Les données satellitaires (UAH) indiquent un réchauffement à long terme de +0,16 °C par décennie, de janvier 1979 à février 2026.

Article initialement publié par Climate Realism

Dans un article récent intitulé « La planète se réchauffe plus vite que jamais », le magazine TIME  affirme que le réchauffement climatique s’est considérablement accéléré depuis 2015. Or, cette affirmation est manifestement fausse. Les données satellitaires d’observation la contredisent, montrant une variabilité à court terme due à des phénomènes naturels de courte durée, les températures actuelles étant inférieures au pic d’El Niño de 2015-2016. De plus, des données indirectes antérieures révèlent de nombreuses périodes de variations de température beaucoup plus rapides et marquées, à la hausse comme à la baisse, que durant la récente période de réchauffement modéré.

L’ article  de TIME  cite une étude affirmant que le réchauffement climatique a presque doublé de rythme depuis 2015, ce qui représente une accélération marquée et laisse présager que le réchauffement pourrait dépasser 1,5 °C d’ici quelques années. Cette affirmation repose sur des ajustements statistiques qui « filtrent » la variabilité naturelle, comme El Niño et les effets volcaniques. Ce filtrage est au cœur du récit. L’accélération n’apparaît qu’après suppression des influences naturelles dans les relevés de température, influences pourtant clairement visibles dans les données brutes.

Lorsque nous examinons les données d’observation satellitaires elles-mêmes, visibles ci-dessous, le tableau est tout autre.

Les données globales de la basse troposphère (version 6.1) de l’  Université d’Alabama à Huntsville (UAH)  indiquent une tendance au réchauffement à long terme de +0,16 °C par décennie, de janvier 1979 à février 2026. Cette tendance est restée globalement stable pendant des années. Aucun point d’inflexion n’est visible après 2015 dans la pente à long terme.

Le graphique illustre le pic important d’El Niño de 2015-2016, avec une hausse des températures supérieure à +0,7 °C par rapport à la moyenne de 1991-2020. Après ce pic, les températures ont diminué. La valeur la plus récente – +0,39 °C en février 2026 – reste nettement inférieure au précédent record d’El Niño de 2016.

Si le réchauffement avait réellement « doublé » de rythme à partir de 2015, les anomalies actuelles devraient être nettement supérieures au pic de 2016. Or, ce n’est pas le cas.

Il est également important de comprendre les causes des pics récents observés. Les valeurs exceptionnellement élevées de 2024 se distinguent dans la série chronologique de l’UAH. Cependant, elles sont survenues à la suite de l’  éruption volcanique du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai en 2022 , qui a injecté une  quantité sans précédent de vapeur d’eau dans la stratosphère . Cette injection a temporairement renforcé le forçage radiatif, autrement dit l’effet de serre, car  la vapeur d’eau est en effet le plus puissant gaz à effet de serre . Il s’agissait d’une perturbation de courte durée, et non d’une preuve d’une accélération structurelle de la tendance sous-jacente liée à l’effet de serre.

Le rapport de l’UAH qualifie lui-même l’année 2024 d’« anormalement chaude », et les données montrent un retour à la tendance à long terme jusqu’en 2025 et début 2026. Ce comportement — pic et repli partiel — est caractéristique de la variabilité naturelle qui se superpose à un réchauffement progressif.

L’analyse du magazine TIME repose largement sur des ensembles de données de surface ajustés, où les influences naturelles sont mathématiquement éliminées. Or, le climat est une  moyenne à long terme  des phénomènes réels, incluant El Niño, les éruptions volcaniques et les variations atmosphériques à court terme. Supprimer ces facteurs pour obtenir une courbe « sous-jacente » lissée ne démontre pas que le système climatique observable est entré dans une nouvelle phase d’accélération, même si cela sert opportunément le discours sur le réchauffement climatique d’origine anthropique.

La tendance satellitaire à long terme demeure modérée et stable à +0,16 °C par décennie. Il ne s’agit pas d’un doublement, ni d’une forte hausse, mais de la poursuite d’une augmentation progressive observée depuis des décennies, ponctuée de pics et de creux temporaires.

