Les petits ruisseaux font les grandes émissions de CO2

Article initialement publié dan Valeurs actuelles le 18 juillet 2025

C’est l’un des arguments les plus intouchables de l’alarmisme climatique : l’augmentation de la teneur atmosphérique en gaz carbonique (CO2) est causée par les activités humaines. À l’appui de cette affirmation, il y a des arguments scientifiques très solides. D’abord, la corrélation est bonne entre nos émissions calculées et les mesures du taux de CO2. Ensuite, l’évolution du taux d’oxygène dans l’atmosphère est cohérent avec les processus de combustion qui sont à l’œuvre dans nos sociétés industrielles. Mais jusqu’à présent l’argument le plus décisif a toujours porté sur les propriétés chimiques du CO2 atmosphérique.

Comme on le sait, le carbone existe sous plusieurs formes, appelées isotopes. Selon la proportion de deux d’entre eux dans l’air ambiant (les isotopes 13 et 14), on est théoriquement capable d’en déduire la quantité de CO2 qui provient directement des activités humaines. Même chez les plus sceptiques de l’apocalypse climatique, ce point a rarement été contesté.

Mais la science est généreuse en détours et en renversements, et il semble bien que cet argument aussi fort que consensuel soit sur la sellette. Une équipe de chercheurs vient en effet de publier dans la revue scientifique Nature une étude qui remet en cause la manière dont nous pensions pouvoir trancher sur l’origine du CO2. Il semble en effet que l’une des sources naturelles de gaz carbonique, les rivières, produit par érosion un CO2 que l’on pourrait confondre avec celui émis par un avion ou une centrale au charbon.

Selon les auteurs, cet effet porte sur environ 60% du total du CO2 émis avec l’isotope jusque-là considéré comme la marque exclusive des destructeurs de planète que nous nous figurons être. Compte-tenu des incertitudes, le chiffre pourrait même aller jusqu’à 75%, excusez du peu !

Une place forte du récit de la catastrophe climatique d’origine humaine se trouve ainsi considérablement menacée par les derniers développements de la science. S’il se confirme qu’il faut diviser par 2, par 3, voire par 4 le rôle de l’homme dans l’évolution de la teneur atmosphérique en CO2, alors le récit de la catastrophe climatique approchante et humainement provoquée sera coupé à sa racine la plus profonde.

Une hirondelle dans Nature ne faisant pas le printemps du climato-réalisme, gardons-nous de croire que viendrait donc de s’écrire le point final de la fumeuse histoire du « dérèglement » climatique. Plus encore que sa remise en cause d’un argument, l’étude qui vient de paraître doit surtout servir de leçon d’humilité à tous ceux qui croient encore que le discours dominant sur le climat n’aurait plus à être scientifiquement discuté.

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51 réflexions au sujet de « Les petits ruisseaux font les grandes émissions de CO2 »

  1. L’idée que toute l’augmentation de la concentration de CO2 atmosphérique serait causée par l’excédent des émissions anthropiques colle mal avec l’évolution du ratio 13/12C dans l’air. Une fraction reste, mais environ le tiers de ce qui est estimé par les formules du type du « modèle de Berne » de L’UNFCCC.
    D’autre part, on peut observer que les variations de concentration de CO2 suivent les variations de température « globales » d’approximativement six à sept mois.

    https://i.postimg.cc/mgNMBGPz/UAH-ESRLCO2.png

    L’existence des émissions fluviales vient infirmer un peu plus les hypothèses simplistes l’origine uniquement humaine de l’augmentation de la concentration de CO₂ dans l’air.

    • « …les hypothèses simplistes l’origine uniquement humaine de l’augmentation de la concentration de CO₂ dans l’air. »
      Trouvez-nous donc une source soutenant cette hypothèse « simpliste », s.v.p. (en dehors de votre doigt mouillé, évidemment.

  2. «  » » » Il semble en effet que l’une des sources naturelles de gaz carbonique, les rivières, produit par érosion un CO2 que l’on pourrait confondre avec celui émis par un avion ou une centrale au charbon. » » » »
    C’est n’importe quoi; l’augmentation du CO2 depuis le petit age glaciaire , comme le montre l’évolution des isotopes , est exclusivement provoqué par la combustion des fossiles suite au développement industriel; on ne voit pas ce qui aurait pu changer la contribution des rivières , sauf peut-être la mécanisation de l’agriculture

    • Ce que vous affirmez n’est pas tout à fait ce que l’on observe dans la réalité.

      Ratios 13C/12C :
      le dioxyde de carbone fossile a un ratio de -26 pour mille PDB (soit 0,010822).
      le dioxyde de carbone naturel a un ratio de -7 pour mille PDB (soit 0,011033).
      Le ratio mesuré en 2023 à l’observatoire de Barrow était de -8,93 pour mille PDB (soit 0,011011).

