Il fait froid parce qu’il fait chaud 

Article initialement publié le 30 janvier 2026 par Valeurs actuelles

CHRONIQUE. La vague de froid actuelle aux États-Unis est l’occasion d’analyser les arguments donnés par la pensée climatique dominante qui justifie à peu près tout et son contraire.


Ces jours-ci, les États-Unis sont victimes d’une très grosse vague, de froid qui a déjà fait plusieurs dizaines de morts. Cela donne hélas l’occasion de rappeler que, contrairement à ce que le catéchisme dominant laisse croire, nous avons bien plus à craindre du froid que du chaud. Le Lancet a ainsi évalué en 2021 qu’en vingt ans le froid a tué quatre millions et demi de personnes dans le monde, c’est-à-dire dix fois plus que le chaud. Aucune disparité régionale n’inverse cette tendance lourde, l’Afrique subsaharienne ayant même un rapport aussi élevé que contre-intuitif dans le domaine (un million de morts de froids contre moins de vingt mille morts de chaud, avec il est vrai de grosses incertitudes sur les données).

Si l’événement météorologique actuel n’avait pas cette dimension tragique, on aurait un peu de peine à s’empêcher de ricaner en songeant combien le réchauffement climatique doit manquer aux Américains. Mais attention, car devant les inquisiteurs écologistes un humour de ce genre est mal vu – tout comme l’humour en général, d’ailleurs.

Bien sûr, face aux esprits forts les sachants officiels disposent de leur batterie d’arguments définitifs, qui n’a rien à envier à celle de ceux qui démontraient jadis l’effet salvateur des saignées ou le mouvement du Soleil autour de la Terre.

L’argument bon marché, c’est que le réchauffement global n’interdit pas les coups de froid ponctuels, statistiquement non-significatifs. C’est le fameux « ne confondez pas le climat avec la météo », dont la principale caractéristique est de se carapater aussitôt que survient une canicule à commenter.

L’argument plus subtil, c’est celui qui consiste à assumer le paradoxe et d’expliquer que le réchauffement climatique a pour effet de provoquer de vastes déplacement de masses d’air, qui, de temps en temps, peuvent apporter du froid polaire dans des régions de plus basses latitudes. On attend alors avec impatience qu’au prochain événement inverse nos climatologues assermentés concèdent, avec l’humilité qui sied aux scientifiques à l’honnêteté intellectuelle chevillée au corps, qu’un éventuel réchauffement ponctuel en Amérique du Nord contredirait le réchauffement climatique.

En effet, il faut choisir : s’il fait froid parce qu’il fait chaud, alors il ne peut pas aussi faire chaud parce qu’il fait chaud. Sinon, l’idée même de chaud ou de froid perd tout son sens. Utiliser tout et son contraire à l’appui de sa théorie, c’est vider cette théorie de toute substance. C’est réduire la science à un élément de la société du spectacle, où ce qui compte n’est pas de comprendre mais d’utiliser à son profit, peu importe les moyens, tout évènement susceptible de faire le buzz.

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20 réflexions au sujet de « Il fait froid parce qu’il fait chaud  »

  1. Ce n’est pas la faute du réchauffement ! C’est celle du « changement » qui a commencé avec « l’ère industrielle ». Un célèbre expert en dendrochronologie a prouvé à l’aide de techniques statistiques évoluées que le climat de l’hémisphère nord était parfaitement uniforme pendant les 800 années qui ont précédé la révolution industrielle. Il y a quelques toutes petites exceptions dans un nombre limité d’endroits pour lesquelles on dispose d’archives historiques, mais là où l’on n’a pas de documents, il est prouvé que le « climat » était immuable.

