De COP en COP les émissions de CO₂ continuent à augmenter

Par MD.

Introduction.

Comme chaque année vers la même époque, le Global Carbon Project (GCP) vient de publier son rapport annuel Global Carbon Budget (GCB) sur l’état des lieux des émissions mondiales et nationales de CO2. Ce copieux document est accompagné de trois feuilles de calcul comportant les données utilisées dans le rapport. On va s’intéresser ici à la feuille de calcul qui retrace les évolutions des émissions mondiales de CO2. Rappelons une fois encore que tous ces chiffres résultent d’estimations modélisées et non de mesures directes, même si le GCP s’attache à les rapprocher tant bien que mal des mesures in situ comme on le verra. Cette question a déjà été abordée de nombreuses fois sur ce forum, sous différents aspects, mais il n’est pas toujours mauvais de se répéter.

Notas : les séries sont publiées en Carbone, elles ont été ici converties en CO2 (unité plus familière) par application du rapport des masses moléculaires soit 3,664. On s’est limité dans les graphiques aux valeurs annuelles de la période 1970-2021 (à noter que le GCB anticipe pour 2022 une augmentation des émissions fossiles de 1% par rapport à 2021).

Émissions anthropiques de CO2 dues aux énergies fossiles.

Les quantités sont exprimées en milliards de tonnes (Gt) de CO2.

Après le hiatus de 2020, la tendance des dix années antérieures a repris son cours. En 2021, on a enregistré 37 Gt de CO2 dues à la combustion des énergies fossiles (et à la production de ciment).

Émissions anthropiques de CO2 dues à l’utilisation des sols.

Contrairement aux émissions fossiles qui sont calculées à partir de consommations annuelles de pétrole, gaz naturel et charbon relativement bien connues, les émissions dues aux changements dans l’utilisation des sols (land use change ou LUC) donnent lieu à des fourchettes d’appréciations considérables, et fluctuantes même pour les valeurs historiques. Le GCB s’appuie sur les calculs effectués par une vingtaine d’équipes scientifiques, dont il fait la synthèse. Le graphique ci-dessous retrace à la fois les séries élémentaires et les valeurs synthétiques retenues (on n’a pas jugé utile d’alourdir le graphique avec les noms et sigles des équipes de chercheur).

On voit que selon le GCB ces émissions ne varieraient que modérément. Elles seraient en 2021 d’environ 4 GtCO2.

Émissions anthropiques totales de CO2.

En additionnant les émissions fossiles et celles dues à l’utilisation des sols, on aboutit au graphique ci-dessous.

On peut retenir une valeur actuelle légèrement supérieure à 40 GtCO2.

Les « puits » de carbone.

Pour parvenir à réconcilier calculs et mesures, la théorie officielle admet qu’une partie de la masse du CO2 anthropique émis est absorbée par la lithosphère et l’hydrosphère qui fonctionneraient alors comme des « puits » ou absorptions de carbone. A l’instar des émissions LUC, le GCB s’appuie sur des modélisations de diverses équipes scientifiques et en tire une synthèse. Les graphiques ci-après retracent les masses de CO2 censées être absorbées respectivement par les océans et par les terres émergées.

On peut être surpris par les variations considérables des puits terrestres d’une année à l’autre. Toujours est-il qu’elles permettent de parfaire l’ajustement aux variations réellement observées dans la concentration en CO2 dans l’atmosphère.

Émissions anthropiques subsistant dans l’atmosphère.

Un fois soustraits les « puits », il ne resterait dans l’atmosphère qu’une partie du CO2 émis ou fraction atmosphérique (« airborne fraction ») représentée dans le graphique ci-dessous par la courbe en traits pleins située en regard de celle des émissions.

La fraction atmosphérique est irrégulière du fait des irrégularités annuelles des puits. Mais observée sur longue période, elle représente en moyenne 45% des émissions anthropiques totales, les océans et les sols en absorbant 55%. Pendant ces dernières années, les émissions anthropiques diminuées des puits ajouteraient chaque année à l’atmosphère un peu moins de 20 GtCO2.

Mesures de la masse atmosphérique de CO2.

Les variations effectives de la masse atmosphérique de CO2 sont connues grâce aux mesures in situ de la NOAA à l’observatoire de Mauna Loa. Elles sont exprimées en parties par million en volume ou ppmv, mais on peut les convertir en masses selon l’équivalence classique : 1 ppmv = 7,8 GtCO2. Le graphique ci-dessous retrace l’évolution de la concentration de l’atmosphère en CO2 avec les deux échelles d’ordonnées. Il s’agit du cumul des augmentations annuelles, donc du stock de CO2 présent dans l’atmosphère.