Le changement climatique se mesure sur des décennies, et non d’un pic El Niño à l’autre. Si l’on considère l’ensemble des données satellitaires — y compris le pic de 2016, l’anomalie de 2024 et la valeur actuelle de février 2026 —, l’affirmation selon laquelle la planète se réchauffe « plus vite que jamais » depuis 2015 n’est pas étayée par les données d’observation.

Elle n’est pas non plus corroborée par les données paléoclimatiques indirectes qui montrent  des variations de température beaucoup plus importantes  sur de courtes périodes à plusieurs reprises au cours de l’histoire, bien avant que les humains ne commencent à émettre des quantités importantes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

Le premier constat à tirer de cet article est que  Time  a besoin de vérificateurs de faits compétents, maîtrisant l’anglais. Les données démontrent clairement que le réchauffement actuel n’est pas « plus rapide que jamais », et certainement pas plus important. Les données de l’UAH montrent un réchauffement progressif, auquel s’ajoute la variabilité naturelle. Elles ne montrent aucune accélération incontrôlée. Si  Time  avait pris la peine d’examiner les données réelles au lieu de se contenter de répéter sans esprit critique un communiqué de presse, peut-être, en toute honnêteté, aurait-il publié un article bien différent – ​​avec un titre beaucoup moins alarmiste et manifestement erroné.


Anthony Watts est chercheur principal en environnement et climat au Heartland Institute. Présentateur météo à la télévision depuis 1978, il réalise aujourd’hui des bulletins météo quotidiens à la radio. Il a conçu des systèmes de présentation graphique météorologique pour la télévision, des instruments météorologiques spécialisés et a co-écrit des articles scientifiques sur les enjeux climatiques. Il gère le site web le plus consulté au monde sur le climat, wattsupwiththat.com , un site primé .

Article initialement publié sur Climate REALISM

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22 réflexions au sujet de « Les données satellitaires (UAH) indiquent un réchauffement à long terme de +0,16 °C par décennie, de janvier 1979 à février 2026. »

  1. Anthony Watts est chercheur principal en environnement et climat au Heartland Institute. Présentateur météo à la télévision depuis 1978,
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    publié un peu avant , certains scientifiques climato réalistes sont mis en doute parce qu’ils sont aussi musiciens ; celui-ci visiblement réchauffiste est aussi présentateur à la télévision; un musicien peut jouer ce qu’il veut , un présentateur de télé ne peut pas dire ce qu’il veut , une fois peut-être
    Fritz

  2. Comment osez vous contester le dogme climatique en vous appuyant sur des données factuelles ?
    Votre esprit scientifique vous conduira directement en enfer !

    • C’est une vision intéressante, mais je pense que vous inversez complètement la réalité. Ce qui conduit inévitablement à l’aveuglement, ce n’est pas l’esprit scientifique, mais précisément le dogme que vous croyez dénoncer.

      Par définition, il n’y a pas de dogme en science. Un dogme est une croyance imposée que l’on ne peut contester. La science, au contraire, est un processus qui ne vit que par la contestation, la mise à l’épreuve des idées et la révision permanente des théories à l’aune de données factuelles nouvelles.

      La climatologie, comme toute autre science, fonctionne ainsi. S’appuyer sur des données factuelles, les discuter, les interpréter, c’est justement faire preuve d’esprit scientifique. Ce serait plutôt rejeter ces données sans les examiner, ou les accuser d’être un « dogme » sans apporter de contre-preuves, qui relèverait d’une posture dogmatique.

    • Ben, l’article de Rahmstorf et Forster (https://doi.org/10.1029/
      2025GL118804) est aussi basé sur des données factuelles, et en particulier sur des données globales mesurées à la surface. Alors que le jeu UAH est basé sur une modélisation inverse complexe de l’émission micro-ondes de l’oxygène de l’air quelque part dans la moyenne troposphère (entre 3000 et 6000 m environ), et limité aux régions non-polaires. Dommage aussi que d’autres (RSS par exemple) trouvent des séries temporelles assez différentes de celle d’UAH à partir des mêmes émissions micro-onde mesurées. Va savoir pourquoi dans certains cercles on ne cite que UAH.