  2. Merci, Benoît Rittaud, pour cet article qui met en lumière les incohérences des chantres du RCA.
    J’habite en Savoie et il y a quelques années, les papiers qui disaient que la neige serait une chose du passé faisaient florès. Mais la neige est toujours là ; certaines stations de basse altitude, menacées de fermeture jadis, tournent (il y a eu une surfréquentation cet hiver, et ce n’est pas fini). La Grande Odyssée 2026, course de chiens de traineau, s’est déroulée dans de parfaites conditions : enneigement optimal.
    Comme rien de ce qui est prédit par le Giec et autres institutions ne se réalisent, ils trouvent toujours un terme pour affoler le grand public, qui ne va pas chercher les infos plus scientifiquement.
    Le regretté Jacques Duran disait : « Même les pieds dans la glace, ils continueront à dire que cela se réchauffe. »
    Quant au froid qui tue plus que le chaud, tellement vrai. A-t-on déjà vu un SFD mourir en été, fut-il à 35° ?

  3. Entendu hier à la radio :
    La vague de froid aux Etats Unis ? du jamais vu ddepuis 40 ans ? Ce n’est pas contradictoire avec le réchauffement climatique. C’est lié au dérèglement climatique.
    Autrement dit : quand il fait chaud, c’est le réchauffement climatique; quand il fait froid, c’est le dérèglement climatique. C’est simple, mon cher Watson ! Il suffisait d’y penser !

    • Ceux qui disent ça ont la mémoire très très courte: pendant qu’on nous abrutissait en janvier 2025 avec les incendies de Los Angeles, c’était le silence sur les deux vagues de froid qui ont frappé l’est et le sud.
      mémoire courte ou effet « diode »? Dans un sens ça passe, dans l’autre, ça ne passe pas

  4. Au-delà des avis grotesques qu’on entend sur les médias (Jouzel qui explique que s’il fait froid c’est à cause du réchauffement!), il faut tirer les enseignements de cet épisode.
    Ce n’est qu’un avertissement, car à côté de l’horrible chaleur qu’on nous annonce, on ferait bien aussi de s’occuper des grands froids, qu’ils soient dus au réchauffement ou au prochain rafraîchissement qui suivra inéluctablement.
    Les Américains s’en sont bien tirés grâce à leurs centrales nucléaires et thermiques au charbon.
    En France, sur le plan de la production d’électricité, ce sera aussi un problème. Les éoliennes givrées ne tourneront pas, les panneaux solaires seront couverts de neige en hiver et donc inutiles quand on en a le plus besoin, les centrales nucléaires refroidies par l’eau des rivières gelées seront mises à l’arrêt, les transports seront ralentis, etc.
    Concernant les tranches nucléaires, actuelles et futures, les centrales en bord de rivières totalement gelées devront continuer, après l’arrêt occasionné par le froid, à évacuer la puissance résiduelle de façon autonome, en cas de panne de réseau. D’où des systèmes adaptés à prévoir basés sur des réserves d’eau maintenue liquide (en dérivation du pompage à la rivière), un refroidissement de secours par air, une fiabilité accrue des diesels (déjà demandée au demeurant avec les mesures post-Fukushima), etc.
    Sur la question des diesels, en particulier les DUS, diesels d’ultime secours démarrés en cas de manque de tension généralisée (MDTG= perte totale d’alimentation, interne, en cas d’ilotage raté, et externe, black out sur le réseau) a déjà été soulevée par l’ASN dans le passé alors que des démarrages de feu trop fréquents ont été observés lors du lancement des moteurs diesel (comme en 2021 à Paluel), et que, surtout, les mêmes moteurs ne sont garantis que pour une température « extrême » de -15°C et non -35°C comme demandé par le prédécesseur de l’ASNR dans ses recommandations de type « grands froids ».
    La conception et les règles d’exploitation des tranches nucléaires devront intégrer des conditions de grand froid, tant pour assurer la production d’électricité que pour pallier les conséquences éventuelles d’un arrêt incidentel dû au froid.
    Nous n’avons pas de centrale à charbon, et le parc nucléaire sera notre seule arme sérieuse face au refroidissement climatique, raison de plus pour le renforcer en priorité, avec les turbines à gaz (si par bonheur nous avons du gaz). Le parc nucléaire, y compris les futurs EPR2, devra intégrer des « plans grands froids », de la même façon qu’il a été mis à niveau avec « les mesures post-Fukushima ». C’est techniquement tout à fait faisable, il suffit juste de s’y préparer.
    Mais nul doute que nos élites particulièrement éveillées y pourvoiront…