      La proportion de CO₂ fossile dans l’atmosphère est donc de :
      -26 x p -7 x (1-p) = -8,93
      p=0,10, un dixième du dioxyde de carbone atmosphérique en 2023 portait la signature « fossile ».

      En 2023, 10% du CO₂ atmosphérique portait la signature « fossile ».

      La concentration en dioxyde de carbone « préindustrielle » est estimée à 290 ppm. La concentration en 2023 était de 420 ppm. Si toute l’augmentation provenait de dioxyde de carbone fossile, cela ferait une proportion de (420-290)/420 = 0,31, trois fois plus que ce que l’on observe dans la réalité.

    • L’idée est que la proportion des isotopes 13/12 du CO2 ne serait pas le marqueur exclusif des émissions anthropiques comme on l’estimait un peu rapidement mais intégrerait également les émissions des isotopes relâchés récemment à partir du CO2 sédimentaire piégé dans les rivières et fleuves. Cette étude est sérieuse, il faut la lire autrement qu’en diagonale et écarter pour un instant les préjugés.

      https://www.nature.com/articles/s41586-025-09023-w

  3. Je ne comprend pas très bien cet article.
    Il ne fait pas de doute que l’activité industrielle produit du CO2 et que ce CO2 ne disparait pas par magie. Cela doit donc se traduire par une modification plus ou moins forte suivant la réponse que peuvent apporter les différents puits de carbone à cette augmentation.
    Si l’activité industrielle en constante augmentation n’est pas la seule cause de la hausse de la concentration atmosphérique de gaz carbonique, il faut donc qu’une autre source puisse produire du gaz carbonique capable d’être confondu avec celui d’origine fossile et que cette autre production soit aussi en augmentation. Selon l’article, cette source serait donc fournie par l’érosion des rivières. Dans ce cas, cette érosion devrait donc aussi être en augmentation et pour quelle raison? la hausse des températures globales peut -elle expliquer l’augmentation de ce phènomène?
    Je note aussi que si ce point est important pour notre compréhension des phénomènes, il n’apporte pas de réponse supplémentaire sur le fait de savoir si l’augmentation de la concentration de CO2 est responsable ou non, et si oui dans quelle mesure, du réchauffement climatique.
    De ce point de vue, l’article publié récemment et concernant la diminution de l’albédo terrestre liée à la diminution de la couverture nuageuse est beaucoup plus fondamental car il met véritablement en cause le rôle joué par le gaz carbonique sur le réchauffement climatique actuel.
    Il est simplement dommage que le lien entre cette baisse de la couverture nuageuse et l’activité solaire n’est pas été au moins évoqué dans cet article, lien qui vient immédiatement à l’esprit pour quiconque suit les débats sur la science. climatique.

    • je suis totalement d’accord avec vous.
      La science climatique , enfermée dans « la faute au CO2 », devrait s’intéresser en priorité à la baisse incontestable et significative de la masse nuageuse mondiale observée depuis que les satellites en font la mesure (plus de 40 ans) et son impact sur l’albedo qui apparaît cohérent avec la hausse de température mesurée .
      C’est sur ce point précis que la Science doit sortir du cadre imposé par le GIEC…..pour redevenir une science « normale » sans interdits.

    • Serge Valette dit : “Il ne fait pas de doute que l’activité industrielle produit du CO2 et que ce CO2 ne disparait pas par magie.”
      L’évolution des ratios isotopiques 14C/12C et 13C/12C permet d’établir que la demi-vie d’une molécule de CO2 dans l’atmosphère est d’environ 5 ans, donc, chaque année, 13% des molécules de CO2 de l’atmosphère entrent en réaction avec un « réservoir ». Le nouvel équilibre physique ou chimique est celui du « réservoir ». Par exemple, une partie du dioxyde de carbone qui réagit avec la surface de l’océan arctique est absorbée et devient du dioxyde de carbone du réservoir « océan ». Pendant ce temps, une partie du dioxyde de carbone dégaze des océans tropicaux. Il dilue (localement) le CO2 local. Les quantités échangées « naturellement » sont importantes par rapport aux émissions « anthropiques » (13% = 55 ppm tous les ans). Contrairement au « modèle de Berne » de l’UNFCCC, 15% du dioxyde de carbone « fossile », pas plus que celui des rivières, ne reste éternellement dans l’atmosphère. Le modèle de Berne, qui repose sur l’hypothèse que le CO2 « fossile » resterait plus longtemps dans l’atmosphère que le CO2 « naturel » est contredit par l’évolution des ratios isotopiques.