On peut en déduire les augmentations annuelles de concentration, qui sont cette fois des flux, comparables aux émissions et aux absorptions précédentes.

Les analogies avec la fraction atmosphérique modélisée sont visibles, même si elles ne sont pas rigoureuses. Pour les années récentes, on retrouve bien environ 20 GtCO2 annuels.

Quelques remarques finales.

Le processus décrit par GCB permet donc une réconciliation entre modèles et mesures, au prix de quelques ajustements. Il faut au moins reconnaître l’ingéniosité et la cohérence de la démarche.

En 2021, la masse du CO2 présent dans l’atmosphère était proche de 3 300 GtCO2 (420 ppmv). On voit immédiatement la disproportion entre ce chiffre – le stock – et l’augmentation annuelle – le flux – de l’ordre de 20 GtCO2, soit 0,6% du stock [1]. Il est bon de garder à l’esprit ces ordres de grandeur lorsqu’on disserte sur la nécessité de réduire certaines émissions et sur les restrictions et les dépenses considérables qui en découlent.

Comme il était prévisible, les émissions de CO2 ont continué à augmenter de COP en COP. Elles se poursuivront sans perspective de renversement de tendance en dépit des effets de tribune et des déclarations outrecuidantes qui ont été proférées lors de la dernière COP27. Ce n’est une désillusion que pour ceux qui s’aveuglent volontairement, aveuglent les autres et tentent de les entraîner dans des aventures chimériques et inopérantes.


[1] C’est notamment ce qui explique que la diminution momentanée des émissions en 2020 (environ -2 GtCO2, soit -0,06% du stock) soit restée totalement inapparente dans les relevés de la NOAA.

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42 réflexions au sujet de « De COP en COP les émissions de CO₂ continuent à augmenter »

  1. Ce n’est pas exactement le sujet, mais c’est un scandale de plus dans une longue liste :
    En pleine crise de l’approvisionnement électrique, on va pouvoir saluer une casse volontaire de plus :
    Sur demande d’associations écologiques, et notamment de France Nature Environnement grande “casseuse” de digues et barrages qu’il s’agisse de simples retenues régulatrices, de loisirs ou hydro-électriques, le tribunal administratif de Grenoble vient d’annuler l’autorisation d’exploitation d’une petite centrale hydro-électrique toute neuve sur la Sallanche, près du Mont Blanc.
    Va t’on vraiment détruire cette installation neuve en pleine crise énergétique ? Ils sont devenus complètement fous !

    • Ce que vous devez comprendre, c’est que France Nature Environnement, qui est un ramassis d’idéologues, n’en à rien à foutre de la planète.

      Ce que veulent ces gens, c’est détruire notre civilisation.

      Mais d’accord avec vous, c’est idiot de détruire les centrales hydro-électriques.

      • “Ce que veulent ces gens, c’est détruire notre civilisation.”

        Vous avez quoi contre le fait de vivre dans une caverne avec un bon feu de bois et une bonne carcasse de lion à bouffer, et les enfants qui dessinent sur les murs au lieu de regarder des conneries à la télévision ou sur internet ? Et plus de GIEC pour nous les casser.

  2. Ces calculs élémentaires de proportion du flux annuel de co2 versus le stock atmosphérique suffisent à faire comprendre l’inutilité des actions de réduction des énergies fossiles. L’expérience de la baisse des activités industrielles et des déplacements lors de la pandémie n’ayant aucunement fait la preuve d’une quelconque efficacité (et pour cause) contrairement aux coûts faramineux induits. Aurait dû attirer l’attention des plus distraits. Par ailleurs et dans l’hypothèse où le co2 agirait massivement sur le climat, le temps nécessaire pour que la nature réduise le volume de co2 atmosphérique se mesurerait en siècles. En conclusion tout ce cirque n’aura aucun impact, que le co2 joue un rôle ou pas sur le climat terrestre. Il faut vraiment que nos contemporains aient perdu toute capacité de réflexion pour se laisser convaincre par cette propagande aux grosses ficelles.

  3. A/ L’augmentation de CO2 atmosphérique est principalement une conséquence de la variation de température et pas la cause. Liée au dégazement des océans. Pourquoi le GIEC s’entête-t-il à accuser le CO2 qui n’y est pour rien.

    B/ à 420 ppm, il y a longtemps que le CO2 voit son absorption dans l’IR saturé… Il ne peut pas “réchauffer” plus. Et l’effet de couche par convection ne se mesure pas…

    C/ Le “Bilan carbone” imposé aux populations, et qui donnera bientôt lieu à un Pass carbon, est une ineptie et un mensonge. Quand est-ce que les politiques vont arrêter cette mascarade ?