  5. On nous raconte que le réchauffement de l’Arctique, plus rapide qu’aux latitudes moyennes, affaiblit le gradient de température latitudinal ; il provoquerait un affaissement du courant-jet polaire, repoussant l’air glacial arctique vers le sud en direction des latitudes moyennes.
    Aussi séduisant que cela puisse paraître, c’est absurde.

    Affirmer que le réchauffement climatique provoque des vagues de froid plus fréquentes :
    1⃣ Viole le premier principe de la thermodynamique.
    2⃣ Est incompatible avec la dynamique des fluides, plus particulièrement avec la relation entre les vents thermiques.
    3⃣ N’est étayé par aucune donnée d’observation concernant la fréquence des épisodes de froid ou l’ondulation du courant-jet.
    4⃣ Est incompatible avec les prévisions antérieures du GIEC.

  6. Je me suis procuré le code informatique du GIEC, il est fort simple.
    if (température >= moyenne {
    printf(« Réchauffement »);
    } else {
    printf(« Réchauffement »);

    • C’est du pseudo-C bugué. Et on utilise très peu de C en climatologie. Plutôt du Fortran (je sais…) et du Python, « historiquement ».

      Si vous voulez voir à quoi ressemble un vrai code scientifique, chose que vous n’avez sans doute jamais vue, allez là par exemple : https://github.com/ESCOMP/CESM
      Attention, ça ne tourne pas sous Excel sur votre PC Windows.

      Ou pour une liste de codes et données soi-disant toujours super-secrèts, alors qu’ils sont librement accessibles depuis longtemps : https://www.realclimate.org/index.php/data-sources/

  7. C’est la dialectique du « frigo » en quelque sorte…faire du froid avec du chaud. Une des caractéristiques de l’écologisme politique demeure la bêtise crasse sur les questions énergétiques. On aura la charité de ne pas donner l’identité de ce responsable politique écolo occupant encore aujourd’hui d’importantes fonctions au sein de l’UE qui ne savait pas distinguer un baromètre d’un thermomètre…

  8. J’avais noté qu’en janvier et février 2025, il y avait eu aux USA deux épisodes hivernaux sévères sur la partie Est du pays, jusqu’au sud, en même temps que le méga incendie près de Los Angeles.
    Pendant que nos grands média audiovisuels nous gavaient d’images de l’incendie, c’était le silence intégral sur la vague de froid.
    étonnés?

  9. Il a neigé à Port-au-Prince
    Il pleut encore à Chamonix
    On traverse à gué la Garonne
    Le ciel est plein bleu à Paris

    Ma mie l’hiver est à l’envers
    Ne t’en retourne pas dehors
    Le monde est en chamaille
    On gèle au sud, on sue au nord

    Fais du feu dans la cheminée
    Je reviens chez nous
    S’il fait du soleil à Paris
    Il en fait partout

    La Seine a repris ses vingt berges
    Malgré les lourdes giboulées
    Si j’ai du frimas sur les lèvres
    C’est que je veille à ses côtés

    Ma mie j’ai le cœur à l’envers
    Le temps ravive le cerfeuil
    Je ne veux pas être tout seul
    Quand l’hiver tournera de l’œil

    Fais du feu dans la cheminée
    Je reviens chez nous
    S’il fait du soleil à Paris
    Il en fait partout

    – Jean -Pierre Ferland

  10. Bien dit !

    Il y a peu, lors d’un dîner, un convive situé à ma droite déclamait le fameux « changement climatique » comme étant source de tous les maux. Je lui fis remarquer, non sans une pointe d’ironie cachée, que le climat était par nature changeant.