      Donc vous comparez des choses non comparables.

  3. Le Time se fout du réel, de la science et du lecteur. Le Time a juste besoin de vendre.

    Pour ça, rien de tel qu’une bonne panique de temps en temps à destination de sa fidèle clientèle de climato-pétochards qui ne demandent qu’à être toujours plus terrorisés.

    Ainsi les caisses se remplissent et les cerveaux se vident; et plus les cerveaux se vident, plus les caisses se remplissent. N’allons pas gâcher inutilement ce vertueux système avec des réalités inconvenantes…

  4. Le problème, c’est que le réchauffement aurait beau soit disant s’accélérer, on ne constate rien de bien extraordinaire. Les mers sont toujours à la même place, et ne débordent pas, il y a toujours de la neige dans les stations de ski, et des super coups de froid l’hiver en Sibérie et en Amérique du Nord.
    C’est vrai que c’est plus tempéré par chez nous depuis quelques années, et après tout, tant mieux.

    Le catastrophisme réchauffiste n’est qu’une farce ayant pour but de mieux nous taxer, tout en nous cassant royalement les pieds. Comme l’heure est à présent au réarmement militaire et que les caisses de l’état sont vides, l’argent ponctionné pour « sauver la planète » servira plutôt à construire le porte-avions.

    Après tout…

    • Il y a bien un réchauffement observable mais relativement modeste, les températures des années 1940 et des années 2010 sont en réalité comparables.

      https://zupimages.net/up/19/47/ilvv.png

      Les indices de températures que vous mettez en lien sont des constructions étranges qui n’ont jamais été confirmées par de quelconques observations directes. L’évolution de la fonte des glaciers, par exemple, est incompatible avec ces indices mais tout à fait en phase avec l’évaluation représentée ci-dessus.

      Si vous souhaitez vous faire une idée raisonnable du réchauffement en cours, il faut impérativement vous référer aux nombreuses séries de mesures et éviter soigneusement les outils de propagande forgés par les idéologues du climat.

      • Oui, vous avez raison. J’ai donc cherché des données d’observation. J’en ai trouvé ici par exemple pour la France (https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/impacts-du-changement-climatique-atmosphere-temperatures-precipitations). Sur la 2e figure, on voit l’évolution de la température en France (qui est même plus rapide que pour les températures mondiales montrées sur le 1er graphique). C’est calculé à partir des observations de 30 stations météo.
        Ça a l’air de confirmer que ça se réchauffe beaucoup depuis 1990, beaucoup plus que sur le graphique de https://www.drroyspencer.com/2026/03/uah-v6-1-global-temperature-update-for-february-2026-0-39-deg-c/
        Est-ce que ce n’est pas parce le graphique de ddroyspencer.com n’est pas fait à partir d’observations?

        • Non, le graphique de Météo France ne rapporte pas directement des observations, il utilise des observations pour construire un indice. Il ne s’agit pas, et de loin, de la moyenne de 30 stations météorologiques. Le principe général est de faire la moyenne des écarts interannuels des températures sur des tronçons réputés homogènes. Ces tronçons sont en général courts (disons environ entre 5 et 20 ans). Le résultat de ce traitement correspond systématiquement à un ajout de réchauffement de l’ordre de grandeur de celui déjà présent dans les données brutes.

          Cela pose un gros problème parce que le mécanisme qui conduit à ce réchauffement artificiel est mal compris. Quand on utilise des proxies de la température pour contrôler ces ajustements bâclés, on découvre qu’ils sont réalisés dans le mauvais sens. Il ne faudrait pas réchauffer les données brutes mais leur retirer l’effet de la progressive augmentation des perturbations par urbanisation.

