La forêt française est en augmentation constante

En France, la forêt occupe 31% du territoire métropolitain

Selon l’IGN (Institut Géographique National), la forêt couvre actuellement 16,9 millions d’hectares soit 31 % du territoire français. C’est l’occupation du sol la plus importante après l’agriculture qui couvre plus de la moitié de la France métropolitaine.
La superficie forestière s’accroît fortement depuis la deuxième moitié du XIXe siècle. Elle était de l’ordre de 9 millions d’hectares en 1830, 14 millions d’hectares en 1985. Depuis trente ans, l’augmentation moyenne est de 80 000 hectares par an (0,6 %).
La carte ci-contre illustre l’évolution des superficies forestières entre 1985 et 2019 pour les différents départements.

Forêt
L’occupation moyenne de 31% masque de fortes différences départementales. Sept départements ont un taux de boisement inférieur à 10 % : la Manche, la Vendée, la Mayenne, le Pas-de-Calais, le Calvados, les Deux-Sèvres et la Loire-Atlantique. Cinq départements ont un taux de boisement supérieur à 60 % : la Corse-du-Sud, le Var, les Landes, les Alpes-de-Haute-Provence et les Alpes-Maritimes. Source : IGN

La surface forestière française est revenue à son niveau du Moyen Âge

Comme l’a montré l’historienne de la forêt Martine Chalvet (Une histoire de la forêt, Seuil), un grand mouvement de déboisement a débuté au Xe siècle (mené par les paysans et non par les moines, comme on le croit souvent).

Le renouveau de la forêt française vient essentiellement du charbon, la houille aujourd’hui tant vilipendée qui a donc eu – paradoxalement – un rôle écologique. En effet, le bois était jusqu’au début des années 1800 la principale source d’énergie non seulement pour l’industrie (qui commençait alors à se développer), mais aussi et surtout pour le chauffage et pour la cuisson des aliments.
La forêt regagne peu à peu du terrain jusqu’à atteindre aujourd’hui un niveau équivalent à celui de la fin du Moyen Âge.

L’évolution est également positive en Europe et en Amérique du Nord

Dans tous les grands pays industriels, la forêt a continué à se développer au XXème siècle. La surface forestière de l’Europe a augmenté de 0,3 % annuellement de 1990 à 2015. L’Union européenne a ainsi gagné 90 000 kilomètres carrés, soit la taille du Portugal. Aux États-Unis, la croissance est de 0,1 % par année.

En France c’est le résultat d’une politique constante en faveur de la forêt (exonération des droits de succession, de l’ISF, plans de gestion, etc…).

Dans les autres grands pays industrialisés (Suède, Finlande, Etats Unis, Canada notamment), c’est le résultat de l’action des papetiers qui après avoir beaucoup coupé la forêt, ont procédé depuis des dizaines d’années à des programmes massifs de plantation.

A l’opposé, la forêt diminue beaucoup dans les pays en développement, et particulièrement en Afrique.

Le responsable de cette destruction n’est pas l’industrie. C’est la cuisson des aliments qui est la première cause de la disparition de la forêt dans le monde. En effet, le bois (et souvent le charbon de bois vendu dans des sacs dans les banlieues des grandes villes) est la seule source d’énergie disponible et facilement accessible pour faire la cuisine.

C’est ainsi qu’on voit souvent dans les reportages télévisés des femmes portant des fagots de bois sur la tête. La pression démographique très forte du continent africain (dont la population va passer de 1 à 3 milliards d’habitants d’ici la fin du siècle selon l’OMS) ne fait qu’aggraver le phénomène.

Autre illustration de cette destruction massive : Haïti où la forêt a pratiquement disparu pour être transformée en charbon de bois, provoquant une érosion des sols spectaculaire voire dramatique.

La forêt ne stocke pas de CO2 quand elle est équilibrée

La forêt est dite équilibrée quand il y a autant d’arbres qui naissent que d’arbres qui meurent.

En effet un arbre est un être vivant qui stocke le carbone contenu dans le CO2 pendant sa croissance (la lignine du bois) , carbone qu’il restitue sous forme de CO2 quand il meurt. Sauf … à être transformé en bois d’œuvre (charpente, meuble, parquet, etc…).

La charpente de Notre Dame a stocké du carbone pendant des siècles, carbone qui a été restitué dans l’atmosphère sous forme de CO2 en une soirée. Et – dernier paradoxe – c’est ce carbone stocké depuis longtemps qui a favorisé l’incendie !

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3 réflexions au sujet de « La forêt française est en augmentation constante »

  1. Bonjour, information intéressante, que j’avais déjà entendu récemment lors d’une interview de Monsieur Jean de Kervasdoué.
    Il serait peut-être judicieux de rappeler ce qu’on appelle et/ou considère comme forêt dans ce genre d’étude.
    Quels sont les différents types d’espaces concernés et leur composition ?
    Est-ce que dix arbres alignés en centre ville contribuent au calcul global ?

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