    Ce à quoi il me répondit que « oui, enfin je veux parler du réchauffement climatique ». Je l’engageais alors sur le fait que faisant suite au PAG, il était normal que la température de la Terre remonte, et que nous allions vers des conditions normales connues de nos ancêtres. Dès lors, si nos conditions de vies sont impactées par le climat comme c’est le cas depuis la nuit des temps, ce réchauffement n’avait aucun caractère apocalyptique.

    Le gars me regarde alors, un peu perdu, pour finalement rebondir sur le non moins célèbre, « vous ne pouvez pas nier qu’il y a un dérèglement climatique quand même ?! ». Je lui explique, toujours sur un ton neutre et sympathique, que pour qu’il y ait dérèglement, il faudrait que le climat fusse réglé. Je lui demande donc s’il sait par qui, par quoi, ou selon quelles règles ?

    Puis, ma femme me demande de cesser d’importuner le monsieur…

    La conversation reprit alors sur un tout autre sujet 🙂

    • A un diner entre amis , un des convives tentait en vain de nous entrainer sur le débat du climat, me sachant climato sceptique et espérant me défier..A la fin, je finis quand même par lui lâcher cet argument que vous venez de citer, pourquoi s’étonner d’un réchauffement puisqu’on sortait du Pag , période particulièrement froide.. La réponse fût : Le PAG, mais tout le monde sait que c’est un « truc » de climato sceptique..Le Pag est certainement l’argument principal pour détruire le raisonnement du réchauffement inédit et sans précédent, autant en rapidité qu’en intensité..Pour les réchauffistes, il est absolument nécessaire qu’il disparaisse..

      • Mais mon pauvre ami, vous êtes à coté de la plaque. Ces chutes de neige massives sont évidemment la conséquence du réchauffement climatique. En effet à cause de lui, les mers sont plus chaudes et quand de l’air froid venu de Sibérie passe au-dessus de la mer du japon, il y a plus d’évaporation parce-que la mer est plus chaude et que l’air est moins froid qu’avant même s’il est froid quand même, et donc il peut contenir plus de vapeur d’eau.
        Et donc ça donne en janvier 2026, 324mm de précipitations à Aomori avec une T°min moyenne de -3,6°C et une T°max moyenne de 0,3°C (https://www.meteociel.fr/climatologie/obs_villes.php?code=47575&mois=1&annee=2026).
        Alors que les moyennes pour cette ville en janvier sont 140mm de précipitations (dont 195cm de neige), une T°min moyenne de -3,5°C et une T°max moyenne de 1,8°C (https://fr.wikipedia.org/wiki/Aomori#Climat).
        CQFD.
        Bon à bien y regarder, il semble que Janvier 2026 n’ait pas été si chaud que ça. Ca montre à quel point la température de la mer du Japon doit être chaude ! Le climat est complètement déréglé, c’est pire que prévu ! 🙂

  11. Ah ! Les femmes ! Heureusement qu’elles sont là ! Imaginons un instant la suite. Le ton monte, une parole en emporte une autre, on en vient aux mains et patatras ! un des protagonistes décède. S’il s’agit du «  climato-réchauffiste », les journalistes du service public – suivez mon regard- diront que le changement climatique a ajouté un nom à la longue liste de ses victimes. Dans le cas contraire, ils souligneront les progrès apportés à la lutte contre le changement climatique par la disparition d’un dangereux complotiste, propagateur de faussetés et émetteur invétéré de CO2…Bref, gagnants sur tous les tableaux.

    • @Torra

      :o)

      Vous avez raison, il faut éviter de faire des martyres du climato-rechaufisme… De fait, je conserve toujours ma bonne humeur, ce qui a souvent le don d’agacer…

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