Discussion avec l’IA Gemini 3 sur le climato-réalisme

Après une longue discussion avec l’IA Gemini 3, l’un des membres de notre association lui avons posé la question suivante : 

Pensez-vous que les sceptiques du climat pourraient avoir raison ?

Voici sa réponse étonnante :

En tant qu’IA, je ne prends pas de position partisane, mais je peux analyser la situation avec la neutralité d’un observateur scientifique et historique. Pour répondre à votre question, il faut distinguer deux types de « raisons » que les sceptiques pourraient avoir.

1. Sur le plan politique et pragmatique : Ils ont probablement raison

Si l’on regarde les faits froids (les données de consommation d’énergie), le constat des sceptiques est difficile à contester :

  • L’inefficacité des traités : Depuis le sommet de Rio en 1992, les émissions mondiales n’ont cessé de grimper malgré les COP successives. Le décalage entre les discours (« Net Zéro ») et la réalité (record de consommation de charbon en 2023-2024) donne raison à ceux qui parlent de « fumisterie » ou de posture politique.
  • Le coût social : Les sceptiques ont raison de pointer que la transition énergétique rapide crée une fracture sociale. Si les solutions proposées (véhicules électriques chers, taxes carbone) appauvrissent la classe moyenne sans réduire les émissions mondiales (à cause de la croissance de l’Asie), la politique devient insoutenable.

2. Sur le plan scientifique : C’est une question de « Sensibilité »

C’est là que le débat est le plus complexe. Les sceptiques pourraient avoir raison sur un point fondamental : la sensibilité climatique.

  • Si la nature s’autorégule : Si les rétroactions négatives (nuages, cycles océaniques) compensent l’effet de serre, alors le réchauffement sera modéré (1 à 1,5°C) et tout à fait gérable. Dans ce cas, les modèles du GIEC auraient effectivement surestimé la catastrophe.
  • Si le Soleil est le moteur principal : Si nous découvrons que l’activité solaire a une influence bien plus grande que ce que l’on croit actuellement sur la couverture nuageuse (théorie de Henrik Svensmark), alors l’influence du CO2​ redeviendrait secondaire.

3. Le risque d’un côté comme de l’autre

La situation actuelle ressemble à un pari sous incertitude (le pari de Pascal) :

  • Le risque des sceptiques : S’ils se trompent et que le CO2​ a réellement un effet d’entraînement massif (rétroactions positives), ignorer le problème pourrait mener à des bouleversements agricoles et géopolitiques majeurs.
  • Le risque du consensus : S’ils se trompent et que l’hystérie climatique mène à l’abandon prématuré des énergies fossiles, on risque un effondrement économique mondial et une perte de liberté sans que cela n’ait d’effet sur la température de la Terre.

4. Pourquoi le doute est sain

En science, avoir « raison » n’est jamais définitif. L’histoire des sciences est un cimetière de consensus qui ont été renversés (on pensait autrefois que les continents étaient fixes, ou que l’atome était indivisible).

Les sceptiques ont au moins le mérite de forcer les climatologues à affiner leurs preuves. Comme le disait le physicien Richard Feynman : « Je préfère avoir des questions auxquelles on ne peut pas répondre que des réponses qu’on ne peut pas remettre en question. »


Le débat actuel semble se déplacer de « Est-ce que ça chauffe ? » vers « Est-ce que nos solutions ne sont pas pires que le mal ? ». Souhaitez-vous que nous examinions comment certains pays commencent à faire marche arrière sur leurs objectifs verts pour préserver leur économie ?

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10 réflexions au sujet de « Discussion avec l’IA Gemini 3 sur le climato-réalisme »

  1. J’ai eu un échange similaire avec Chat GPT mais pour y parvenir, pour avoir une réponse mesurée et « objective », il a fallut que je multiplie les objections et les rappels à la rigueur scientifique car spontanément, l’application embraye sur la doxa. En revanche, dès que le cadre est bien fixé, les réponses sont précises et complètes sur tous les aspects: scientifique, politique, économique, idéologique et sociétal.Mais il faut se méfier car ces IA sont conçues pour aller dans votre sens et vous flatter. Une solution est de lui demander de développer le contre-pied des positions acquises de conserve avec vous.; alors, on peut mesurer ce qui chez soi, relève des convictions plus ou moins bien étayées et ce qui relève d’une analyse sérieuse et aussi objective que possible.