    • La mascarade continuera tant qu’il y aura des sous à récolter pour une élite qui a tout intérêt à entretenir le mensonge. Seul un refroidissement prononcé aura peut-être raison de la mascarade, mais pas sûr : ils diront que c’est de la météo alors que quand il fait chaud, c’est le climat.
      Les USA enchaînent les hivers rudes, neige à foison… Ça commence un peu à cogiter outre Atlantique.
      Wait and see.

  4. MD, s’il vous plaît, expliquez ça à Taylor et La Hire. Peut-être ils vous écouteront. Je sais très bien qu’il ne voudront pas comprendre si je leur explique la différence élémentaire entre les fluxs bruts et nets.

    Et aussi l’histoire de la pseudo-saturation de l’absorption du rayonnement infrarouge par le CO2 qui ne tient pas parce que c’est dans les hautes couches de l’atmosphère que ça se joue, où l’absorption n’est pas totale… encore un de ces trucs que tout le monde (ou presque) sait depuis plus de 50 ans.

    Merci MD ! Je compte sur vous.

    • Bonjour Anton

      Toujours aussi combatif !
      Même si vous avez raison, cela n’a strictement aucune importance.
      Il n’y a absolument aucune preuve que le CO2 soit responsable d’un quelconque réchauffement.

      Continuez donc de croire que la Nature, année après année, jour par jour, doit inlassablement répéter strictement la même chose, au 1/10e de °C près sans jamais dévier, dans un sens ou dans l’autre.
      Continuez de croire que le niveau des océans doit rester absolument stable, au millimètre près, sans jamais varier, à la hausse, ou à la baisse. Continuez de croire que le CO2, uniquement celui émis par nos activités, est l’unique responsable des conditions de vie sur Terre, le seul et unique régulateur de la machine climatique, et qu’il ne devrait jamais varier du moindre ppm.

      Les croyances sont appelées à disparaître avec nous.
      La Nature, indifférente aux injonctions du GIEC, continuera à faire ce qu’elle veut.
      Et moi aussi. 😉

    • Anton, merci de nous poster l’étude qui prouve par A+B, de A à Z et de Z à A, à 100 %, que le CO2 de l’activité humaine réchauffe la planète et qu’il a pris le dessus sur tous les autres phénomènes, connus et inconnus, d’ordres terrestres et cosmiques.

      Et pourquoi ne pas faire vos recherches et nous sortir VOTRE étude qui mettra définitivement fin à la controverse ? Qu’on en finisse.

      Si vous arrivez à le prouver, il va falloir engager des guerres contre tous les pays qui ne voudront pas réduire leurs émissions, car il en ira de l’avenir de toute l’humanité, et de la planète.

      Avez-vous un plan de guerre ? Au cas où ?

      Je compte sur vous !

      Bonnes fêtes de fin de CO2, pardon, d’année.

      • Bonsoir Monsieur Carras,

        Ce n’est pas *une* étude. Ce sont 50 ans de publications. Le dernier rapport du GIEC, groupe de travail 1 (physique du climat), se base sur 14000 articles scientifiques relus par les pairs, et il se concentre sur la période depuis l’avant-dernier rapport (2013). Si vous voulez, prenez ces 14000 publications pour commencer.

        • Donc le GIEC a prouvé par A+B, de A à Z et de Z à A, à 100 %,
          que le CO2 de l’activité humaine réchauffe la planète et a pris le dessus sur tous les autres phénomènes d’ordres terrestres et cosmiques, connus et inconnus.

          Mais il continue à faire des rapports pour le prouver.

          Désolé Anton, ces publications ne décrivent pas de manière précise « l’effet de serre ».

          Vos publications ne prouvent rien. Avec des publications qui affirment que la part anthropique est minime.

          Et il y a controverse, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué.

        • Aussi, pouvez-vous m’expliquer comment est-il possible de prouver à 100% quelque chose, alors que l’on ne sait pas expliquer parfaitement l’ensemble, la manière dont cet ensemble fonctionne, dans lequel se trouve ce quelque chose.

          Les rapports du GIEC n’expliquent pas exactement comment TOUS les phénomènes hautement complexes génèrent des variations dans les climats, et des variations de CO2, mais ils sont capables malgré tout de prouver que c’est le CO2 de l’activité humaine qui réchauffe la planète et qui a pris le dessus sur tous les autres phénomènes d’ordre terrestres et cosmique, connus et inconnus ?

          Ne seriez-vous pas en train de me prendre pour un imbécile Anton ? C’est une question que je pose.

