Incendies de Californie : le réchauffement climatique est-il coupable ?

L’incendie Thomas qui s’est déclenché en Californie le 4 décembre sera le plus important depuis celui de 1932. Il a ravagé 110.641 hectares, soit davantage que le précédent record établi par l’incendie Cedar en 2003.

« Ce qui est important, c’est que ces incendies vont devenir très fréquents, c’est ce que la science nous dit » a déclaré le gouverneur de l’Etat Jerry Brown lors du sommet de Paris.  Or la science dit autre chose affirmant qu’il n’est pas possible d’établir un lien entre les feux de forêt et le réchauffement climatique, comme le rappelait  Le Los Angeles Times dès 2015.

Un lien ne peut être établi entre la sécheresse et réchauffement climatique

La Californie a un climat très variable : les hivers peuvent y être très humides, permettant ainsi à l’herbe et à divers combustibles de pousser, puis les étés y sont longs et très secs, et ces herbes s’assèchent. Après un hiver 2016 très humide il y a eu des records de chaleur pendant l’été qui a suivi. Puis des vents forts et secs ont traversé des zones habitées où les feux sont accidentellement déclenchés (par des  « cigarettes ou des lignes électriques cassées » explique Le Monde).

Un rapport de la NOAA intitulé « Causes et prévisibilité de la sécheresse Californienne 2011-2014 », attribue la période de sécheresse intense qu’a connu la Californie depuis 2011 à des causes naturelles. Le diagramme  ci-dessous extrait du rapport montre par exemple que l’hiver le plus sec a été celui de 1976 à 1977, qu’une période de sécheresse prolongée a été observée dans les années 1920 et 1930. Il y a également eu des périodes humides prolongées, dont une au milieu des années 1990. Cependant, sur les 120 années d’enregistrement, il n’y a pas de tendance claire vers des conditions plus humides ou plus sèches.

Sécgeresse californie

Anomalies de précipitations (en mm/jour) entre 1895 et 2014 (en violet courbe lissée sur une période de 7 ans) Source California Precipitation Anomaly

Les deux principales conclusions du rapport de la NOAA sont les suivantes :

  • La sécheresse en Californie n’est pas un phénomène nouveau : la période de sécheresse actuelle a des précédents ;
  • L’étude ne trouve aucun effet du changement climatique anthropique et attribue la récente sécheresse en Californie à des causes naturelles.

Les sécheresses sont des catastrophes récurrentes en Amérique du Nord

Il est intéressant de mettre en perspective la sécheresse actuelle en Californie par rapport aux sécheresses affectant de façon récurrente l’Ouest des Etats Unis depuis plusieurs centaines d’années.

Une reconstruction dendro chronologique  des périodes de sécheresse en Amérique du Nord sur une période de plus 1000 années révèle l’existence de périodes de « méga sécheresses » (notamment pendant une période de 400 ans entre 900 et 1300) qui ont excédé en intensité et en durée les sécheresses des années postérieures à 1850,comme le montre le graphe ci-dessous :

USA : sécheresses

Source : Lamont-Doherty Earth Observatory, Université d’Arkansas ( Departement de Geosciences)

La sécheresse en Californie a déjà fait l’objet d’un article sur ce site.

Comment le feu, autrefois ami des forêts, est-il devenu si destructeur ?

C’est le titre d’un article du National Geographic qui commente le dernier livre (Between two fires) de Stephen Pyn, ancien pompier aujourd’hui historien et professeur à l’Université d’État de l’Arizona dans lequel il défend dans son l’idée que des feux d’intensité relativement faibles mais fréquents et maîtrisés réduiraient le risque des grands incendies catastrophiques. Faute de quoi,  il y a accumulation du bois sec, de feuilles et autres matériaux  qui rendent les incendies plus graves avec des conséquences dévastatrices.

Le rétablissement d’un cycle naturel des feux (inspiré de celui que pratiquait les amérindiens) avait été envisagé dès 1910, après un incendie majeur appelé le Big Blowup, ou le Big Burn qui a sévi sur les Rocheuses du Nord brûlant plus 1,2 millions d’hectares et  tuant 78 pompiers en un après-midi.

Ce projet n’a pas eu de suite. Selon Stephen Pyn, ce sont des décennies de mauvaises pratiques de lutte contre les incendies qui  expliquent la recrudescence des feux de forêt à laquelle nous assistons aujourd’hui.

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