      • Bonjour Mr Aubrin,
        Quand j’écris que le CO2 émis par l’utilisation des énergies fossiles ne peut pas disparaitre par magie, je n’exclus absolument pas que l’augmentation de la concentration atmosphérique en gaz carbonique puisse provenir d’autres sources qui verraient aussi leur production de CO2 en augmentation du fait par exemple de la hausse des températures globales.
        Au départ, j’ai surtout pensé au dégazage des océans mais un examen plus approfondi m’a montré que les hausses de températures constatées ne pouvaient, via ce phénomène, conduire qu’à des augmentations de l’ordre de 10-15 ppm, loin des 145ppm constatés depuis environ 1850. D’autres sources peuvent être incriminées, mais elles ne semblent pas être en mesure d’apporter des contributions de quelques ppm voire une dizaine de ppm au mieux.
        Ceci dit, d’autres auteurs comme Camille Veyres ne semblent pas de cet avis.
        Pour moi le problème est que l’homme, via diverses sources d’émission liées à son activité, émet du CO2 et que ce CO2 doit, soit se retrouver dans l’atmosphérique, soit être absorbé par les différents puits de carbone, identifiés ou non.
        J’ai développé un modèle relativement simple basé sur le taux de résidence annuel du gaz carbonique dans l’atmosphère émis en surplus (fraction du gaz carbonique émis en surplus et restant après la première année d’émission : un taux de résidence annuel de 0,5 signifie que 50% des émissions en surplus, d’origine anthropique ou autre, restent dans l’atmosphère après la première année d’émission et 50% ont été absorbés par les puits de carbone ) et j’ai comparé les résultats donnés par ce modèle avec la courbe d’augmentation des concentrations donnée par le Mauna Loa.
        Je ne peux en quelques lignes donner le détail des calculs. Un résumé a été publiés par ‘Climat et vérités’ du 2 mars 2025. Je peux faire parvenir le calcul complet ainsi que les données mesurées qui sont utilisées dans le modèle, à ceux qui seraient intéressés.
        Le modèle montre ainsi que le taux de résidence annuel des surplus d’émission de CO2 (surplus anthropiques ou non) se situe toujours autour de la valeur 0,5 sur une large gamme de valeurs de ces surplus (allant de 5ppm annuel à plus de 12ppm annuel en 2024 ; les surplus d’origine anthropique se situant en 2024 à peu près aux alentours de 5ppm annuel). Ce résultat est donc en accord avec la valeur du coefficient ‘Airborne fraction’ de 50% mise en avant par le GIEC, à la différence qu’il résulte d’un calcul mathématique issu d’un modèle et non d’un facteur choisi pour obtenir un accord entre les valeurs de l’augmentation des concentrations et les valeurs estimées des émissions annuelles de CO2.
        Ce résultat (si bien sûr le modèle reflète correctement la réalité) semble surtout indiquer un comportement particulier des puits de carbone en réaction aux augmentations d’émission (anthropiques ou non) qu’il serait intéressant d’approfondir.
        Cordialement
        Serge Valette

  4. C’est quand même étrange que la nature, via les rivières, se soit mise à produire davantage de CO2 depuis que nous les humains en balançons dans l’air. Car enfin la hausse de la concentration en CO2 de l’atmosphère, passant de 280ppm (concentration présente pendant la quasi-totalité de la présence humaine sur la Terre) à plus de 420ppm, soit + 50%, doit bien avoir une explication, non ?

    • Exactement. Les rivières coulent sur les reliefs depuis des centaines de millliers d’années (pour rester dans le Quaternaire) sans contribution en CO2 à l’atmosphère. Il est effectivement étrange qu’elles se mettent à cracher un CO2 qui n’est pas de la faute à l’homme depuis exactement le début de la révolution industrielle. Comme par hasard.
      Un membre éminent du conseil scientifique de l’ACR nous a déjà abreuvé il y a peu d’une volée de sophismes voulant “démontrer” la même chose. Benoît Rittaud récidive avec “une étude”, une étude qui heurte de plein fouet le simple bon sens.
      L’ACR est-elle sérieuse ?

      • Mon avis est que l’ACR vous a fourni une indication très importante sur le cycle du carbone dans l’atmosphère et que vous ne l’avez pas interprétée correctement.
        Mon avis est que l’hypothèse simpliste que la moitié du CO2 « anthropique » resterait dans l’atmosphère et que le reste serait absorbé par les « réservoirs » ne permet pas de comprendre correctement le cycle du carbone dans l’atmosphère.
        Les échanges « naturels » sont beaucoup plus importants que les injections anthropiques (et que celles des rivières). Chaque année, environ 13% du dioxyde de carbone atmosphérique change de réservoir, quelle que soit son origine (naturelle, anthropique, rivière…), et 87% reste dans l’atmosphère.
        Pas plus que l’injection par les rivières, le dioxyde de carbone « fossile » n’est ostracisé par dame nature, il interagit de la même façon et ne provoque pas de cataclysme climatique.