          • C’est quand même simple à comprendre. Pendant des milliers d’années, le climat a varié suite à des phénomènes naturels. Ces derniers, quand ils ont vu que l’homme décidait de s’occuper lui-même du sujet, se sont mis en grève.

            Il y ajuste un truc qui m’embête dans cette explication. Les climatosceptiques avancent toujours quelques centaines de stations où la température stagne ou diminue légèrement depuis 40 ans pour justifier que le climat ne se réchauffe pas. Or, toutes les observations montrent une augmentation de la température globale moyenne, peu importe que la température baisse à certains endroits. Mais que se passe-t-il donc dans ces régions ? Sont-elles immunisées contre l’effet de serre ? N’y aurait-il pas un phénomène naturel qui n’aurait pas respecté la grève ? Et dans ce cas, d’autres phénomènes naturels qui réchauffent le climat ne feraient-ils pas de même ?

        • Parce que 14 000 âneries ont davantage valeur de vérité qu’une seule parole de bon sens ?
          je vous rappelle qu’il y a eu sans doute plus de 14 000 idiots qui ont affirmé que la Terre était au centre de l’Univers.

          C’est la pertinence d’un argument qui compte, pas le nombre de perroquets qui le répètent.

  5. Anton, inutile de déranger MD, selon vous je ne comprends pas la notion de flux et ne ferai pas la différence entre les flux bruts et nets, très bien. Mon post ne fait que souligner les constats de l’article, je les recopie ici « En 2021, la masse du CO2 présent dans l’atmosphère était proche de 3 300 GtCO2 (420 ppmv). On voit immédiatement la disproportion entre ce chiffre – le stock – et l’augmentation annuelle – le flux – de l’ordre de 20 GtCO2, soit 0,6% du stock [1]. Il est bon de garder à l’esprit ces ordres de grandeur lorsqu’on disserte sur la nécessité de réduire certaines émissions.., ». Le flux en question est le flux net celui qui contribue à l’augmentation du stock atmosphérique calculé en fin d’année. Ce flux n’a été réduit que marginalement pendant les restrictions de la pandémie de covid pour un coût estimé à l’équivalent du pib annuel de l’Allemagne. Ceci devrait faire réfléchir sur l’intérêt des contraintes envisagées.

  6. Le changement climatique nécessitera une gestion politique continue au cours des prochains siècles, quelles que soient ses influences humaines et naturelles. Nous ne savons pas comment le climat évoluera. Nous pouvons travailler sur l’adaptation aux changements.

    Le vrai danger est de nier ce fait parce qu’un organisme politique a réussi a prendre de facto le pouvoir et oriente tous les financements de la recherche sur le sujet à des fins anti-capitalistes, révolutionnaires, idéologiques.
    Les opinions politiques des scientifiques restent des opinions politiques. Elles n’ont pas plus de valeur que celles des non scientifiques, en revanche elles sont susceptibles de biaiser l’interprétation scientifique des données et des résultats. On a davantage envie de voir ce qu’on croit que l’inverse. On y mettra toute son énergie, on ne mettra pas son énergie à détruire ses propres croyances ; surtout quand aborder ce sujet sous un angle critique signifie ne plus obtenir aucun financement.

    Nous devons revenir à l’essentiel : comprendre les interactions fondamentales entre l’océan et l’atmosphère. Tant que cette connaissance restera faible, les modèles sur la sensibilité climatique n’auront AUCUNE valeur politique. Leur intérêt se situe au plan scientifique, dans une communauté hyper-spécialisée. Au vu des multiples incertitudes et sujets ouverts sur les hypothèses des modèles, prétendre autre chose est au mieux de la vanité, au pire de la manipulation.

    • Le problème est que la climatologie reste une science jeune, qui manque de recul et de certitudes suffisantes. Ca ne sert pas à grand chose d’essayer de prévoir ce qui va se passe en 2100, nous n’avons pas, et nous de sommes pas prêts d’avoir les connaissances suffisantes pour le savoir. De plus, il n’est pas certain, du tout, que, même à terme, ce soit possible de faire des prévisions aussi lointaines. L’humanité devrait d’abord se mobiliser pour découvrir une énergie peu chère, abondante, et peu impactante (ITER, et/ou l’amélioration des technologies nucléaires, etc), et arrêter la folie de l’obsolescence programmée et limiter/arrêter les pollutions/destructions inutiles ou à faible rendement (comme les chalutiers usines qui rejettent l’essentiel de leur pêche et déciment la faune, voir la flore, des océans.

      • J’avais pensé à mettre tout autour de la planète une grande roue dentée qui actionnerait une dynamo dans l’espace. Vu que la terre tourne toute seule, on pourrait avoir de l’énergie pour tout le monde.