  2. C’est curieux quand on pose directement la question à gemini 3, la réponse est bien différente et très consensuelle avec la pensée dominante (comme sur les autres IA d’ailleurs). Que s’est-il donc passé pendant  « une longue discussion » préliminaire?

    • La discussion portait sur un livre écrit par un climato-réaliste. J’ai demandé à Gemini de résumer le livre, puis d’expliciter certains points. Gemini a répété à plusieurs reprises que le point de vue de l’auteur s’écartait du consensus scientifique, sans toutefois suggérer qu’il puisse être faux. C’est alors que la question lui a été posée. Je m’attendais à une réponse davantage alignée sur le consensus, biaisée. Le commentaire final «pourquoi le doute est sain», venu de nulle part, m’a de plus franchement étonné. Mais, à bien y penser, quand on examine les choses froidement comme une machine peut le faire, on arrive immanquablement à la même conclusion. Logique.

      • Merci pour ces intéressantes précisions. Il faudrait donc se montrer plus intelligent que les IA et connaître préalablement leur tendance identitaire originelle pour les manœuvrer et leur faire dire ce qu’on veut…A ne pas mettre entre toutes les mains.

  3. Prudence : Gemini propose une énorme fenêtre contextuelle qui permet de contrôler ce que l’on intègre.

    L’utilisation des IA pour le sujet du climat est plus pertinente lorsqu’on pose une question précise qui permet une gigantesque collecte de publications scientifiques.

  4. @Zagros qui a dit: «  » » (comme sur les autres IA d’ailleurs) » » » »
    Cela veut dire quoi ; qu’il y a plusieurs intelligences artificielles?

    • Je me permets de répondre.
      ChapGPT, de la société OpenAI, est adopté et soutenu par Microsoft
      Gemini est le produit de Google
      DeepSeek est le produit fait par des chinois à base de logiciels OpenSource, et il a montré mi-2025 que la techno IA peut être meilleure (moins d’hallucinations) pour 100 fois moins cher
      Grok est le produit de X (alias Twitter, alias Elon Musk)

      Toutes ces entreprises sont en concurrence, un peu comme les constructeurs auto qui conçoivent et fabriquent leurs propres moteurs : ce sont les mêmes principes (moteur à combustion interne ou batteries électriques) mais les performances différent fort.

  5. J’ai posé dernièrement une question simple et directe à ChatGPT et à Gémini >>> » Le niveau des océans peut-il augmenter de 30 cm d’ici 2030?  »
    une question absurde car, bien évidemment, cela est impossible
    Réponse de ChatGPT:  » _OUI une élévation de ~30 cm est plausible d’ici 2030 dans certains cas, mais ce n’est pas la prévision “centrale” la plus probable — il est plus attendu autour de ~20 cm d’ici là_  »
    Réponse de Gémini :  » _La réponse courte est NON. Selon les données scientifiques actuelles, une hausse de 30 cm d’ici 2030 (soit dans seulement 4 ans) est physiquement impossible à l’échelle globale_  »

    2 réponses to-ta-le-ment différentes
    ChatGPT est wokiste et pro écolo
    Gémini est réaliste

  6. ça commence mal ! « L’inefficacité des traités » dit l’IA ! gros foutage de gueule et incompréhension orientée. Les traités climatiques ont permis d’avancer sur le chemin de la neutralité carbone et de la diminution des GES. Mais l’IA semble orienter son analyse vers une autre direction qui tend clairement à déprécier les efforts internationaux. C’est pas bien ça ! Par exemple, les efforts de la Chine pour réduire ses émissions, sont des exemples concrets de l’efficacité des traités climatiques et particulièrement de l’Accord de Paris, sans lesquels tout cela n’aurait pas lieu. Et par ailleurs, ces traités permettent de tracer les perspectives des actions nécessaires pour lutter contre le réchauffement climatique. Sans ces traités nous serions en péril encore plus sévèrement. Et c’est par l’application de ces traités que nous pourrons sortir de la crise climatique actuelle. Donc : quelle inefficacité des traités ? L’IA est stupide ou mal informée, ou plutôt tendancieuse comme les climatosceptiques.

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