      • Ce serait étrange en effet! Sauf, et ce sauf est peut-être fatal précisément pour la théorie du changement climatique induit par le CO2, sauf donc si l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère suit le réchauffement et non le précède…
        Alors oui, iI apparaît naturel, physique, compréhensible, que le relâchement de CO2 par les rivières soit plus manifeste que celui des océans par exemple : les rivières sont peu profondes, se réchauffent plus vite, n’ont pas d’abysses froides pour absorber la chaleur par échanges thermodynamiques. La chaleur supplémentaire, même minime, modifie les échanges chimiques au niveau du sol de la rivière et relâche plus de CO2. (Comme dans des parties peu profondes des océans, là où il y a des coraux par ex.).
        Ce pourrait donc être une preuve, indirecte, de l’ordre véritable Réchauffement -> +CO2

      • La concentration de CO2 dans l’atmosphère n’était-elle pas égale à celle d’aujourd’hui il y a 3 millions d’années, avant donc que Homo Sapiens apparaisse ? Le CO2 naturel existe en quantité énorme depuis belle lurette, tout comme l’effet de serre existe sans aucun Humain, encore moins sans aucun Hominidé: c’est d’ailleurs grâce à cet effet de serre que la Terre Boule de neige s’est transformé en lieu de vie.

  5. Et dans ce rapport ils font la corrélation entre CO2 des rivières et l’augmentation de sa concentration qui arrive à 420 ppm au lieu des 280 à 300 pré industriel ?

    • Non, dans cette publication, les auteurs se contentent d’observer que les eaux fluviales relâchent depuis toujours des quantités considérables de dioxyde de carbone « fossile ». Cela dure depuis des millions d’années, les quantités injectées représentent des dizaines de fois celles injectées par les humains et cela n’a pas perturbé le climat pendant l’holocène. Le cycle du carbone est plus complexe que ce que l’on imaginait. La Science Climatique (TM) est moins définitive que ce que l’on pourrait croire.

  6. C’est étonnant qu’on en soit rendu à ce poser ce genre de question..?
    On connaît assez bien il.me semble les sources de l’équation :
    Quantités de fossiles extraits dans le monde.
    Rapports moyens de combustion par type de combustibles donnant co2 en fonction de c.
    Volume total de l’atmosphère.
    Avec ces trois valeurs, ce devrait être un jeu d’enfant de savoir combien de teneur est dû à l’activité.
    Sans doute est-ce trop pragmatique !!!

  7. La question ne se pose pas exactement ainsi!
    Il est en effet légitime de se demander si l’augmentation de la concentration atmosphérique de CO2 provient exclusivement ou non des émissions des énergies fossiles.
    L’argumentaire essentiel développé en particulier par la communauté européenne pour imposer des feuilles de route démentielles dans de nombreux domaines est basé sur une équation scientifique non vérifiée expérimentalement et très contestable sur le plan des théories en vogue selon laquelle le réchauffement climatique actuel a pour cause essentielle cette augmentation de concentration du gaz carbonique et que ce phénomène s’explique uniquement par l’utilisation de énergies fossiles.
    Incontestablement, la combustion des énergies fossiles produit de gaz carbonique et cette production doit en partie se retrouver dans l’atmosphère. Si les puits de carbone terrestres naturels ne permettent pas d’absorber ce surplus, la concentration atmosphériquede CO2 va augmenter et il est donc fondamental de connaître à partir de quel seuil d’émissions de gaz carbonique, les puits de carbone ne peuvent compenser cette augmentation.
    Il est donc aussi indispensable de savoir si d’autres mécanismes d’émission d’origine naturel viennent ou non s’ajouter aux émissions anthropiques pour déterminer la valeur de ce seuil. L’article évoqué par Benoit Rittaud est donc pertinent de ce point de vue à condition de trouver en parallèle la cause montrant que ce mécanisme naturel conduit aussi à une augmentation des émissions de CO2 grosso-modo depuis environ 150 ans.
    La premiere cause à laquelle on peut penser est bien sûr l’augmentation des températures globales. Elle a déjà été évoquée dans les mécanismes d’émission liés au simple dégazage des océans ou à une accélération des processus de décomposition des matières végétales. Il semble cependant que les hausses de températures globales de l’ordre de 1° observées depuis environ 150 ans ne permettent pas, et de loin, d’expliquer des augmentations de concentration passant de 280ppm à 425ppm aujourd’hui (sans même évoquer le problèmes des analyses isotopiques).
    Dans le cas du mécanisme d’érosion évoquée, quelle serait donc cette cause et quelle serait l’ordre de grandeur des concentrations induites en surplus?
    Par ailleurs, il semble effectivement que les ordres de grandeur d’une augmentation des concentrations basées sur une estimation des quantités de carbone émises actuellement par l’utilisation des énergie fossiles, soit assez cohérente.
    J’ai développé un modèle d’évolution de ces concentrations (publié dans Climat et vérité le 2 mars 2025) qui explique assez bien les mesures expémentales relevées et qui met en particulier en évidence le concept d’ ‘airborne fraction’ (seulement 50% environ des émissions anthropiques de CO2 se retrouvent dans l’atmosphère) mis en avant par le GIEC (pour faire coller les mesures de concentration du Mauna Loa et les quantité anthropiques émises)
    Mais encore une fois, il n’existe aucune preuve expérimentale que les augmentations de concentrations de CO2 soient la cause du réchauffement actuel, sinon une vague corrélation qu’un examen sur des périodes de plusieurs dizaines d’années rend d’ailleurs assez incertaine.