        Et pour les antinucléaires, construire les centrales sur Mars et tirer des câbles jusqu’à la Terre. Mais ça risque de s’emmêler avec les autres planètes et tout détraquer encore plus.

        Pour les chalutiers usines, on remet des rames. Et cela fera baisser en plus le chômage. Ou on fait ramer les gens en prison.

      • Je suis bien d’accord. La manipulation, consciente ou non, concernant une urgence climatique a pour première conséquence le fait que de vraies urgences sociales et écologiques ne reçoivent pas les milliards d’euros perdus dans un but politique.
        Contrairement à certains sur ce site je pense que le plastique, les insectes pollinisateurs ou la sûreté nucléaire restent des problèmes préoccupants qui nécessitent de l’investissement en recherche et en millions d’euros. Comme vous l’indiquez, l’accès a l’énergie bon marché et abondante pour les populations les plus pauvres est aussi une urgence si on veut un monde plus juste.

  7. Bof !
    Si je comprend bien, les émissions nettes de CO2 par l’homme ajoutent 0,6 % au stock de CO2 qui ne représente que 0,04 % de l’atmosphère. Les émissions humaines de CO2 représentent donc chaque année un peu plus de 2 millièmes supplémentaires du stock de tous les gaz contenus dans l’atmosphère.
    2 millièmes de plus dans le stock chaque année : ça nous réchauffe, que dis-je ça nous brûle.
    Toute petite cause, grands effets.
    Par ailleurs, ce foutu CO2, il est où ? dilué, concentré quelque part ?
    Enfin, si on fait un effort gigantesque, à savoir diminuer nos émissions de CO2 par 2, l’augmentation de la part du CO2 dans le stock de tous les gaz de l’atmosphère ne sera plus que d’un peu plus de 1 millième.
    Courage !

    • 0,6% par an, FBL. Par an. La concentration a augmenté de 280 ppmv à la fin du 18e siècle (concentration assez constante depuis plusieurs millénaires) à 420 ppmv aujourd’hui. 50% d’augmentation de la concentration en tout.

      Et oui, en termes de masse de l’atmosphère, ça rajoute extrêmement peu – d’autant plus que ça enlève du O2 de l’atmosphère (et d’ailleurs cette diminution est observée). D’ailleurs il me semble que vous vous êtes planté(e), c’est beaucoup moins que 2 millièmes de la masse de l’atmosphère par an. Mais ça n’a pas d’importance. On mesure les déséquilibre du flux d’énergie en haut de l’atmosphère qui résulte de cette augmentation (voir von Schuckmann et al., “Heat stored in the Earth system 1960–2020: Where does the energy go?”, Earth System Science Data, 2022).

  8. Vanité est le mot le plus juste. En effet, dans une science “jeune”, beaucoup essaient de se mettre en évidence pour laisser une trace dans l’histoire des sciences. Quand je vois l’énergie que consomme un Jean-Pascal Van Ypersele (combien de déplacements en avion ?) pour devenir président du GIEC, je ne peux que constater qu’il applique une vieille devise des décideurs : “Faites ce que je dis et ne faites pas ce que je fais”.
    De plus, son discours a varié au gré des circonstances. Exemple :
    – quand il y a des hivers plus rigoureux : “C’est ce que prévoient les modèles : des saisons plus différenciées, donc des étés plus chauds et des hivers plus froids”
    – quand il y a des hivers plus doux : “Vous voyez le résultat du réchauffement climatique”
    Si l’on parvient à faire dire aux modèles une chose et son contraire, cela en dit long sur leur fiabilité.

  9. @,Anton. Quel est le sens d’une telle mesure dans un système chaotique ? Mesurer un déséquilibre implique l’existence d’un état stable. Quel est-il ? Si on en a fixé un, sur quels critères cette hypothèse a-t-elle été formulée ? Sans réponses précises à ces questions, la portée concrète des études reste bien incertaine. Pourquoi 1960 ?

    • De quelle mesure, TP? Du déséquilibre énergétique ? Il est plus fondamental que les variations de la température de l’atmosphère parce que le bilan de chaleur total est moins sensible aux variations de partitionnement entre les diverses parties du système climatique. Et 1960, c’est parce qu’évidemment, les données pour avant deviennent moins fiables, notamment pour l’océan profond.

      Lisez l’article de von Schuckmann, il est vraiment intéressant (même s’il n’est pour l’instant qu’en relecture). https://essd.copernicus.org/preprints/essd-2022-239/

      • Donc vous m’expliquez que les valeurs dites stables on été fixées car avant on avait pas de mesure? Répondez à la question, si on parle de déséquilibre alors on considère un état stable, lequel? Comment est il décrit? Le climat n’est-il pas un système chaotique ?

