; ne dites pas que les climato réalistes ne réagissent pas à la doxa réchauffiste basée sur l’effet de serre du CO2
    La chaleur se transmet selon trois principes : la conduction , la convection et la radiation ; ce qui chauffe une serre c’est le manque de convection et si vous ouvrez une vitre ou la porte elle ne chauffe plus par rapport à l’environnement; pour l’atmosphère c’est pas si simple car parmi les gaz soit disant à effet de serre il y a la vapeur d’eau qui est largement le GES dominant et qui de temps en temps crée des PLAFONDS nuageux qui nous protègent des grands froids l’hiver , comme depuis deux mois en Alsace
    Mais c’est vrai que le CO2 ne change pas d’état dans notre environnement et ne crée donc pas de “plafonds” comme H2O

  3. Comment se fait-il que personne ne sache quel est le pouvoir réchauffant du CO2 ?
    J’imagine que cela règlerait le problème .
    Pourquoi une telle ignorance ? C’est quoi la difficulté ?

  4. Le CO2 ne réchauffe rien du tout, c’est le soleil qui réchauffe la Terre.
    L'”effet de serre” dû au CO2 est négligeable et ne peut plus augmenter.
    Par ailleurs, le CO2 est indispensable à la vie.
    Rappelons-nous également que la Terre elle-même est une cocotte minute géante.

    Le problème, c’est que le débat ne se situe plus dans la science, mais dans l’idéologie et l’hystérie.
    Les écologistes rêvent d’une Terre vierge de toute influence humaine. C’est pour cela que des centaines d’avions rempli d’écologistes se sont posés à Glasgow au mois de novembre dernier.
    Il est tout de même fort étonnant que ces gens puissent croire que dans la nature, tout ne puisse être que stabilité immuable.

    • Pas exactement.
      il y a d’un côté les opinions, les dogmes, les croyances et de l’autre les faits, observations.
      Lorsqu’un fait s’oppose à une croyance et qu’on le néglige, on est en religion, si on en tient compte on est en science.
      A chacun de faire la part des choses.

  5. Pour victor
    Il y a un troisième dogme , celui des climato réalistes qui n’en a rien à foutre du GIEC et de ceux qui sont pour ou contre mais qui essaie de promouvoir la science et rien qu’elle
    Fritz

  6. Intéressant ! Si je comprends bien :
    Entre 1994 et 2017 :
    9,34 Zeta Joules pour faire fondre les glaces
    12 Zeta Joules consommés par l’humanité

    Si cela se confirme, alors, l’énergie nucléaire (qui crée de la chaleur à partir de la matière) aujourd’hui très très minoritaire ne serait pas une solution pour éviter la fonte des glaces alors que l’énergie photovoltaïque serait neutre !

    Il serait intéressant de savoir quand cet article (“Un article précédent (soumis à Earth’s Future) “) sera publié et quelles seront les réactions.

    • Ok, mais n’oubliez pas qu’une bonne partie de cette énergie est transformée en travail, c’est à dire en déplacement d’une masse d’inertie.Les créature vivantes (animales principalement) elles-mêmes consomment de l’énergie, dégagent de la chaleur et produisent un travail. Et en prime rejettent du CO2.

      Une seule solution pour “sauver” la planète: supprimer non seulement toute activité humaine, mais aussi toute vie animale.

  7. Je ne comprends pas. Pourquoi toute l’énergie excédentaire irait-elle quasi exclusivement dans la fonte des glaces ? Rien ou presque dans le réchauffement de l’océan, des continents, de l’atmosphère (avec ensuite une perte vers l’espace) ? Ou est-ce que j’ai mal compris cet article ? (C’est tout à fait possible). On voit pourtant bien un réchauffement dans l’océan, dans l’atmosphère et dans les sols, il me semble ? Il y a bien eu des variations de température dans le passé, donc toute variation de température ne semble pas avoir été complètement estompée par le “cryostat” que sont les glaces terrestres. Ou bien ? J’ai essayé de lire l’article original, mais je le trouve assez inaccessible.

    • Bonjour Arsène
      A la première lecture j’ai réagi comme vous.
      Mais il y a une notion importante c’est celle de chaleur latente.
      Il faut autant de chaleur (énergie en Joules ou KWh ….) pour faire fondre un kilo de glace (sans aucune augmentation de température) que pour porter le litre d’eau obtenu de 0°C à 80 °C environ.
      Donc ce que veut dire l’article de Michel Vert (si ses calculs sont exacts, je n’ai pas les moyens de vérifier) c’est que l’utilisation des énergies fossiles (ou nucléaires mais c’est si peu) par l’homme au cours de ces 30 dernières années suffit à expliquer la fonte des glaces sur la même période, sans parler ni d’effet de serre du au CO2 anthropique ni d’augmentation de la température.