    • Si l’on compare les variations (dérivée) des concentrations de CO₂ atmosphérique mesurées à Mauna-Loa aux variations (dérivée) de la température globale estimée par le CRU, on observe que les variations de CO₂ suivent assez fidèlement les variations de températures avec 6 à 7 mois de retard. Il peut donc y avoir du signal de la température dans le signal du CO₂, mais le contraire est exclu.

      Les deux séries, dérivées, filtrées pour supprimer les fréquences inférieures à un an (saisonnières), puis normalisées.
      https://i.postimg.cc/Y9w3wwQx/HADSST-ESRLCO2.png

  8. Serge Valette23 juillet 2025 at 9 h 07 min
    «  » » » » »Mais encore une fois, il n’existe aucune preuve expérimentale que les augmentations de concentrations de CO2 soient la cause du réchauffement actuel, » » » » » »
    J’ai réussi à lire tout le commentaire , mais je pense que la dernière phrase aurait suffit

  9. Serge Ferry23 juillet 2025 at 14 h 45 min
    Ou bien Benoît Rittaud taquine-t-il le lectorat pour le faire réagir ?
    —————————————————
    je pense que oui , pour réanimer un peu le blog

    • Cette publication montre que les raisonnements comptables qui conduisent au « modèle de Berne » sont excessivement simplistes et ne représentent pas les équilibres réels entre les « réservoirs ».

  10. Mais à la fin peu importe « le rôle de l’homme dans l’évolution de la teneur atmosphérique en CO2 » ! Il faut en finir avec ce piège dans lequel nombreux se laissent enfermer depuis des années.
    Pour la simple raison que le CO2 n’est que la conséquence du réchauffement et non la cause. Certes il joue un rôle, infime, dans l’effet de serre, encore moins le CO2 d’origine humaine, mais le sacro-saint effet de serre lui-même n’est pas la cause du réchauffement, il n’est qu’un faible sous-produit du rayonnement solaire.
    Les vraies causes du réchauffement sont ailleurs et multiples. La principale est la baisse de l’albédo global de la Terre, lui-même dû à une baisse de la couverture nuageuse, elle-même due à plusieurs causes.
    J’avais écrit l’année dernière :

    (…) Avec un lent réchauffement depuis des décennies, lié à une activité solaire supérieure à ce qu’elle était antérieurement depuis le cycle 19 inclus, on a observé une baisse moyenne des vents dans les zones océaniques intertropicales chauffées, d’où une moindre évaporation et donc une moindre formation nuageuse. En parallèle l’échauffement des océans a accéléré en conséquence le dégazage de CO2 observé, dont une faible part anthropique (dixit le GIEC). Mais s’ajoute au phénomène de moindre évaporation une diminution complémentaire de la couverture nuageuse liée à l’activité solaire qui masque les rayons cosmiques alors que ceux-ci favorisent la formation des nuages. La combinaison de ces phénomènes a provoqué une baisse globale de l’albédo de la Terre et explique en partie le fort réchauffement récent de 2023/24, un pic, au demeurant, que les modèles existants n’ont pas vu venir, pour la bonne raison qu’ils ne modélisent pas les nombreux facteurs influant sur le climat, scotchés à une approche monofactorielle GES-centrée trop simpliste. On peut ajouter qu’après le cycle 25 actuel est prévue une activité solaire nulle en terme de taches solaires, et pour une longue période. Non seulement les prévisions des alarmistes « pour la fin du siècle » sont extravagantes mais …

    L’approche pseudo-scientifique mettant en avant les « émissions de gaz à effet de serre » n’est qu’une vaste arnaque destinée à nous culpabiliser, à nous taxer, à nous faire douter du progrès scientifique et à nous enfoncer dans un maelstrom totalitaire.