        A part ça, il y a deux millions d’années de vastes forêts s’étendaient sur le Groenland… mais 2 degrés vont détruire la planète… 😉
        https://www.europe1.fr/societe/groenland-lecosysteme-du-pays-dil-y-a-2-millions-dannees-dresse-grace-a-de-ladn-4154191

        • L’équilibre est juste que la planète reçoit à long terme autant qu’elle n’émet – évident, non ? Si elle est aujourd’hui en déséquilibre (elle émet moins qu’elle ne reçoit), ça veut dire qu’elle va continuer à se réchauffer jusqu’au moment où les flux d’émission thermique correspondra au flux incident. Simple comme bonjour.

          Et oui, Il y a deux millions d’années. C’était aussi la dernière fois que la concentration de CO2 était aussi élevée qu’aujourd’hui. Donc c’est une indication que le climat correspondant aux concentrations de CO2 actuelles sera bien plus chaud que ce qu’on voit aujourd’hui.

          Encore une fois, lisez enfin l’article de von Schuckmann, vous comprendrez.

          • Si ce que vous dites est vrai, la Terre va bientôt ressembler à la planète Vénus.
            Si cela était possible, ce serait déjà fait depuis longtemps.

            Je vous le dis en tout respect, Anton, votre argument est idiot.
            Et 14 000 perroquets qui le répètent n’en font pas une vérité.

          • @Anton
            Cela est très loin d’être évident dans un système chaotique avec une échelle de temps aussi ridiculement courte que quelques décennies (ou même siècles).

            Encore une fois, la base est de comprendre les interactions fondamentales entre l’océan et l’atmosphère. Tant que cette connaissance restera faible, les modèles sur la sensibilité climatique n’auront aucune valeur politique. Leurs fondements restent des hypothèses de travail.

            Ce qui est effarant est de constater l’assurance avec laquelle des gens qui n’y comprennent visiblement pas grand chose jouent les donneurs de leçons. Non, ce n’est pas “simple comme bonjour”. S’accrocher à une citation pour faire argument d’autorité n’est qu’un sophisme. Admettez pour une fois que vous ne pouvez répondre à la question posée, ensuite chacun croit ce qu’il veut, mais cela reste des convictions, des croyances, non des faits.

  10. Ben non, ohmdeboi. Rien dans ce que j’ai dit implique que la Terre se réchaufferait jusqu’à atteindre un climat comme sur Vénus. Mais il est clair que la concentration actuelle des gaz à effet de serre correspondrait à l’équilibre à un climat plus chaud que l’actuel, puisque, encore une fois, actuellement la Terre perd moins d’énergie vers l’espace qu’elle ne reçoit du soleil, comme prédit depuis longtemps. Mais on ne parle pas ici de dizaines de degrés, mais plutôt d’un demi-degré.

    Et à part ça, vous pouvez bien décider que vous n’avez pas envie de croire ce que les scientifiques du monde entier disent, ce qui est unanimement reconnu par toutes les Académies de Science, par toutes les grandes institutions scientifiques crédibles (CNRS, Services Météo du monde entier, NASA, ESA, etc), par toutes les sociétés savantes sérieuses (AGU, EGU, EPS, APS,…), bref par tout le monde sauf deux ou trois corrompus financés par les pays du Golfe et l’industrie pétrolière. Mais ça ne changera pas la réalité.

    MD pourra un jour nous faire un résumé des mesures de EEI (Earth Energy Imbalance) et faire le lien avec les critiques un peu ridicules qui depuis des années disaient que la température moyenne globale à la surface n’avait aucune signification physique et qu’il fallait dresser le bilan énergétique complet (dans l’espoir que ça resterait infaisable pour longtemps).

    • La réalité, c’est qu’il ne se passe rien.
      Aucune des catastrophes annoncées depuis plus de 30 ans ne s’est produite, et rien n’indique qu’il va se produire quoi que ce soit. C’est la réalité.
      Même si vous avez raison, un ou deux degrés vont-ils vraiment provoquer un cataclysme ? Vous savez très bien que non. Vous savez très bien que même si l’intégralité de la banquise fondait, le niveau des océans ne bougerait pas. Pourtant, les catastrophistes patentés annoncent une montée des eaux de trois mètres, au mépris des lois les plus élémentaires de la physique. Et nombreux sont les ignorants qui les écoutent et qui les croient. Je ne vous inclue pas dans le nombre.