          UAH LT semble à l’opposé être une mesure fiable des températures de la basse troposphère. Or, il y a un phénomène bien compris d’amplification troposphérique lié à l’humidité absolue et bien visible dans les hautes fréquences qui doit être pris en compte pour pouvoir comparer ces observations aux températures de surface.

          https://www.zupimages.net/up/22/16/804k.png

          On retrouve bien le comportement mis en évidence dans mon précédent lien. Des températures comparables dans les années 1940 et 2010 avec un profond refroidissement entre les deux.

          • Je ne comprends pas très bien votre explication. L’indicateur de Météo-France est exactement la moyenne des températures de 30 stations. C’est expliqué sur le site de Météo-France, sur InfoClimat, dans plusieurs articles qu’on trouve sur internet. Pouvez-vous préciser d’où vient l’info selon laquelle cet indicateur serait calculer d’une autre manière ?
            Concernant l’indicateur de l’UAH, j’ai lu l’article qui explique comment il est obtenu. Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est très compliqué de passer de la mesure satellite à la température ! L’auteur a d’ailleurs changé plusieurs fois de méthode de calcul, preuve que c’est loin d’être évident. Il y a un article Wikipedia sur le sujet, qui rappelle toutes les difficultés et les limites d’obtenir la température à partir de la mesure par satellite. Et dernière chose, la température obtenue n’est pas la température en bas de l’atmosphère, sur une couche entre 0 et 5000 m si j’ai bien compris. Si on s’intéresse à la couche entre 0 et 2 m où l’on vit, ne vaut-il pas mieux étudier la température mesurée à 2 mètres ?
            Donc je suis beaucoup plus en confiance en regardant des températures simplement mesurées avec un thermomètre pour suivre l’évolution du climat. Et elles semblent indiquer qu’il y a bel et bien un réchauffement important en France.

          • Circonspect,
            Le détail des techniques pour calculer les indices de températures de surface peut varier mais cela correspond toujours globalement au principe que je vous ai décrit. La simple moyenne de températures n’est pas utilisée pour les indices et cela peut se justifier en général par le manque d’homogénéité des données brutes. Vous trouverez une abondante littérature sur le sujet y compris chez Météo France.

            Vous avez ici un schéma de l’effet des homgénéisations :
            https://zupimages.net/up/20/03/wu78.png

            La critique de ces homogénéisations n’est pas récente mais suit immédiatement leur mise en application, voir par exemple Hansen 2001.

            Pour ce qui est des données UAH, vous avez raison, l’obtention des valeurs n’est pas simple. Le problème n’est pas tant que ce soit simple ou compliqué (les techniques d’homogénéisation de Météo France sont également compliquées), l’important est que les biais, il y en a toujours, soient traités correctement. Pour l’apprécier, il n’y a guère que les comparaisons avec des données indépendantes. J’ai mis plusieurs liens dans un message précédent sur de tels comparaisons qui montrent l’excellente performance de UAH LT et l’échec patent des indices de surface.

            Partir des données de la basse troposphère n’est pas insatisfaisant parce que la couverture est bien meilleure et homogène que celle des thermomètres. La relation physique avec les températures de surface est suffisamment bien établie et l’ajustement nécessaire simple à calculer.

            Donc, oui, il y a un réchauffement relativement important en France depuis la fin des années 1970, succédant à un refroidissement d’une ampleur comparable. Cela ne signifie pas que les indices de Météo France soient corrects, bien au contraire!

            Vous souhaitez suivre l’évolution du climat. Le climat, ce n’est pas des courbes plus ou moins fiables mais des réalités physiques. Auriez-vous un exemple d’une de ces réalités physiques?

            Peut-être pourrions-nous ensuite, selon l’allure de l’évolution de cette réalité physique, déterminer quelle est l’évolution de la température la plus cohérente avec ce phénomène.

    • Circonspect
      Personne ne nie que ça se réchauffe (et encore pas partout de la même façon). Pour autant ce n’est pas forcément lié aux activités humaines, c’est ça l’arnaque.

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