    • Si ça vous intéresse, j’ai rédigé il ya quelques mois un article sur la diminution de l’albédo terrestre et sur les informations scientifiques récentes qui semblent de plus en plus montrer que cette perte d’albédo, liée à la diminution de la couverture nuageuse globale, explique probablement en grande partie l’origine du réchauffement que nous observons.
      L’activité solaire est certainement le maître d’oeuvre de tout cela et la théorie de Svensmark semble marquer de nombreux points. Il serait d’ailleurs intéressant d’avoir l’avis de Vincent courtillot sur ce sujet.
      Vous pouvez me contacter par email: valette.serge@gmail .com
      Cordialement

      • Pour l’AMOC, il me semble que l’on connaît mal son processus biologique.

        Mais ce n’est pas à lui que je pense.
        La demi-vie du carbone 14 est inférieure à 6000 ans, ce qui est peu à l’échelle des grands fonds océaniques.

  11. Peut-être!
    Cependant, je suis suffisamment en opposition avec ceux qui trouvent qu’en ce qui concerne le climat, tout est dit que, même si je suis peu près certain que cette histoire de responsabilité du gaz carbonique est un honteux montage, j’ai envie de connaître tous les détails de cette affaire y compris le rôle sans doute faible de ce pauvre CO2 et qui sert à son corps défendant de bouc émissaire injustifié!

  12. Si je lis bien l’abstract, le 59% (voire 75%) correspond plutôt à la part de CO2 des rivières marqué par le ratio isotopique fossile. Et non pas la part du CO2 atmosphérique total, non ?

  13. Je suis assez étonné par certains commentaires.
    Personne n’affirme que les cours d’eau se sont mis à émettre davantage de CO2. Tout ce que je comprends, c’est que les cours d’eau émettent un CO2 contenant le même isotope de carbone que celui des émissions fossiles anthropiques. Si c’est bien le cas, cela implique que l’évaluation de la responsabilité des énergies fossiles dans l’augmentation du taux de CO2 atmosphérique est fausse. Point.
    Pour le reste…

    • Les rivières émettent du CO₂ fossile. Elles le font depuis toujours. Et contrairement au CO₂ « anthropique », il ne semble pas rester pour moitié (environ) dans l’atmosphère pendant une centaine d’années ou plus. Comment expliquer que les molécules de CO₂ de deux sources différentes aient des comportements aussi différents ? C’est bien mystérieux.

      • Bonjour Mr Aubrin,
        J’ai publié dans ‘Climat et Vérité’ un résumé d’un calcul numérique dont l’objectif était de modéliser le temps de résidence du gaz carbonique dans l’atmosphérique.
        Pour cela j’ai séparé les 280 ppm de CO2 qui, d’après les climatologues, représentaient la concentration atmosphérique (supposée constante) avant la révolution industrielle, des surplus d’émissions qui ont amené cette concentration jusqu’à 425 ppm environ aujourd’hui. Dans mes hypothèses, j’ai supposé que les puits de CO2 devraient logiquement agir de façon identique pour la quantité correspondant aux 280 ppm avant et après la révolution industrielle, mais que les surplus générés par les rejets anthropiques ou tout autre forme de rejets additionnels résultant de causes naturelles (hausse des températures de toutes origines par exemple) pouvaient logiquement modifier leur efficacité.
        J’ai alors comparé les résultats numériques donnés par le modèle mathématique et les résultats mesurés (Mauna Loa) sur l’évolution de la concentration atmosphérique de CO2 depuis grosso-modo 1850.
        Les résultats montrent que :
        – Le temps de résidence du CO2 dans l’atmosphère en régime d’équilibre (quand la concentration reste voisine de 280 ppm) doit être de l’ordre de 5ans (le bon paramètre n’est pas vraiment le temps de résidence qui nécessite de définir un critère de définition, mais plutôt le taux de résidence annuel correspondant au pourcentage de gaz carbonique supplémentaire restant dans l’atmosphère au bout d’une année).
        – Le temps de résidence des surplus qui rompent le régime d’équilibre, contrairement aux affirmations de certains climatologues, augmente légèrement, mais de façon relativement minime (le temps de résidence passe ainsi pour le même critère de définition d’environ 5 ans à environ 6 ans) et ceci sur une large gamme de valeurs de ces surplus.
        C’est cette différence des temps de résidence qui conduit à la rupture de l’équilibre et à l’augmentation constatée de la concentration atmosphérique du CO2. Je l’interprète globalement comme un début de saturation de l’absorption du CO2 par les puits de carbone terrestre. Cette saturation ou début de saturation serait donc causée par l’augmentation des émissions indépendamment de leur origine (anthropique ou autre).
        De manière logique, le point de bascule correspond à un taux de résidence annuel de 0,5. Cependant (si le modèle proposé correspond bien sûr au mécanisme réel), la simulation mathématique montre que ce taux de résidence, en légère augmentation pour les surplus émis, reste toujours voisin de la valeur 0,5 pour une large gamme de valeurs des surplus ; cela semble indiquer une résilience des puits de carbone (en tout cas certains puits de carbone parmi les plus efficaces) vis-à-vis des perturbations conduisant à un accroissement des émissions de gaz carbonique.
        Ce taux de 0,5 (50% du surplus généré pendant l’année N reste encore présent dans l’atmosphère à l’année N+1 ou dit autrement 50% a été absorbé par des puits de carbone) semble correspondre au coefficient ‘airborne fraction’ introduit de manière phénoménologique par le GIEC et retrouvé de manière mathématique par le modèle.
        Dans le modèle proposé il n’est pas fait de distinction entre les isotopes de CO2, car ne disposant pas des courbes d’évolution correspondantes, mais cela ne poserait pas de problème particulier de les intégrer et apporterait bien sûr des informations intéressantes sur les puits de carbone mis en jeu.