      Quant à vos accusations de corruption, attention à ce que vous dites.
      Les intéressés, qui sont plus que deux ou trois, risqueraient de ne pas apprécier.
      Etes-vous corrompu par le lobby de l’industrie allemande des éoliennes ?

      Personnellement, je ne le pense pas, je vous considère comme une personne sincère, même si je suis en total désaccord avec vous.

      • De toutes façons, fixer une limite de dangerosité (1.5° ou 2°) sur une température moyenne globale n’a aucun sens. Les conséquences seront différentes suivant la distribution de ces hausses de températures. On nous annonce une augmentation triple (voire quadruple) de la moyenne en Arctique. Donc, il y a des régions où la valeur “déclenchant l’apocalypse” est déjà dépassée : avec quelles conséquences ?

    • “vous pouvez bien décider que vous n’avez pas envie de croire ce que les scientifiques du monde entier disent, ce qui est unanimement reconnu par toutes les Académies de Science, par toutes les grandes institutions scientifiques crédibles (CNRS, Services Météo du monde entier, NASA, ESA, etc), par toutes les sociétés savantes sérieuses (AGU, EGU, EPS, APS,…), ”

      C’est votre preuve scientifique que le CO2 de l’activité humaine a pris le dessus sur tous les autres phénomènes, d’ordres terrestres et cosmiques, et réchauffe globalement la planète ?

      Des gens dans ces institutions affirment ça ? Tous ? Je ne le crois pas. Il y a controverse, avec des théories différentes. Vous êtes en train de faire de la propagande. Et en plus vous accusez des gens d’être des corrompus.

      – Aucune étude ne prouve par A+B de A à Z et de Z à A, à 100 %, que le CO2 de l’activité humaine a pris le dessus sur tous les autres phénomènes d’ordres terrestres et cosmique, connus et inconnus, et réchauffe aujourd’hui la planète.

      – Aucune étude ne prouve par A+B qu’une augmentation du CO2 serait une catastrophe.

      – Aucune étude ne prouve par A+B qu’un adoucissement serait une catastrophe.

      – Aucune étude ne prouve par A+B qu’un rafraîchissement ne va pas avoir lieu suite à ce réchauffement.

      La climatologie est une science récente, encore beaucoup d’inconnus dans cette affaire, et des controverses également.

      Il y a un mouvement des idées et de la pensée scientifique en cours concernant ces questions. Rien n’est figé.

      C’est ainsi que la science avance. Et c’est grâce à ce mouvement que des découvertes sont possibles.

      • Bon Dieu, à votre avis, ces prises de positions, elles se basent sur quoi sinon l’évidence scientifique ?

        Encore une fois, le dernier rapport du GIEC, groupe de travail 1, se base sur 14000 publications scientifiques. Les preuves sont écrasantes, les articles prouvant le rôle déterminant des gaz à effet de serre dans le réchauffement actuel sont nombreux et existent depuis longtemps. Sinon, à votre avis, y aurait-il eu un Prix Nobel de Physique en 2021 pour les calculs de l’effet de serre pour Syukuro Manabe et pour l’attribution du changement climatique à l’activité humaine pour Klaus Hasselmann?

        Lisez le chapitre 3 du rapport (ici: https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/chapter/chapter-3/), titre “Human Influence on the Climate System”, et le bon millier d’articles scientifiques cités rien que dans ce chapitre…

        • Vous avez de toute évidence un problème d’ordre cognitif…

          Le rapport que vous me postez ne prouve strictement en rien, et n’affirme même pas, que le CO2 de l’activité humaine a pris le dessus sur tous les autres phénomènes d’ordres terrestres et cosmiques, connus et inconnus, et qu’il réchaufferait aujourd’hui la planète.

          Il n’affirme pas cela.

          La conclusion du rapport n’est pas : “Donc nous pouvons conclure que Le CO2 de l’activité humaine a pris le dessus sur tous les autres phénomènes d’ordres terrestres et cosmiques, connus et inconnus, que c’est lui et uniquement lui qui aujourd’hui provoque un réchauffement climatique”

          Il est question d’une influence. “Les preuves de l’influence humaine sur le système climatique se sont progressivement renforcées”

          “la balance des preuves suggère qu’il y a une influence humaine perceptible sur le climat mondial”.”

          “une influence humaine perceptible”

          Vous avez donc également des problèmes de lecture. Peut-être qu’avant de commenter ici, vous devriez retourner à l’école.

          Aussi, je vous invite à étudier (quand vous aurez appris à lire correctement) les études qui remettent en question ce qui est dit dans le rapport que vous venez de me poster. Études qui pour le coup, prouvent bien qu’il y a controverse.