  8. …” L’hydrogène peut être une alternative aux sources d’énergie consommées par l’humanité à condition que l’évaluation du cycle thermique de A à Z complète favorablement l’évaluation du cycle de vie.”
    J’ai de la peine à comprendre la deuxième partie de cette phrase.
    Quand à la première, Mr Vert semble ignorer que l’hydrogène n’est PAS une source d’énergie, mais seulement un vecteur, ou encore un moyen de stockage de l’énergie.
    Sa fabrication a, hélas, un rendement déplorable quand on sait que stocker l’énergie sous forme chimique dans une batterie Li/Ion a un excellent rendement (énergie in/ énergie out) d’environ 85-90% tandis que les différentes étapes de fabrication de l’hydrogène avec de l’électricité ne restituent qu’à peine 30% de l’énergie qu’elles absorbent.
    Vouloir remplacer les carburants fossiles par l’hydrogène est une impasse.

  9. Je vous cite : “La seule preuve avancée par le GIEC de l’action du CO2 sur le climat repose sur des modèles informatiques. Il n’existe aucune mesure expérimentale qui valide cette hypothèse.”

    COMPLÈTEMENT FAUX !

    Prenez le temps de lire les travaux des Glaciologues Reginald Lorrain et Jean-Louis Tison :
    https://www2.ulb.ac.be/espritlibre/html/el052005/31.html

    Ces deux glaciologues ne sont qu’un exemple parmi les centaines d’autres “Scientifiques de terrain”. (https://www2.ulb.ac.be/espritlibre/html/el052005/31.html)
    Les mesures précises datent de 1956 !
    Durant cette période, la concentration en CO2 atmosphérique est passée de 270 ppm à plus de 417 ppm en seulement 50 ans ! Un milliardième de seconde à l’échelle des temps géologiques !!!
    Connaissez-vous la courbe de Keeling ?
    https://keelingcurve.ucsd.edu/
    50 années ce n’est pas une hypothèse, c’est un fait !
    Il semble que vous n’êtes pas un spécialiste (Perso, je suis glaciologue, géologue et paléontologue).

    https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/climatologie-taux-co2-atmosphere-atteint-record-jamais-vu-depuis-3-millions-annees-19695/

    Vous ne pouvez nier le caractère anthropologique de la modification de la composition de l’atmosphère depuis la révolution industrielle … mais bon quand on veut interpréter des observations de manière non objective, on s’autoproclame Climato-surréaliste LOL

    • Si vous êtes géologue, cela me surprend que l’acquisition de données dans des points géographiques aussi éloignés ne sembles pas vous préoccuper.Car le 417 ppm est mesuré à Mana Loa dans les tropiques et le 270 ppm lui vient probablement des glaces de l’Antarctique. Vous devriez savoir que plus l’eau est chaude plus elle expulse de CO2 donc comparé un résultat en eau froide qui absorbe du CO2 pourrait causer un biais de comparaison pour la mesure des ppm de CO2 dans l’air. Mais le GIEC après le Climategate a prouvé que la recherche du résultat escompté est plus important que l’éthique scientifique.

      Donc en bref le CO2 a augmenté, il n’y a pas grand monde qui conteste çà, mais de quelle proportion ce CO2 n’est-il pas naturel vu qu’une augmentation de température à augmenter la part des océans en CO2 surtout dans une région chaude. Et le vrai problème est l’importance du CO2 dans le réchauffement récent mais depuis 2016 il est sur pause mais pas le CO2. Donc croire que le CO2 gouverne le climat est une vison de l’esprit des croyants de la religion climatique et voir une importance de légère a nulle du CO2 sur le climat est une vision climato-réaliste.

    • Glaciologue, géologue, paléontologue, diable !
      1. La courbe du Mauna Loa est connue de tous. Et qui nie son lien, total ou partiel, avec l’activité humaine. Quoique… (là, je vous laisse chercher)
      2. Le glaciologue que vous êtes pourrait-il nous expliquer comment, il y a qq siècles, donc en l’absence vraisemblable d’augmentation de CO2 due à l’activité industrielle, les glaciers alpins aient davantage reculé qu’aujourd’hui. Apparemment ces diables ont une vie propre qui ne suit pas la courbe. Ce n’est pas moi qui le dit mais le glaciologue suisse C. Schlüchter (Univ. berne). Tout comme des glaciologues français (Goutherand, …). C’est même écrit noir sur blanc au Montenvers (Chamonix).
      3. Les lecteurs qui musardent sur le site de l’ACR ont très souvent un bagage scientifiques qui devrait les mettre à l’abri des critiques viscérales. Un peu de retenue ne nuirait pas.
      4. Quant à la ménagerie universitaire, je connais, j’en viens (géologue).

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