        • On trouve les ratios 13C/12C observés à Barrow (AK) sur le site Global Monitoring Laboratory du NOAA (gml noaa gov) : Data Viewer >> Carbon Cycle Gases >> BRW.

        • Le temps de résidence de 5 ans d’une molécule de CO2 montre juste qu’il y a un brassage énorme entre réservoir mais ne dit rien sur l’évolution du système à un échelon de CO2 en tant que perturbation extérieure (au sens de l’analyse système développée en automatique par exemple)

  14. Cet article essaie de chiffrer l’apport des rivières dans les énormes flux de CO2 dans les deux sens entre atmosphère et autres réservoirs. Il n’indique rien sur l’apport de nos émissions de CO2 dans le système (qui sont une perturbation externe au système.
    Le vrai débat est de savoir si le système hors perturbation est en équilibre naturel. Becq a essayé de montrer que non, c’est très controversé, les analyses de glace montrent que oui.
    Mais le bilan des masses montre que l’écosphère (terre, océans, rivières…) est un puits net de carbone. Si c’est un puits, globalement, il ne peut être une source.

    • Excepté les explosifs, les phénomènes naturels tendent vers un équilibre en cas de perturbation. L’idée que ce serait le cas pour le carbone fossile des rivières et que ce ne serait pas le cas pour celui des combustibles utilisés par les humains est intéressante, mais mériterait d’être solidement étayée.

      Que ces rétroactions maintiennent une sorte de quasi-équilibre « global » dans un système dans lequel chaque partie évolue de façon plus ou moins imprévisible (chaotique) est inévitable.

      Exemple, si un vaste courant froid émerge à la surface de l’océan sous les tropiques, il va dégazer temporairement du dioxyde de carbone, qui se mélangera plus ou moins rapidement dans l’atmosphère (constante de temps d’environ 5 ans) et qui finira absorbé par la végétation ou dans l’océan arctique.

      • « Excepté les explosifs, les phénomènes naturels tendent vers un équilibre en cas de perturbation. L’idée que ce serait le cas pour le carbone fossile des rivières et que ce ne serait pas le cas pour celui des combustibles utilisés par les humains est intéressante, mais mériterait d’être solidement étayée. »

        Ce n’est pas du tout ce que j’ai écrit! Si nous arrêtions d’émettre du CO2, le système reviendrait à un équilibre, probablement par une suite plusieurs décroissances hyperboliques. Mais nous en envoyons de plus en plus, c’est pourquoi la concentration dans l’atmosphère augmente, même si l’écosphère en absorbe la moitié.
        Et cessez de parler de cette ‘constante de temps de 5 ans, qui ne sert à rien pour les calculs, qui donne juste une indication du brassage entre réservoirs.

    • C’est un apriori idéologique de dire « nos émissions de CO2 dans le système…sont une perturbation externe au système. ». POURQUOI ? Les humains sont extérieurs au système climatique parce qu’ils émettent du CO2 (entre autres gaz) ? Donc, les mammifères sont extérieurs au système, aussi ? Et les végétaux, aussi ? Bref. La nature entière est extérieure à elle même, finalement. Donc, qu’est ce qui est intérieur au système ?

      • Si on considère le « système » écologique dans son ensemble, vous avez raison.
        Mais ici, le « système » est juste l’ensemble des flux naturels dans tous les sens entre les réservoirs de CO2 (océans, terres, atmosphère).
        Nos émissions viennent en plus dans le système naturel, ce sont une perturbation (au sens de la théorie des systèmes, utilisée en modélisation) .
        La question est de savoir comment le système réagit à cette perturbation.
        Cette vision du sujet via la théorie des systèmes est la plus riche pour décrire le système climatique. Les climatologues l’utilisent parfois, mais en dépit du bon sens.
        De Larminat a produit un bouquin intéressant sur le sujet.