          • Cher Monsieur Carras,

            “La balance des preuves suggère qu’il y a une influence humaine perceptible sur le climat mondial” – ça date du deuxième rapport du GIEC, de 1995… vous avez 25 ans de retard. Depuis, il y a eu 25 ans de réchauffement en plus, 25 ans de progrès scientifiques en plus aussi.

            Permettez-moi de vous signaler que nous sommes en 2022. Aujourd’hui, l’état de la science est le suivant: “Il est incontestable que l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, les océans et les terres.” – Traduit de l’Anglais, point A.1 du Résumé à l’Intention des décideurs du dernier rapport du GIEC – si vous voulez en lire les justifications détaillées, merci de vous reporter aux sections suivantes du rapport complet: 2.2, 2.3, Cross-Chapter Box 2.3, 3.3, 3.4, 3.5, 3.6, 3.8, 5.2, 5.3, 6.4, 7.3, 8.3, 9.2, 9.3, 9.5, 9.6, Cross-Chapter Box 9.1.

        • Dans le rapport toujours : “Il est probable que l’influence humaine ait contribué à l’humidification de la haute troposphère depuis 1979”

          Probable … Influence …

          “De plus, il y a un niveau de confiance moyen que l’influence humaine a contribué à une augmentation globale de l’humidité spécifique de surface annuelle”

          Un niveau de confiance moyen…

          Il est question de probabilité. Et une influence n’est pas une prise de pouvoir totale.

          • Ne pouvant pas répondre sous le dernier commentaire d’Anton, je lui réponds ici :

            J’ai le rapport de 2021 sous les yeux, pas une seule fois, il y est écrit : Le CO2 de l’activité humaine a pris le dessus sur tous les autres phénomènes, d’ordres terrestres et cosmiques, connus et inconnus, et c’est lui et lui seul qui réchauffe globalement la planète.

            Il est bien question d’une influence, qui n’est pas une prise de pouvoir totale, et de probabilités.

            Avec des incertitudes concernant les modèles informatiques du climat. Ce qui va dans le sens de ce qu’a pu démontrer Koonin, spécialiste des modèles numériques, et qui explique qu’il y a trop d’hypothèses à formuler pour les calculs de ces modèles, si bien que leurs résultats ne sont pas fiables.

            — « les différences entre les scénarios d’émissions » déterminent les résultats des modèles.
            Le rapport du GIEC confirme cette affirmation Koonin.

            Mais vous ne voulez pas tenir compte des études qui remettent en question des choses qui sont affirmées dans ce rapport, ce qui fait que vous n’êtes pas dans une logique scientifique.

            Et je ne suis pas votre cher Monsieur Carras.

            Vous êtes sur un champ de bataille, avec une guerre qui n’a pas été déclarée par des gens comme moi, mais par des gens qui ne veulent pas tenir compte de toute une vaste littérature scientifique remettant en question des choses qui sont dites dans les rapports du GIEC.

            Avec concernant certains, une volonté de figer le mouvement des idées et de la pensée scientifique pour imposer leurs visions, croyances.

            Avec des incohérences entre les résumés et les contenus même des rapports.

            Pour moi, la discussion est close.

            Mon objectif ici n’était pas de vous convaincre, mais de participer à faire prendre conscience, à mon tout petit niveau, aux gens qui lisent les commentaires sous les articles postés par l’Association des Climato-réalistes, que rien n’est figé, et qu’il y a bien des incertitudes, des inconnus.

            La science du climat est une science récente, avec beaucoup, beaucoup d’inconnus encore.

        • “Bon Dieu, à votre avis, ces prises de positions, elles se basent sur quoi sinon l’évidence scientifique ?”

          Réponse: 1/3 idéologie, 1/3 conflit d’intérêts, 1/3 effet “mouton”.
          Ces proportions peuvent fortement varier d’un individu à l’autre.

          14 000 perroquets qui répètent une idiotie en font une certitude, c’est vrai, mais pas une vérité.
          Passez de bonnes fêtes, Anton.

          • Le but est anticapitaliste, parfois révolutionnaire, anti-industrie, marxiste.
            Des idéaux très répandus dans les milieux universitaires et ce quels que soient les disciplines.
            Sans cela, jamais un organisme comme le GIEC, mêlant allègrement politique et sciences, influençant de fait les financements à grands coups de communication médiatique alarmiste et de marketing en tous genres, n’aurait existé.
            Son existence même violé toutes les règles les plus basiques d’éthique scientifique et d’indépendance de la science vis a vis du pouvoir politique ou religieux.
            Le nier est mentir, indépendamment de toute question scientifique.

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