  15. J’aimerai avec vos commentaires sur ce qui suit. La vitesse de rotation de la terre qui diminue non linéairement depuis la nuit des temps, augmente depuis 5 ans. Elle engendre des forces de Corriolis qui élèves même sont responsables des courants marins, lesquels ont une incidence sur le climat. La Covid 19 et le confinement associé ont fait baisser de 17%l esGES et les années qui suivirent furent pourtant des plus chaudes. N’y aurait-il pas une explication localisée dans cet intervalle de temps entre vitesse de rotation de la terre et évolution plus rapide du climat?

  16. de nombreuses personnes savantes s’expriment dans ce blog. Je suis totalement incapable de débusquer les erreurs ou fausses informations s’il y en a. Mais me revient en permanence cette question : si ces gens ont raison de douter de l’impact des activités humaines sur la température de la planète, comment est il possible que tous les gouvernements de la planète dépensent des sommes astronomiques pour diminuer cet impact ? Je ne crois ni au complot mondial, ni à la corruption généralisée ni à la stupidité des climatologues qui collaborent au GIEC. Cela ne vousm questionnement pas?

    • jve17,
      Vous soulevez une question passionnante. Constat en trois points :

      1.
      La question climatique se caractérise par un mélange de militantisme, de science, de politique, de méthodes de marketing, d’état d’urgence, de contraintes importantes sur les populations, d’idéologie et d’arguments à caractères religieux. Ce n’est peut-être pas a priori disqualifiant mais incite assurément à une très grande méfiance.

      2.
      De fait et c’est assez aisément vérifiable, nous ne possédons pas les outils nécessaires pour calculer l’effet de serre à partir des lois de la physique. Il n’y a donc pas de modèle physique de l’effet de serre qui permettrait de relier le taux de CO2 aux températures. Ce n’est pas là une opinion mais ce qui est écrit noir sur blanc dans les articles scientifiques. Les projections ne sont en réalité issues que de méthodes empiriques non validées.

      3.
      Ce que prétendent les climatologues à propos de l’effet du CO2 implique une évolution récente inédite des températures par rapport à au moins plusieurs millénaires. Or, aucune mesure homogène, il n’en manquent pourtant pas, ne vérifie un tel comportement des températures.

      Après ces constats commence la partie passionnante. Allez savoir le pourquoi et le comment! L’Histoire nous enseigne que des phénomènes sociaux plus ou moins comparables sont pas si rares.

    • jv17
      Vous dites « tous les gouvernements de la planète dépensent … »
      A y regarder de près c’est plutôt peu de gouvernements qu’il conviendrait de citer.
      A part l’UE peu de gouvernements dépensent des sommes folles en énergies intermittentes. Les autres pays avancés comme la Chine, les USA, etc continuent d’exploiter et même de développer les énergies fossiles, charbon et pétrole.
      Quant aux pays en développement ils profitent de l’occasion pour demander des subventions en tant que prétendues victimes du réchauffement. Et ils ont raison de le faire car l’aide au développement ne fait plus recette. Et une fois l’argent versé, d’ailleurs en quantités bien inférieures aux promesses, ils s’empressent de le dépenser non en panneaux solaires mais dans des usages plus utiles pour eux.

      • «  » » » » »mais dans des usages plus utiles pour eux. » » » » » »
        Pour assister à des réunions climatiques à travers le monde
        Je rigole , fritz l’horrible
        PS: c’est juste pour relancer les blogs qui ternissent ; sinon , il faudra que je commence à relancer les discussions avec mon entourage

  17. « Selon les auteurs, cet effet porte sur environ 60% du total du CO2 émis avec l’isotope jusque-là considéré comme la marque exclusive des destructeurs de planète que nous nous figurons être. Compte-tenu des incertitudes, le chiffre pourrait même aller jusqu’à 75%, excusez du peu ! »

    Faux, ce n’est pas ce que disent les auteurs. Je viens de lire l’abstract de l’article en question, ce qu’ils disent c’est que 59 ± 17 % des émissions mondiales de CO2 >> DES RIVIERES<< proviennent de carbone ancien. Pas 59 ± 17 % des émissions de CO2 totales. Leur étude se limite aux émissions de CO2 des rivières uniquement.

    Donc soit :
    -L'auteur a lu de travers/trop vite et a commis une erreur d'inattention.
    -L'auteur a délibérément manipulé le propos de l'étude pour alimenter son narratif climato-dénialiste en comptant sur le fait que personne n'irait vérifier la source.

    Dans tous les cas ce n'est pas sérieux.

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